Les analystes européens et britanniques estiment qu’il n’y a pas de majorité, non plus, qui se dessinerait, au parlement de Londres, en faveur d’un «Brexit dur».

Brexit: à la recherche d’une majorité!

OPINION / Afin de respecter le voeux des Britanniques, exprimé lors du référendum de juin 2016, le gouvernement de Londres doit trouver une solution acceptable à une majorité de citoyens en vue de la sortie définitive de l’Union européenne le 29 mars 2019.

Un texte de 585 pages, liant juridiquement les Britanniques et les Européens, a été signé en novembre dernier, mais il n’a pas été présenté aux parlementaires, comme prévu le 11 décembre, faute d’une majorité de députés pour l’appuyer.

Les parlementaires britanniques se proposaient de rejeter catégoriquement le texte de l’entente à cause surtout du point d’achoppement sur lequel les Britanniques et les Européens n’ont pas encore trouvé d’accord : comment faire pour que, entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, la situation demain soit aussi fluide, simple et pacifique qu’aujourd’hui ? On se souvient des violences en Irlande du Nord ; on se souvient d’un processus de paix qui a fonctionné essentiellement parce que le nord et le sud de l’île appartenaient à l’Union européenne. Demain, cela ne sera plus le cas ; il faut trouver une solution pour préserver ce processus de paix et là, c’est difficile.

La première ministre britannique a tenté d’obtenir des Européens quelques additions au texte déjà signé en vue de le représenter aux Parlement le 21 janvier prochain; mais les Européens, mêmes les plus disposés à aider la première ministre britannique, ne veulent pas modifier, même légèrement, ce texte juridique dont l’achèvement a nécessité presque deux ans de difficiles négociations.

Les analystes européens et britanniques estiment qu’il n’y a pas de majorité, non plus, qui se dessinerait, au parlement de Londres, en faveur d’un «Brexit dur», soit une sortie de l’Union européenne sans le moindre accord préalable sur les responsabilités respectives des parties.

Resterait de toutes façons le règlement financier de plusieurs milliards d’euros. Rappelons que ce n’est pas le coût du divorce, c’est par contre ce que doit le Royaume-Uni pour la période dans laquelle il a pris des engagements vis-à-vis de l’Union européenne et qui court jusqu’à fin 2020.

Notons enfin qu’il ne se dessine pas non plus de consensus, ni au gouvernement ni parmi les parlementaires, pour la tenue d’une nouvelle élection générale, ni pour un retour simple et complet de la Grande-Bretagne comme membre de l’Union européenne. Précisons que la Cour de justice européenne a noté récemment que ceci pourrait être acceptable aux Institutions européennes.

Il semble donc que, vu l’absence de consensus ou de majorité, pour aucune des solutions envisagées impliquant les parlementaires britanniques, la seule solution qui se présente maintenant serait de proposer aux Britanniques de se prononcer, lors d’un second référendum sur ce que la «majorité»des citoyens souhaite comme sortie de cette impasse. Quitter l’union européenne sans le moindre accord paraissant de moins en moins acceptable, la question pourrait donc être: accepter le texte juridique proposé (quelques 500 pages) ou demander un maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne.

Souhaitons donc bonne chance à tous les Européens.

L'auteur est Georges Paquet et réside à Ottawa.