Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

À vous la parole

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Vous voulez réagir à l'actualité? Écrivez à editorial@ledroit.com. Ne seront publiées que les lettres portant les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de l'auteur. Seuls le nom et le lieu de résidence apparaîtront.

Éducation en famille durant la pandémie

Le gouvernement québécois vient d’annoncer que les cinémas, les patinoires intérieures et les piscines pourront ouvrir durant la semaine de relâche. Il justifie cette décision en argumentant que les enfants scolarisés à l’école doivent rester occupés durant cette semaine. On ne peut pas s’attendre à ce que les enfants restent à la maison durant une semaine. Étrangement, la perspective du gouvernement concernant les enfants scolarisés en famille est complètement différente. Depuis plusieurs mois, ils sont confinés à la maison sans activités sociales. Plusieurs familles ont fait des demandes auprès de la santé publique pour permettre à un groupe de familles de se réunir de manière hebdomadaire et ces demandes ont été systématiquement refusées. Les enfants scolarisés à l’école peuvent fréquenter une trentaine d’enfants chaque jour supposément sans danger, mais les enfants scolarisées en famille ne peuvent pas jouer dehors avec leurs amis. Ce serait dangereux. Le traitement inégal des enfants scolarisés en famille ne se limite pas à leur liberté de mouvement. Alors que les enfants scolarisés à l’école ne devront couvrir que les « apprentissages à prioriser », les attentes pour les enfants scolarisés en famille n’ont pas changé. Encore une fois, deux poids, deux mesures. Ces décisions gouvernementales sont particulièrement étranges lorsqu’on tient compte des préjugés qui existent contre les enfants qui obtiennent leur éducation en famille. En effet, les étrangers s’inquiètent toujours de la socialisation de nos enfants. En temps normal, les regroupements de parents, les sorties culturelles et les activités sportives leur offrent suffisamment d’occasions de socialiser librement. Durant la pandémie, c’est interdit. Nos enfants ont effectivement besoin d’avoir des contacts sociaux comme on nous le rappelle sans cesse, pourquoi est-ce que le gouvernement nie ce droit fondamental ?

Vincent Chandler, Gatineau

***

Transport en commun vers le parc de la Gatineau

J’ai lu le nouveau plan directeur du parc de la Gatineau. Dans l’ensemble, les changements semblent plutôt positifs. Cependant, le plan a des lacunes, en particulier car il ne parle presque pas du transport en commun comme solution pour faciliter l’accès au parc. Ce transport est presque inexistant, et sa qualité a même diminué cette année avec la suppression de la navette durant le coloris automnal. Pourtant, ce serait une excellente façon de permettre à tous d’accéder au parc. Il est actuellement très difficile pour les personnes sans voiture, comme les étudiants et les personnes défavorisées, de s’y rendre. Pourquoi ne pas avoir des bus reliant les centres-ville avec Chelsea, Wakefield, et même le lac Philippe, tous des accès importants au parc ? Pour l’instant, Transcollines offre surtout des trajets aux heures de pointe, et les bus sont stationnés le reste de la journée. On pourrait les utiliser pour permettre les déplacements pendant la journée et les fins de semaine. Cela bénéficierait aussi aux résidents de Chelsea et Wakefield qui auraient un meilleur service pour se rendre en ville. La CCN fait bien de favoriser le transport actif pour l’accès au parc, mais seul le transport en commun permettra aux gens qui habitent plus loin d’y accéder et de réduire la pression sur les stationnements, tout en réduisant les émissions de CO2. Alors, qu’attendons-nous ?

Damien Pilon, Gatineau

***

Mitigomijokan : merci Michel Prévost

Le 13 février, Le Droit publie une lettre d’opinion très éclairante sur la reconnaissance de la présence millénaire des premiers habitants du nouveau district électoral Mitigomijokan. Bravo Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l’Outaouais. Aux objecteurs de la longueur du nom, si on peut se souvenir des mots de passe sibyllins de la langue moderne, on peut se souvenir de Mitigomijokan de la langue ancienne des Anishinabegs. Le chêne ne tombe pas sous l’étendue d’un nom ancestral.

Pascal Barrette, Ottawa

***

Un nom insensé

J’ai pris connaissance, il y a quelques jours, d’un texte magnifique qui dénonce le nom retenu pour identifier le complexe multisport de Gatineau, dont l’ouverture officielle doit avoir lieu bientôt. J’ai fait circuler ce texte auprès de plusieurs personnes qui, unanimement, sont d’accord avec cette dénonciation. Je veux réitérer mon indignation et mon dégoût face à la décision d’appeler ainsi un centre sportif payé avec nos taxes. Combien de sportifs(ives) qui utiliseront ce centre se nourrissent de Slush Puppie?  Il devait pourtant y avoir à Gatineau le nom d’un homme ou d’une femme qu’on aurait pu honorer en donnant leur nom à ce centre sportif... Mais il faut comprendre qu’à Gatineau, tout est à vendre ou tout peut s’acheter.

Jean-Claude Marcotte, Gatineau

***

Yves Ducharme, futur candidat à la mairie ?

Au vu des derniers développements dans la course à la mairie de Gatineau — en particulier du désistement de M. Pedneaud-Jobin et de la candidature potentielle de M. Ducharme —, je crois qu’il faudrait rappeler quelques faits aux citoyens afin qu’ils puissent choisir une candidate ou un candidat correspondant à leurs valeurs, ou du moins qu’ils puissent poser des questions précises quant à la position de l’ex-maire Yves Ducharme sur certains dossiers. Fait : en tant que premier maire de la nouvelle ville fusionnée de Gatineau, M. Ducharme a présidé au développement résidentiel anarchique (qui continue par ailleurs) dans le secteur ouest de la ville (Aylmer). Fait : M. Ducharme a tout fait pour transformer le parc du lac Leamy en terrain de golf. Il a fallu qu’un nombre important de citoyens se mobilisent pour que le projet n’aille pas de l’avant, même si la plupart des citoyens y étaient opposés dès le départ. Fait : à ce jour, M. Ducharme travaille encore pour l’une des plus grosses compagnies de développement immobilier de la région (Brigil pour ne pas la nommer) et à titre de représentant, il a été impliqué dans des discussions avec l’administration municipale sur bon nombre de projets controversés (dont les fameuses tours du projet « Place des Peuples »). La liste ci-dessus est loin d’être exhaustive, mais elle peut en tout cas semer certaines inquiétudes quant aux décisions qui pourraient être prises par M. Ducharme s’il était élu.

Bruno Grossmann, Gatineau, secteur Aylmer

***

Les plans de cours contre le bon sens 

Les plans de cours universitaires sont devenus des documents pour lutter contre le bon sens (ou le manque de). On nous suggère d’inclure dans nos plans de cours des références aux règlements universitaires, et d’autres consignes pour que les étudiants comprennent que l’on vit dans un monde dans lequel tout doit être clairement dit pour éviter les dérapages du bon sens. Personne ne pourra dire qu’elle ne savait pas qu’il ne fallait pas faire du plagiat, car c’est dit noir sur blanc dans le plan de cours. Et même dire qu’elle ne savait pas qu’il ne faut pas harceler sexuellement quelqu’un, car c’est une évidence qui se trouve dans le plan de cours. 

Mais on ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, en raison du climat d’extrême sensibilité dans lequel on vit, certaines autorités universitaires proposent d’ajouter des mises en garde (trigger warnings, en anglais) pour informer les étudiants que les textes à lire peuvent traiter de sujets difficiles, offensants, grotesques, et même que l’on pourrait prononcer des mots non-aptes pour certains publics. Tout ceci pour le bien-être de la communauté universitaire, y compris les professeurs, car il faut protéger tout le monde des idées, des discours et des expressions qui peuvent déranger. On revient à une politique paternaliste que l’on croyait oubliée dans nos sociétés démocratiques et ouvertes qui ne devraient pas être sous la tutelle des représentants de la morale et des bonnes mœurs. Cependant, tout revient, sauf le bon sens. 

Isaac Nahón-Serfatyp, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa