Le premier ministre du Québec, François Legault, a promis de mieux soutenir les organismes communautaires, de leur accorder une plus grande reconnaissance et de simplifier les procédures administratives.

CAQ et communautaire: vers de vrais engagements

Avec la nomination du nouveau cabinet des ministres sous un gouvernement de la Coalition avenir Québec, le mouvement communautaire se questionne sur ce qui l’attend. Appréhensions pour certains, espoirs pour d’autres.

Du 22 au 28 octobre, on marque la Semaine nationale de l’action communautaire autonome orchestrée à l’échelle du Québec par le Réseau québécois de l’ACA (RQ-ACA). C’est notamment l’occasion de parler de l’histoire des luttes de notre mouvement et des gains faits au fil du temps, un mouvement des forces vives du communautaire qui est un pilier de justice sociale et d’implication citoyenne à la grandeur du Québec. C’est aussi une opportunité de communiquer au nouveau gouvernement de la CAQ, les enjeux auxquels nous faisons face au quotidien.

Remontons à la source de nos enjeux et rappelons-nous les quinze dernières années dominées par le Parti libéral qui a poussé le communautaire à l’essoufflement. Les compressions dans le système de santé et de services sociaux ont eu une répercussion directe dans le milieu communautaire par l’augmentation des demandes d’aide à la suite de nombreuses références des employés des services publics, et ce, sans ajout de ressources financières.

Cela s’ajoute à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Québec. Celle-ci se répercute de façon exponentielle sur nos organismes, qui déjà, peinent à offrir des salaires convenables qui sont à la hauteur de la charge de travail et des compétences, comme le souligne d’ailleurs un récent article dans Le Devoir, signé Céline Métivier du RQ-ACA, avec chiffres à l’appui. Sous un tout autre angle et en guise de solution innovante pour contrer la pénurie, le maire de Québec, Régis Labeaume, renchérit en suggérant au nouveau gouvernement de la CAQ de mieux financer les organismes communautaires plutôt que les entreprises privées.

En Outaouais, ce manque à gagner historique est ressorti plus récemment, alors que le CISSSO distribuait 807 100 $ pour répondre aux besoins importants de plus de 130 organismes communautaires soutenus financièrement par ce ministère en Outaouais. Le peu d’argent à distribuer, combiné à une liste d’exigences spécifiques du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et du CISSSO qui sont passées outre les priorités régionales, fait que seulement 34 groupes ont reçu de l’argent cette année. 34, dont plusieurs qui ont été rehaussés d’à peine 6 000 $ !

La CAQ a promis de mieux soutenir les organismes communautaires, de leur accorder une plus grande reconnaissance et de simplifier les procédures administratives. C’est une vision qui nous semble prometteuse, mais encore faut-il passer de la parole aux actes. La CAQ saura-t-elle répondre à la hauteur des attentes et des besoins tout en protégeant notre autonomie ?

L’Outaouais a été le berceau de plusieurs initiatives citoyennes qui ont pris de l’ampleur dans la couleur du modèle québécois, comme le premier Carrefour-Jeunesse-Emploi,  parmi les premiers CALA(C)S ou encore les CLSC. Nous avons des modèles uniques d’organismes créés par la communauté, comme les Maisons de quartiers. Tous ces organismes, en milieu rural comme urbain, ont des pratiques alternatives qui transforment la société. Quelle grande contribution et combien de gains sont issus de l’action communautaire autonome !

Imaginez comment nous pourrions nous renouveler et poursuivre ces changements sociaux avec des moyens à la hauteur de nos capacités ! Des  luttes, nous en avons mené, nous en menons, et nous continuerons d’en mener tant qu’il le faudra. Et c’est toute la population qui en bénéficiera.

L'auteur est Daniel Cayley-Daoust, directeur général par intérim de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de l’Outaouais (TROCAO).