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Sauvons nos Sénateurs ! 

Soyons réalistes, les Sénateurs d’Ottawa sont en grande difficulté. La vente de billets est en baisse, le propriétaire Eugene Melnyk cherchera bientôt à vendre. 

Une façon de sauver notre équipe : faire alliance avec la ville de Québec et se partager les matches. Québec non plus n’a pas les moyens de se payer une franchise dans la LNH et sa seule façon d’acquérir une équipe est de faire alliance avec Ottawa. L’équipe pourrait porter le nom de Nationals comme dans l’émission de fiction Lance et compte. Les deux capitales nationales qui s’unissent pour rivaliser face à Montréal, Toronto et Boston, quel projet enthousiasmant, capable d’attirer les foules ! 

Gilles Marleau, Orléans 

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Une saison courte

La saison des Sénateurs d’Ottawa sera terminée avant la fin de l’hiver, ça ne sera pas si long que ça. Leur saison de golf sera plus longue. 

Allez Eugene Melnyk, vendez ! 

Alain Dutrisac, via Internet

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Quel désastre !

Les rues à Gatineau ? Commençons par le boulevard Maisonneuve : quelle belle approche de bienvenue à la Belle Province ! C’est tellement raboteux que c’est honteux. Le boulevard Saint-Joseph, on n’en parlera pas car là aussi c’est terrible ! Sur la rue Acadie, c’est une vraie risée : passez la voir ! Ils ont réparé le boulevard La Vérendrye en sortant du parc de roulottes, cela a fait énormément de bien, bravo. Mais ils n’ont pas réparé la sortie du boulevard de l’Hôpital et c’est plus urgent que tout. Sur la montée Saint-Amour, il y a une butte et l’ asphalte est défait. C’est très dangereux car les gens prennent l’autre voie pour passer. 

Micheline Maisonneuve, Gatineau

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Nos infirmières...

J’ai énormément de sympathie pour le travail de nos infirmières. Les deux sit-in qu’elles ont organisés récemment sont l’indice d’un ras-le-bol. Je ne peux pas comprendre qu’à l’aube de 2020, nous en soyons encore rendus là. Leur cri du coeur doit être entendu. Décideurs de tous les niveaux, la grogne a assez duré : agissez maintenant ! 

Paul Peterson, Gatineau

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LA QUESTION DU JOUR

Arrivée imminente des produits comestibles du cannabis : envisagez-vous les essayer ?

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Dépenser sans compter

M. Trudeau, combien d’années encore allons-nous continuer d’avancer vers la faillite ? Si nous sommes un pays riche et généreux, alors pourquoi emprunter à tour de bras sur la marge de crédit des Canadiens pour satisfaire toutes ces promesses électorales ? Ce qu’on ne ferait pas pour garder le pouvoir…

Yves Gosselin, Gatineau

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De l’ingérence

Je ne suis pas d’accord avec l’éditorial « L’amitié d’Obama opère encore » (Le Droit, 18 octobre). L’ancien président dit tout simplement qu’il a bien aimé côtoyer le premier ministre Justin Trudeau. En Espagne, c’est bien différent, c’est la façon de faire. Ça, c’est de l’ingérence.

Michel Boulanger, via Internet

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Je vote pour le climat

Mon choix se fera selon le critère du climat : quel parti a le programme le plus dynamique pour s’attaquer au problème des changements climatiques ? 

Certains partis sont timides car ils pensent qu’ils risquent de faire peur aux votes. Et du côté des électeurs, on pourrait ne pas voter pour un parti parce qu’on pense qu’il a peu de chances de se faire élire. Il faut mettre de côté ce réflexe. La situation est grave, le climat se détériore rapidement et on a besoin de trouver des solutions efficaces à ce problème majeur. L’heure n’est plus aux demi-mesures. Votons pour le parti qui visera le mieux le plus grand enjeu de notre ère ! Tous les autres sont secondaires. Le temps du vote stratégique est révolu. Plusieurs manifestations ont voulu faire comprendre à nos gouvernements l’urgence d’agir et c’est très bien. Mais une autre façon est de voter pour ses convictions. Manifestons avec cœur, et votons avec cœur aussi ! 

Sylvain Claude Lemay, Gatineau

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Il perd des votes

Oui ça opère, l’amitié avec Barack Obama : ça fait perdre des votes à Justin Trudeau. Il s’agit d’un geste désespéré parmi d’autres.

Jean-Pierre Rousseau, via Internet

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Pourquoi le logement est-il absent de la politique ?

OPINION / Énoncer le concept du logement, c’est faire référence au milieu dans lequel les gens passent la majeure partie de leur temps. Il est maintenant reconnu que ce milieu de vie a une incidence prédominante sur notre santé et notre bien-être, tant sur le plan physique, mental que social. L’itinérance ou le fait d’habiter dans des logements précaires ou inadéquats peut avoir des conséquences considérables sur l’état de santé et se traduire par une surcharge du système de soins de santé. Pour cette raison, le logement est largement reconnu comme un déterminant de la santé.

Selon le dernier recensement, le Canada compte 1,12 million de ménages locataires ayant des besoins impérieux. C’est le tiers des ménages locataires qui vivent dans des conditions déplorables ou ont de la difficulté à se loger. Plusieurs grandes villes au Québec et au Canada, dont Ottawa et Gatineau, font face à une pénurie importante de logements locatifs depuis le début du millénaire. Ces données ne tiennent pas compte de l’état lamentable de nombreux logements sociaux déjà bâtis qui ont été négligés pendant des décennies par les gouvernements successifs et qui risquent de disparaître s’il n’y a pas de changement de cap de la part d’Ottawa. Malgré cela et à quelques jours de la prochaine élection fédérale, comment comprendre que cet enjeu important soit quasi absent des débats électoraux et de la couverture médiatique ?

Lancée en 2017 par le gouvernement Trudeau, la Stratégie nationale sur le logement est assortie d’un plan de 55 milliards $ sur dix ans pour améliorer l’accès à des logements à loyers abordables. Les investissements annoncés dans la Stratégie sont étalés sur un horizon de 10 ans et ce sont le plus souvent des prêts, non pas des subventions. Qui plus est, les milliards mis sur la table incluent toutes des contributions de la part des partenaires provinciaux, territoriaux, municipaux et privés, lesquelles sont loin d’être acquises. D’autre part, rien n’a été prévu dans cette Stratégie nationale sur le logement pour développer spécifiquement des logements sociaux. Une partie des sommes, réservées aux provinces, pourrait l’être, mais encore faut-t-il, dans le cas du Québec, qu’une entente soit signée.

En réalité, il s’avère que la Stratégie nationale sur le logement vise essentiellement à soutenir les grands promoteurs privés dans le développement de logements prétendument « abordables », tant en locatif qu’en copropriété divise, Les loyers visés ne sont absolument pas abordables pour les 195 635 ménages locataires québécois et les 8 000 gatinois qui doivent consacrer la moitié ou plus de leur revenu au logement, lequel est de seulement 13 673 $ par an, en moyenne.

Afin de résoudre cette crise qui s’enracine, le futur gouvernement fédéral ne doit plus laisser le marché privé imposer sa loi comme le préconisent le Parti populaire du Canada et le Parti conservateur; il doit investir au moins 2 milliards $ par année dans la réalisation de nouveaux logements sociaux et garantir tous les fonds nécessaires pour maintenir ou remettre en état ceux déjà construits. Ottawa doit aussi garantir à long terme l’accessibilité financière de ces logements sociaux, tant pour les ménages pauvres qui y habitent déjà, que pour ceux qui en auront besoin à l’avenir.

Au Québec, nous avons un programme d’habitation, AccèsLogis, qui a fait ses preuves. Ce programme pourrait être bonifié de façon importante si le gouvernement du Québec pouvait compter sur l’argent d’Ottawa. Tel que réclamé à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale du Québec, le gouvernement fédéral doit cesser d’envahir ce champ de compétence exclusif de cette province et en venir à une entente asymétrique avec le gouvernement Legault. Ce faisant, cela permettrait la réalisation de plusieurs milliers de nouvelles unités de logements abordables portés par les organismes du milieu.

Comme les promoteurs de logement communautaire, les municipalités craignent également que l’absence d’entente ne finisse par les priver d’opportunités de développement de nouveaux logements sociaux. Le 10 juin dernier, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a écrit au ministre de l’Habitation Jean-Yves Duclos au nom du caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec. L’argent du fédéral est là, mais ne descend pas, alors cela ralentit la réalisation de projets d’habitations. On n’a pas le luxe d’attendre des années.

D’ici les élections, Logemen’occupe espère donc, de l’ensemble des partis fédéraux en lice, des engagements fermes qui iront dans ce sens.

L'auteur du texte est François Roy, coordonnateur à Logemen’occupe.

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Sur la « chape de colonisés »

OPINION / La journaliste Denise Bombardier est venue chez nous, les francophones hors Québec. À l’émission ‹Tout le monde en parle», elle en parle mal. La chroniqueuse Odile Tremblay a mis les pendules à l’heure au Québec. Elle nous comprend : « Et si notre culture, notre histoire, notre niveau de langue nous faisaient secrètement honte ? C’est si lourd à porter, une chape de colonisés…»

L’Acadienne Roxann Guerrette avait ouvert le débat lors d’un stage en France. « On parle mal. Les Québécois n’aiment pas notre accent. C’est difficile pour les Français de nous comprendre. Le français que j’ai appris à l’école est pourri. J’ai honte de ma langue. »

Je la comprends. J’ai honte aussi. Je connais peu de mots. Quand j’écris, j’arrive à les aligner. Quand je parle, je sens le poids de la chape. Je baragouine.

Je ne suis pas fier de la francophonie. Elle se déchire le nombril pour des vétilles. Souvent, elle lutte pour son passé et se bat contre son avenir. Elle croit suffisant d’avoir des droits pour qu’on la respecte.

J’ai honte d’entendre les gens se dire fiers. Et par les temps qui courent, ils sont nombreux. Les parents de leurs enfants et vice-versa. Les amis et les conjoints entre eux. Les politiciens lors de défilés.

Le phénomène rappelle ces paroles de la chanson immortalisée par Jean Ferrat : « Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes. »

Poussé à bout, on peut être fier de nos réussites et des accomplissements de nos proches. Mais de qui on est, de notre façon de parler ? Comment a-t-on pu se laisser glisser sur une pente aussi dangereuse?

Des synonymes : amour-propre, arrogance, condescendance, hauteur, mépris, orgueil, suffisance, supériorité et vanité. Fierté viendrait du latin feritas, qui signifie cruauté.

Le mot prime dans les discours d’une droite certaine. Marine Le Pen : « Je veux que les Français soient fiers. » Donald Trump : « Make America Great Again. » Et la promesse d’Adolf Hitler de rendre aux Allemands «einen stolz» d’antan.

Sur la Toile, la recherche « fier Québécois » génère en 17 secondes 1,5 million de résultats. Assez pour lancer un référendum.

Larme à l’œil, on demande aux enfants d’être fiers. Admettons qu’on leur dise une ou deux fois. Mais qu’on le répète ad nauseam et en chœur? On les voit gigoter tout à coup. Ça commence à ressembler à de l’insécurité.

Quelle émotion monte soudainement qui fait mal? La face cachée, le parent pauvre, l’ombre de la fierté. Elle ne cède pas sa place. Elle exige de ne pas la nommer.

Quand les adultes font appel à la fierté, ils réveillent la honte déjà assumée chez les jeunes. C’est comme tourner le fier dans la plaie. Ce qu’ils entendent : si vous n’êtes pas fiers, vous devriez avoir honte.

Le colonialisme est une fabrique de détresse humaine et identitaire à grande échelle. Et ça fonctionne encore. Odile Tremblay et Roxann Guerrette évoquent la possibilité d’en échapper par une prise de conscience, des compétences et l’érudition.

Je suis fier d’elles.

L'auteur du texte est Jean-Pierre Dubé, auteur et journaliste au Manitoba.

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Le corridor énergétique d’Andrew Scheer, un argumentaire fallacieux

OPINION / Au cours de cette campagne électorale, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, a répété ad nauseam l’intention d’un éventuel gouvernement conservateur de construire un corridor énergétique national. Dans sa plateforme, le PCC prétend qu’avec un tel projet, « nous minimiserons l’impact environnemental, réduirons le coût des évaluations environnementales sans sacrifier la qualité, améliorerons la certitude pour les investisseurs et réaliserons des projets critiques ».

Cependant, cette promesse est incompatible avec les cibles de réduction des émissions de GES du Canada établies lors de l’Accord de Paris en plus de soulever des enjeux techniques et environnementaux importants. Il faut également appeler les choses par leur nom : la création d’un corridor énergétique national équivaut ni plus ni moins qu’à la construction d’un oléoduc d’un bout à l’autre du pays. Ce projet doit être décrié sans réserve.

D’abord, la proposition conservatrice tente de s’inscrire dans un contexte de lutte aux changements climatiques à l’échelle mondiale plutôt qu’à l’échelle locale. Selon la plateforme du PCC, « les produits énergétiques canadiens peuvent remplacer les sources d’énergie étrangères plus sales ». Lors de l’annonce de son projet de corridor énergétique en mai dernier, M. Scheer avait également mentionné que cette initiative visait à éviter que notre approvisionnement repose sur des pays « comme l’Iran, le Venezuela et l’Arabie saoudite ».

Si cet argument peut sembler logique, il s’avère inexact lorsqu’on y regarde de plus près. Pour l’année 2018, 88% du pétrole consommé à l’échelle nationale provenait du Canada (68%) ou des États-Unis (20%), selon les chiffres de la Régie de l’énergie du Canada. Pendant ce temps, toujours selon la Régie, les exportations de pétrole brut canadien vers l’étranger ont augmenté de 8,2% entre 2017 et 2018. Ainsi, la construction d’un corridor énergétique viendrait uniquement répondre à des impératifs économiques plutôt qu’à des préoccupations environnementales. Ce projet contribuerait également à la hausse de l’extraction du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta, qui occupe la troisième position des ressources pétrolières les plus polluantes au monde selon l’Institut de recherche ARC Energy.

Contraire aux engagements

Ensuite, la construction d’un passage pour les ressources pétrolières et gazières du pays est en complète contradiction avec les cibles canadiennes de diminution des GES. Dans le cadre de l’Accord de Paris, le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de GES de 30% en 2030 par rapport à ses émissions de 2005. Cette cible a d’ailleurs été reprise par Andrew Scheer lors de la campagne électorale.

Cependant, il est évident que ces cibles ne pourront pas être atteintes si le PCC mettait sur pied un corridor énergétique national. Un tel projet nuirait assurément à la réduction des émissions canadiennes de GES en favorisant une exploitation pétrolière

soutenue. C’est franchement inacceptable dans un contexte où le Canada est le pays du G20 qui émet le plus de GES per capita selon l’organisme Climate Transparency.

Des risques

Afin d’inscrire ce projet dans la transition énergétique, la plateforme du PCC soumet que le corridor permettra non seulement aux provinces de l’Ouest d’exporter leur pétrole, mais aussi au Québec et à l’Ontario de « distribuer leur hydroélectricité sur de nouveaux marchés ». Cette cohabitation entre un oléoduc et des lignes à haute tension ne tient tout simplement pas la route. Comme Hydro-Québec l’avait fait remarquer en marge des auditions publiques de l’Office national de l’énergie sur le projet Énergie Est, des lignes électriques peuvent engendrer d’importants problèmes de corrosion à un oléoduc situé à proximité. De plus, le transport de pétrole par oléoduc implique un risque de fuites dévastatrices pour les écosystèmes environnants.

En somme, la lutte aux changements climatiques est un problème qui doit être pris à bras-le-corps par toute la communauté internationale. Il est vrai que l’utilisation du pétrole sous différentes formes demeure importante et qu’on ne cessera pas de transporter cette ressource du jour au lendemain. Ceci étant dit, le Canada doit s’engager sur la voie de la transition énergétique dès maintenant; or il est clair que le projet de corridor énergétique du PCC est en porte-à-faux avec cette réalité et qu’il rendrait impossible l’atteinte des cibles fixées lors de l’Accord de Paris. Après tout, ne serait-il pas plus viable à long terme d’investir dans des énergies propres, renouvelables et qui émettent peu de GES?

L'auteur du texte est Anthony Delisle, étudiant au baccalauréat en droit civil et développement international à l'Université d’Ottawa.

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Sommes-nous en route vers la parité des sexes aux Communes ?

OPINION / La campagne électorale fédérale de 2019 tire presqu’à sa fin, et déjà les statistiques concernant le nombre de candidates sont encourageantes. Comme nous l’a souligné À voix égales dernièrement, les cinq partis fédéraux principaux ont augmenté le nombre de candidates qu’ils présentent en moyenne de neuf pour cent comparé à leur équipe de 2015.

De façon plus globale si on compte tous les partis et les indépendantes, les femmes représentent actuellement 42 % de tous les candidats fédéraux. Si cette tendance continue, il ne serait pas fou de croire que le Canada pourrait atteindre la parité des sexes d’ici quelques élections, en ce qui concerne les candidatures fédérales.

Il semble qu’on aurait afin une chance d’améliorer notre rang global assez pitoyable de 60e place selon le classement du pourcentage de femmes dans les parlements nationaux de l’Union interparlementaire (UIP). Peut-être on se trouvera finalement parmi le top 50 le 22 octobre?

Malgré cette hausse importante en quatre ans, il ne faut pas négliger de souligner l’effort massif qu’a été requis au fil des ans pour arriver à ce point.  Plusieurs groupes de pression, organismes à but non-lucratif, et bureaux gouvernementaux – incluant À Voix égales, Groupe femmes politique et démocratie, le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, parmi plusieurs autres – ont entamé de vastes campagnes à travers le pays, et pendant des dizaines d’année, afin de responsabiliser les parties pour qu’ils priorisent le haussement du nombre de candidates parmi leur équipe. L’effort des partis qu’a permis d’afficher ces chiffres devraient être reconnu, car chacun des cinq partis principaux ont fait des gains importants. 

Cependant, la plus grande question demeure : à quel point ces chiffres se transformeront en sièges détenus par des femmes à la Chambre des communes le 21 octobre ?

Les candidates de tous les partis se sont souvent plaintes d’être placées dans une circonscription difficile à gagner. Est-ce le cas durant cette campagne actuelle? Et si elles se trouvent à représenter une circonscription où le parti aurait une chance d’emporter le vote, sont-elles suffisamment appuyées par leur parti ? Cette analyse ne pourra seulement être effectuée après le jour du scrutin.

Un autre facteur à considérer est l’avantage du député sortant, et du grand nombre d’hommes qui tenteront de se faire réélire. Avant que l’élection ne soit déclarée, les femmes ne représentaient que 27 % des députés à la Chambre des communes, soit 90 sur 333* (car il y avait cinq sièges vacants). Pour atteindre le seuil de 30 pourcent, elles devront gagner au moins 102 sièges.

Afin de gagner 102 sièges, il faudrait qu’aucune des 80 femmes sortantes qui espèrent être réélues ne perde son siège, et qu’au-delà de ça, au moins 12 nouvelles femmes soient élues députées pour la première fois. 

 Voici quelques courses fédérales serrées, selon les données de Canada338.com (affichées le 15 octobre), qui pourront avoir un impact sur le pourcentage de femmes élues à la Chambre des communes le 21 octobre :

Dans la circonscription de Laurier—St-Marie au Québec, longtemps représentée par la députée néo-démocrate Hélène Laverdière, il se passe une course très serrée à trois entre la candidate Nima Machouf (NPD) et les candidats Steven Guilbault (PLC) et Michel Duchene (PPC).

Dans la circonscription de Milton en Ontario, la députée sortante Lisa Raitt (PPC) est nez à nez avec Adam van Koeverden (PLC), avec 40,7 % versus 37,7 % d’appui.

Dans la circonscription de Brantfort—Brant en Ontario, le député sortant Phil McColeman (PPC) devance légèrement la candidate Danielle Takacs (PLC).

Dans la circonscription de Vancouver—Granville en Colombie-Britannique, Jody Wilson-Raybould, maintenant indépendante, a un léger avantage d’un point contre le candidat libéral Taleeb NoorMohamed.

Dans Markham—Stouffville, la députée sortante est Jane Philpott (indépendante) présentement en troisième place dans les sondages avec 20 % d’appui contre la candidate Helena Jaczek (PLC) qui a 34,4 % d’appui et le candidat Theodore Anthony (PPC) qui a 33 % d’appui.

Malheureusement, quand on l’analyse de façon concrète, la parité nous semble beaucoup plus difficile à atteindre – pas impossible, mais sûrement pas aussi proche qu’on aurait aimé le croire en regardant le pourcentage de candidates en 2019.

Et donc, quoi faire en attendant si on souhaite une représentation électorale plus équilibrée? Dans une campagne, chaque jour compte, et chaque action compte. Il reste encore du temps à trouver une candidate à appuyer concrètement, peu importe la circonscription qu’elle souhaite représenter (car bien sûr, il est possible qu’il n’y ait pas de candidate à appuyer dans votre circonscription, ou que les positions de la /des candidate(s) ne s’alignent pas avec les vôtres.)

En ces derniers jours pré-électoraux, trouvez donc une candidate à appuyer et donnez-lui votre temps en offrant de cogner aux portes pendant quelques heures avec son équipe, en conduisant des électeurs et électrices aux bureaux de scrutins, en faisant des courses pour son bureau de campagne, ou en posant des affiches. Pas le temps ? Faites-lui tout simplement un petit (ou gros!) don monétaire en ligne.

Avec toute l’attention portée sur l’égalité des sexes d’ici les dernières années, soit par les médias, les gouvernements, l’ONU, et maintenant en voyant le nombre plus élevé de candidates en place, il serait facile de lâcher légèrement la pédale. Par contre, l’égalité des sexes en politique est encore assez loin de devenir une réalité, et rien n’empêche qu’on pourrait même reculer. Par conséquents, les efforts en faveur de la parité ne doivent cesser, la pression sur les partis doit être soutenue, et nous devons continuer de bien porter attention à cet enjeu démocratique.

 Pour le moment, souhaitons au moins élire 102 candidates le 21 octobre – un pas plus proche envers la parité des sexes en politique et un objectif nécessaire pour atteindre une démocratie beaucoup plus représentative.

L'auteure du texte est Catherine Fortin LeFaivre, vice-présidente chez Innovation sociale et marketing, Impact Affaires publiques, Ottawa.

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Appels harcelants

En deux semaines, j’ai reçu trois appels pour appuyer le candidat libéral Steven MacKinnon. Après le second, j’ai demandé à ce qu’on raye mon nom. Et bien non, depuis, j’ai reçu un autre appel ! 

Un vote est personnel. Les libéraux ne savent plus quoi faire. 

Moi, je ne vous dis pas le fonds de ma pensée !

Chantal Dorris, Gatineau

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Merci à Vigi Santé !

Ma mère est au CHSLD Vigi Santé depuis avril 2017. Les services y sont excellents. Les infirmières nous informent régulièrement des modifications des médicaments. 

Le médecin rencontre ma mère à tous les mercredis. Les préposés sont ses rayons de soleil. Elle est encore très présente et active. Elle a 99 ans et a une mémoire incroyable. 

Je lui rend visite à tous les jours. Sinon, elle a son téléphone et elle m’appelle. Bravo et merci au personnel de ce CHSLD. 

Merci au personnel pour les beaux sourires et les salutations amicales. Vous êtes très importants pas seulement dans la vie des résidents mais aussi pour les proches de la famille. Merci !

Marc-André Cuerrier, Gatineau

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Un 10 $ pour la cause

Que chaque électeur reçoive un beau 10 $ en participant au vote la journée du 21 octobre ou par anticipation et je vous jure qu’on irait tous comme si c’était le jour du Boxing Day. 

Il y aurait une lignée record dans l’histoire de la participation des Canadiens.

De plus, ce 10 $ sera dépensé aussitôt en sortant du bureau d’élection, et 13 % sera remis en TPS. 

Des deux côtés, on est tous gagnants ! 

Gisèle Piché, Casselman

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L’appui d’Obama

Les Américains n’aiment pas qu’un pays étranger s’ingère dans leur processus électoral mais ils se permettent eux-même de le faire avec la lettre d’appui de Barack Obama aux libéraux de Justin Trudeau !

Richard Prégent, Gatineau

Point de vue

Appel au dialogue et à la solidarité

POINT DE VUE / La participation récente à Tout le monde en parle de trois jeunes femmes engagées dans l’affirmation de leur identité francophone en milieu minoritaire, en Ontario et au Manitoba, a mis en lumière la vitalité de leurs communautés et la nécessité d’une solidarité accrue entre francophones des Amériques afin de relever les défis auxquels ils sont confrontés.

En effet, quelle que soit la communauté d’appartenance des 33 millions de francophones et francophiles des Amériques, la plupart d’entre eux partagent collectivement une réalité, soit celle de vivre en situation minoritaire par rapport à l’ensemble de la population du continent. Les enjeux démographiques associés à cette réalité rendent encore plus nécessaire d’affirmer ensemble notre identité linguistique partagée, dans chacune de ses incarnations.

Le Centre de la francophonie des Amériques, créé en 2008 par la volonté du Gouvernement du Québec, a précisément pour mission de contribuer à la promotion et à la mise en valeur d’une francophonie plurielle et inclusive, porteuse d’avenir pour la langue française. Par ses actions, le Centre favorise l’interaction entre les différentes communautés francophones du territoire. Sa vision est celle d’une francophonie en mouvement et solidaire, dont les liens durables stimulent les échanges et les actions concertées dans le respect de la riche diversité des communautés qui la composent et l’animent.

Le Centre compte aujourd’hui plus de 47 000 membres répartis sur l’ensemble des Amériques et il travaille avec de nombreux partenaires afin d’élargir l’espace francophone et de multiplier les liens entre les communautés. Ces liens de solidarité sont essentiels, ils se tissent dorénavant par-delà les distances en raison des nouvelles technologies et de la mobilisation des acteurs. Les 15 membres de notre conseil d’administration reflètent la diversité de cette francophonie trop méconnue, mais si vivante. Ils sont de l’Ouest canadien, d’Haïti, d’Acadie, du Brésil, de Louisiane, de l’Ontario et du Québec.

La vision du Centre s’incarne d’abord et avant tout par les nombreux programmes et activités qu’il soutient. Par ses initiatives, le Centre met en valeur la créativité, l’innovation et la solidarité entre francophones et francophiles. Le Parlement francophone des jeunes des Amériques, le Forum des jeunes ambassadeurs francophones des Amériques, l’Université d’été sur la francophonie des Amériques, la Bibliothèque des Amériques, le concours Slame tes accents et le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique sont quelques exemples et autant d’occasions de rencontres et d’échanges visant à promouvoir une francophonie inclusive et solidaire.

Nous croyons qu’il nous faut répondre positivement à l’appel au dialogue et à la solidarité lancé par les Franco-ontariennes Stéphanie Chouinard et Caroline Gélineault ainsi que la Franco-manitobaine Chloé Freynet-Gagné lors de l’émission Tout le monde en parle. Le Centre s’y engage concrètement et invite toutes celles et tous ceux qui ont le français à cœur à se joindre à lui.

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Bravo à Élections Canada

Grâce aux modifications aux processus électoraux, le vote est plus facile. Ouverts 12 h par jour, les bureaux de scrutin par anticipation ont connu une participation record. Je félicite Élections Canada pour le beau travail et les nombreux électeurs qui ont exprimé leur voix pour l’avancement de la démocratie au Canada.

Serge Landry, Gatineau

Point de vue

Et le couperet est tombé!

POINT DE VUE / Et l’on dit avoir voulu assurer la «pérennité» de l’industrie du taxi! Il se trouve même des gens pour critiquer les indemnisations! Or, c’est le gouvernement qui a voulu enlever les «permis» aux chauffeurs de taxis. À Toronto et à New York, on a laissé les permis aux chauffeurs de taxi. Uber a fait savoir qu’il ne veut pas de classe 4C et de formations de plusieurs heures.

Déjà avant le couperet, j’ai entendu des chauffeurs de compagnies de taxis dire qu’ils manquent de «chauffeurs», ce n’est pas assez payant! La «pérennité», mais pour qui, si ce n’est pour les Uber de ce monde. C’est bon pour l’environnement, a-t-on été jusqu’à entendre! À cause de la modernité «technologique»!

Le ministre des Transports rêve en effet d’une «application mobile unique» où l’on retrouverait toutes les compagnies énumérées pour permettre la concurrence et le choix aux clients! Qu’adviendra-t-il pour ceux et celles qui n’ont pas de cellulaire (par incapacité, parce qu’ils n’ont pas les moyens, ou même par choix)? Le service par téléphone ne demeure que pour les taxis. Ces taxis qui sont menacés actuellement.

Il leur faudra faire beaucoup de démarches pour essayer de récupérer une partie de leur argent, les intermédiaires vont devoir devenir des répondants ou répartiteurs. Il leur faudra tous se réorganiser, pour ceux et celles qui le peuvent.

Je souhaite aux chauffeurs de taxi beaucoup, beaucoup de courage. Il leur reste leur solidarité. Et la solidarité de ceux qui les appuieront. Et notre questionnement à savoir jusqu’où ira «l’ubérisation» de notre société québécoise.

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Une vision trop rigide, sclérosée du français

OPINION / Les opinions exprimées par Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle, le 6 octobre dernier, ont évoqué chez moi les deux grandes visions qui s’affrontent dans le discours normatif sur le français.

Il y a, d’une part, la vision du français comme entité immuable, dont il existe une forme idéale, plus ou moins figée dans le temps et dans l’espace, et protégée par une Académie, les grammaires traditionnelles, certains dictionnaires et une armée de gardiens de la pureté de la langue et pourfendeurs du moindre usage qui s’éloigne de la sainte orthodoxie.

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Une condition d’emploi

Dans sa chronique « Le jour de la marmotte » (Le Droit, 15 octobre), Denis Gratton déplore le fait que la Ville d’Ottawa vient – encore une fois – d’embaucher des hauts fonctionnaires unilingues. Il s’agit de fonctionnaires déjà à son emploi. Si Ottawa a un quelconque plan de succession, le bilinguisme n’en fait pas partie. Le maire Jim Watson n’a qu’à inciter son personnel à maîtriser les deux langues de service. Nul doute que ces derniers seraient davantage motivés à le faire si le bilinguisme constituait réellement une condition d’emploi pour les postes désignés bilingues. 

Alain Poirier, Ottawa

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Denise Bombardier, insécure de sa langue?

OPINION / Si vous avez écouté l’entrevue de Denise Bombardier à Tout le monde en parle le 6 octobre, vous avez entendu des propos chocs qui ont suscité beaucoup de dégoût et de colère. La polémique créée par les propos de Mme Bombardier s’est fait ressentir dans l’ensemble du Canada français. En réaction à ceci, l’émission Tout le monde en parle a dédié encore une fois un segment de l’émission au sujet et a permis de faire entendre la perspective des francophones minoritaires.

Après tout ceci, comment est-ce possible que Mme Bombardier continue de défendre son idéologie, et ce, malgré la présence de preuves explicites du contraire ? Elle ne manque pourtant pas d’informations, ayant consulté la minorité et recueillie les données nécessaires pour corriger sa théorie pendant son projet documentaire « Denise au pays des Francos ». Qu’est-ce qui la pousse à continuer de défendre son idéologie avec tant de fermeture et de résistance ?

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Journée mondiale de l’alimentation: bien manger, un droit?

OPINION / Le 16 octobre est dédié à la Journée mondiale de l’alimentation, précédant celle de la lutte à la pauvreté. Dans le cadre de cette journée, on rappelle l’importance de bien manger, de choisir des aliments variés, biologiques et, idéalement, produits localement. On met de l’avant les bienfaits d’un mode de vie sain, le plaisir des bons repas partagés, sans oublier de rappeler ce que nous pourrions faire de plus pour améliorer notre santé. Des assiettes colorées, exemplaires ne tarderont pas à remplir nos fils d’actualité.

Parce que c’est bien vrai. Se nourrir, savourer et partager le pain avec la famille et les amis est ce qu’il y a de plus rassembleur et convivial, à travers le monde et les cultures. Immuable au temps et aux changements, peu importe la tendance qui la porte, l’alimentation est transversale à bien d’autres sphères de nos vies. Dans ce défilé de messages ayant la noble intention de faire l’éloge de l’alimentation, nous oublierons une fois de plus que le droit à l’alimentation demeure bafoué, même au Québec, en 2019.

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Un centre de recherche ?

S’il est un grand absent de la campagne électorale, c’est la possibilité qu’un des cinq centres de recherche annoncés lors du dernier budget s’installe à Gatineau. Le meilleur choix serait le Centre de recherche sur l’innovation qui créerait une synergie décuplée avec la Zone innovation prévue au centre-ville et avec le Quartier des artistes (la Filature, le théâtre de l’Ile, la Petite G’Art, Soif, l’Avant-Première et l’Artishow, etc.). Ce quartier deviendrait une véritable ruche de créativité. Sur la vingtaine de centres de recherche et de laboratoires fédéraux, aucun n’a réussi à traverser la rivière des Outaouais. J’interpelle le député sortant de Hull-Aylmer, Greg Fergus, secrétaire parlementaire à l’Innovation. Je suis convaincu qu’il fera le nécessaire pour que le Centre de recherche sur l’innovation traverse la rivière. Est-ce trop demander ? 

Yvon Leclerc, Gatineau

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Médicaments: l’engagement envers un régime public et universel doit être clair

OPINION / Le chef du Parti libéral du Canada s’est engagé à mettre en place un régime national d’assurance médicaments. Affirmant s’inspirer du rapport Hoskins déposé en juin dernier, Justin Trudeau a néanmoins omis de préciser les détails d’un éventuel programme, se réfugiant derrière la complexité des relations fédérales-provinciales. Or, nos organisations ne peuvent se contenter d’un tel engagement, dont les paramètres sont des plus flous.

Les conclusions du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance médicaments sont on ne peut plus claires : seul un régime entièrement public et universel pourrait régler les problèmes d’injustice, d’accessibilité et de coûts qui sévissent en ce moment au Canada.

Point de vue

Tous ensemble, changeons la donne avec et pour les jeunes

POINT DE VUE / Depuis mon arrivée à la tête du Mouvement Desjardins en 2016, je suis allé à la rencontre de milliers de jeunes. J’ai été touché par les difficultés de parcours que plusieurs ont surmontées. Ils en sont sortis grandis, plus résilients. J’ai carburé à leur fierté d’être des agents de changement. J’ai partagé leur quête d’un modèle entrepreneurial plus inclusif, mieux ancré dans la communauté, davantage soucieux du sort de notre planète. J’ai entendu leur besoin d’être appuyés pour réaliser leurs ambitions.

Tous ensemble, nous pouvons réellement changer la donne. Chez Desjardins, nous répondons à l’appel en portant à 50 millions $ notre contribution annuelle aux initiatives jeunesse dans les communautés du Québec et de l’Ontario.

La Semaine de la coopération bat actuellement son plein. À cette occasion, je désire souligner le rôle essentiel joué par les coopératives créées pour et par des jeunes.

C’est le cas de la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire opérant sous la bannière COOPSCO et qui est la propriété collective de près de 400 000 membres, majoritairement des étudiants. Ses membres sont répartis dans 60 coopératives desservant près de 100 institutions d’enseignement. Elles sont particulièrement actives dans les secteurs du livre, de la papeterie, de l’électronique et des services alimentaires. On les retrouve notamment dans les cégeps de Thetford, Beauce-Appalaches, François-Xavier-Garneau et Sainte-Foy.

La formule coopérative permet à des jeunes d’innover. Ainsi, Caravane Coop offre aux artisans professionnels et amateurs du cirque de Québec, essentiellement des jeunes, un lieu accessible et sécuritaire pour s’entraîner. Ayant pignon sur rue à Limoilou, elle regroupe quelque 450 membres consommateurs, producteurs et de soutien.

Si la coopérative MamboMambo a cinq ans, ce studio de design graphique de Québec plonge ses racines bien plus loin alors que les cinq cofondateurs étudient en design graphique. Ils se découvrent alors un plaisir de cocréer, de miser sur la complémentarité au lieu de la compétition. Après avoir débuté en agence, ils ont voulu se donner un modèle d’entreprise à échelle humaine, voué à mieux servir les clients et avec une philosophie de gestion participative.

Établie sur le campus de l’Université Laval depuis 2009, la coopérative de solidarité Roue-Libre tient son expertise de ses membres qui offrent des services de réparation, de location et de formation cycliste. Sa mission est, par l’éducation, de rendre autonomes et responsables ses 3000 membres cyclistes dans l’utilisation du vélo comme moyen de transport.

La Coopérative de solidarité L’Affluent gère et met en valeur le domaine historique à Liguori situé à Petite-Rivière-Saint-François dans Charlevoix. Ses cinq jeunes employés administrateurs opèrent un café culturel et une auberge de jeunesse, en plus d’organiser des activités écotouristiques. L’entreprise mise sur des initiatives communautaires, culturelles et environnementales de proximité pour façonner durablement l’expérience de la clientèle de passage.

Des entreprises qui ont du souffle

C’est un fait reconnu que les coops ont un taux de survie généralement supérieur aux entreprises privées. Première coopérative brassicole au Québec, fondée par trois étudiants en 1997, La Barberie de Québec offre aujourd’hui des conditions de travail avantageuses à une trentaine de personnes, un choix audacieux dans cette industrie hautement concurrentielle. Microbrasseur de référence, la coopérative exprime son parti pris envers le développement durable, notamment par la récupération des rebuts de céréales utilisées lors du brassage.

Je salue le travail de ces coopératives qui contribuent au mieux-être des jeunes. Qui favorisent leur inclusion. Qui nourrissent l’éclosion de leurs talents. Qui dynamisent les communautés de manière durable. Ces coopératives sont non seulement des entreprises, elles sont aussi des lieux de prise en charge citoyenne, d’éducation et de vie démocratique.

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«Je coopère pour mon journal»

OPINION / L’avenir est à ceux qui luttent ! Plus que jamais, nous devons appliquer cette devise afin que Le Droit, notre journal, continue d’être là pour défendre les droits et les intérêts des citoyens et citoyennes de la région de Gatineau-Ottawa, comme il le fait depuis 106 ans.

Pour nous, la région sans notre quotidien est impensable. Le Droit, c’est une institution, un gage d’information de qualité, « la locomotive de l’information » pour citer le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Ces derniers jours, nous avons lancé une vaste campagne de contribution au démarrage d’une coopérative pour acquérir le journal et nous assurer que Le Droit continuera de rayonner encore longtemps sur notre région. La création d’une coopérative, croyons-nous, est une façon novatrice de sauver le journal et, pour un milieu en crise, c’est une lueur d’espoir pour l’avenir. Pour y arriver, nous devons nous serrer les coudes et agir.

Un éventuel acquéreur a besoin de savoir que la communauté tient vraiment à son journal. 

C’est pourquoi le comité de campagne dont nous faisons partie travaille d’arrache-pied pour que les gens d’affaires, institutions, municipalités et autres leaders importants sur la scène socioéconomique régionale manifestent leur appui.

Nous invitons donc les lecteurs à le démontrer par un engagement financier coopératif. Pour les partenaires d’affaires, ça peut être par une lettre d’intention d’investir dans la coopérative et/ou un engagement à maintenir un certain niveau d’investissement publicitaire pendant trois ou cinq ans. Quant aux institutions, elles peuvent écrire des lettres officielles de soutien expliquant l’importance du quotidien Le Droit, pour elles, la communauté et la démocratie.

Notre objectif est d’amasser 1 million $ en engagements de toutes sortes. Pendant ce temps, des experts comptables travaillent à la préparation d’une offre de reprise cohérente du journal, soutenue par un plan d’affaires viable.

Les parties intéressées à reprendre le journal ont jusqu’au 25 octobre pour déposer une offre. Deux jours plus tard, le syndic au dossier du quotidien Le Droit retiendra les deux ou trois meilleures propositions de reprise et rencontrera leurs promoteurs pour obtenir la meilleure proposition. Il faut donc se manifester d’ici là pour que le dossier de la coopérative soit le plus étoffé et le plus convaincant possible.

Nous invitons donc les personnes, organisations et entreprises à contribuer via la plateforme web
coopmonjournal.com.

Les auteurs sont :

  • Claude Tremblay;
  • Gilles Desjardins; 
  • Yves Ducharme;
  • Lise Bourgeois;
  • Réjean Thibault;
  • Ronald Caza;
  • Richard Ferland;
  • François Juneau;
  • Pierre Villeneuve;
  • Pierre Samson;
  • Martin Lacasse et Éric Brousseau

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François Legault, colporteur d’Hydro-Québec

OPINION / Dans une récente édition du Droit, François Legault lançait une info-pub politique sous la forme d’une lettre à la jeunesse québécoise. Il fait l’éloge des génératrices d’Hydro-Québec et partage sa passion d’accroître massivement sa production. Il exploite le jour J de la planète pour perpétuer un bon nombre de faussetés, et surtout pour polariser la population sur une piste qui est toujours dangereuse.

En réalité, sa constatation que l’électricité produite par l’exploitation de nos cours d’eaux est moins coûteuse, moins polluante et moins dévastatrice de l’environnement est contestable. Tout comme le charbon, le nucléaire, etc., les dames massives dont la mise en place massacrent des milliers d’acres de notre territoire, détruisent à tout jamais des lacs et des marécages pour en produire des milliers où il n’y en avait jamais eus, offrent elles aussi des coûts écologiques démesurés.

Le premier ministre a déjà désigné zones inondables, des grandes superficies, même en zones urbaines. Beaucoup de ces zones n’ont jamais inondé à ce jour. On peut donc anticiper que bien des gens vont être déplacés avec des inondations futures et perdront à tout jamais leur chez-eux.

Le lien entre production hydroélectrique et inondations est réel et direct. À titre d’exemple, il est scientifiquement incontestable que Gatineau n’aurait pas inondé en 1974, en 1976, en 2017 et en 2019, si le barrage à Carillon n’existait pas. Il retient l’eau perpétuellement à 62 pieds plus haut que l’intention de mère nature.

De ses propres aveux, M. Legault nous dit que l’inondation de 2017 a coûté 240 millions $. Bien que ceci représente moins de .08 % du budget d’Hydro-Québec, ça semble préoccuper énormément notre gouvernement.

Notre comportement face aux changements climatiques est à repenser. Je me demande comment plus grande va être la prochaine zone inondable à sacrifier? Quel pourcentage de Gatineau et des environs va-t-elle comporter?

À ce jour, la posture de gouvernement du Québec n’est pas élogieuse. Sacrifier nos résidences plutôt que d’immuniser en conséquence des changements climatiques, m’apparaît irréfléchi. Révisons nos codes de construction désuets pour les adapter à nos zones vulnérables, plutôt que de restreindre nos municipalités.

Le plan de M. Legault, voulant sauver la planète en vendant massivement l’énergie générée au Québec dans cinq provinces canadiennes et trois états américains, a un gros prix à payer. Il désire passer nos exportations d’électricité de 15% à 30%, et ceci, à court terme. Wow!

Plutôt que de jouer au colporteur pour Hydro-Québec un peu partout, je voudrais voir mon premier ministre gérer sainement notre province et assurer notre sécurité via un contrôle maximal des niveaux des eaux de nos bassins et le bon fonctionnement des barrages et des équipements afférents.

Personnellement, j’ai bien immunisé ma résidence, au-delà des exigences. Je suis bien chez moi, et je ne désire pas partir.

L'auteur est Louis Leclair, citoyen de Gatineau

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La solidarité internationale, nouvel enjeu électoral

OPINION / En annonçant qu’il couperait 25 % du budget d’aide au développement des pays pauvres, Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, a le mérite de faire réagir les autres partis et de faire éventuellement réfléchir les Canadiens sur le bien fondé de l’aide internationale, thème généralement absent des campagnes électorales, plutôt orientées sur des enjeux de politiques intérieures.

Pourtant le budget de l’aide internationale canadienne est déjà modeste par rapport à ceux de la majorité des autres pays «riches», membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette aide représentait seulement 0,26 % du Revenu national brut (RNB) en 2017 ce qui la situe au niveau le plus bas de son histoire. Une coupure de 25 % abaisserait le ratio en dessous de 0,20 %, ce qui serait un désastre. Rappelons que les pays membres de l’OCDE se sont donnés un objectif commun de consacrer 0,7% de la valeur de leur RNB à l’aide internationale, ce que font une demi-douzaine de pays, la moyenne étant de l’ordre de 0,32%.

L’aide aux pays pauvres se justifie principalement pour deux raisons. D’abord, elle est basée sur des valeurs de justice et de solidarité entre humains, des plus nantis vers les plus pauvres; une sorte de péréquation mondiale visant à éradiquer la pauvreté. Ensuite, elle est basée sur les intérêts des pays riches dont le Canada. Il y va de l’intérêt de tous qu’il y ait plus de stabilité et de sécurité dans le monde, et notamment dans les pays pauvres, permettant aux gens d’y vivre dignement sans être obligés de migrer ailleurs vers les pays riches pour une vie décente. Par ailleurs, la lutte au changement climatique ne connait pas de frontières et les pays ayant plus de moyens doivent y contribuer davantage, surtout que ce sont eux qui pour l’essentiel ont généré les gaz à effet de serre responsables des changements climatiques, dont souffrent en premier lieu les pays pauvres. Enfin, l’intérêt du Canada est aussi économique, et des pays moins pauvres pourraient devenir des partenaires commerciaux. La proposition du chef conservateur ne semble malheureusement pas considérer ces facteurs.

La proposition d’Andrew Scheer de cibler les pays les plus pauvres avec le budget restant après coupures est cependant bienvenue. Il dénonce à juste titre un éparpillement de l’aide. Le gouvernement libéral dans sa nouvelle politique d’aide internationale féministe a renoncé à cibler un nombre restreint de pays prioritaires qui existaient auparavant. Par exemple, il est très contestable qu’un des pays importants de l’aide canadienne au développement soit l’Ukraine, pays européen, qui a un indice de développement humain de 0,75. L’évaluation de l’aide canadienne menée par l’OCDE en 2018 souligne l’éparpillement de l’aide canadienne dans 136 pays et constate que seulement la moitié du budget est consacré aux pays les moins avancés ayant un indice de développement humain inférieur à 0,5.

La nouvelle politique d’aide internationale féministe adoptée en 2018 par le gouvernement libéral a le mérite de cibler essentiellement les femmes qui constituent la population la plus pauvre des pays les moins avancés. Cependant, une application «militante» et sans discernement d’une telle politique génère des effets indésirables tels que: la polarisation des valeurs, les difficultés à poursuivre nos actions dans certains domaines d’excellence de la coopération canadienne ou encore la bureaucratisation de l’aide d’urgence qui aurait tout avantage à demeurer agile et rapide. Mais la plus grande carence de la nouvelle politique, c’est qu’elle n’a prévu aucune augmentation du budget d’aide!

Pourtant le gouvernement libéral n’hésite pas à investir massivement dans d’autres domaines, dont celui de la défense. Il a ainsi prévu d’augmenter de 70 % sur 10 ans le budget militaire passant de 1.16 % du RNB (19 milliards $) en 2017 à 1.4 % (33 milliards $) en 2027, soit cinq fois le ratio de l’aide au développement!

Selon différents sondages, la majorité de la population canadienne croit à tort que le Canada est un pays «généreux» en matière d’aide internationale. Ça ferait partie des valeurs canadiennes... Un récent sondage Nanos Research de juin 2019, conduit pour le Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants révèle que 81 % la population canadienne croient que le Canada devrait faire sa «juste part» pour aider les pays pauvres, et 71 % pensent qu’il y a «une obligation morale d’aider les gens des pays pauvres».

L’offre des deux principaux partis politiques en matière d’aide internationale est décevante. Celle du Parti conservateur est carrément inacceptable et dommageable pour le Canada lui-même. Celle des libéraux est médiocre et on ne peut pas dire que le Canada est «de retour» comme aime le proclamer le premier ministre Justin Trudeau. Le gouvernement fait le choix regrettable d’investir dans l’armée plutôt que dans la solidarité internationale! Aucun de ces partis n’a une vision claire et ambitieuse du rôle du Canada dans le monde, ni ne mobilise les ressources adéquates pour faire face aux défis mondiaux actuels et futurs.

Les auteurs sont :

  • Yves Pétillon ;
  • Robert Letendre ;
  • Nigel Martin ;
  • Mario Renaud ;
  • Nicole St-Martin et Pierre Véronneau, du Groupe de réflexion sur le développement international et la coopération

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À vous la parole

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Je « supporte »

J’appuie le coup de gueule de Jean Poirier contre le ton rabaissant de Denise Bombardier envers les francophones hors Québec. Et je « supporte » pleinement Denis Gratton dans son « tiens toé ! » contre elle. 

Je ne crains pas d’offenser la Québécoise par cette expression du bas peuple. Elle lui sera « inintelligible ». 

Pascal Barrette, Ottawa

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La décision sur l’aide médicale à mourir invalide une importante mesure de protection des personnes handicapées

OPINION / Le 11 septembre 2019, la Cour supérieure du Québec a invalidé l’exigence de la mort naturelle raisonnablement prévisible, qui constituait un critère d’admissibilité à l’aide à mourir. La décision de la Cour suit la contestation judiciaire de M. Truchon et de Mme Gladu. Ces derniers ont des handicaps physiques et des maladies dégénératives et souhaitaient mourir avec une aide médicale, mais n’étaient pas admissibles, car leur mort n’était pas raisonnablement prévisible.

En défendant la constitutionnalité de l’exigence d’une mort raisonnablement prévisible, le procureur général du Canada a fait valoir qu’elle est nécessaire pour empêcher que des personnes handicapées soient incitées ou contraintes à obtenir une aide médicale à mourir en raison de stéréotypes voulant que leur qualité de vie soit médiocre ou que leur vie ne vaille pas la peine d’être vécue. Cette exigence est conforme aux vues du Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies, qui a demandé au Canada en 2017 et 2019 de veiller à l’application rigoureuse des mesures de protection afin qu’aucune personne handicapée ne subisse de pression externe. L’exigence liée à la mort naturelle raisonnablement prévisible était en ce sens une mesure de protection primordiale, car elle garantissait que les médecins n’aidaient les gens à mourir que lorsque leur mort était raisonnablement proche, et non pas quand des médecins, la famille ou la société décidaient à tort que la personne était « trop handicapée » pour vivre une bonne vie.

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Journée mondiale de l’obésité

OPINION / Les investissements gouvernementaux pour prévenir l’obésité ne suffisent pas !

À la veille du 11 octobre, qui marque la Journée mondiale de de l’obésité l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié le rapport Agir contre l’obésité amènerait davantage de bien-être économique et social. Il présente l’impact de l’obésité et des maladies chroniques associées sur les finances publiques et réitère l’importance de mettre en place des politiques publiques fortes; une taxe sur les boissons sucrées, l’encadrement du marketing alimentaire, dont l’interdiction de la publicité destinée aux enfants, l’imposition d’un étiquetage simplifié sur le devant des emballages et la reformulation des produits.

Point de vue

Pourquoi je m’engage dans les coopératives des journaux

POINT DE VUE / À la retraite depuis 11 mois, ce serait facile de regarder passer le train sans y monter parce que la destination est incertaine, ou de prétexter que ce n’est plus mon problème. Mais on ne peut pas avoir été journaliste pendant plus de 40 ans sans avoir à cœur l’avenir de nos journaux et la qualité de l’information au Québec.

Vous l’avez deviné, je parle ici du Soleil et des autres journaux de Groupe Capitales Médias, Le Droit, Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste et La Tribune qui viennent de lancer une campagne de financement populaire visant à appuyer la mise sur pied d’un projet de coopératives. Un projet qui permettra la relance de ces journaux dans un nouveau modèle d’affaires, avec l’appui de leurs communautés respectives.

Je réponds «oui» sans hésitation à l’appel de ces anciens camarades qui n’ont pas jeté la serviette, qui ont trimé dur au cours des dernières semaines pour élaborer ce projet. Je m’engage donc, comme beaucoup d’autres, je l’espère, à leur apporter ma contribution financière.

Dans un autre contexte, j’aurais conservé l’anonymat dans ma démarche. Si je le fais publiquement, c’est dans l’espoir d’inciter le plus grand nombre possible de personnes à apporter également leur contribution. Peu importe le montant : 20 $, 50 $, 100 $, 500 $ ou plus, c’est notre effort collectif qui fera la différence. Individuellement, nous sommes bien peu de choses. Mais collectivement, on peut faire de bien grandes choses.

La présence d’un journal, dans une communauté, c’est beaucoup plus que la couverture de l’hôtel de ville, des faits divers, du palais de justice, ou la découverte de petits et grands scandales. La présence d’un journal, c’est aussi la lumière sur les activités culturelles ou sportives qui font la richesse de notre société, qui façonnent notre identité. C’est la découverte de nouveaux talents, dans le monde des affaires, les milieux pédagogiques, le sport et j’en passe. Pour y parvenir, il faut des journalistes sur le terrain. Leur nombre est directement proportionnel à notre capacité collective de se connaitre, d’identifier nos forces et nos faiblesses, et de progresser collectivement.

Voilà pourquoi je m’engage individuellement, sans prétention, en espérant vous avoir convaincu de mettre, vous aussi, l’épaule à la roue.

Pour contribuer : 

coopmonjournal.com

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Construisons un Québec ZéN

OPINION / Nous avons été témoins ces dernières semaines d’un vaste mouvement de jeunes et de moins jeunes qui militent pour que nos décideurs agissent sans délai dans un contexte de crise climatique. 500 000 voix dans les rues de Montréal qui réclament un changement de cap radical, c’est du jamais vu! À Ottawa, à Gatineau, et dans de nombreuses autres villes, d’autres voix sont venues s’ajouter. Les décideurs ont-ils écouté? Agiront-ils avec conviction et courage?

Il n’y a pas de meilleure occasion pour exiger des réponses des partis politiques qu’une campagne électorale. C’est une période de débats durant lesquels chacun étale ses promesses tout en essayant de cacher les contradictions qui pourraient miner la crédibilité des actions proposées. En tant qu’électeurs et électrices nous naviguons entre l’espoir et le scepticisme. Trop souvent, nous perdons confiance.

Des données probantes démontrent qu’il faut réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre (GES), dont les principales sources au Canada sont liées aux secteurs des énergies fossiles et du transport. Ils représentaient 54% de la totalité des émissions en 2017. Leur impact est tel que sans un effort majeur pour sortir du pétrole et du gaz aussitôt que possible, l’efficacité des autres mesures envisagées pourrait être compromise. Comment comprendre alors que les grands partis politiques fédéraux osent appuyer la construction de pipelines permettant une exploitation accrue d’énergies fossiles très polluantes? Le véritable défi est d’amorcer rapidement une transition énergétique qui réduira, puis éliminera les énergies fossiles, investira dans les secteurs et technologie de demain et nous amènera vers une économie carboneutre fondée sur la justice sociale.

C’est dans ce contexte qu’au Québec, le Front commun pour la transition énergétique (FCTÉ) a amorcé il y a deux ans un travail colossal. Près de 70 organisations et mouvements citoyens représentant environ 1,5 million de Québécois ont commencé à travailler ensemble pour identifier les critères qui devraient être respectés dans cette transition et ensuite élaborer une feuille de route de ce qui doit être fait pour qu’elle réussisse. La prémisse: effectuer un changement de cap radical au Québec est possible. Au niveau technologique, nous avons des compétences innovatrices reconnues partout à travers le monde. Nous avons l’électricité pour faire fonctionner nos transports en commun, nos véhicules et nos usines, et pour chauffer nos bâtiments publics et nos foyers. Nous avons une culture de solidarité enracinée dans les collectivités. Ensemble, nous pouvons construire un Québec ZéN dans un avenir prévisible.

Au terme de cet effort collectif, le Front commun vient de publier son projet « Québec ZéN – zéro émission nette : Feuille de route pour la transition du Québec vers la carboneutralité ». 

Ce document a été déposé dans le cadre de la consultation du gouvernement du Québec sur son Plan d’électrification et de changements climatiques. Dans la vision de ce Québec ZéN, « les besoins énergétiques auront diminué radicalement et l’énergie consommée sera renouvelable à presque 100 %. L’achat local sera roi et la circularité des matières sera devenue la norme en industrie. Les sols agricoles seront en santé et plus de 80 % du contenu de notre assiette proviendra du Québec. Chaque individu, chaque entreprise tendra vers le zéro déchet. Axée sur la satisfaction des besoins plutôt que sur l’accumulation débridée, l’économie sera plus saine ».

Loin d’être une utopie, le Québec ZéN proposé par le Front commun est « une vision qui nous permet de poser les jalons pour l’atteindre — et d’éviter de gaspiller en fausses solutions un temps que nous n’avons plus. Cette vision n’est ni optimiste ni pessimiste : elle vise simplement à cerner ce qui est nécessaire et à proposer des chemins cohérents pour la réaliser. Elle mise sur une société résiliente, plus égalitaire et viable sur le plan environnemental ».

La Ville de Gatineau a déjà formellement appuyé la Déclaration d’urgence climatique tout comme quelques 400 municipalités au Québec, ce qui représente environ 80% de la population. C’est particulièrement au niveau des municipalités que l’effort collectif doit se faire afin de réduire, puis d’éliminer notre dépendance au pétrole et au gaz. Gatineau se prépare à électrifier son réseau d’autobus et propose de mettre en place un premier tronçon d’un réseau de train léger. Mais l’Outaouais n’échappe pas aux contradictions qui caractérisent d’autres régions du Québec.

Avec un approvisionnement en électricité économique et carboneutre, comment se fait-il que dans Gatineau, depuis plus de 10 ans, 95% des maisons neuves s’alimentent au gaz naturel? Il est évident qu’il faut chercher à remplacer le mazout, mais pourquoi choisir une autre énergie fossile composée de méthane fossile à 96 %? Ce gaz émet 84 % plus de GES que le pétrole sur une période de 20 ans. De plus, le gaz par fracturation – ou de schiste - est de plus en plus présent sur les marchés, car les réserves de gaz naturel de type conventionnel sont en voie d’épuisement. Sachons-le, le gaz n’est pas une énergie de transition!

La mise en œuvre de la transition sera exigeante. La profondeur des transformations à effectuer, dans les délais qui nous sont impartis, appelle donc à un véritable dialogue social. Non pas pour accepter des demi-mesures ou des contre-mesures qui nous feraient échouer, mais bien pour détecter les nœuds — comme par exemple la filière du gaz naturel dans l’Outaouais — comprendre ces nœuds et travailler tous ensemble à les dénouer. Et dans cet optique, la Ville de Gatineau est un partenaire essentiel. C’est à cela que Québec ZéN nous convie : accélérer la transition juste vers un Québec carboneutre, à travers un dialogue au sein de la société québécoise.

Les auteurs du texte sont Benoit Hudon, Bernard Taylor, Christine Mageau, Claude Fortin, Diane Fortin, Diane Vermette, Gaetan Raby, Jocelyn Fournier, Réal Lalande, Rosaire Cormier et Sylvie Roy d'Action Climat Outaouais.

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Mme Bombardier, me faire dénigrer ? Ça suffit !

OPINION / À Denise Bombardier,

Ce sont vos propos à l’émission Tout le monde en parle le dimanche 6 octobre et ceux que vous y avez tenus l’an dernier qui m’incitent à afficher publiquement l’épuisement que je ressens de me faire dénigrer, moi et ma communauté de 2,7 millions de Canadiens français hors Québec, en raison de notre façon de parler français.

En tant que Québécoise privilégiée, et alors que le Québec que vous décrivez comme l’unique défenseur de la langue française en Amérique regarde ailleurs, vous semblez mal comprendre le fait que nous livrons chaque jour une bataille pour défendre et maintenir nos acquis linguistiques, malgré 1) nos origines et nos réalités géo-socioéconomiques et politiques, qui dans bien des cas nous incitent à capituler (Règlement 17, Hôpital Montfort, Mike Harris, Doug Ford, ça vous dit quelque chose?); 2) le fait d’être entourés de communautés anglophones, dont plusieurs applaudiraient l’abolition de la Loi sur les langues officielles de 1969, cette merdique empêcheuse de tourner en rond, selon elles; 3) l’omniprésence de notre voisin du sud; 4) les médias sociaux, où le français n’a toujours pas sa place et 5) le véritable phénomène des interférences linguistiques chez les gens bilingues et les apprenants de langues secondes en milieux minoritaires.

Vous n’avez jamais vécu notre réalité, et pourtant vous vous moquez de nous et vous nous dénigrez méchamment pour la simple et unique raison que nous ne parlons pas tous comme vous.

Au risque de vous voir vous acharner sur d’autres communautés qui ne sont sans doute pas, elles non plus, à la hauteur de vos attentes linguistiques, écoutez ce qui se passe un peu plus près de chez vous – au centre-ville de Montréal, dans le West Island ou dans le « Western Quebec » pour y évaluer la qualité du français, malgré la Loi 101. Vous cloueriez probablement le bec à ces communautés également sans égard à leurs réalités sociolinguistiques et leur suggéreriez d’abandonner le français que vous jugeriez massacré, en faveur de l’anglais – comme vous nous l’avez suggéré à TLMEP. Faut-il le rappeler que nous « gérons » encore aujourd’hui les effets de cette situation linguistique qu’on a imposée aux Peuples autochtones il n’y a pas si longtemps.

Issu de parents franco-ontariens, je remercie chaque jour ma mère d’avoir imposé le français à la maison puisque, suivant la séparation de mes parents en 1971, nous avons dû quitter notre milieu francophone pour nous refaire une vie dans une ville surtout anglophone. Même si nous habitions le secteur francophone de la ville et fréquentions l’école en français, nous étions parfaitement disposés à succomber à l’assimilation comme tant d’autres autour de nous. Sans l’insistance de ma mère, nous y serions passés puisque l’anglais régnait : télé, radio, voisins, commerces, politiciens, camarades de classe, etc. Succès inattendu : nous avons très bien conservé notre langue maternelle et avons très vite aussi appris l’anglais, que nous parlons couramment à ce jour.

Comme toutes les langues, le français possède son coloris linguistique ici et ailleurs. Oui, certaines communautés parlent de façon plus « colorée » que d’autres, et c’est justement cette palette de « congères et de bancs de neige, » de « vêtements et de hardes » et de « support et de soutien » qui lui offre toute sa vitalité, son originalité, sa flexibilité et son universalité. Si nous parlions tous exactement pareil, la communication serait machinale et plate à mourir.

Bien sûr, nous savons qu’il y a toujours de la place pour l’amélioration et que la bataille est constante, mais nous sommes fiers de notre coloris linguistique et du fait que nous ne lui appliquons pas de coloration artificielle qui ne lui appartient pas et qui lui enlèverait toute son authenticité.

Votre faux blond nous fait faux bond, Madame, et je vous prierais de bien vouloir cesser de vous en prendre à nous et à notre langue, qui est aussi la vôtre. Nous ne méritons pas vos propos méprisants.

L'auteur du texte est Francis Ouimet d'Ottawa.

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Vivre en Français au Canada en francophonie minoritaire

OPINION / Denise Bombardier anime actuellement un débat sur la survie des communautés francophones en milieu minoritaire canadien. On peut lui donner le bénéfice du doute en pensant que sa prise de position suscitera une prise de conscience dans les communautés et auprès des leaders politiques de la précarité de ces communautés. Cependant, en observant les réactions qu’elle suscite dans ces milieux on peut se demander si elle prend les bons moyens.

Son cri du cœur à la fin de l’émission Tout le monde en parle sur la défense du français et la responsabilité des pouvoirs publics, tant au Québec qu’au Canada, ne semble pas faire oublier les jugements négatifs qu’elle pose au sujet de la qualité de la langue parlée dans nos communautés et à la limite sur la viabilité du français è l’extérieur du Québec. Si on se fie à son diagnostic, les francophones hors Québec sont condamnés, au moins à une mort lente ou à la disparition complète dans quelques décennies tout au plus. Si on adhère à son discours, aussi bien baisser les bras, aussi bien dire que le fait français a vécu au Canada anglais et qu’il faudra bien un jour ou l’autre en faire son deuil.

Mme Bombardier attire notre sympathie quand elle fait référence à ses origines et au fait qu’elle a évolué dans son enfance dans un milieu où le joual dominait. Par ses efforts et probablement par un concours de circonstances, elle a réussi à accéder à la culture universelle et à parler un français normé.

Comme elle a fait référence à son enfance, je voudrais bien lui faire part de mon parcours en Acadie du Nouveau-Brunswick dans les années 1950 et 1960. Avez-vous, Mme Bombardier, étudié les rudiments des mathématiques en 3e année en anglais, moi oui! Avez-vous étudié The History of England en 3e année? Moi oui! Avez- vous déjà pleuré à chaudes larmes au primaire après que votre professeur vous ait lu La dernière classe d’Alphonse Daudet. Moi oui!

Que ceci vient-il faire dans le débat? Ne devrait-on pas dire que dans un tel contexte, l’Acadie du Nouveau-Brunswick était vouée à la disparition à court terme? Et pourtant non. Ayant en la chance d’étudier dans un collège classique, un petit nombre d’entre nous avons appris à parler et écrire le français de façon convenable! Je connais des Acadiens de ma génération qui ont étudié au plus haut niveau dans les plus grandes universités du monde, qui ont gardé leur identité francophone et qui assument des fonctions importantes dans la société.

Dans mon cas personnel, j’ai pu faire un doctorat dans une grande université américaine. Le hasard a fait que nous étions deux étudiants au doctorat, un Franco-Ontarien et moi, un Acadien. Un jour surpris de nos bonnes notes dans nos travaux soumis en anglais, j’ai interrogé mon professeur à savoir pourquoi nos notes étaient parmi les meilleures et souvent supérieures à celles de nos collègues américains. La réponse fut simple. Il m’a dit, c’est vrai que vous écrivez dans une langue qui n’est pas votre langue maternelle, mais vous savez écrire! Deux personnes issues de milieux populaires et de la francophonie minoritaire qui malgré la précarité de leur milieu d’origine ont réussi à accéder à la culture universelle dont Mme Bombardier se targue.

Si on transpose ces destins individuels au niveau des destins des collectivités, ne doit-on pas reconnaître que malgré des statistiques qui peuvent apparaître préoccupantes, qu’il existe une vitalité linguistique dans les communautés francophones minoritaires au Canada ? 

Si on prend l’exemple du Nouveau-Brunswick, en 1950, alors que j’avais 7 ans, il n’y avait pas d’université francophone digne de ce nom, alors que les anglophones avaient deux universités, dont l’une établie avec l’arrivée des loyalistes au moment de la création de la province. Soixante-dix ans plus tard, l’Université de Moncton, la plus grande université entièrement de langue française au Canada anglais, a décerné des dizaines de milliers de diplômes universitaires et elle offre des programmes aux trois cycles d’études. N’est-ce pas là un signe tangible que les francophones de la minorité ont maintenant des moyens de lutter à armes égales dans les enjeux et défis qui les confrontent?

Donc, Mme Bombardier, il y a plusieurs façons d’animer un débat sur l’avenir de la francophonie minoritaire dans les provinces anglophones. Les francophones minoritaires ont besoin de personnes comme vous pour souligner la précarité de leur situation, mais je vous suggère de rajuster votre discours si vous souhaitez contribuer à l’épanouissement de ces communautés. Il faut avoir confiance dans la résilience des communautés francophones minoritaires. Dans le cas des Acadiens qui sont revenus d’exil après la déportation, ils ont du faire faire preuve de résilience pour arriver là où nous en sommes aujourd’hui. Selon vous, quelle était la probabilité statistique que les Acadiens du Nouveau-Brunswick du XVIIIe siècle soit au XXIe siècle le tiers de la population provinciale? Probablement près de zéro. Et pourtant c’est arrivé! Nous attendons de vous que vous témoignerez une plus grande confiance dans la résilience de la francophonie canadienne.

L'auteur est Jean-Bernard Robichaud, citoyen de Gatineau.

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Le logement, sujet de débat électoral?

OPINION / Le 9 octobre, dans le cadre d’un débat électoral organisé conjointement par l’Université du Québec en Outaouais, l'UQO, Le Droit et Radio-Canada, six candidats aux élections fédérales débattront entre eux sur des questions portant sur les thèmes suivants : le transport et les infrastructures, l’environnement, l’économie, ainsi que la fonction publique avec le système de paie Phénix et la répartition des emplois entre Ottawa et l’Outaouais.

La région d’Ottawa/Gatineau vit une grave pénurie de logements et des problèmes majeurs d’itinérance. Cette situation s’est aggravée avec les sinistres des dernières années et particulièrement avec la destruction de plusieurs centaines de logements abordables dans le secteur Mont-Bleu de la ville de Gatineau.

Dans ces circonstances, il est vraiment très décevant de constater que le logement, l’itinérance et la pauvreté ne font pas partie des thèmes de ce débat. Avec un bilan aussi mince que celui du gouvernement Trudeau pour contrer ces problèmes, comment comprendre que ces thèmes soient complètement ignorés dans ce débat ?

Logemen’occupe, de concert avec la Coalition urgence logement et le Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais, organise un débat sur l’itinérance et le logement le vendredi 11 octobre prochain entre 10h et midi. À ce jour, le Parti conservateur et le Parti libéral du Canada n’ont toujours pas donné une réponse. Le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert ont confirmé leur présence à ce débat. Compte tenu des enjeux, nous espérons toujours recevoir une réponse positive de la part de ces deux grands partis.

L'auteur est François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe.

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Le Concours du Service extérieur canadien 2019

OPINION / Il fut un temps quand chaque finissant universitaire aux sciences humaines ou sociales ou dans les arts scrutait l’annonce annuelle du concours du Gouvernement du Canada menant aux postes en diplomatie canadienne. L’aventure internationale n’est pas étrangère aux motivations multiples des jeunes Canadiens, qui cherchent à apprendre de nouvelles cultures et langues et à mettre en œuvre leurs études post-secondaires dans le service du pays. Et ce, indépendamment des conditions économiques, car les jeunes diplômés se laissent attirer par le service au pays à l’étranger dans nos ambassades et consulats.

Cependant, ce beau rêve s’est estompé peu à peu. D’abord, la fréquence des concours ralentissait. Depuis l’an 2000, on a sauté souvent des années supposément en raison des coupures dues à l’austérité de l’État. Le rêve était donc sacrifié à l’autel de la guerre contre le déficit. Ce fut la raison de la fréquence erratique de la tenue du concours, paraît-il, pendant une grande partie de la première décennie de l’an 2000. 

Ensuite les critères d’admission aux concours changeaient. De plus en plus, la spécificité, le niveau et la nature des études post-secondaires des candidats ne définissait plus l’admission au concours. Par ailleurs, il y avait un effort soutenu de la Commission de la fonction publique visant à supprimer ce qu’il y avait d’innovateur et spécifique au concours du Service extérieur lequel était différent de celui des autres ministères. Ce nivellement par le bas a eu pour effet d’invalider toute appréciation particulière pour les études post-secondaires. Quelqu’un ayant fait une maîtrise en biologie des plantes avait autant de chances d’être retenu que ceux et celles ayant suivi des études internationales. Par exemple, le droit international ou les relations internationales ou même la science politique ne recevait plus aucune considération particulière aux yeux du jury dans le choix des candidats.

Pire encore, la fonction publique a remanié les examens afin de les rendre identiques à tous les autres postes offerts dans la fonction publique du Canada. Ceci avait pour effet de dévaloriser toute forme d’étude ou même expérience de vie qu’un candidat pourrait faire valoir afin d’obtenir un poste. Au lieu de poser des questions sur la culture et l’histoire du Canada, on préférait poser des questions de la petite psychologie, telles que l’on trouve dans la vie quotidienne des employés d’un bureau gouvernemental du service intérieur. Il n’y avait pas la moindre considération pour mesurer des talents ou habiletés requis pour le travail à l’extérieur du pays où les conditions peuvent être très différentes d’ici – culture, langue, conduite locale des affaires, régime politique, mœurs, famille. 

Il ne faut surtout pas exiger de candidats des connaissances du Canada, car cela mettrait des nouveaux venus à l’épreuve. Le concept de l’égalité des chances serait éliminé, dit-on. Par contre, les jeunes néo-canadiens étant obligatoirement des Canadiens selon le concours, dans bien des cas, possèdent plus de connaissances du Canada que même des candidats canadiens de vielle souche. Il est faux d’en présumer autrement. On n’aurait pas tort de souligner l’attitude nombriliste remplie de préjugés au sujet de l’égalité des chances, attitude qui caractérise les hauts fonctionnaires de la fonction publique. 

À cela, s’ajoute la politique partisane dont le Service extérieur a été victime depuis une décennie au moins. Entre 2010 et 2015, le régime du Parti conservateur de Stephen Harper a cherché à réduire l’influence des Affaires globales et du Service extérieur dont la plupart des effectifs étaient soupçonnés d’être des amis de l’opposition Parti libéral. Le scandale des détenus afghans exposé par un diplomate en poste et la grève des agents du Service extérieur illustrent cette méfiance structurelle entre le pouvoir et ses propres diplomates. L’élection du PLC en octobre 2015 a permis d’accélérer le processus visant à assujettir le recrutement du Service extérieur à la petite politique du multiculturalisme dont la prétention égalitaire constitue sa plus grande imposture. Or, la tenue du concours 2019, a-t-elle un lien quelconque avec la campagne électorale en cours? S’agit-il d’une tentative du PLC, qui cherche à maximiser leur influence auprès des jeunes diplômé(e)s compte tenu de leur fiche de route dérisoire en matière de l’aide aux jeunes depuis 2015?

Qu’on le veuille ou non, le travail comme représentant du Canada à l’extérieur, le boulot d’un diplomate, requiert un certain nombre d'habilités et d’expertise. Nos universités peuvent enseigner bien des leçons importantes et utiles dans le cadre des programmes académiques hautement cotées à travers la planète. Pourquoi donc chercher à niveler le recrutement par le bas en faisant fi des ‘valeurs de l’intelligence’ dont parlait Albert Camus? Ces programmes triés sur le volet représentent le travail d’un demi-siècle des chercheurs et furent crées avec nos taxes. En ce moment, ces programmes académiques qui autrefois alimentaient les rangs des agents du Service extérieur se trouvent maintenant exclues de toute influence dans le présent concours en raison des examens uniformisés. Il en résulte un gaspillage social ayant un impact nocif sur les études post-secondaires, déception de part et d’autre chez les jeunes et les universitaires et, ultimement, un déclin inéluctable dans la qualité de nos diplomates au Canada et outre-mer.

Les hauts fonctionnaires du Canada, en ayant supprimé la spécificité du concours au Service extérieur, ont démontré un manque total de compréhension du travail à l’extérieur du pays. Demandez à n’importe quel chef d’une entreprise œuvrant à l’étranger et il vous dirait de l’importance de bien choisir et former ses employés pour le travail outre-mer. 

Soucieux de ravaler les diplomates de carrière et leur Ministère au rang des tous les autres, ces mandarins de la fonction publique ne font que confirmer leur manque de probité en se dissimulant derrière un mur d’intolérance et d’un faux égalitarisme, lesquels sont masqués par une idéologie multi-culturaliste. Chemin faisant, en détruisant le beau rêve de notre jeunesse, ils nous infligent un système de recrutement uniforme y compris des quotas insensés, qui ne servira pas à la promotion des intérêts du Canada à l’étranger. 

Depuis les 10 dernières années, le Canada connaît bien des difficultés à gérer sa politique étrangère – l’échec de la renégociation de l’ALENA avec pertes économiques, la débâcle actuelle avec la Chine, stagnation de notre politique au Moyen-Orient, l’incapacité à obtenir un siège au Conseil de Sécurité des Nations unis, la promotion des droits de la personne en Arabie saoudite et ailleurs, les pertes de marchés agricoles à travers le monde. 

Bien entendu, la gloire des années Gotlieb, Burney, Dupuy, Bild et Balloch appartiennent au passé. Depuis lors, le Ministère des Affaires globales a connu des déboires tels - coupures sauvages, transfuges du personnel n’ayant aucune idée comment travailler et gérer en diplomatie, perte de prestige à la table du Cabinet, suppression de toute notion que le Ministère puisse s’acquitter de son rôle en tant qu’agence centrale et finalement la destruction du fleuron du processus de recrutement.

Force est de croire que la présente situation désastreuse du Canada dans le monde est le reflet d’un système de recrutement de broche à foins, dont la philosophie tient à l’inflexibilité et à la prétention égalitaire absolue et dépourvue de contexte. Ce sont précisément les caractéristiques qu’il faut éviter à tout prix en diplomatie. 

Pour que le Canada retrouve sa place honorable et puissant dans les affaires mondiales en tant que pays du G-7, nous devons commencer par apporter des correctifs au fonctionnement de notre Service extérieur.

Un système de recrutement nombriliste, fondé sur l’objectif d’imprimer les valeurs et la volonté du Canada à l’échelle planétaire, ne réussira jamais à promouvoir nos intérêts dans le monde. La raison est très simple car nous ne sommes pas seuls.

L'auteur est Bruce Mabley, Phd., directeur et chercheur principal au Groupe Mackenzie-Papineau.

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Rencontre Trump-Rohani avortée: les racines d’un échec

OPINION / Selon le quotidien Le Monde, au sujet de ses efforts pour organiser un tête-à-tête entre Donald Trump et Hassan Rohani, le président Emmanuel Macron a indiqué que « les Iraniens sont flexibles sur les paramètres mais inflexibles sur le rendez-vous qui, à leurs yeux, ne doit venir qu’à la fin du processus alors que l’objectif des Américains est d’avoir ce rendez-vous à court terme », précisant que « Donald Trump décide vite et seul. Il a des logiques très transactionnelles et il n’est pas très difficile à convaincre. Hassan Rohani, lui, a besoin pour négocier de se caler avec tout un système et 40 ans d’histoire. »

Là, le président français met le doigt, à juste titre, sur un point essentiel et très révélateur en ce qui concerne les agissements du régime iranien non seulement dans la crise actuelle mais aussi son comportement au Moyen-Orient depuis une quarantaine d’années. M. Macron a vu juste en notant, au sujet d’une rencontre à haut niveau entre les autorités iraniennes et le président américain, qu’il y a besoin « pour négocier de se caler avec tout un système et 40 ans de l’histoire » iranienne.

Et cette histoire de 40 ans commence en 1979 avec l’avènement d’un système de gouvernement basé sur le principe de « la suprématie absolue du guide suprême religieux » fondé par l’ayatollah Khomeiny. Ce dernier a aussitôt entrepris un projet stratégique visant la domination du Moyen-Orient en propageant son idéologie islamiste subversive doublé d’un projet de survie à tout prix en appui au premier. Le slogan « mort à l’Amérique », lui a permis de réprimer voire anéantir ses opposants à l’intérieur sous le prétexte stalinien de la lutte contre la cinquième colonne étrangère, tout en ralliant à sa cause basée sur un islam rétrograde des couches sociales traditionnellement xénophobes en Iran ainsi que des catégories sociales semblables dans d’autres pays de la région. Ces dernières fourniront, dans les décennies à venir, les viviers du recrutement des « milices » inféodées à Téhéran.

Ainsi, la dictature du « guide suprême » a pu mener une politique essentiellement belliqueuse dans la région sous la bannière de « mort à l’Amérique » tout en s’appuyant sur un projet de survie comprenant le programme nucléaire militaire et le recours à des reculs tactiques occasionnels lorsqu’une menace devenait trop présente. Le jeu des élections présidentielles et parlementaires toujours verrouillées d’avance et l’émergence d’une faction « modérée » en trompe l’œil s’inscrivent également dans le cadre du projet de survie.

La crise internationale qui avait suivi la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979 fut utilisée par Khomeiny qui se voyait cerné par les revendications populaires. Elles désiraient l’instauration des institutions démocratiques et l’affirmation des droits humains et libertés publiques après la chute de la dictature monarchique, pour réprimer et écarter la totalité des forces progressistes qui se battaient pour que les promesses de la révolte antimonarchique se réalisent.

Un haut responsable du régime iranien avait clairement dit que pour chasser et détruire les « monaféquines » (« hypocrites », en allusion aux Moudjahidine du peuple, les ennemis jurés du régime des mollahs, ceux-là même qui dirigent actuellement les unités de résistance à l’intérieur pour un changement de régime) et autres opposants, le slogan « mort à l’Amérique » avait servi le régime 10 fois plus que tout l’appareil du ministère du Renseignement (le très redouté VEVAK, la police politique).

« Premier contact »

Dans un rapport sur la présence, au sommet G7 de Biarritz fin août, d’une délégation iranienne dirigée par le ministre Javad Zarif, publié sur le site « Diplomatie iranienne », très proche du ministère des Affaires étrangères du régime, on peut lire ceci : « Après l’installation de la délégation iranienne dans le bâtiment de l’hôtel de ville, [Emmanuel] Macron est venu en personne saluer Zarif. Il n’y avait pas eu encore la question des conditions posées par Trump pour rencontrer [Hassan] Rohani, mais Macron a lancé d’emblée : « Je viens de quitter la salle de réunion de G7 en annonçant que j’allais voir Zarif. Trump qui était présent m’a dit qu’il voulait venir voir Zarif, mais j’ai répondu que l’Iran avait insisté pour qu’il n’y ait pas de rencontre [avec les Américains]. Ensuite, se tournant vers Zarif, Macron a lancé tout en souriant : « mais si vous avez changé d’avis, je peux appeler Trump pour qu’il nous rejoigne », auquel Zarif a dit non. »

Il est clair d’après ce récit, qu’un tête-à-tête entre Trump et Rohani a été l’une des conditions contenues dans le package proposé par la France dés le départ, d’autant plus qu’elle a été évoquée clairement lors de la conférence de presse commune de présidents américain et français à l’issu du sommet du G7.

Plan en 4 points

Par ailleurs, selon un document que le site prestigieux d’information « Politico » a pu consulter, des responsables français ont affirmé que Hassan Rohani et Donald Trump s’étaient mis d’accord sur un agenda en quatre points négocié âprement par le président Macron à New York qui déboucherait sur une rencontre bilatérale et la relance des négociations. Selon le rapport de « Politico » paru le 1er octobre et qui cite le document en question, Téhéran serait d’accord sur le fait que « l’Iran n’acquerra jamais d’arme nucléaire « et « respectera pleinement ses obligations et engagements nucléaires et acceptera une négociation à long terme sur ses activités nucléaires ». Elle s’abstiendra également de « toute agression et s’efforcera d’instaurer la paix, la stabilité dans la région par le biais de négociations sur la base du respect de l’autrui. »

Toujours dans le cadre de ce plan, les Etats-Unis accepteraient de «lever toutes les sanctions réimposées depuis 2017» et «l’Iran aura la pleine capacité d’exporter son pétrole et d’utiliser librement ses revenus», selon le texte qui visiblement permettrait à toutes les parties de clamer la victoire.

Cependant, il semble que malgré les pressions lourdes subies par son régime et en dépit d’un accord de principe de la délégation iranienne, sans lequel le débarquement spectaculaire du chef de la diplomatie iranienne à Biarritz n’aurait pas eu de sens, le « guide suprême » Ali Khamenei s’y est opposé fermement et se faisant a fait capoter le dispositif diplomatique laborieusement mis en place par le président français au terme de plusieurs mois de tractations. Pourquoi ?

C’est que le régime du « guide suprême religieux » issu des dogmes moyenâgeux assure sa survie sur la base de deux piliers : le terrorisme et une politique belliqueuse à l’extérieur et une répression féroce à l’intérieur du pays. L’effondrement de l’un de ces piliers entraînerait la chute de la théocratie appelée la République islamique. Le « guide suprême » actuel désigné à vie par ses pairs il y a 30 ans, sait mieux que quiconque qu’une rencontre prématurée avec les Américains reviendrait à l’abandon d’au moins l’un de ces deux piliers, l’étape suivante étant l’obligation de satisfaire les revendications économiques, politiques et socioculturelles des Iraniens que les mollahs répriment depuis 40 ans en prétextant les menaces extérieures.

Si le système bâti sur ces dogmes et piliers y renonce, autrement dit adopte un comportement « normal », ce serait un acte de suicide par le premier régime islamiste arrivé au pouvoir dans un grand Etat moyen-oriental. Celui-ci disparaîtrait à jamais.

Ainsi l’initiative de Donald Trump qui insiste, dans le cadre de la stratégie de pression maximale, sur une rencontre bilatérale, avant le déclenchement du processus de négociations est intéressante dans la mesure où elle est la seule susceptible d’amener à terme le régime des mollahs à mettre fin, enfin, à sa politique destructrice et meurtrière dans la région.

L'auteur est Nader Nouri, ex diplomate iranien et secrétaire général de la Fondation d’études pour le Moyen-Orient.