Les employeurs croient encore à des mythes non fondés sur la façon dont les personnes en situation de handicap sont susceptibles de se comporter au travail.

Briser les mythes au sujet du handicap au travail

OPINION / Les personnes en situation de handicap sont non seulement confrontées à des obstacles dans leur vie quotidienne, elles font aussi face à l’adversité sur le marché du travail. Elles n’ont pas les mêmes possibilités d’emploi que leurs homologues ne vivant pas en situation de handicap. Pourquoi? La désinformation semble être la principale raison : les employeurs croient encore à des mythes non fondés sur la façon dont les personnes en situation de handicap sont susceptibles de se comporter au travail.

Un nouvel article a examiné les données empiriques sur l’emploi des personnes en situation de handicap et a cerné les principales préoccupations partagées par les employeurs. Lorsqu’ont été examinées la validité de ces préoccupations, elles étaient soit non fondées, soit démesurées.

Nos recherches suggèrent que ces obstacles sont souvent le résultat d’un manque d’information de la part des gestionnaires. De nombreux employeurs ont des opinions infondées sur les capacités professionnelles des personnes en situation de handicap. Les gestionnaires affirment constamment qu’il leur est difficile d’attirer et d’embaucher des employés qualifiés vivant avec un handicap, mais les données montrent que le potentiel considérable de ce segment de la main-d’œuvre est sous-utilisé.

Tout au long de leurs recherches, ont été remis en question de nombreux mythes et stéréotypes au sujet des employés vivant avec un handicap.

En voici quatre :

Mythe # 1 : Il est coûteux de prendre des mesures d’adaptation pour les employés handicapés.

Le coût des mesures d’adaptation est peut-être la préoccupation la plus souvent exprimée par les gestionnaires. Cependant, les données montrent qu’ils s’inquiètent trop : les mesures d’adaptation sont en fait peu coûteuses. Souvent elles ne coûtent rien, et parfois elles coûtent moins de 500 $.

Selon un sondage continu, mené auprès de près de 2 500 employeurs, les mesures d’adaptation sont également rentables. Ils aident à retenir les employés talentueux, ils éliminent les coûts liés à la formation des nouveaux employés, ils améliorent la productivité et ils rehaussent le moral de l’organisation.

Mythe # 2 : Les personnes qui vivent avec un handicap ont un rendement inférieur au travail.

L’idée voulant que les personnes en situation de handicap aient un rendement inférieur au travail et des taux plus élevés d’absentéisme, de retard ou de roulement que les personnes qui ne vivent pas en situation de handicap est bien enracinée.

Il est très important de remettre en question ce stéréotype : une étude montre des différences négligeables de productivité entre les travailleurs vivant en situation de handicap et leurs collègues. Dans certains cas, on dénote même une productivité plus élevée pour les travailleurs en situation de handicap.

Mythe # 3 : Il y a très peu de personnes en situation de handicap sur le marché du travail.

Les employeurs sous-estiment ou ignorent le nombre de candidats ou d’employés actuels qui peuvent vivre avec un handicap. La plus récente Enquête canadienne sur l’incapacité révèle qu’environ 20 % des Canadiens en âge de travailler ont déclaré vivre avec un handicap.

Selon l’équipe de recherche, les gestionnaires sous-estiment peut-être ce nombre parce que plusieurs des conditions ne sont pas toujours visibles. Dans certains cas, les employés choisissent simplement de ne pas les divulguer.

Mythe # 4 : Il est difficile d’attirer des candidats qualifiés vivant avec un handicap

L’une des autres grandes préoccupations des employeurs est qu’ils ne sont pas en mesure d’attirer des candidats qualifiés, mais cette perception négative est incompatible avec le fait que le bassin de candidats disponibles est largement sous-utilisé.

Les personnes en situation de handicap sont l’un des plus grands bassins de travailleurs négligés. Les données que nous avons examinées dans notre article suggèrent que les organisations manquent d’employés talentueux et productifs. »

Silvia Bonaccio,

Professeur,

Université d’Ottawa