En 1979, l’ayatollah Khomeiny avait promis la liberté d’expression et la liberté de la presse au peuple iranien.

40 ans d’échec du régime islamiste

OPINION / Le 40e anniversaire de la Révolution islamique en Iran est l’occasion de rappeler le bilan d’un régime. Alors que l’anniversaire des événements qui ont précédé la chute de la monarchie iranienne en 1979 commence.

Cette année, le 40e anniversaire de la révolution arrive à un mauvais moment pour la République islamique, confrontée à une grave crise économique et à une population extrêmement mécontente.

Généralement, lors de cette commémoration, c’est l’occasion pour les dirigeants iraniens de s’épancher sur ce qu’ils ont accompli et de souligner pourquoi la révolution d’il y a 40 ans a constitué le meilleur tournant pour le peuple iranien. Mais cette année, il leur est impossible de le faire, car ils sont assiégés par les problèmes.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo a déclaré dans un tweet à cette occasion : « Lorsqu’il est rentré en Iran en 1979, l’ayatollah Khomeiny a promis beaucoup de choses aux Iraniens, dont la justice, la liberté et la prospérité. Quarante ans plus tard, le régime iranien a oublié toutes ces promesses, et n’a produit que #40annéesd’échecs. »

En effet, l’ayatollah Khomeiny avait promis la liberté d’expression et la liberté de la presse. Aujourd’hui, l’Iran est l’un des pays les plus répressifs pour les médias, le pouvoir iranien emprisonne des dizaines de journalistes chaque année, menace leurs familles et bloque internet et l’accès aux réseaux sociaux.

« En 1979, l’ayatollah Khomeiny a promis la prospérité matérielle et spirituelle aux Iraniens. Quarante ans plus tard, le régime corrompu de l’Iran a détruit l’économie du pays, souillé le noble héritage iranien et produit seulement #40annéesd’échecs », a-t-il poursuivi. Il est vrai qu’à la lecture des chiffres, le régime iranien a gaspillé toutes les ressources et les richesses iraniennes dans la guerre et le terrorisme.

L’ayatollah Khomeiny avait aussi annoncé la fin des « injustices du passé ». À la lecture du dernier rapport d’Amnesty International, 2018 restera dans l’histoire comme une année de honte pour l’Iran. L’organisation dénonce l’ampleur d’une répression sans précédent qui a pour unique but de supprimer toute opposition pacifique. Plus de 7000 dissidents ont été arrêtés l’année dernière !

Le département d’État américain a terminé son message en soulignant que « même votre président, Hassan Rohani, reconnaît son échec », évoquant le discours prononcé par Rohani il y a quelques jours, affirmant que l’Iran est confronté à la pire situation économique des 40 dernières années. Il a ajouté que « le régime au pouvoir a donné la priorité à l’idéologie » avant les intérêts du peuple.

L’administration du président Donald Trump contrairement à l’Union européenne a adopté une approche dure à l’égard de la République islamique et s’emploie activement à communiquer directement avec le peuple iranien.

Les témoignages de rares journalistes en Iran témoignent d’une tension persistante entre la population et le régime. Les manifestations et les grèves n’ont jamais cessé durant 2018, malgré la répression. Le peuple pointe du doigt le régime comme source de ses malheurs et ne tombe pas dans le piège tendu par le pouvoir. « Notre ennemi est ici (le pouvoir en Iran), ils mentent en disant que c’est l’Amérique » scandent souvent les manifestants dans les villes iraniennes. Sur les réseaux sociaux, on peut suivre la multiplication des activités des sympathisants de l’Organisation des moudjahiddines du peuple et du Conseil national de la Résistance iranienne. Des affiches à l’effigie de Maryam Radjavi, leader de la résistance, collées sur les murs malgré les risques, alors que celles à l’effigie du Guide suprême ou même de Khomeiny sont brûlées par des militants. Les autorités multiplient les mises en garde contre l’influence de ce qui semble bien être l’alternative crédible aux yeux de la population, pour établir une république iranienne démocratique, pluraliste et laïque.

Le 8 février, à l’occasion du 40e anniversaire de l’effondrement de la dictature du chah et la monopolisation du pouvoir par les mollahs, une grande manifestation était prévue à Paris. L’occasion pour les Européens de se joindre aux véritables voix du peuple iranien et d’appeler les gouvernements européens à se retirer de l’accord sur le nucléaire.

L’auteur est Shahram Golestaneh, président de l’Association de l’Iran Démocratique à Ottawa.