Québec solidaire a vu le jour pour offrir à la population une autre perspective sociale et économique, rappelle l'auteur.

Conclusion prématurée

Dans son commentaire sur le refus de Québec Solidaire d'envisager un pacte électoral avec le Parti Québécois («Triste pour l'Outaouais», Le Droit, 31 mai), Robert Drapeau suggère qu'une telle initiative aurait pu déloger les libéraux dans les circonscriptions de Papineau et de Hull.
Il est significatif que les calculs de M. Drapeau reposent sur l'élection de 2012. S'il avait choisi l'élection de 2014, de 2008, de 2007 ou de 2003, la somme des votes regroupés (PQ, QS et ON) n'aurait pas permis de battre les libéraux. Pour ces élections il aurait eu un manque à gagner de 9368 à 4307 votes dans Papineau et de 8351 à  2116 votes dans Hull.
Un autre problème avec cette analyse est la notion d'une alliance entre les partis progressistes et indépendantistes. Il y a certainement des membres progressistes au sein du Parti Québécois comme il y en a au sein du Parti libéral, mais outre la question nationale, ces deux partis partagent les mêmes orientations politiques qui ne peuvent être qualifiées de progressistes. C'était justement pour offrir à la population une autre perspective sociale et économique que Québec solidaire a vu le jour.
Finalement, il y a lieu de remettre en question cette idée que les alliances soient nécessaires pour briser le monopole libéral en Outaouais. Comme le nouveau porte-parole de Québec solidaire a si bien dit, la meilleure façon de gagner contre le Parti libéral est de convaincre leurs électeurs et électrices de voter pour nous. 
L'auteur, Bill Clennett, est un ex-candidat de Québec solidaire dans Hull.