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À propos du taux de CO2 dans les écoles

Daniel Guilbault
Daniel Guilbault
Saint-Augustin-de-Desmaures
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POINT DE VUE / En lisant la chronique Vérification faite «Y a-t-il vraiment juste 12 % des classes de la région où la qualité de l’air est «non conforme» de M. Cliche au sujet de la mesure des taux de CO2 dans les écoles, et il en est de même d’autres articles ou reportages sur le sujet, on semble blâmer les écoles de ne pas avoir donné l’image des taux de CO2 avant d’appliquer des mesures de ventilation, comme si on voulait se cacher.

Mais, avant de faire un tel blâme, il faudrait se demander si le but de l’exercice était de donner une image statique de la situation pour blâmer les écoles avant d’appliquer les mesures ou de donner l’image de la situation après avoir appliqué des mesures faciles et peu coûteuses à mettre en place. Ainsi, on profite de la disponibilité des tests de CO2 pour mesurer rapidement l’efficacité des mesures faciles à appliquer, les élèves et le personnel profitent immédiatement de la meilleure ventilation, et on connait le taux de classes qui peuvent difficilement être ventilées.

On a déjà porté à mon attention une école avec des classes sans ouvertures vers l’extérieur et dont la ventilation mécanique ne fonctionnait pas depuis plusieurs mois, voire des années. Peu importe de savoir ce qu’était la situation avant le début de l’opération, l’important est de ventiler le plus rapidement possible. 

Quant aux classes où on ne peut réussir à abaisser le taux sous la barre des 1000 ppm (que je trouve personnellement faible compte tenu des 250 à 300 ppm de CO2 présents dans l’air extérieur et la densité d’occupation des classes), on les connait et on peut dès maintenant commencer à planifier l’application de mesures plus lourdes pour mieux y faire entrer de l’air extérieur, ce qui ne peut pas être fait à court terme.

Notez que dans les édifices à bureaux où la densité d’occupation est plus faible que dans des classes, on ajuste les sondes de CO2 entre 1100 et 1200 ppm pour moduler l’admission d’air extérieur. De plus, une classe densément occupée avec un taux de CO2 de 1400 ppm pourrait être mieux ventilée (taux d’air extérieur total et non par occupant) qu’une classe avec 1000 ppm, mais où il y a la moitié moins d’élèves. Le taux de CO2 n’est qu’un indicateur et il faut pousser plus loin l’analyse avant de conclure que la ventilation, mécanique ou naturelle, est bonne ou mauvaise.

Ingénieur de formation, Daniel Guilbault a travaillé pendant 35 ans à la SIQ (maintenant SQI) et y a donné de la formation en qualité de l’air intérieur (Norme 62 de l’ASHRAE, Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality)

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RÉPONSE DE JEAN-FRANÇOIS CLICHE

M. Guilbault,

C’est un bon point que vous soulevez, et il est indéniable que l’exercice a servi en partie à cela. Mais en tout respect, cela n’explique pas (du tout) le «pattern» de reprises faites presque uniquement quand les premiers tests étaient hors-norme. Le protocole de base de ces tests «en trois temps» comprenaient *déjà* une mesure de l’effet d’une ventilation de base (la troisième mesure était prise 20 minutes après avoir ouvert les fenêtres), alors ce n’est manifestement pas pour cela que les reprises ont été faites. Je soulignerai également que les mesures dont je parlais dans mon texte étaient principalement la deuxième mesure de la séquence de trois, qui devait être faite les portes et fenêtres fermées selon le protocole.