Esquisse du projet de revitalisation du Château Laurier

Château Laurier: les mains liées des conseillers d’Ottawa

OPINION / La dernière version du projet d’agrandissement du Château Laurier est une nette amélioration, cependant il lui manque toujours le cachet auquel s’attendent les résidents d’Ottawa.

En tant que conseillers, nous n’avons aucun outil à notre disposition pour exiger qu’un propriétaire nous inspire ou nous enchante par le design de ses édifices, que ce soit un centre d’achat ou un site historique d’importance nationale. C’est un problème dont nous apprécions toute l’importance alors que le comité de l’urbanisme s’apprête à réviser le plan d’implantation du projet d’agrandissement du Château Laurier.

En tant que membre du comité de l’urbanisme, une partie de mon rôle est d’agir comme médiateur entre les attentes des résidents et les droits des propriétaires du Château Laurier. Je dois trouver un juste milieu au sein d’un système administratif et juridique complexe en dépit de mon opinion personnelle.

Le Château Laurier est un site empreint d’importance pour les résidents et les visiteurs d’Ottawa. Plusieurs d’entre nous y avons célébré un mariage ou une graduation et nous le voyons sur de nombreuses photos de vacances.

Nous avons reçu un feedback incroyable et l’intérêt des résidents pour l’urbanisme et l’architecture me donne beaucoup d’espoir pour le futur de notre ville. J’espère retrouver la même énergie pour tous les édifices conçus à Ottawa. Je comprends que l’approche moderne choisie par les propriétaires du Château Laurier a été incroyablement mal reçue. Cependant, le Château Laurier demeure un édifice privé et ses propriétaires ont le droit de choisir le style d’architecture qui leur plaît.

La semaine prochaine, le comité de l’urbanisme devra décider si Larco a satisfait les directions du Conseil émises en juin 2018 lors de la délivrance de son permis de modification de biens patrimoniaux. Les directions du Conseil se voulaient sujettes à interprétation afin de donner aux architectes la liberté créative qu’un projet de cette envergure demandait. Le Conseil a approuvé la hauteur et la forme de l’addition, il ne restait que les détails à peaufiner. De manière objective, je crois que les directives du Conseil ont été rencontrées mais la barre était basse.

Nous sommes donc aux prises avec une décision impossible : si nous approuvons le projet d’agrandissement, l’addition moderne qui ne plaît à personne sera construite ; si nous rejetons le plan d’implantation, Larco fera appel au tribunal d’appel de la planification locale sachant très bien que la Ville d’Ottawa n’a qu’un argument très faible à présenter. Ne soyons pas dupe : le rejet de l’application n’enverra pas Larco chercher un nouvel architecte.

Les conseillers municipaux ont une vaste latitude pour négocier, encourager et influencer les propriétaires d’un édifice quand il en vient au design. Depuis 2016, le projet d’agrandissement du Château Laurier a reçu une part enviable du temps et des ressources du personnel municipal, des consultants, du Conseil et de ses comités. La collaboration entre la Ville et Larco a été fructueuse et la hauteur de l’addition a été revue, ainsi que sa connexion avec les espaces publics qui l’entourent. L’utilisation de matériaux nobles tels que le calcaire et le bronze a remplacé le verre et l’acier. Plus de 800 jours après l’application originale, voilà où nous en sommes.

Le pouvoir de changer le design de l’addition est entre les mains de Larco et non celles des conseillers de la Ville d’Ottawa. En tant que propriétaires, ils sont responsables pour leur choix de style et devraient faire face aux conséquences de leur décision impopulaire.

Glen Gower,

Conseiller municipal pour Stittsville,

Président du comité permanent du patrimoine bâti

Ville d’Ottawa