Université d'Ottawa

Des étudiants et des anciens en désaccord avec François Houle

Le vice-recteur aux études à l'Université d'Ottawa, François Houle, loue les efforts de l'université au chapitre des services en français (LeDroit, 26 novembre). À titre d'étudiants et d'anciens, nous croyons que ses propos ne font pas justice à l'état actuel du statut du français au sein de l'université.
Le vice-recteur constate que l'université pose des «gestes concrets», suffisants et non-symboliques, lesquels rendent la désignation non nécessaire. Au contraire, la désignation en vertu de la Loi sur les services en français (LSF) est incontournable et offre une protection juridique accrue contre une coupure budgétaire visant, par exemple, l'élimination du programme de médecine en français. C'est ce genre de protection qui a permis de mettre à l'abri les services en français de l'hôpital Montfort et qui saurait protéger tous les «gestes concrets» auxquels M. Houle fait référence.
Le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, le Commissaire aux services en français, François Boileau, et le président du Collège Boréal, Denis Hubert-Dutrisac, ont tous fait écho de la nécessité de la désignation lors du Colloque sur les 25 ans de la Loi.
Pourtant, M. Houle insiste pour dire que «les acquis des francophones à l'Université d'Ottawa sont bien protégés».
Il prétend également que l'Université d'Ottawa prend au sérieux la question de la désignation en vertu de la LSF. Le manque d'action de l'université à cet égard semble indiquer le contraire. Un avis juridique préparé par Michel Bastarache et Claire Vachon a soulevé que ses obligations à l'égard de la communauté francophone «militent en faveur d'une désignation» et que «l'Université d'Ottawa doit agir». Depuis un an, l'université n'a rien fait pour faire avancer le dossier, à part la désignation de l'Institut de cardiologie. Nous déplorons cette absence de gestes concrets.
La qualité et le nombre de programmes et de services offerts en français frustrent la communauté francophone. En outre, le Règlement sur le bilinguisme n'est souvent pas respecté. Par exemple, le 25 novembre dernier, un groupe d'étudiants a déposé 60 plaintes d'infractions; ils les ont trouvées en moins d'une heure.
Bien qu'il soit vrai que l'Université d'Ottawa mette en place des nouveaux programmes et des nouveaux cours, ils ne bénéficient d'aucune protection quelconque. Seule la désignation peut protéger les acquis. Il est temps que M. Houle constate que la survie et l'épanouissement du fait français à l'université passent par la désignation.
C'est à lui de poser le geste concret, sans plus tarder.
Albert Nolette,
Joseph Morin,
Matthew Létourneau,
Majid Charania,
Mélanie Power,
Justine Mageau,
Terry Létourneau,
Daniel Wirz et
Mireille Renaud,
Ottawa