Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Changements climatiques: la cause de la cause

André Verville
André Verville
Lévis
Article réservé aux abonnés
POINT DE VUE / Je salue bien bas l’analyse de causes à effets présentée par Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois de Québec Solidaire dans une lettre d’opinion publiée par le journal Le Soleil du dimanche 25 avril dernier. Il fait par ailleurs bon de voir enfin un président des États-Unis d’Amérique tirer la sonnette d’alarme aussi dans le même sens. La santé de notre planète se dégrade, les actions nécessaires pour inverser la tendance se font attendre et on doit exiger de nos gouvernements qu’ils cessent de tergiverser et qu’ils se mettent au travail.

Par contre, moi je vois les choses sous un autre angle. La principale cause de la dégradation de l’écosystème terrestre n’est pas l’ineptie des humains, de leurs gouvernements et de leurs entreprises. On pourra toujours espérer changer le comportement de l’humain, mais on va toujours travailler contre son instinct d’être vivant qui est d’améliorer son sort, de travailler moins et de jouir de la vie. Notre société nous donne des moyens qu’il relève presque du sado-masochisme de se priver.

Lorsque j’étais jeune, il y a près de soixante ans maintenant, et que j’ai eu mes premiers cours de géographie à mon école primaire de quartier, je me souviens d’un chiffre qui m’a fait découvrir les grands nombres: deux milliards. Je trouvais ça énorme, bien sûr. C’était le chiffre d’alors dans les manuels de géographie de l’époque pour la population mondiale. Pas très à jour probablement et je veux bien croire qu’on en était peut-être déjà à 2,5 en 1965, peut-être même plus.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, la population mondiale est rendue à environ 8,5 milliards. Elle s’est multipliée en moins de 60 ans et elle continue sa croissance incontrôlée. On a fait des pas de géants en médecine et on a augmenté l’espérance de vie. L’agriculture et la foresterie se sont mécanisées et nous avons multiplié nos capacités de production alimentaire. 

Avec toute cette énergie pétrolière provenant du sol pour alimenter les moteurs, le transport des personnes et des marchandises a explosé et surtout, surtout, le niveau de vie s’est grandement amélioré. Les inégalités existaient déjà, elles ont persisté, avec comme constante inébranlable un plus grand nombre de pauvres. L’humain n’a pas changé, il n’est sur cette planète qu’en plus grand nombre, en raison de moins de guerres, moins de maladies et plus de nourriture. Et ça se poursuit à un rythme tel qu’on se demande si les efforts que l’on met à réduire les gaz à effet de serre et la dégradation du climat ne deviendront pas en fin de compte l’opportunité rêvée pour que l’humanité poursuive sur sa lancée démographique explosive.

Parce qu’en résumé, ce n’est qu’en plus grand nombre et passablement mieux équipés qu’autrefois que nous sommes plus efficaces à systématiquement détruire notre habitat. On souhaite ardemment éliminer la famine, les maladies et les guerres, alors que c’est justement parce qu’on y a admirablement bien réussi qu’on en est rendus là!

La cause de la cause, elle est là. Même si ce sera autant contre sa nature et son instinct que sa recherche de mieux-être et de bonheur, l’humanité devra apprendre à contrôler sa démographie. Ce sera l’ultime usage de son intelligence qui la distinguera des autres espèces animales, parce qu’un jour, elle devra cesser d’agir comme cette nuée de sauterelles qui ravage tout sur son passage, juste du fait de conditions avantageuses ayant mené à l’explosion soudaine et désordonnée du nombre de ses individus.