Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Joe Biden
Joe Biden

Biden, le Jean XXIII de la politique américaine

Marcel Perron
Marcel Perron
Neuville
Article réservé aux abonnés
POINT DE VUE / Les deux se voulaient des choix temporaires compte tenu de leur âge, on les voyait comme des candidats de transition qui n’allaient pas chambarder les institutions en place, mais plutôt les laisser sommeiller en toute tranquillité. À cet égard, si Trump traitait son adversaire Biden de «Joe l’endormi», le pape Jean XXIII aurait quant à lui reçu dans un rêve prémonitoire un message divin qui le questionnait: «Pierre, dors-tu?».

Paraît-il que ce fut pour le nouveau pape le déclencheur des grands changements opérés par le concile Vatican II. Quoi qu’il en soit, ces deux personnages surprennent par leur volonté d’accomplissements, eux qui sont arrivés dans l’angle mort du changement.

Tout comme Jean XXIII, dont les réformes ont encore une influence majeure aujourd’hui, le président Biden est en train de mystifier la société américaine par l’ampleur de ses propositions. Ayant largement dépassé ses prévisions de vaccinations contre la COVID, il donne l’impression qu’il veut modifier les paradigmes américains dans les domaines politique, économique, social et environnemental. Comme un Roosevelt des temps modernes, il s’inspire des grands principes socio-démocrates pour instaurer un nouveau «New Deal». Pour ce faire, son administration prévoit investir plus de 500 milliards $ pour la relance économique, les infrastructures ainsi que pour l’éducation et la famille. 

De plus, il ouvre les portes toutes grandes aux femmes et aux minorités au sein de son administration. Également, à des années-lumière des décisions improvisées de son prédécesseur dans la sphère internationale, ses politiques visent à replacer les États-Unis au centre des grands enjeux planétaires. Comme il le dit si bien: «America is back». Il le prouve par la reconnaissance du génocide arménien perpétré par l’empire ottoman turc; ce qui exaspère l’actuel président Erdogan de la Turquie dont le pays a toujours été dans un déni idéologique face à ce drame vécu par le peuple arménien.

Ainsi, Biden nous donne l’impression que son passage à la présidence américaine modifiera profondément l’Amérique et le monde, en insufflant une fraîcheur de justice, de démocratie et d’humanité. Sans être un saint ni un pape, il nous apparaît comme quelqu’un pour qui la moralité doit transcender tous les pouvoirs. Espérons que les cent premiers jours de sa présidence seront à l’image de ce que sera la suite de son mandat.