Des accusations gratuites

Précisons d'abord que Shawn Gibson («Plainte pour manque de neutralité», LeDroit, 6 février) étudie en sciences humaines, un programme qui regroupe des disciplines diverses comme la sociologie, la science politique, l'économie, la psychologie, l'histoire, la géographie, qui se penchent toutes sur l'humain comme être social, qui évolue dans des systèmes qui influent sur son quotidien de diverses façons.
Par leur nature même, ces matières suscitent des opinions contrastées, voire des discussions enflammées, et c'est très bien ainsi! Les jeunes adultes qui fréquentent les cégeps, à plus forte raison dans un programme de sciences sociales et humaines, sont justement conviés à des échanges d'idées qui favorisent l'acquisition de connaissances nouvelles, l'ouverture d'esprit et la tolérance à la diversité, dans une ambiance de respect mutuel.
Laisser entendre qu'il y aurait au Cégep de l'Outaouais un potentiel d'abus de pouvoir de la part de «certains» enseignants doctrinaires et intolérants à la diversité de vues est une malhonnêteté intellectuelle désolante. En ne nommant personne, on nomme tout le monde: c'est remettre en question le professionnalisme de chacune et de chacun d'entre nous, et ce, sans aucune preuve à l'appui.
Il faut savoir que tout étudiant peut formuler une plainte pédagogique, qu'on lui demandera d'étayer, justement, en respect pour la personne ciblée, qui aura le droit d'être entendue elle aussi. Toutefois, ce processus exige l'intervention de plus d'une personne et prend plus d'une journée ou deux à mettre en place, n'en déplaise à certains.
J'inviterais M. Gibson et ses collègues, le cas échéant, à une discussion franche avec la ou les personnes qu'il cible par ses accusations: c'est, il me semble, une façon logique, responsable et crédible de procéder, au lieu de ternir gratuitement, sur la place publique, le professionnalisme du personnel enseignant du Cégep de l'Outaouais.