L'hôpital de Hull

Ciel et Terre aux Québécois

Comment dire? Comment exprimer mon sentiment face à cette province-soeur que j’aime tant, qui reste mon soleil rempli d’espoir en dépit du fait qu’elle me frustre et m’impatiente quasi quotidiennement.

Voici la Belle Province en pleine campagne électorale. Je lis, écoute des politiciens qui, au lieu de raisonner, résonnent. Dans cette missive, je me limiterai à cette région abandonnée par Québec depuis des décennies et par tous ces partis politiques qui n’ont fait que lui tourner le dos. Je mentionnerai cependant cette  exception qui confirme la règle, c’est-à-dire le Parti québécois et son valeureux député de Gatineau, le regretté Jean Alfred, qui a obtenu au siècle passé l’Hôpital de Gatineau.

Depuis ce temps, quasi zéro. 

On voit aujourd’hui politiciens de toutes trempes promettre ciel et terre aux Gatinois. Même les candidats libéraux qui, et on le sait, n’ont «jamais livré la marchandise.» 

Le mot d’ordre au Parlement de Québec semble être : «Vous avez choisi de vivre dans l’ombre d’Ottawa, eh bien, allez vous y faire soigner, éduquer, et empruntez la 417 pour vous rendre à Montréal. Et puis, on ne paie pas  l’écart entre les honoraires des médecins ontariens et ceux fixés par Québec, débrouillez-vous, payez-les. Et de plus, vous exagérez, vous osez demander une machine IRM pour l’hôpital de Gatineau. Quel culot! Et ce sera quoi après, réduire le temps d’attente aux urgences qui ne se chiffre qu’à 36 heures et plus?»

Je veux bien qu’on dépanne nos voisins québécois quant aux soins d’urgence de santé. Normal, car nous sommes tous Canadiens et on a le devoir de s’entraider. Mais rendre cette situation permanente en privant les gens de l’Outaouais des soins qu’ils méritent, de leur faire payer la différence de leur poche, pour se faire dire par le ministre de la Santé Barrette que tout va bien en Outaouais, que le système s’améliore, et qu’ils sont arrogants ces gens deGatineau de toujours se plaindre.

Pensons-y, en 2018, un hôpital de ville majeure, celui de Hull, qui n’est même pas climatisé. Imaginons, suivant un été record chaleur/humidité, l’inconfort des patients et personnel traitant. Imaginez des hôpitaux en manque de médecins, de chirurgiens et spécialistes, forçant les citoyens à se déplacer à Montréal à leurs frais ou à Ottawa, ajoutant aux listes d’attente de nous, les Ontariens qui déjà endurons des mois d’attente pour une chirurgie, pour un IRM ou  autre soin non disponible en Outaouais. Oui, on a des gens devant nous «pas d’ici» qui prolongent notre temps d’attente. Attention, car je vois venir les réactions outragées. Je ne blâme d’aucune façon ces gens-là, bien au contraire.

Je blâme plutôt Québec qui ignore ses contribuables de l’Outaouais. Je blâme surtout les députés libéraux de l’ouest du Québec qui n’ont rien fait pour leur région, ces élus automatiques qui se croisent les doigts, aucun d’entre eux n’ayant le courage d’affronter le pouvoir afin d’exiger la juste part  pour l’Outaouais.

Si j’étais de cette belle région de l’autre côté de la rivière des Outaouais, je deviendrais séparatiste, c’est sûr. Mais, séparatiste comme les autres? Non, je voudrais me séparer du Québec, me joindre à Ottawa et devenir  Ontarien, un point c’est tout.

L'auteur du texte est Jacques Dufault d'Orléans.