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Une Terre plus verte en 2019

OPINION / Pour ceux et celles qui sont témoins de l’actualité, on peut dire qu’en cette nouvelle année, le message sur la nécessité d’agir envers l’environnement est maintenant un incontournable au Québec. On le voit, à partir du moment où les citoyens prennent conscience de l’ampleur de l’enjeu des changements climatiques, de nombreuses questions surviennent et un désir de passer à l’action portent les gens. Le pacte, le mouvement zéro déchet et la décroissance économique sont des symptômes de ce changement profonds de mentalités. Poussés par un « positivisme éclairé », nous n’avons pas d’autres choix que d’agir maintenant.

Au-delà des quelques malheureux qui doutent de la véracité de la cause des changements climatiques, la plus grande difficulté vient de cette vague de conservatisme qui veut nous faire croire que le passé est toujours plus rassurant que le futur. Certains politiciens et chroniqueurs nous laissent croire que la protection de l’environnement va obligatoirement à l’encontre du développement de l’économie. Plus concrètement, ils vont nous faire croire que le droit de conduire un V8 est un droit divin et que la construction de nouveaux ponts réglera tous les problèmes de circulation.

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Recommandations de la Fédération québécoise des municipalités pour le budget 2019

Lors de la dernière année, le nombre d’emplois au Québec a augmenté significativement, avec une hausse de près de 40 000 emplois entre décembre 2017 et décembre 2018, et le taux de chômage est demeuré sous la barre des 6 %. Encore une fois cette année, l’économie du Québec se retrouve dans une position favorable. Il demeure toutefois essentiel que cette croissance économique soit partagée par l’ensemble des régions du Québec.

En avril 2018, la FQM démontrait que les régions ne profitaient pas de la croissance au même titre que les aires urbaines du Québec. Entre 2012 et 2017, les petits centres de population (municipalités de moins de 10 000 habitants) et les régions rurales du Québec ont vu 48 300 emplois disparaître sur leurs territoires, un constat inquiétant pour la vitalité de ceux-ci. Si la conjoncture semble s’être améliorée, il demeure tout de même nécessaire de redresser la situation et de s’assurer d’une croissance économique qui profi te à tous. L’économie du Québec et la relation entre ses grands centres et les régions sont en changement. Les coupes budgétaires effectuées en 2015 ont affaibli la capacité de nos régions à assurer leur développement économique et local. Aujourd’hui, alors que l’économie québécoise est en essor, c’est le temps de réinvestir dans le succès de nos régions et d’adapter la fi scalité municipale à notre nouvelle réalité.

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Un troisième hôpital? Consulter la population avant d’agir!

OPINION / À première vue, la promesse de la Coalition avenir Québec de construire un nouvel hôpital dans la région semble avoir été improvisée. Reconnaissons tout de même que cet engagement traduit une volonté bienvenue de mettre fin à la léthargie qui caractérise la situation actuelle.

Qu’adviendra-t-il de cette promesse?

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À vous la parole

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9/10 de cent...

Chaque fois que je passe devant une pompe à essence, je suis choqué. Comment les compagnies d’essence peuvent-elles impunément afficher le prix du litre d’essence avec des dixièmes de cent ? Le sou noir a été officiellement retiré de la circulation depuis le 4 février 2013. Ça sort d’où ? Est-elle légal ? Ils sont les seuls au pays à l’utiliser. Même si le prix a baissé à 99,9 cents, nous payons discrètement 9/10 d’un cent en plus pour chaque litre. Combien, mine de rien, avec les millions de litres d’essence vendus quotidiennement, ces 9/10 rapportent-ils aux pétrolières ? 

Quand donc nos gouvernements interdiront-ils cette absurdité ?

Éric Bulot, Gatineau

Point de vue

Registre des armes à feu: lettre à François Legault

Monsieur le premier ministre,

En 2016, notre organisme concluait ainsi son mémoire sur le projet de Loi sur l’immatriculation des armes à feu : «Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale demande aux membres de l’Assemblée nationale, conformément aux nombreuses motions unanimes votées entre 2006 et mars 2015, d’adopter le projet de loi 64 afin de créer un registre québécois des armes à feu. Pour nous, il s’agit d’un moyen de plus pour protéger les femmes et leurs enfants vivant dans un contexte de violence conjugale. En terminant, nous unissons nos voix pour vous rappeler l’importance que joue le système de contrôle des armes dans notre capacité à aider les personnes victimes de violence conjugale. Mettre fin à la violence envers les femmes et prévenir les tragédies exige des gestes concrets. Doter le Québec d’un registre des armes à feu, c’est contribuer à la sécurité des femmes et des enfants.»

Notre position n’a pas changé et nous vous demandons de ne pas donner raison à ceux qui organisent une campagne de boycottage en demandant aux propriétaires de ne pas enregistrer leurs armes, et ce, dans le but de retarder l’entrée en fonction de la loi, voire de susciter son abolition, en invoquant un trop faible nombre d’enregistrements.

Selon nous, il n’existe aucune raison légitime justifiant un report potentiel de l’entrée en vigueur de la loi, incluant l’application des amendes. La loi a été adoptée par une forte majorité des élus de tous les partis après huit ans de débats et de procédures juridiques. Toutes les étapes intrinsèques à un processus législatif démocratique ont été respectées. Une campagne d’information publique est déployée sur les ondes depuis plusieurs mois et le Service d’immatriculation est facilement accessible, simple à utiliser et gratuit. Enfin, les pénalités prévues sont financières et non criminelles.

La loi a été adoptée pour protéger l’ensemble des Québécois des risques associés aux armes à feu. Le processus législatif a non seulement respecté la volonté de la majorité de la population, mais également l’avis des experts en matière de sécurité publique et de prévention des suicides. De plus, un récent sondage Léger indique que la grande majorité des Québécois.e.s (78 %) souhaite l’application de la loi dès le 29 janvier, notamment en donnant des amendes en cas de non-respect délibéré.

Cet appui est majoritaire dans toutes les régions du Québec, y compris à l’extérieur des grands centres urbains, ce qui concorde tout à fait avec l’appui historique des Québécois pour le contrôle des armes à feu en général et pour leur enregistrement en particulier. Il serait donc extrêmement troublant de voir un nouveau gouvernement céder devant les pressions orchestrées par les mêmes militants pro-armes ayant perdu leur cause tant devant l’Assemblée nationale que dans l’opinion publique.

La Coalition avenir Québec a été portée au pouvoir entre autres en ayant spécifiquement reconnu «le devoir de faire respecter la loi [sur l’immatriculation des armes à feu] qui s’appliquera définitivement en février 2019». Or, l’ambivalence perceptible actuellement au gouvernement a malheureusement l’effet d’encourager le boycottage. On peut raisonnablement penser que très peu de propriétaires d’armes ont réellement l’intention de s’exposer aux amendes de 500 $ par arme. Un signal sans équivoque du gouvernement à l’effet que les amendes s’appliqueront comme prévu poussera ceux-ci à se plier à la loi.

Au nom des victimes de violence conjugale, et particulièrement de celles qui vivent en milieu rural où les armes sont nombreuses, nous prenons le temps de réitérer notre appui pour cette mesure importante. Nous comptons sur vous pour respecter votre engagement électoral en lien avec l’entrée en vigueur du registre de même que votre promesse de ne pas céder devant les lobbys privés aux dépens de l’intérêt public et de l’avis majoritaire des Québécois.

Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

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L’histoire d’une tasse qui me rappelle mon grand-père, mon héros

Depuis son indépendance, la Belgique était un pays neutre. Cette neutralité lui avait été imposée en 1830 par les grandes puissances, y compris l’Allemagne, comme garantie de son indépendance. Pourtant, le 2 août 1914, l’Allemagne, trahissant son engagement, envoie un ultimatum à la Belgique, la sommant de laisser ses soldats traverser son territoire pour aller attaquer la France. Même si son armée était peu efficace, car avoir une armée avait été jugé assez inutile en raison de la neutralité, le Roi Albert Ier refusa de céder à cet ultimatum. Les soldats allemands pénétrèrent alors de force en Belgique. En quelques semaines, ils occupèrent la quasi-totalité du pays, puisque que seule la région de Ypres y échappa, grâce notamment à l’héroïsme du Roi Albert Ier et à l’aide déterminante des Canadiens.

À cette époque, mes grands-parents maternels étaient enseignants dans une école de Lembecq (devenue ensuite Lembeek), dans la banlieue de Bruxelles. Ils habitaient au centre du village, avec ma mère qui avait alors un an.

Les Allemands ont occupé ce village pendant toute la durée de la guerre 1914-1918, car des voies de communication importantes le traversaient, notamment la ligne de train Bruxelles – Paris, et le canal reliant Bruxelles au nord de la France. Une garnison allemande les surveillait et les gardait en permanence. Cette garnison était logée chez les habitants de la commune. Mes grands-parents faisaient partie de ces habitants réquisitionnés, obligés de partager leur espace de vie avec des soldats allemands.

Les Alliés ont fini par gagner la guerre en 1918. Les Allemands ont dû quitter le village, mais un officier allemand a oublié sa tasse chez mes grands-parents. Mon grand-père l’a gardée comme trophée de guerre. À son décès, ma mère me l’a léguée. Cette tasse porte la croix allemande de 1914, avec les symboles de l’empereur Wilhelm II.

Cette tasse centenaire est très importante, essentiellement parce que c’est un souvenir marquant de mon grand-père et de ma mère. Or, je dois beaucoup à mon grand-père, qui fut mon héros d’enfance. Après sa retraite en 1945, après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’enseignement est resté sa passion et j’en fus un des principaux bénéficiaires. J’avais un peu plus de 2 ans à ce moment-là, et pendant des années j’ai passé des heures, sur ses genoux ou à côté de lui, pendant qu’il m’apprenait à lire et à calculer, avec une patience infinie. C’est lui qui a ouvert mon esprit aux mathématiques. Sans exagération, je peux dire que, à 4 ans, mon calcul mental était aussi bon qu’aujourd’hui et que, si je suis devenu mathématicien et actuaire, c’est indiscutablement grâce à lui.

Cette tasse est aussi un rappel constant de ce que mes grands-parents et mes parents ont dû subir pendant les deux guerres mondiales du XXe siècle contre les Allemands. Pendant la guerre 1914-18, la jeune vie de ma mère a été profondément perturbée. Avec ses parents, alors dans la trentaine, elle a vécu pendant 4 ans les horreurs de la guerre et de l’occupation, ainsi que les désagréments de la réquisition.

Et ce n’était pas fini pour eux. En 1940, alors que mon grand-père était devenu le directeur de l’école, la Deuxième Guerre mondiale a éclaté. À l’approche de l’envahisseur, les Anglais ont ordonné l’évacuation générale du village. Le maire et les échevins ont ainsi dû quitter le village, mais seulement après avoir voté la nomination de mon grand-père comme « Président de la commission de notables » qui devait gérer le village pendant leur absence. Mes grands-parents sont donc restés dans le village de nouveau occupé.

À l’époque, mes parents étaient mariés et habitaient à Bruxelles, avec ma sœur qui avait 2 ans. Moi je suis né à Bruxelles pendant la guerre. Mais même avec deux très jeunes enfants, mes parents n’ont pas hésité à prendre le risque de cacher une famille juive dans leur grenier et à les abriter avec nous dans la cave pendant les nombreux bombardements. Cela a failli tourner très mal. Mes parents ont été dénoncés par des voisins antisémites. Un jour, après être entré par chez le voisin et avoir sauté par-dessus le mur du jardin pour mieux surprendre mes parents, un officier allemand a surgi sur la terrasse. Ma mère était sur la terrasse avec moi dans les bras. Heureusement, ma mère était une belle femme blonde, moi un bébé tout blond aussi, et nous avions les yeux bleus. Nous correspondions donc au type aryen, Or, les nazis considéraient la race aryenne comme une race « pure et supérieure ». Cela a rassuré l’Allemand. Il a donc seulement mis en garde ma mère, lui disant de se méfier des indésirables, et il est reparti par le même chemin, sans entrer dans la maison. S’il était entré, toute la famille aurait fini dans un camp de concentration.

Mais ma mère a couru un autre risque. Elle aurait aussi pu être « réquisitionnée », car de nombreuses femmes dites « de race aryenne » des pays occupés étaient contraintes de procréer avec des Aryens « pure souche », notamment des SS. Avec les enfants nés de ces unions forcées, le régime nazi projetait de faire une race supérieure. Ils pouvaient être adoptés par des familles allemandes pour être éduqués afin de régner sur le IIIe Reich !

D’autres membres de ma famille ont aussi beaucoup souffert de la guerre. Un neveu de mon grand-père, très proche de mes parents, était officier dans l’armée belge. Il a été fait prisonnier avec ses soldats. Comme il était d’origine flamande et que les Allemands essayaient de gagner le soutien de la population belge qui parlait le flamand (car c’est aussi une langue germanique), ils ont proposé à ce neveu de le libérer. Il a refusé. Il a choisi de passer près de 5 ans dans un camp allemand avec ses soldats. Lui qui pesait 90 kilos à son arrivée, il n’en pesait plus que 40 lors de la libération des camps par les Américains en 1945.

Ce ne sont là que quelques épisodes parmi les nombreux dont le récit par mes parents et grands-parents a marqué ma jeunesse. La tasse est un rappel constant de tout ce que mon grand-père a fait pour moi, ainsi que des heures sombres que ma famille a passé et de l’héroïsme dont elle a fait preuve !

L'auteur du texte est Roland Madou d'Ottawa.

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À vous la parole

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Régulièrement trop vite

C’est vraiment malheureux de le dire, je ne suis pas surpris qu’un tel accident se reproduise. Les chauffeurs d’OC Transpo sont souvent en excès de vitesse et négligent les panneaux d’arrêt. 

J’en remarque à tous les jours sur la rue Bronson. À 6 h 30, deux bus n’hésitent pas à me dépasser à plusieurs kilomètres au-dessus de la limite. Ce n’est vraiment pas sécuritaire. Ils sont indisciplinés. On s’attendrait à plus des professionnels d’OC Transpo. 

À qui la faute ? Le chauffeur ou la compagnie qui leur permet de conduire de la sorte ? Car il doit bien y avoir une raison de se presser de la sorte et mettre la vie des usagers et des automobilistes. Ils devraient avoir des incitatifs pour la conduite sécuritaire et non des incitatifs pour arriver à destination à l’heure prévue. Un changement de mentalité est nécessaire.

Daniel Fournier, Sainte-Cécile de Masham


Bravo pour l’éditorial

Merci à Pierre Jury pour son éditorial « Élargir l’aide à mourir » (Le Droit, 12 janvier) qui plaide pour l’ajout de catégories pour obtenir de l’aide médicale à mourir. Je souhaite à ces gens affectés de ne plus avoir d’embûches pour recevoir cette aide.

Johanne Leroux, Ottawa


Du gaspillage

Même après un changement de gouvernement, la Coalition avenir Québec approuve le gaspillage entamé par les libéraux qu’est le registre des armes à feu. Ces libéraux ont décidé d’y aller de l’avant avec cette dépense inutile. Pourquoi François Legault ne prend-t-il pas exemple de l’expérience de Justin Trudeau qui a compris que l’abolition de l’ancien registre national avait été une bonne décision et une dépense inutile ? 

Au bureau du ministre de la région, Mathieu Lacombe, on s’en lave les mains et on nous transfère à une ligne 1-888... toujours occupée. Rien de surprenant, le 29 janvier approche ! C’est le temps pour les autorités de repousser cette date et repenser cette loi de gaspillage d’argent estimée à 30 à 50 millions $ par année, et rediriger l’argent économisé sur des dossiers prioritaires, soit l’autoroute 50 ou les hôpitaux !

André Racine, Gatineau

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La francophonie canadienne et le Québec: un avant et un après Doug Ford?

OPINION / Cinquante ans après les États généraux du Canada français et l’adoption de la première Loi sur les langues officielles au Canada, depuis le 15 novembre 2018, nous témoignons d’un renouveau du dialogue entre l’ensemble des francophones du Canada.

En simplifiant, rappelons que dès les débuts de la Confédération, des mouvements de solidarité entre le Québec et les francophones du pays ont marqué l’histoire du pays, que l’on pense à l’époque de Louis Riel, au Règlement 17, à la cause Montfort pour ne nommer que les plus connues. Sur le plan institutionnel, les gouvernements du Québec qui se sont succédé depuis les années 1960 ont aussi adopté des politiques d’appui aux minorités francophones du Canada.

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Jeux de la Francophonie 2021: n’ignorons pas l’importance de la diplomatie

OPINION / Depuis que la nouvelle a éclaté en décembre dernier concernant la montée en flèche des coûts associés à la tenue des Jeux de la Francophonie 2021 à Moncton, l’affaire a fait couler beaucoup d’encre dans les médias francophones du pays. Bien que cette polémique puisse être analysée sous plusieurs angles, la majorité des articles et des textes de réflexion sur le sujet se sont principalement centrés sur des arguments économiques et, dans une moindre mesure, politiques.

Toutefois, une autre perspective aussi importante doit absolument être prise en ligne de compte : celle de la diplomatie.

À l’ère de la mondialisation, la diplomatie est un outil puissant d’échanges sur les plans culturels, sociaux et économiques en plus de pouvoir faire entendre sa voix sur le plan international. L’Acadie ne dispose pas d’outils étatiques en matière de relations internationales.

Par contre, les aspirations acadiennes en matière de diplomatie se sont depuis longtemps manifestées par le biais de la Société nationale de l’Acadie (SNA), qui s’est vue investie de cette mission grâce à son histoire, sa ténacité, et surtout en ayant été reconnue par la France et plus tard la Belgique (ici, on pense notamment aux quatre grands Acadiens accueillis à Paris par le général de Gaulle comme des chefs d’État en 1968).

Quant à la province du Nouveau-Brunswick, elle fait partie de la « Francophonie » depuis 1977, date de son adhésion à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT).

Cette prise de conscience provinciale était largement influencée par les « relevés de conclusions » signés entre la SNA et l’État français. Cette visite avait provoqué bien des remous à Fredericton et à Ottawa, certes.

Toutefois, elle a catapulté l’Acadie, et par extension la « situation acadienne », sur la scène internationale. L’Acadie, désormais, était invitée dans la cour des grands.Il va sans dire que le Nouveau-Brunswick a été admis à l’ACCT en grande partie grâce à l’influence de l’intelligentsia acadienne.

Ce n’est pas exagéré de croire que le Nouveau-Brunswick en doit beaucoup à l’Acadie, car sans elle, cette dernière n’aurait jamais été acceptée comme membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), organisme qui regroupe 88 États et gouvernements représentant plus de 900 millions d’habitants répartis sur les cinq continents.

Il est important de souligner ici que, du côté anglophone, le Nouveau Brunswick n’est pas membre du Commonwealth et que sa candidature serait très certainement jugée utopique.

Mais c’est toute la province qui bénéficie de sa place à l’OIF, car c’est la province et son drapeau qui y sont représentés. Oui, l’Acadie s’est montrée très courageuse, ambitieuse et déterminée en matière de francophonie internationale, et ce depuis des décennies.

Le président Jacques Chirac, lors de sa visite à Memramcook en 1999, a même souligné avec fierté que les Acadiens démontrent une « farouche détermination à demeurer eux-mêmes jusqu’à atteindre le statut de peuple ». Les visionnaires des actions et des initiatives de l’Acadie sur la scène internationale méritent tout notre respect, autant chez les francophones que chez les anglophones, car leur legs est énorme.

Les différentes ententes et échanges établies entre l’Acadie et divers pays de la Francophonie ont permis à des générations de boursiers à profiter d’occasions d’épanouissement professionnel, académique et personnel exceptionnels. Ces boursiers sont devenus, entre autres, nos gens d’affaires, nos médecins, nos leaders politiques.

Francophones et anglophones, peuvent aujourd’hui bénéficier de leur vision, leur engagement et leur contribution économique. La capacité financière du gouvernement du Nouveau-Brunswick limite très certainement nos aspirations internationales et cette réalité est la même pour les deux communautés linguistiques. Mais si le gouvernement du Nouveau-Brunswick se limite à la question financière pour analyser les coûts et les avantages des Jeux, ce sera le début de l’effritement non seulement de la place de l’Acadie sur la scène internationale, mais également de la place du Nouveau-Brunswick, et par extension des provinces atlantiques à l’intérieur de notre fédération canadienne.

Est-ce que notre statut en tant que « province pauvre » signifie que nous ne serons jamais dignes d’accueillir des événements d’envergure internationale sur notre territoire ? Vivons-nous dans un Canada à deux vitesses : un Canada où les provinces fortunées peuvent jouer sur la scène internationale et s’épanouir alors que les provinces dites « pauvres » sont condamnées à une éternelle gestion de décroissance ? En Atlantique, faisons-nous partie d’un Canada périphérique ?

La participation du gouvernement du Nouveau-Brunswick à l’Organisation internationale de la Francophonie est une occasion à ne pas manquer. Il faut la saisir pour l’ensemble des Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises, anglophones comme francophones.

Les Jeux de la Francophonie, s’ils ont lieu, seraient le plus grand évènement sportif et culturel que l’est du Canada ait connu. Demandons à nos gouvernements de voir les réels bénéfices de ces Jeux pour l’Acadie et pour le Nouveau-Brunswick, car c’est une occasion qui ne risque pas de se représenter de sitôt.

Robert Melanson est le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

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Élection: la RDC n’est pas sortie du bois

OPINION / Les scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux qui se sont tenus en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018, ont débouché sur l’élection du président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo - fils de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, qui a combattu pendant 37 ans, tour à tour les dictatures de Mobutu, et Kabila père et fils.

Donné perdant, le candidat malheureux Martin Fayulu qui s’est classé deuxième, a saisi la Cour constitutionnelle pour contester les résultats des élections présidentielles. La Cour constitutionnelle devra statuer dans les jours à venir sur les contestations qui sont soulevées et autres irrégularités relatives aux élections, conformément à la réglementation en la matière.