« La nouvelle alarmante sur la situation du Groupe Capitales Média suscite chez plusieurs cette envie d’affirmer notre attachement à une presse régionale rigoureuse et qui s’investit dans nos collectivités », indique l'auteur du texte, Patrick Duguay.

C’est le temps de se manifester pour appuyer Le Droit

OPINION / Nous avons tous appris lundi que le Groupe Capitales Média (GCM) se place sous la protection de la Loi sur les faillites.

Nous pensons évidemment aux artisan.es de ces journaux qui traversent des moments difficiles d’incertitudes et d’inquiétudes. 

De leurs côtés, les régions craignent pour la disponibilité de l’information de qualité sur les enjeux de leurs coins de pays. Quand un groupe de presse comme GCM plie les genoux, la disponibilité de l’information en région s’impose enfin comme enjeu vital.

La nouvelle alarmante sur la situation du Groupe Capitales Média suscite chez plusieurs cette envie d’affirmer notre attachement à une presse régionale rigoureuse et qui s’investit dans nos collectivités. Nous sommes nombreux à craindre la perte de ces outils essentiels à notre vie démocratique et à notre développement que sont ces médias qui parlent de nous, de ce qui se passe chez nous.

Nous savons tous que le marché des médias vit de grands bouleversements. La suite des choses ne pourra vraisemblablement pas reposer entre les seules mains d’un acheteur qui sauverait les meubles avec l’aide de Québec. Il en va d’un modèle qui doit se renouveler et s’enraciner dans la collectivité, pour continuer de répondre à des besoins bien réels et soutenir sa pérennité. 

Il y a quelques années, l’Outaouais a eu l’occasion de se lever et de réagir à la perte d’une autre institution régionale. Ce fut l’occasion de se relever les manches et de mettre nos efforts en commun pour concrétiser notre volonté d’être un acteur du développement agroalimentaire de notre région. Le projet de la Laiterie de l’Outaouais ne s’est jamais cantonné dans une opposition stérile. Nous avons créé deux coopératives qui regroupent d’une part les travailleur.ses et d’autre part les consommateur.trices, dans une alliance avec des entrepreneurs privés, qui ont permis de créer une laiterie locale à la fine pointe de la technologie. Nous avons inventé un modèle de reprise collective couronné par un succès commercial et identitaire reconnu. Le Droit, et d’autres journaux locaux aujourd’hui disparus, nous y ont aidé en diffusant nos espoirs, nos projets et nos réalisations.

Déjà, la possibilité d’une solution locale impliquant en premier lieu les travailleur.ses est invoquée. Comme dans le cas de la Laiterie, nous avons les moyens, comme région, d’agir ensemble en nous rassemblant tous autour d’un projet d’économie sociale qui place l’intérêt collectif et la démocratie au centre de son modèle. Et tout porte à croire que nous pourrions nous associer à nouveau avec d’autres régions qui veulent aussi développer une solution locale, durable et collective.

Nous n’avons pas envie de rester les bras croisés alors que notre journal régional traverse une inquiétante tempête… et nous croyons que nous ne sommes pas les seuls. C’est le temps pour les gens de l’Outaouais, de l’est-ontarien et des autres régions de se manifester.

L'auteur du texte est Patrick Duguay de la Coopérative de développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides.