L'échéance pour la période de consultation sur l'ébauche d'étude d'impact environnemental (EIE) de Laboratoires nucléaires canadiens a été prolongée jusqu'au 16 août, afin de permettre la traduction française de l'ébauche d'EIE.

Chalk River et les déchets nucléaires

Je prends au sérieux ma responsabilité de favoriser le dialogue public au sujet du projet de gestion des déchets près de la surface aux laboratoires de Chalk River. Ce projet fait partie d'un plan présenté par le secteur privé pour le traitement des déchets nucléaires anciens au site nucléaire de Chalk River. Il va sans dire que ce dossier revêt un intérêt régional et national substantiel. Il mérite qu'on y consacre toute notre attention et que l'on modère nos propos.
Pendant plus d'un an, j'ai consulté directement et abondamment différents intervenants tels que des associations de propriétaires de chalet, des groupes environnementaux, des maires et des conseillers municipaux, les communautés autochtones, le promoteur du projet (Laboratoires nucléaires canadiens - LNC), mes collègues parlementaires, ainsi que l'organisme indépendant de réglementation du Canada spécialisé en la matière, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). S'il y a consensus sur un point, c'est que nous n'avons d'autre choix que d'établir un système de classe mondiale pour gérer le site nucléaire de Chalk River.
Ce n'est pas le travail d'un député fédéral d'évaluer la valeur technique de la proposition de LNC ni de déterminer si le stockage en surface de déchets nucléaires de faible et moyenne activité risque « d'avoir des effets environnementaux néfastes », comme l'exige la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (2012). Cette responsabilité appartient à la CCSN, dont l'équipe de fonctionnaires chevronnés est tenue par la loi d'analyser tous les enjeux environnementaux et de sécurité publique. Cet organisme indépendant de réglementation fédéral examinera le tout, incluant les risques liés aux inondations, aux tremblements de terre et aux répercussions multigénérationnelles ainsi que les menaces terroristes.
La Commission continue de mener un processus public transparent qui permet aux citoyens de faire connaître leurs points de vue et leurs inquiétudes. Dans le cadre du processus, des groupes tels que Sentinelle de la rivière des Outaouais, l'Association canadienne du droit de l'environnement et des organismes autochtones comme le Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, ont demandé et obtenu de l'aide financière (pouvant atteindre 100 000 $) offerte pour la prestation de renseignements nouveaux, distincts et utiles à la Commission par l'intermédiaire d'interventions éclairées.
D'ailleurs, l'échéance pour la période de consultation sur l'ébauche d'étude d'impact environnemental (EIE) de LNC a été prolongée jusqu'au 16 août, afin de permettre la traduction française de l'ébauche d'EIE.
En tant que député, mon travail consiste à encourager tous les Canadiens qui s'intéressent à la question à faire connaître leurs points de vue sur le projet dans le cadre de ce processus officiel. Tous les commentaires sont publiés au Registre canadien d'évaluation environnementale afin que le public puisse les consulter. Toutes les observations, y compris celles présentées par le promoteur, seront examinées et prises en compte par la Commission. Si cette dernière détermine que des renseignements supplémentaires sont requis, le promoteur sera prié de fournir les renseignements demandés jusqu'à ce que le personnel de la CCSN soit satisfait d'une étude d'impact définitive.
Quand l'étude d'impact sera mise au point, le personnel de la CCSN préparera un rapport d'évaluation environnementale - rendu public 60 jours avant le début du processus d'audiences publiques - afin d'orienter le processus décisionnel. Le public pourra prendre part aux audiences publiques en présentant des mémoires écrits ou en participant en personne.
Alors, établissons les faits et menons un dialogue ouvert et constructif dans le cadre du processus officiel. C'est là le meilleur moyen de faire face aux nombreuses préoccupations en matière de santé, de sécurité et d'environnement qui, en définitive, découlent d'un problème historique de gestion de déchets nucléaires que l'on ne peut ignorer.
L'auteur, William Amos, est député de Pontiac