Opinions

Grève à la SAQ: l’enjeu

OPINION / Le Syndicat des employés de bureau et magasins (SEMB) de la SAQ, affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), compte 5500 membres dont 60 % d’entre eux travaillent à temps partiel.

La convention collective actuelle, signée le 17 février 2010, d’une durée de 7 ans, est échue depuis le 31 mars 2017. Les enjeux de la négociation concernent le travail à temps partiel, le plancher d’emploi spécialement pour le personnel de bureau et l’ancienneté.

La SAQ et le SEMB négocient présentement depuis plus d’une année. Ils ont eu recours au service d’un conciliateur. Un mouvement de grève s’est mis en branle.

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La perte d’un ministère

Je partage ma très grande déception pour la perte de notre ministère des Affaires francophones (« Les dossiers francophones écartés », Le Droit, 13 juillet). Nous étions si fiers de l’avoir obtenu ! Je comprends que Doug Ford veuille réduire le nombre de ministères pour des raisons économiques et de fonctionnement, cependant, au bout d’un an, nous le retirer est une gifle, un retour en arrière et un affront à tous ceux qui ont participé à cet accomplissement historique.  

Je suis inquiète que les Franco-Ontariens soient plutôt tièdes vis-à-vis cette coupure. Nous sommes au-delà de la sensibilisation, il faut passer à l’action. Battre pavillon maintenant ? Je ne le ferai pas. À 76 ans et après plus de 30 ans d’expérience dans les langues officielles et de la francophonie, je n’abdique pas !

Élizabeth Allard, Orléans

Point de vue

Une exclusion moralement indéfendable

Stupéfaction et colère, voilà ce qu’inspire d’emblée la nouvelle directive du ministère de la Famille qui interdit désormais aux enfants des demandeurs d’asile de fréquenter un service de garde subventionné du Québec.

Comment peut-on moralement justifier cette seule exclusion, alors qu’absolument toute autre personne résidente du Québec est admissible à ces places à contribution réduite quelle qu’elle soit: citoyenne, résidente permanente, titulaire d’un permis de travail ou d’un visa d’étudiant étranger, récipiendaire d’une bourse d’études du gouvernement du Québec, reconnue en tant que réfugiée, titulaire d’un certificat de sélection délivré en vertu de la Loi sur l’immigration au Québec, titulaire d’un permis de séjour temporaire en vue de l’octroi éventuel de la résidence permanente, etc.

Le ministre de la Famille justifie sa décision par une question de rôle à jouer entre les gouvernements fédéral et provincial. Pendant ce temps, ce sont des familles, principalement des femmes et des enfants, parmi les plus vulnérables de la société, qui sont exclues, laissées à elles-mêmes. Comment justifier cette exclusion des demandeurs d’asile alors que les délais pour obtenir une réponse concernant leur statut s’échelonnent trop souvent sur plusieurs années? Le gouvernement provincial a le devoir d’agir et de rétablir la situation. Il lui appartiendra ensuite de s’assurer que le fédéral assume ses responsabilités.

Par ailleurs, comment expliquer la confusion qui règne en ce qui concerne le droit à l’éducation de ces enfants, alors que leurs parents ont le droit de travailler et donc l’obligation de payer des impôts? Pourquoi ont-ils le droit de fréquenter l’école, du primaire jusqu’au collégial, mais n’ont-ils pas le droit aux services éducatifs à la petite enfance comme tous les autres enfants du Québec? Ces enfants ne devraient-ils pas avoir les mêmes droits que tous les autres en vertu des nombreuses conventions internationales dont nous sommes signataires?

Comment votre gouvernement peut-il justifier telle aberration, alors qu’il affirme que:

Les services de garde éducatifs jouent un rôle crucial dans la réussite éducative;

Les services de garde sont essentiels à la conciliation familiale et à l’égalité des sexes;

La participation des femmes au marché du travail est un facteur clé du développement;

Les employeurs québécois ont besoin de main d’œuvre étrangère pour fonctionner;

L’insertion en emploi est le principal moyen d’intégration des personnes immigrantes;

La francisation est cruciale pour assurer l’employabilité des personnes immigrantes;

Le Québec est le «paradis des familles»…

Ce n’est certainement pas faute de moyens qu’on peut justifier cette exclusion insensée: les surplus réalisés depuis trois ans totalisent plus de 11 milliards de dollars, en y incluant la part dédiée au Fonds des générations. Le gouvernement doit revenir sur sa décision. Il en va de l’avenir de plusieurs familles qui bâtiront le Québec de demain.

Véronique De Sève, vice-présidente CSN

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Les délinquants de la route

Dans Le Droit de lundi, M. Mignot s’inquiétait que, malheureusement, de nombreux conducteurs ne respectent pas les limites de vitesse réduites sur les chantiers routiers. Mais comment pourrait-il en être autrement, alors qu’ils ne respectent déjà pas les limites prescrites et les passages piétonniers dans les rues de leur propre quartier? J’ai moi-même failli me faire frapper par un camion la fin de semaine dernière. Ironiquement, j’étais à un passage piétonnier près d’un parc où la limite est pourtant fixée à 30 km/h. Délinquants du volant un jour, délinquants toujours.

Simon Forgues, Gatineau

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Il est temps que le Canada établisse un seuil de pauvreté officiel

La pauvreté est difficile à mesurer. Et elle possède de multiples dimensions au-delà du fait de vivre avec un faible revenu, d’avoir un handicap ou un problème de santé coûteux, de ne pas trouver de logement décent, de ne pas pouvoir comprendre et communiquer dans un environnement de plus en plus complexe sur le plan technologique et juridique et d’être incapable de trouver des aliments nutritifs à prix raisonnables.

Le gouvernement fédéral s’est pourtant engagé à élaborer une stratégie majeure de réduction de la pauvreté, et le ministre Duclos aimerait vraisemblablement avoir des moyens importants pour mesurer et surveiller les progrès vers l’objectif de réduction de la pauvreté au Canada.

Il est temps que le gouvernement fédéral établisse un seuil officiel de pauvreté, c’est-à-dire un montant en dollars en dessous duquel une personne ou une famille serait considérée comme « pauvre ».

De nombreux Canadiens pourraient être surpris que le Canada n’en ait pas déjà un. Statistique Canada, tout en produisant divers seuils de faible revenu depuis les années 1960, a fermement refusé de qualifier ces seuils de «pauvreté», pour la simple raison que la pauvreté est plus lourde de conséquences que le fait de vivre avec un faible revenu. Pour un organisme national de statistique, c’est une position que l’on peut comprendre, car il n’existe pas de méthode purement statistique pour établir un tel seuil. Cependant, il est tout à fait raisonnable pour un gouvernement de préciser un seuil de pauvreté, même s’il repose sur des jugements arbitraires; c’est du ressort et de la compétence des représentants élus.

Un seuil de pauvreté clairement établi permet à un gouvernement de fixer des cibles, comme réduire de 50 % la prévalence de la pauvreté mesurée, au cours de la prochaine décennie. Ce type de cibles permet à un gouvernement de concentrer son programme politique sur des interventions et des changements de programme efficaces pour atteindre la cible. De plus, cela permet aux Canadiens de suivre facilement les progrès du gouvernement vers l’atteinte de sa cible.

La possibilité d’établir une mesure significative de la pauvreté, qui serait largement acceptée pour refléter raisonnablement les situations de pauvreté, demeure un grand défi, même si les nombreux aspects possibles de la pauvreté n’ont pas été pleinement compris. Le fait que les seuils de faible revenu établis par Statistique Canada soient traités de facto comme des seuils de pauvreté, même imparfaits, laisse à penser qu’un faible revenu serait l’indicateur principal de la pauvreté.

Pourtant, un seuil de pauvreté défini par un niveau de revenu ne devrait être qu’un point de départ qui devrait être complété par un tableau de bord contenant d’autres mesures comme l’accès aux biens et aux services de soutien social, le handicap, l’analphabétisme, le logement et l’insécurité alimentaire.

Quel type de revenu correspondrait le mieux à un seuil de pauvreté officiel probant?

À l’heure actuelle, Statistique Canada produit trois ensembles de seuils, tous imparfaits.

Le plus ancien est le seuil de faible revenu (SFR). Il est basé sur une estimation statistique obscure et n’a pas été révisé depuis 1992 puisqu’il peut varier d’une manière qui défie toute logique. Le SFR devrait être complètement mis de côté.

À compter du 1er janvier 1992, Statistique Canada a commencé à publier une mesure de faible revenu (MFR). La MFR est très simple et transparente. Elle équivaut à la moitié du revenu médian adapté à la taille de la famille. Il est largement admis, tant chez les chercheurs que dans les analyses produites par l’OCDE, que deux personnes vivant ensemble ont besoin de moins de revenus que deux personnes vivant dans des ménages distincts, que trois personnes vivant ensemble ont besoin de moins de revenus qu’un couple plus une personne seule. En conséquence, la MFR varie pour les familles de tailles différentes selon une « échelle d’équivalence » qui est la même que celle qui est largement utilisée à l’échelle internationale.

Plus récemment, à partir de 2000, à la demande des ministres des Affaires sociales de partout au Canada, Statistique Canada a commencé à publier une « mesure axée sur le marché ». Tandis que la MFR ne fait pas de distinction selon une échelle de régions urbaines et rurales, la mesure axée sur le marché comporte des seuils différents pour chacune des cinquante municipalités et régions géographiques. Cette variation régionale est importante pour refléter les différences de coûts à travers le pays.

La mesure axée sur le marché utilise la même échelle d’équivalence que la MFR. Cependant, elle recourt à une mixité complexe d’éléments pour constituer son panier de consommation. Cette composition n’est pas du tout transparente, et quand on examine le document de cent pages décrivant les dernières révisions détaillées de 2010, beaucoup trouvent que certains éléments sont arbitraires et sans fondement.

En conséquence, la MFR et la mesure axée sur le marché ont toutes deux des points forts et des points faibles. Heureusement, il est facile d’imaginer un «nouveau seuil canadien de pauvreté» (SCP) qui combinerait les avantages des deux, tout en évitant leurs principaux écueils.

À l’instar de la MFR, ce seuil équivaudrait à la moitié du revenu médian ajusté à la taille de la famille. On ferait aussi la moyenne du revenu médian des dernières années pour fournir plus de stabilité. Et comme la mesure axée sur le marché, ce seuil serait caractérisé par les mêmes cinquante régions géographiques, et au lieu du panier complexe et arbitraire des dépenses sous-jacentes à la MFR, seuls les coûts de logement (loyers des appartements de deux et trois chambres) seraient utilisés pour refléter les variations géographiques.

Même s’il n’est pas parfait, ce SCP serait un point de départ suffisant pour une stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement: il serait plein de sens, utile à Statistique Canada pour faire des mesures et constituerait une base solide pour suivre les progrès vers l’objectif fondamental de réduction de la pauvreté.


L'auteur du texte est Michael C. Wolfson, expert-conseil auprès du site EvidenceNetwork.ca, basé à l’Université de Winnipeg, et membre du Centre de droit, politique et éthique de la santé à l’Université d’Ottawa. Il a présidé une Chaire de recherche du Canada dans le même établissement. Il a auparavant occupé le poste de statisticien adjoint en chef à Statistique Canada et il est l’initiateur de la mesure de faible revenu.

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Le chemin vers la paix

Donald Trump invite ses alliés à dépenser davantage en armement, sans doute afin d’accroître les ventes d’armes des États-Unis au profit de son complexe militaro-industriel. Triste similitude avec la politique proarme héritée de la NRA que le président américain préconise pour l’intérieur du pays. Cette voie constitue-t-elle un chemin viable pour la paix mondiale et l’avenir de la planète ? Trump serait mieux d’atteindre l’objectif fixé par l’ONU en 1970, invitant les nations à consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide étrangère. Aider les peuples à accéder à un niveau de vie convenable est le meilleur moyen de construire la paix. Encore une fois, ce que préconise Trump est tout au contraire du bon sens !

Gilles Marleau, Orléans


Les personnes âgées en prison ?

Il y a 10 ans, j’ai écrit une lettre dans Le Droit où je proposais de mettre en prison tous les gens âgés. Ainsi, ces personnes recevraient trois repas par jour, auraient des loisirs supervisés, leur lit serait changé toutes les semaines, leur linge de corps lavé et retourné à leur propriétaire, ils auraient de la surveillance 24 h sur 24 et auraient accès au téléphone tous les jours. Quant aux repris de justice, ils pourraient aller crépir dans un des CHSLD du Québec. Les criminels y songeront à deux fois avant de commettre d’autres crimes ! Cette proposition est restée lettre morte auprès des élus. Aujourd’hui, je leur rappelle qu’ils ne possèdent pas la jeunesse éternelle. Un jour, quand vous ne serez plus au gouvernement, dans quel endroit préférerez-vous demeurer : dans un CHSLD ou dans le luxe d’une prison ?

Jean-Luc Soucy, Gatineau


La vitesse

Je remarque que sur la 50 à Gatineau, en zone de construction, la limite de 70 km/h n’est vraiment pas respectée par la majorité des conducteurs. La limite de vitesse est là pour protéger les ouvriers qui y travaillent. Je suis certain que certains roulaient à 100 km/h comme s’ils étaient seuls sur la route. De plus, les configurations des routes sont différentes, ce qui rend plus dangereuse la vitesse dans ces zones. S’il vous plait, respectez la vitesse de 70 km/h.

Jean-Louis Mignot, Gatineau

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Une opposition qui ne mène nulle part

Les dépenses associées à l’entretien et au développement du réseau de pistes cyclables, à Gatineau, ne se font pas au détriment de l’entretien des routes. 

Ni d’ailleurs l’entretien du réseau de bibliothèques, des piscines municipales, des parcs, transports en commun, etc.

Nous habitons une ville dont le principe premier est la cohabitation. Ce qui veut dire qu’on doit aussi respecter la réalité des autres. 

Certains ont des enfants et utilisent les parcs, d’autres n’ont pas de voiture et utilisent les transports en commun, certains aiment lire et vont à la bibliothèque, certains n’en ont que pour leur voiture et utilisent nos routes. 

Est-ce qu’on ne pourrait pas se respecter mutuellement et accepter que toutes nos taxes ne soient pas allouées qu’à un seul groupe plus vocal que les autres? 

C’est vrai que certaines routes laissent à désirer, mais franchement, qui voudrait habiter une ville avec de superbes rues, mais aucun service aux citoyens? 

Quant à cette idée de plaques d’immatriculation pour les vélos, les recettes de ces plaques pour voitures vont au gouvernement provincial et non au municipal. Ce qui finance des autoroutes, plutôt que des routes municipales. 

Selon la logique de ceux qui en ont contre les dépenses liées au réseau cyclable, peut-être qu’on devrait demander au gouvernement provincial de ne pas utiliser notre argent afin d’entretenir des autoroutes dans des régions autres que les nôtres, parce que nous ne les utilisons jamais? Bien évidemment que non ! 

Ça fait partie des choix faits par nos élus afin de développer, non seulement notre économie, mais aussi notre vivre-ensemble. 

Je suis un utilisateur de quelques-uns des services offerts par notre ville, mais je ne rechigne pas à payer également pour les autres.

Olivier Dupuis, Gatineau


Bel exemple de solidarité

Félicitations à la communauté de Saint-Sixte pour cette mobilisation bénévole qui a mené à la construction de leur nouvelle église au cœur du village. (Saint-Sixte inaugure sa chapelle, Le Droit, 9 juillet 2018) 

Voilà assurément une belle réalisation collective qui démontre l’importance de s’unir dans toutes les situations pour répondre positivement aux impondérables desseins de la vie.

Raymond Ménard, Plaisance

Point de vue

Le terrain de jeu préélectoral des CHSLD

Le débat provoqué par le dépôt du recours collectif par le Conseil pour la protection des malades contre le Gouvernement du Québec est bien engagé. Il me laisse perplexe à plusieurs égards, étant donné que les CHSLD au Québec sont depuis belle lurette une cible privilégiée de promesses et de commentaires de nos politiciens et de différentes organisations de défense de droits ou d’observateurs dits intéressés par le domaine. Ils constituent un terrain de jeu idéal en période préélectorale.

Cependant, il est bien possible qu’on ne puisse déclarer de gagnant à la fin. L’issue de ce débat risque de passer à côté de l’objectif qu’on souhaite tous atteindre : améliorer les conditions de vie de nos aînés qui ont largement contribué à créer la société dans laquelle nous vivons.

Ne nous méprenons pas : il n’est pas question d’affirmer que tout l’environnement de ces centres est idéal et qu’il ne doit pas faire l’objet d’attention renouvelée ou d’investissements judicieux pour les rendre plus humains, plus attrayants, plus respectueux. Au contraire. Il manque de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, de nutritionnistes, de techniciens en loisirs, d’infirmières et bien d’autres soignants. Peut-être pas un grand nombre, mais un minimum, selon chacun des établissements. 

Le recours collectif déposé pourrait bien, finalement, bénéficier plus à ceux qui l’ont concocté depuis plusieurs mois qu’aux personnes elles-mêmes. Les grands coûts déjà engendrés pour préparer le recours et ceux qu’il va entraîner pour le présenter, le défendre (ou le bloquer), seront déduits des sommes qui pourraient éventuellement être accordées aux familles des plaignants, constitués en grande partie d’aînés qui ont déjà quitté ce monde. Pourquoi attribuer ces éventuels centaines de millions soit aux avocats, soit aux personnes qui ont vécu dans les dernières années en CHSLD ou à leurs représentants?  

Ne serait-il pas plus profitable d’investir dans l’avenir, dans les différentes mesures qui auraient pour objectif d’améliorer le sort de ceux qui y vivent présentement et ceux qui y vivront dans le futur?

Les 22 exemples de mauvais services cités par le Conseil pour la protection des malades sont bien réels, il n’y a aucun doute. Certains méritent d’être qualifiés bien sûr et on ne peut dire qu’ils sont existants dans tous les CHSLD du Québec. Convenons qu’à la base, les services déjà dispensés sont de qualité quand on considère le contexte dans lequel ils s’appliquent. Cela est appuyé par plusieurs.

Cependant, ils peuvent servir de point de départ à un engagement gouvernemental à améliorer les choses. Du fait que plusieurs instances, tant gouvernementales que paragouvernementales, des associations professionnelles et la population elle-même sont interpellées, il est nécessaire de constituer un regroupement politiquement indépendant, rattaché par exemple au Protecteur du citoyen ou au Commissaire à la santé récemment réhabilité, pour piloter cette démarche. 

Encore faut-il que le gouvernement soit disposé à investir ces sommes dans les mesures retenues, sommes qu’il devra selon toute évidence dépenser d’une façon ou d’une autre, dans les prochains mois. Mieux vaut attribuer ces sommes à améliorer les choses pour l’avenir, que de l’attribuer en dédommagement au passé, même s’il y a une certaine rhétorique pour ce faire. 

Je suis d’ailleurs convaincu que fondamentalement, les personnes visées par un éventuel dédommagement souhaiteraient que ces sommes soient dévolues à l’amélioration du milieu actuel des personnes qui y vivent ou qui sont appelées à y vivre dans le futur.

Encore faut-il que l’engagement gouvernemental soit clair et qu’il s’y commette, pour contrecarrer les allégations (justifiées) faites depuis quelques jours par plusieurs observateurs qu’il y a déjà des rapports de visites et des études réalisées par le passé qui contiennent des recommandations appropriées, dont certaines ont été traduites en engagements formels par le gouvernement sans qu’on y donne suite. Nous sommes dans la période idéale pour analyser ce que nos (éventuels) représentants à l’Assemblée nationale sont prêts à faire à cet égard pour changer les choses.

Je ne peux m’empêcher de souligner que la population a aussi des responsabilités importantes pour améliorer la situation. Et cela doit commencer par visiter régulièrement nos aînés dans les CHSLD. Je suis un témoin privilégié du fait que trop souvent, ils sont délaissés, voire abandonnés, laissés à eux-mêmes et au personnel qui, pour la plupart, se donne à 110 % pour les résidents qu’ils côtoient tous les jours. C’est une responsabilité collective souvent ignorée.

Dr Guy Morissette

L’auteur est médecin actif dans le milieu des soins aux personnes âgées, des résidences pour personnes autonomes/semi-autonomes et des CHSLD, en plus d’être ancien PDG de l’Agence de la santé et directeur des services professionnels retraité.

Point de vue

Pas de sorties scientifiques pour les élèves à la rentrée?

Si rien n’est fait rapidement, les élèves de nombreuses écoles québécoises pourraient passer la prochaine année scolaire sans sorties ni activités éducatives scientifiques.

Depuis le début juin, et malgré une directive publiée par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, un «flou» subsiste sur la question des frais afférents à facturer ou non aux parents des élèves pour ces sorties et activités. Le ministre et la Fédération des commissions scolaires du Québec se renvoient en vain la balle à ce sujet, et c’est ultimement une «table nationale» qui veillera à (re)définir la gratuité en milieu scolaire. Inutile de dire que les conclusions de cette table ne seront pas connues de sitôt...

L’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) et les organismes de culture scientifique déplorent la situation, car l’été est la période où les programmes se mettent en place dans les écoles et où les enseignants reçoivent le budget alloué aux activités pour l’année. Or, on apprenait récemment que des sorties culturelles sont annulées, selon le cri d’alerte lancé par des organismes culturels le 18 juin (RIDEAU, TUEJ et la SMQ), et des musées de science s’inquiètent avec raison : le Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier a perdu l’entente qu’il avait avec l’école secondaire locale et le Musée du Fjord, de son côté, craint de perdre la plupart de ses réservations scolaires et anticipe d’importantes pertes de revenus. De nombreux enseignants ont également manifesté leur regret de ne pouvoir renouveler leurs abonnements aux magazines scientifiques Les Explorateurs, Les Débrouillards et Curium, qu’ils utilisent pourtant abondamment en classe, et ce, par manque de précisions sur les budgets pour l’année scolaire à venir.

L’importance de la culture scientifique dans la société n’est pourtant plus à démontrer, et son acquisition est d’autant plus fondamentale chez les jeunes publics. Pour éveiller leur curiosité, certes, et parce que les activités de culture scientifique génèrent souvent l’étincelle à l’origine d’une carrière scientifique. Mais aussi et surtout pour que les jeunes comprennent le monde dans lequel ils grandissent et pour qu’ils apprennent à l’interroger. Si on apprend tôt le «comment» et le «pourquoi» des choses, si on est initié tôt au raisonnement scientifique, on développe un esprit critique, on prend des décisions éclairées et on devient un citoyen avisé.

Les organismes de culture scientifique contribuent directement à cet apprentissage. Dans un avis publié en 2013, le Conseil supérieur de l’enseignement rappelle leur rôle important pour «stimuler l’intérêt des élèves et soutenir les enseignants de science et de technologie» (p. 74). Le Conseil rappelle en outre que les organismes «ont déployé des efforts importants dans le contexte du renouveau pédagogique afin d’adapter leurs ressources et leurs services aux besoins des enseignants et aux exigences du programme de science et technologie» et souligne que ces efforts doivent être «encouragés» et «appuyés» (p. 74).

Il y a urgence d’agir. C’est pourquoi l’ACS et les organismes de culture scientifique demandent aux commissions scolaires et au ministre Proulx de s’entendre rapidement sur des balises claires, afin de ne pas priver les élèves de sorties et activités scientifiques et de permettre aux organismes extérieurs à l’école de jouer leur rôle fondamental de soutien pédagogique aux écoles. La culture scientifique, disait Fernand Seguin en 1988, «c’est la remise en question, c’est un regard neuf sur les choses sans prendre les résultats pour définitifs». En d’autres termes, «c’est le sens de la liberté». Si les décideurs et les autorités ministérielles ne s’entendent pas à court terme, ce sera une année de gaspillée pour la transmission de cette liberté à nos enfants.

Le conseil d’administration de l’Association des communicateurs scientifiques du Québec

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Le jugement

À l’agent #1331 de la Police de Gatineau,
Vous avez récemment laissé sur mon pare-brise une contravention de stationnement de 53 $. 

J’ai effectivement stationné pendant 4 à 6 minutes « dans un endroit interdit par signalisation » selon un règlement municipal. 

J’étais la seule voiture stationnée devant la porte principale d’un édifice des Jardins Radisson, à Hull, un lundi, à 13 h 30, sans bloquer le passage. Je faisais une livraison d’épicerie. 

À mon avis, vous avez manqué de jugement. Comme c’est régulièrement le cas, d’ailleurs, devant tous les cinq édifices des Jardins Radisson.

André Lupien, Gatineau


Les « cycloteux »

Aux élus de Gatineau,

Trop c’est trop. Comment justifier 35 millions $ pour desservir la minorité à vélo ? Un sondage dans Le Droit qui révèle que plus de 50 % de la population de Gatineau est cycliste. Des cyclistes ou des « cycloteux » ? 

Des cyclistes sérieux qui utilisent leur bicyclette comme moyen de transport, été comme hiver. 

Les cycloteux sont ces cyclistes de fin de semaine qui vont faire une promenade avec les petits. J’espère que ceux-là ne sont pas comptés dans la majorité. 

Cyclistes ou cycloteux, ils ne paient pas un sou pour ces belles pistes cyclables. Automobiliste, je paie un montant supplémentaire sur mon immatriculation pour le transport en commun que je n’utilise pas, et je subventionne les pistes cyclables avec mes taxes municipales. 

Il serait grand temps qu’on impose le coût d’une plaque aux cyclistes. 

Combien de nos élus utilisent leur bicyclette pour aller au travail, pour faire leur emplettes ? 

Font-ils partie de la majorité qui utilisent leur automobile sur des rues piteuses, pleines de rapiéçages mal faits ?

Lucie Hurtubise, Gatineau


Un bon choix d’Amazon

Bravo à Amazon de s’installer dans notre coin, ce qui va créer des emplois pour les gens de la région. 

Mais il ne faut pas oublier que l’Est ontarien va devoir accueillir un centre de déchets de produits industriels, commerciaux, etc., géré par la compagnie Taggart Miller et approuvé par la province. 

Alors, c’est une bonne nouvelle de la part d’Amazon, qui va être très bien accueillie dans notre région.

Line Branchaud, Embrun