Denise Bombardier

Bombardier dans l’erreur

Je suis totalement en désaccord avec Denise Bombardier lorsqu’elle prétend à l’émission Tout le monde en parle que le français n’a pu survivre à l’extérieur du Québec qu’en raison du nationalisme québécois.

Rien n’est plus faux car les nationalistes n’ont fait que couper les ponts avec le reste de la francophonie canadienne. Aux dires même de René Lévesque en 1968, nous n’étions à ses yeux que des «dead ducks». 

Au contraire, le Québec a perdu une force de frappe dans le reste du Canada en se repliant sur lui-même par le biais de la Révolution tranquille. 

Si les francophones hors-Québec ont pu survivre aussi longtemps, c’est plutôt grâce à leur détermination et leur résilience car ils ont dû se battre sur deux fronts, avec le mépris d’une certaine partie du Canada anglais et la méconnaissance ou l’ignorance totale d’une partie de la francophonie québécoise. 

Parfois, le Québec nous a appuyé dans certaines luttes, comme ce fut le cas avec l’Hôpital Montfort mais, plus souvent qu’autrement, le Québec nous a laissé seuls dans nos combats et même lutté contre nous sur des questions cruciales portant, par exemple, sur la gestion scolaire. 

Non, le Québec n’a pas toujours été un allié. Mais il est plus décevant de constater que bon nombre de Québécois ne connaissent rien de notre spécificité, de nos combats, ou de notre existence même. Et c’est là où le bât blesse.

L'auteur du texte est Jean Nadeau d'Ottawa.