Environ 175 personnes décèdent à chaque jour au Québec.

Aide médicale à mourir : nous devenons prêts

OPINION / Je fais suite à la lettre du Dr Guy Morissette. Son titre «AMM : étions nous prêts?» m’interpelle toujours (Le Droit, 16 avril). Prêts, oui, bien sûr. Le Dr Gaétan Barrette y a mis le paquet dans toutes les régions qui y ont investi énergies et cœur. Le Collège des médecins du Québec a fait de même magistralement, ainsi que les autres ordres professionnels concernés. Les CIUSSS et Les CISSS ont fait de même. 18 mois de préparation! Gratitude à tout ce beau et bon monde!

Pas prête, la Commission sur les soins de fin de vie. Elle a pris vie lentement, péniblement, avec pas assez de personnes impliquées quotidiennement dans les soins de fin de vie, probablement peu ouvertes à l’aide médicale à mourir, même avec des membres s’y opposant de façon plus ou moins avouée. Malheureusement, tous n’étaient pas pro-choix. (Le sont-ils tous? Je l’espère.)

Le ministère de la Santé et des Service sociaux? Pas assez prêt à faire face aux farouches opposants plus ou moins avoués à l’aide médicale à mourir. Ils se sont opposés ou s’opposent encore à la primauté du seul intérêt de la personne en fin de vie. C’est le règne de leurs intérêts qui prime. Pour y arriver, pour réussir à s’opposer, les moyens utilisés furent souvent petits et ignobles. Cruels et inhumains, même.

Serons-nous prêts bientôt? Oui, je le crois profondément. Le ministère et la Commission sur les soins de fin de vie vont tout faire et rapidement pour que les poches de résistances soient bien identifiées et pour que les correctifs soient apportés. Les résistants sont connus. J’ai confiance. Le printemps est à nos portes!

Le printemps est-il aussi à la porte de la Commission sur les soins de fin de vie?  C’est à espérer. Compassion invite et même oblige. Solidarité avec les environ 175 personnes qui décèdent à chaque jour au Québec, solidarité avec leurs proches et aussi avec leurs soignants.

Ce printemps à la Commission deviendrait plus que possible avec la venue de commissaires/professionnels experts en soins palliatifs incluant l’aide médicale à mourir, avec expériences de 2 à 3 ans de pratique.

Dans l’univers de soins de fin de vie, le printemps prendrait vite vie dans une rencontre au sommet réunissant le ministère, la Commission sur les soins de fin de vie et les six ordres professionnels concernés. D’ici le 5e anniversaire de notre Loi sur les soins de fin de vie, le 5 juin prochain.

Oui, Dr Morissette, le Québec sera davantage prêt, honorant mieux les personnes en fin de vie  et rendues à fin de leur vie, prenant mieux soin de leurs soignants.

L'auteur du texte est Yvon Bureau, consultant bénévole pour un mourir digne et libre.