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Les erreurs du bon docteur

À peu près tous les acteurs et observateurs du milieu de la santé font le triste constat que les résultats promis des réformes mises en œuvre il y a maintenant trois ans ne sont pas au rendez-vous ; plusieurs avancent même que le réseau se porte plus mal que jamais. Comment le bon docteur a-t-il pu ainsi rater son coup ? De deux façon surtout.

D’abord il a ignoré le fait fondamental que le réseau de la santé est avant tout un système humain. Il est composé de médecins, d’infirmières, de professionnels, d’administrateurs, de bénévoles et de patients. Or s’il est vrai que l’on puisse règlementer, structurer, et encadrer tous ces gens, il est surtout certain que l’on doive les mobiliser, les motiver et les respecter, davantage encore si l’on souhaite qu’ils accueillent et soutiennent des changements majeurs dans leur milieu de travail et de vie. L’arrogance et le mépris ne sont pas des ingrédients gagnants, même pour vaincre l’inertie et la résistance ou ce que l’on croit être de la mauvaise volonté.

Ensuite, en bon radiologiste qu’il est sûrement, il a bien diagnostiqué le problème du réseau, mais a prescrit le mauvais remède. Il y avait effectivement trop de gouvernance dans le système, dont un niveau superflu, mais le bon docteur n’a pas éliminé le bon. En choisissant de tout centraliser, il a créé un monstre bureaucratique sans âme, sans appel et incapable d’innovation. Nulle part au monde la centralisation d’un système aussi complexe n’a-t-elle donné de bons résultats, tous les experts s’entendent là-dessus et plusieurs l’avaient prévenu. Il aurait été si simple de regrouper intelligemment les établissements à un niveau plus humain, leur donner le pouvoir et les moyens nécessaires et les rendre véritablement responsables d’atteindre des résultats. Bien sûr ce modèle aurait rendu inconfortable la machine ministérielle, incapable de gérer l’équité et l’asymétrie interrégionale mais il aurait eu davantage de chances de succès.

On se retrouve donc malheureusement au point de départ ; pénuries de ressources, attentes interminables, épuisement professionnel, déficits récurrents, crises en permanence et aucune lumière au bout du tunnel. Le pire c’est qu’il faudra des années pour réparer les pots cassés.

Bruno Bonneville, Gatineau, autrefois président du CA d’un Centre de santé et de services sociaux

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