Benoît Pelletier

Dénoncer la francophobie

Plusieurs personnes se sont moquées du manifeste qu'avaient signé plus d'une centaine de personnalités québécoises en décembre dernier pour dénoncer la francophobie. Ce manifeste n'avait été signé que par des indépendantistes, disait-on, ce qui en diminuait la crédibilité, ajoutait-on.
La francophobie (ou Quebec bashing) existe malheureusement bel et bien. Le récent incident impliquant Sun News, qui a ridiculisé l'effort que faisait le réseau CBC de prononcer les noms français avec l'accent français, nous l'a rappelé amèrement.
Cet incident était en lui-même relativement anodin. Mais s'il a soulevé un tollé de protestations (au point que Sun News a dû s'excuser), c'est parce qu'il s'est ajouté à une liste déjà passablement longue d'événements de même nature, où le Québec ou les Québécois étaient pris pour cible.
Se lever et dénoncer
Tout comme les souverainistes, les fédéralistes, dont je suis, ne devraient pas hésiter à se lever et à dénoncer avec force le traitement trop fréquemment péjoratif, voire rabaissant, qu'accordent certains médias au Québec et aux Québécois.
Sur cette question, il y a lieu de déplorer par ailleurs le silence inquiétant des politiciens fédéraux. Il leur reviendrait pourtant, en raison de leur rôle national ou pancanadien, de remettre les pendules à l'heure et de défendre davantage le Québec lorsque sa crédibilité et sa réputation sont en cause.
La bonne nouvelle, c'est que ce ne sont pas tous les Canadiens, loin de là, qui partagent la vision défavorable au Québec que véhiculent parfois les médias anglophones. Il est donc encore temps d'agir.
Ne laissons surtout pas ce pays se bâtir sur la base d'un mépris, fût-il circonscrit et ponctuel, à l'égard de la minorité francophone.