Le Défilé de la fête nationale à Montréal est devenu un événement historique de reconnaissance pour l’ensemble de l’Ontario français.

« Notre place » à la Fête nationale : 744 000 mercis !

OPINION / À Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et Nathalie Gervais, directrice générale du Comité de la Fête nationale du Québec à Montréal, au lendemain du Défilé de la Fête nationale à Montréal où l’Ontario français a eu l’honneur d’ouvrir le bal, nous voici des plus reconnaissants. De nombreux mercis pour cette invitation « historique » de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ainsi qu’au Comité organisateur pour un accueil bien chaleureux.

Les 150 artistes, comédiens de L’écho d’un peuple et porte-drapeaux que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a rassemblés pour répondre à votre belle invitation n’en revenaient tout simplement pas. 

Nous avons reçu une vague d’amour et de solidarité exprimée de vive voix par des « Monsieur et Madame tout le monde », des Québécoises et Québécois de toutes les générations et de différentes origines !

Au nom des 150 participants et de mes compatriotes, je veux vous remercier sincèrement pour tout ce que vous nous avez fait vivre, autant sur place qu’en écho partout en Ontario. 

Votre invitation est devenue un événement historique de reconnaissance pour l’ensemble de l’Ontario français et par le fait même pour la francophonie canadienne. 

C’était là toute votre intention bien réfléchie, bien entendu. 

Toutefois, au-delà la solidarité politique, nous avons été l’objet de beaucoup de rayonnement positif au niveau de la perception populaire.

Que ce soit en Ontario comme au Québec, j’ai été renversé par l’enthousiasme des gens au cours des dernières semaines, depuis votre invitation officielle du 23 mai et en crescendo jusqu’à la grande Fête nationale du 24 juin dernier, et se multipliant depuis. 

Tout le monde en parle... Enfin ! 

Jamais de toute ma vie je n’ai vu autant de Franco-Ontariens exprimer leur ouverture, leur amitié et leur amour envers les Québécois, ainsi que la réciproque. 

Et c’est là pour moi la plus belle des victoires, l’ayant vécue également pendant tout le défilé : on a entendu des centaines et des centaines de mots d’encouragement tels : « Bravo ! Ne lâchez pas ! On est avec vous ! Vous nous inspirez ! » 

Avec L’écho d’un peuple, j’ai souvent eu la chance de recevoir ces beaux témoignages de plusieurs spectateurs du Québec. 

Mais c’est une première inédite de façon si intense et volumineuse.

C’était un tour de force réussi grâce à votre invitation visionnaire. 

Bravo et chapeau Maxime ! 

Merci Nathalie pour votre appui : tout le Comité de la Fête était tellement accueillant ! 

Sur les réseaux sociaux, qui sont le reflet des dizaines et dizaines de milliers de Franco-Ontariens qui ont suivi de très près ce beau moment historique, j’ai senti un grand virage dans lequel les Franco-Ontariens sont passés de « dead ducks », de « cadavres encore chauds » et de qualificatifs méprisants de certains Québécois jusqu’à « un peuple qui sait se tenir debout » ! 

Certes, tout n’est pas réglé entre Québécois et Francos. 

Du côté de la Belle Province, il y aura peut-être toujours des Denise Bombardier de ce monde qui s’entêteront à décrire notre moitié vide du verre. 

Et il y aura peut-être toujours du protectionnisme agressif de Francos qui ont longuement été blessés, comme l’article de L’actualité sur l’événement l’a si bien décrit. 

Or, « on marche vers l’avenir » comme on le chante avec L’écho d’un peuple

Ensemble, quel magnifique pont positif avons-nous élargi, en même temps que le nouveau pont Samuel de Champlain, et célébré ensemble en grande pompe !

Quel apogée de fin de vie pour mon père Yves Saint-Denis, ancien président de l’ACFO provinciale — l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario d’aujourd’hui — et militant au Québec qui a vu et vécu, au désormais célèbre 24 juin 2019, le grand retour de la fraternité entre les Québécois et les Franco-Ontariens. 

Cette solidarité « familiale » existait à une époque que mon père a connue dans sa jeunesse où nous étions toutes et tous des Canadiens français forts, fiers et unis. 

Les événements vécus en Ontario français depuis le 15 novembre auront provoqué cette invitation inespérée d’ouvrir le Défilé et à la cérémonie protocolaire. 

Nous savons bien aussi que cette invitation est en partie le fruit de près de 40 ans de promotion de l’Ontario français au Québec par le dévoué Yves Saint-Denis.

De nos jours, à l’heure de la mondialisation et des multiples réalités culturelles de la francophonie de plus en plus en mouvance, le rêve de Champlain d’un pays français en Amérique peut parfois sembler dilué et perdu pour certains. 

Toutefois, lorsqu’on constate que parmi les plus grands artistes du Québec, qui sont l’âme d’un peuple, on compte une Véronic Dicaire comme ambassadrice internationale, le groupe LGS au sommet du palmarès musical, Roy Dupuis (originaire du Nord ontarien) comme le visage du grand écran ou encore Katherine Levac en humour, c’est la preuve que ce pays n’a pas de frontière. 

D’un bout à l’autre du continent, ce pays français, on le porte en nous dans nos actions — et nos expressions de tous les jours avec la beauté de nos accents — et surtout dans nos cœurs. 

Un pays français qui ne cesse de croître avec ce que j’aime nommer « la francoforce de la diversité ». 

Cette francophonie enrichie, nous l’avons célébrée avec vous sur la Saint-Denis, à partir de l’interprète de Champlain Mathieu Da Costa (en Acadie en 1606) jusqu’à la chanteuse d’origine haïtienne Ferline Regis, une fière Franco-Ontarienne et un modèle de résilience découverte pour les Québécois avec La Voix !

La veille de l’événement, le chanteur franco-ontarien Damien Robitaille, en complicité avec des artistes québécois sur la scène du grand spectacle à Québec aux Plaines d’Abraham, a livré un retentissant cri du cœur pour la francophonie canadienne. 

Les dizaines de milliers de Québécois là aussi rassemblés ont offert une chaleureuse ovation de solidarité. 

Je vous le dis, jamais je n’aurais pensé voir autant de solidarité et de fraternité entre les « Gens du pays » et les « Francos de l’Ontario ». 

Une reconnaissance qui dépasse les frontières au point tel que notre chanson Mon beau drapeau (franco-ontarien) du compositeur Brian St-Pierre a été jouée au carillon de la tour du parlement à Ottawa le 1er juillet.

Au nom de ma famille, de L’écho d’un peuple et en connivence avec mes partenaires à l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario avec qui on a recruté notre délégation de l’Ontario français, je vous laisse en guise d’appréciation profonde avec ces devises et cris de ralliements qu’on a scandés et chantés sur la rue Saint-Denis en défilant, entendant plusieurs des milliers de Québécoises et Québécois se joindre à nos voix :

« Notre place, aujourd’hui pour demain (...) ça vient du fond du cœur. »

Cette lettre a été écrite par Félix Saint-Denis, organisateur de la délégation de l’Ontario français au Défilé de la fête nationale à Montréal et créateur et directeur artistique de L’écho d’un peuple.