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Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

À Bâbord toute!

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
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OPINION / Cher Monsieur Legault, quand vous avez choisi d’être capitaine du navire Québec, vous n’aviez jamais envisagé devoir faire face à une tempête pareille. Pendant que la croisière s’amuse, la première vague nous a pris par surprise et nous a frappé de plein fouet. Le navire a été vite submergé. On s’est rendu compte qu’il coule et qu’il perd des morceaux.

Même si vous avez tenté de protéger vos passagers, le tangage était si fort qu’il a entrainé dans son sillon de douloureuses pertes de vie humaine; surtout chez nos aînés. Personne n’était préparé à faire face à une telle épreuve, mais le calme est ensuite revenu. Vous saviez alors qu’une autre tempête était à l’horizon. Votre équipage et vous avez profité de l’accalmie pour rafistoler le navire et mieux se préparer. Vous avez ordonné aux passagers de s’enfermer dans leur cabine pour se protéger pendant que la vague passe. Malheureusement, cette vague a mis du temps à passer et les pertes de vie se sont additionnées, mais lorsque le calme est revenu, que voyons-nous ? Et bien OUI! TERRE! TERRE EN VUE! En tant que bon capitaine, vous informez les citoyens et nous sommes tous soulagés de savoir que nous aurons mis pied sur terre d’ici le 24 juin. Or, les yeux uniquement rivés sur la terre promise, vous n’avez pas remarqué la troisième vague ni entendu les lanceurs d’alerte crier au tsunami.

Cette semaine, la troisième vague a commencé à se déferler sur quelques régions, dont l’Outaouais qui est somme toute, une des parties du navire les moins bien rafistolées, car le système de santé est fragile, le taux de vaccination est le plus faible de la province et les variants se propagent à une vitesse grand V. Depuis une dizaine de jours, plusieurs citoyens de la région crient au secours et ils interpellent votre équipage, mais c’est silence radio. Aucune nouvelle du capitaine! Vous avez donné l’ordre aux citoyens d’entrer dans leur cabine uniquement mercredi soir, alors que l’eau inondait depuis longtemps le navire.

Si on veut atteindre la terre promise, Monsieur Legault, il faut faire face à cette troisième vague qui risque d’être beaucoup plus forte et qui risque d’emporter les 40 à 60 ans, car ils doivent envoyer leurs enfants à l’école, mais ils n’ont pas encore le droit d’être vaccinés. Tout le monde aurait préféré affronter cette vague, bien protégé sur la terre promise, mais il est trop tard! Le tsunami se déferle sur le navire. À BÂBORD TOUTE! Il faut le prendre de face! N’abandonnez pas le navire Capitaine! Les Québécois ont encore besoin de vous. Quand nous toucherons terre le 24 juin, vous pourrez vous consacrer à l’économie et à la remise sur pied du Québec. De mon côté, je continuerai d’oeuvrer en santé mentale jeunesse. Je sais que vous faites de l’éducation votre priorité, mais n’oubliez pas que les jeunes sont résilients. Ils sont capables d’attendre le 24 juin pour descendre du navire, et ils se porteront beaucoup mieux si leurs parents sont à leur côté et en santé.

L'autrice de ce texte, Marie-Claude Guay, est professeure de psychologie à l’UQAM.