Carrefour des lecteurs

Au service de la création de richesse

OPINION / Je suis fier de présenter le Plan stratégique 2020-2024 d’Hydro-Québec, qui est résolument axé sur la création de richesse au Québec et la lutte contre les changements climatiques. Je suis convaincu que ce plan permettra à l’entreprise d’assumer un rôle de leader de la transition énergétique en cours. Nous estimons d’ailleurs que nos efforts permettront de contribuer de manière importante à l’atteinte des cibles de réduction des GES du Québec en éliminant, d’ici la fin de 2024, l’équivalent des émissions de 1,5 million d’automobiles.

Nous avons la chance de vivre sur un territoire où l’on retrouve des ressources hydrauliques abondantes. En effet, le Québec compte parmi les rares endroits dans le monde qui peuvent se targuer de produire de l’électricité à la fois renouvelable, abordable et propre à près de 100 %. L’électricité représente déjà 35 % de l’énergie consommée au Québec, ce qui nous donne un net avantage pour faire face à la crise climatique. Toutefois, nous devrons accélérer l’électrification de notre économie et réduire notre dépendance aux énergies fossiles pour améliorer notre bilan environnemental et atteindre nos cibles de réduction de GES. Le Québec a tout ce qu’il faut pour s’électrifier davantage et réduire ainsi son déficit commercial.

Nous souhaitons également saisir des occasions de croissance dans de nouveaux marchés. Par exemple, nous soutiendrons le développement de l’hydrogène propre pour des applications qui pourraient présenter des perspectives intéressantes, comme le chauffage des bâtiments, le transport ferroviaire et routier, le gaz naturel renouvelable, les hydrocarbures synthétiques carboneutres et la fabrication d’ammoniac et de méthanol. De plus, nous poursuivrons le développement de marchés tels que les centres de données et la production en serre. En alimentant ainsi le développement économique du Québec, nous estimons que notre contribution annuelle au produit intérieur brut (PIB) du Québec grimpera à 23,4 G $ en 2024.

Nous sommes aussi en position d’accompagner l’ensemble du nord-est de l’Amérique du Nord dans l’atteinte de ses objectifs de réduction de GES. Sur les marchés hors Québec, nous visons à doubler d’ici 2024 les GES évités par nos contrats de vente d’électricité à long terme. Le contrat que nous avons conclu avec le Massachusetts en 2018 – le plus gros de notre histoire – représente un premier pas important, et nous entendons conclure d’autres contrats à long terme afin d’augmenter nos exportations.

Par ailleurs, nous pouvons en faire encore plus et devenir la batterie du nord-est du continent grâce à la capacité de stockage de nos réservoirs. En fournissant une énergie stable qui sera au rendez-vous lorsque le soleil et le vent ne le seront pas, nous pourrons même contribuer à l’expansion des productions solaire et éolienne en assurant leur intégration en temps réel. Actuellement, cette fonction est principalement assurée par les centrales au gaz naturel, qui émettent 50 fois plus de GES que l’hydroélectricité.

Plus que jamais, notre énergie propre a donc un rôle primordial à jouer dans notre enrichissement collectif et la réduction des émissions de GES en Amérique du Nord.

Éric Martel, président et directeur général d'Hydro-Québec

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UNE ACTION FACILE À RÉALISER

Presque tous les jours, on entend parler de changements climatiques et depuis cette semaine, de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25). 

Cet automne, il y a eu au Québec des manifestations importantes pour le climat. Même que la jeune suédoise Greta Thunberg est venue participer à celle de Montréal. On parle de toutes sortes de projets pour protéger notre climat, dont l’électrification des transports (voiture électrique, tramway, etc.), l’énergie solaire, l’énergie éolienne... Plusieurs de ces projets ne sont pas encore disponibles pour tous. Nous avons reçu de nos parents la Terre en héritage, mais dans quel état allons-nous la laisser à nos enfants et à nos petits-enfants ?

Dès aujourd’hui, il y a une action facile à faire pour tous les conducteurs et toutes les conductrices du Québec pour aider à sauver notre Terre commune. De plus, cette action nous ferait sauver de l’argent de plusieurs façons. 

Cette action facile, c’est tout simplement respecter les limites maximales de vitesse sur toutes les autoroutes, routes, rues et chemins du Québec.

Si tous les conducteurs, conductrices, respectaient les vitesses maximales, on pourrait facilement économiser en moyenne au moins deux litres par semaine d’essence, par véhicule. Ces deux litres d’essence ne seront pas transformés en gaz à effet de serre qui ont un impact sur notre climat. Vous allez dire que ça ne vaut pas la peine, deux litres d’essence par semaine, mais saviez vous qu’il y a près de 6 millions de véhicules automobiles routiers immatriculés au Québec ? 

Donc, si on fait le calcul, cela pourrait donner une diminution de 624 millions de litres d’essence par année au Québec, une quantité qui ne se transformerait pas en gaz à effet de serre. Ces litres d’essence économisés équivaudraient à 967 millions $ par an pour le Québec – au prix moyen de 1,23 $/litre d’essence –, et ce, seulement en diminuant notre vitesse sur les routes. Imaginez 967 millions de $ investis au Québec pour autre chose que de l’essence. Pour chaque conducteur au Québec, cela représenterait une économie d’environ 137 $ par année, une somme qui pourrait être investie ailleurs dans notre économie. 

Aussi, cela représenterait 24 960 camions-citernes d’essence par année qui n’auraient pas besoin d’emprunter les routes pour approvisionner les stations-service au Québec. Nos routes ne s’en plaindraient pas... De plus, en réduisant notre vitesse sur les routes du Québec, il y aurait moins d’accidents, donc diminution des décès et des blessés. Par conséquent, moins d’hospitalisations et diminution de nos primes d’assurances... 

Si le monde diminuait la vitesse de leur véhicule sur les routes, ça serait moins stressant pour tous les conducteurs, les passagers, les piétons, les cyclistes. Et d’ailleurs, pourquoi stresser sur la route ? Comme disait ma belle-mère, « vaut mieux arriver en retard qu’en corbillard ». 

Au Québec, si on est prêts à manifester dans les rues pour le climat, on peut sans doute réaliser une action facile et concrète en diminuant notre vitesse sur nos routes. Cette même action pourrait être réalisée au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Reprenons le même calcul pour le Canada : il y a plus de 35 millions de véhicules routiers au pays. Donc, si avec chaque véhicule on économise deux litres d’essence par semaine, ça équivaut à une économie de 3,64 milliards de litres d’essence par an qui ne seront pas transformés en gaz à effet de serre qui perturbent notre climat. 

Et aux États-Unis, où il y a environ 250 millions de voitures. En réduisant la consommation d’essence de deux litres d’essence par véhicule, par semaine, cela représenterait une diminution de 26 milliards de litres d’essence par an !

Et dans le monde, le nombre total de voitures est estimé à 1,2 milliard. Une diminution de deux litres par semaine, par véhicule, équivaudrait à 124,8 milliards de litres d’essence par an.

Gens du Québec, donnons l’exemple au monde et posons une action pour le climat en respectant les limites de vitesses sur les routes !

Pierre Gauthier

Saguenay