De la compassion pour la maladie mentale

Les troubles mentaux représentent 20% des causes de décès et devancent les maladies cardiovasculaires et même le cancer, selon des données de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.
Au Québec, il y aurait entre 4865 et 13 469 personnes avec des troubles mentaux graves ayant des besoins en logement, selon la Coalition régionale de Québec et du Groupe provincial sur le développement du logement subventionné avec soutien dans la communauté.
En Outaouais, il a fallu un drame sur une piste cyclable près du ruisseau de la Brasserie pour que la ministre Stéphanie Vallée octroie 20 unités du Programme de supplément au loyer aux personnes impliquées dans cette agression et qui vivaient dans des tentes sur la propriété de la Ville de Gatineau. Malgré une société dite évoluée, nous aurions encore besoin de tels drames pour agir adéquatement face à nos problèmes de société ? 
Je rappelle que les listes d'attentes pour un logement subventionné s'étendent sur des années, et ce, même pour des personnes ayant des problèmes  de santé mentale. Ça fait belle lurette que les hôpitaux n'ont plus la vocation de s'occuper de ces personnes. Le peu d'entre eux qui sont à l'hôpital Pierre-Janet doivent répondre à des critères sévères d'incapacité, comme celle de se nourrir de manière autonome. Mais s'ils ne mangent pas trois repas par jour à cause de leur délire, c'est ok...
Ces personnes devraient recevoir des soins. Mais comment les soigne-t-on si elles n'ont pas un logement? Qui veut leur louer ? Personne, ils sont non-fonctionnels et bénéficiaires de l'aide sociale. Pourtant, personne ne veut les voir à la rue ou dans un refuge.
Pour régler ce problème, il a été recommandé au gouvernement du Québec d'élargir le Programme de supplément au loyer dans le secteur privé, en créant un programme spécifique réservé aux personnes ayant des problèmes de santé mentale. Qu'est-ce qu'on attend? 
Croyez-le ou non, il n'y a pas de planification concertée entre le réseau de la santé et l'octroi des logements subventionnés par le gouvernement du Québec. L'Outaouais reçoit moins en Programme de subvention au logement et en soins direct aux personnes. Ça fait partie du lot d'être une région éloignée du centre de pouvoir. Inacceptable. Les gens de l'Outaouais paient des impôts comme les autres.
Qui s'occupe de ces personnes vulnérables ? Surtout les familles et pour certains, une équipe médicale spécialisée les visite où ils se trouvent. C'est à bout de bras. Et dans tout ça, l'État continue d'exister à partir de nos impôts et semble rendre des services à ceux qui crient le plus fort plutôt que d'investir intelligemment dans la santé de sa population. 
De tout mon coeur, je fais la demande que la compassion soit aussi bonne pour ces personnes même si ça ne paie pas et que c'est pas sexy. Agissez concrètement pour les personnes vulnérables - logement et aide sociale décente - ou bien, donnez aux familles et au privé le moyen de le faire : octroi de PSL, allègements fiscaux, règlement allégé pour le logement, etc.
Nancy Côté, Cantley