L'ex-gouvernement libéral de Kathleen Wynne est blâmé pour la situation financière en Ontario.

Des choix difficiles

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, explique la décision du gouvernement de Doug Ford de mettre fin au projet d’université franco-ontarienne et d'éliminer le Commissariat aux services en français. Voici sa lettre :

OPINION / Il a y eu beaucoup d’inquiétudes au sein de la communauté franco-ontarienne suite à l’Énoncé économique de notre gouvernement présenté jeudi dernier. Je voulais vous dire, je vous comprends. En tant que gouvernement, c’est notre devoir de prendre des décisions. Dans certains cas, ce sont des choix déchirants.

Notre gouvernement a été élu avec le mandat des Ontariennes et des Ontariens de bien gérer les finances de notre province et de remettre l’Ontario sur la voie de la prospérité.

C’est seulement après avoir pris connaissance du rapport de la Commission d’enquête indépendante sur les finances que nous avons appris l’ampleur du déficit laissé par le gouvernement libéral précédent. Le rapport nous a révélé un déficit de 15 milliards $ et une dette de plus de 320 milliards $ à rembourser. Ce déficit et cette dette créent un risque réel pour la prestation de services dont dépendent les 1,5 million d’Ontariennes et d’Ontariens qui parlent français. Cette mauvaise gestion des libéraux a mis en péril des services comme les hôpitaux, l’éducation, nos routes et d’autres services indispensables pour les francophones.

Malheureusement, le gouvernement précédent avait promis à la communauté quelque chose sachant qu’il serait impossible de le livrer. Le modèle proposé était insoutenable et ne répondait pas à la demande pour une main-d’œuvre qualifiée dans les domaines qui en avaient besoin, soit des infirmières, des enseignants, des juristes francophones et autres. Je tiens à remercier le conseil de gouvernance pour leur travail acharné sur cette proposition, mais le gouvernement n’a tout simplement pas les moyens.

Par contre, notre gouvernement est déterminé à soutenir et à améliorer les programmes d’enseignement postsecondaire en français existants afin de répondre aux besoins des étudiants francophones et du milieu des affaires de l’Ontario dans un marché du travail en pleine évolution.

Il existe actuellement 10 établissements d’enseignement postsecondaire, notamment l’Université d’Ottawa, l’Université Laurentienne, le Collège Boréal, La Cité et le Collège universitaire Glendon de l’Université York, offrant plus de 300 programmes de langue française en Ontario. Nous allons travailler avec eux afin d’assurer que les besoins des étudiants qui désirent étudier en français soient bien servis.

En ce qui concerne le Commissariat des services en français, la protection des droits des francophones en Ontario continuera à être livrée de façon indépendante sous la direction de l’Ombudsman de l’Ontario, M. Paul Dubé. Il est important à noter qu’aucune disposition de surveillance ne sera perdue avec ces changements. En fait, elles seront renforcées. Le transfert des rôles et des responsabilités vise à trouver le moyen le plus efficace d’offrir le plus haut niveau de services. Les francophones et les francophiles en Ontario seront bien servis par l’Ombudsman.

Je demeure déterminée en tant que ministre déléguée aux Affaires francophones de trouver les meilleures façons de livrer concrètement les services aux francophones de l’Ontario tout en respectant l’argent des contribuables.

L’auteure, Caroline Mulroney, est ministre déléguée aux Affaires francophones.