En mars dernier, la ministre Mélanie Joly a laissé tomber son titre de ministre des langues officielles.

Dans quelle langue faudra-t-il le dire?

En mars dernier, la ministre Mélanie Joly a laissé tomber son titre de ministre des langues officielles, pour des raisons encore inconnues, alors qu'habituellement ce titre allait de concert avec le titre de ministre du Patrimoine.
Depuis ce temps, d'importantes lacunes ont été remarquées au chapitre des langues officielles.
Malgré le fait que le gouvernement soit élu depuis déjà un an et que la date de fin du mandat du Commissaire des langues officielles était connue de tous, le gouvernement tarde à trouver son remplaçant et confirme la nomination d'une commissaire par intérim, Ghislaine Saikaley, plutôt que de combler le poste à temps plein.
De plus, malgré une augmentation des plaintes de 40 pour cent, le gouvernement n'a toujours pas procédé à l'embauche de spécialistes à long terme.
Le Commissariat a préféré lancer un appel d'offres afin de recruter des enquêteurs temporaires, sous-traitants.
Le gouvernement a eu amplement le temps pour effectuer ces ajustements, mais il semblerait que les langues officielles ne soient pas une priorité.
Au coeur du problème subsiste le fait que les programmes pour les langues officielles ne sont pas suffisamment financés au Canada.
En bout de ligne, ce sont les communautés linguistiques en situation minoritaire qui en souffrent.
En tant que vice-présidente du Comité sénatorial des langues officielles, j'ai eu la chance, à plusieurs occasions, d'étudier les obstacles auxquels les Canadiens qui vivent dans une communauté linguistique en situation minoritaire font face.
De l'accès au système judiciaire, à l'éducation, en passant par la culture au niveau communautaire, notre comité a découvert à quel point des efforts continus sont nécessaires pour maintenir une qualité de vie équitable pour tous les Canadiens.
Être membre de la francophonie ne consiste pas seulement à prendre l'avion pour participer à des conférences aux quatre coins du monde, comme l'a fait le premier ministre récemment, au Madagascar, pour assister au Sommet de la Francophonie.
Quand le gouvernement décidera-t-il enfin de prendre au sérieux les langues officielles ?
L'auteure, Rose-May Poirier, est une sénatrice du Nouveau-Brunswick et vice-présidente du comité sénatorial sur les langues officielles.