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Des excuses ?

Normand Lester a publié « Le génocide des Acadiens: Trudeau ne s’en excuse pas » (Journal de Montréal, 11 mars 2019). Il est déplorable que le premier ministre se confonde en excuses à tous les opprimées du pays, mais pour les Acadiens, c’est le silence complet. Pas une mention de la tragédie de 1755. J’invite le premier ministre Justin Trudeau à montrer l’exemple et bien faire son mea culpa envers ses fidèles Acadiens qui ont toujours voté pour lui et ses prédécesseurs.

Serge Landry, Gatineau

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Sauvons le cannabis !

Il faut sauver l’industrie du cannabis. Offrons-lui le sacrifice de nos poumons et de notre santé en général.

René Thibault, Ottawa

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La délicatesse

Commençons l’année sous un signe favorable. Rien de mieux que se tourner vers des modèles authentiques. Il n’en manque pas chez nous. Sauf d’éphémères exceptions, plusieurs de nos chefs d’État révèlent une conduite honorable depuis Lester B. Pearson.

Gare à l’effet médiatique. L’attention étant souvent dirigée vers des politiciens rudes qui font plus de bruit que de bien, il est prudent de fuir une aura funeste qui tend à en faire des héros. Pour les puissants, la délicatesse n’est que faiblesse. Mais les héritiers des paysans incendiés et des citadins bombardés par James Wolfe trouvent leurs modèles ailleurs. C’est encore plus de mise pour les descendants locaux des allumettières.

Achille Joyal, Gatineau

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Un pont dans l’ouest

Lorsqu’on parle du sixième pont, pourquoi ne parlons-nous jamais d’un pont à l’ouest d’Ottawa? Pourquoi ne pas construire un pont dans les environs de la 416 afin de faciliter leur transfert du côté de l’Outaouais pour qu’ils puissent se rendre à l’autoroute 50 et vers Montréal? Pourquoi s’entêter à leur faire traverser Ottawa par le Queensway au complet et les diriger vers l’est avant de traverser du côté de Gatineau?

Camile Paradis, Ottawa

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La formation professionnelle, négligée par la CAQ

En décembre dernier, le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, déclarait qu’en plus de compter sur l’immigration et le recours aux travailleurs expérimentés, le gouvernement misait surtout sur le secteur de l’éducation pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre au Québec. La semaine dernière, le ministre des Finances, Eric Girard, parlait de l’éducation et de la formation de travailleurs comme des piliers pour créer de la richesse à long terme au Québec. Dans ce contexte, il devient capital de s’assurer de rehausser le nombre de travailleurs qualifiés, et la formation professionnelle joue un rôle fondamental en ce sens.

Que ce soit pour les jeunes ou les adultes, la formation professionnelle permet à plus de 125 000 personnes de se former chaque année. Les « jobs payantes, à 25 $, 30 $ ou 40 $ de l’heure » dont parlait le premier ministre François Legault se trouvent pour plusieurs dans les métiers nécessitant un diplôme d’études professionnelles. Par contre, dans un contexte de plein emploi comme nous le vivons en ce moment, on assiste malheureusement à une baisse des inscriptions en formation professionnelle. Cela entraîne évidemment des effets négatifs sur la diplomation, la diversité de l’offre de formation en région et la présence de main-d’œuvre qualifiée partout sur le territoire.

On a récemment mis en relief comment la rareté de main-d’œuvre incite les élèves à travailler davantage, ce qui nuit à leurs études. Malheureusement, cette rareté a aussi un effet pervers sur la formation professionnelle. En effet, les entreprises recrutent de plus en plus sans exiger de diplôme et préfèrent former « sur le tas » pour s’assurer de profiter instantanément de cette main-d’œuvre. Les futurs travailleurs et travailleuses comprennent le message et préfèrent se faire embaucher sans délai, sans toutes les qualifications. Certains quittent même leurs études pour aller travailler à temps plein. On se retrouve ainsi avec des personnes formées pour une seule entreprise, voire un seul poste de travail ou une seule fonction, et qui auront plus de difficulté à progresser et à s’adapter durant le reste de leur carrière.

Si l’entreprise en profite à court terme, c’est tout son secteur industriel qui y perd à long terme, sans oublier les personnes elles-mêmes qui restent sans diplôme, et donc, plus précaires. Ces personnes à la formation incomplète seront les premières à en payer le prix lorsque l’économie tombe en panne. Et c’est toute l’industrie qui aura peine à trouver des employés qualifiés pour se relancer après un coup dur.

Le gouvernement doit envoyer un message fort aux entreprises pour qu’elles embauchent des personnes qui détiennent un diplôme qualifiant. Logiquement, le secteur public devrait faire de même. Par exemple, en santé, malgré la pénurie, il ne faut pas que le réseau public tombe dans le piège d’embaucher des préposés aux bénéficiaires sans diplôme. Pour répondre à la situation actuelle, il est tout à fait possible en santé, comme dans certains autres secteurs, d’offrir une plus grande partie de la formation en stage, donc sur les lieux de travail. Il faut alors s’assurer que toutes les conditions sont réunies dans les milieux de stage pour y offrir un enseignement de qualité.

La baisse d’inscriptions dans les centres de formation professionnelle diminue l’offre de formation en région, puisque des cohortes, jugées trop petites, ne peuvent démarrer, faute de financement. Restreindre le démarrage de nouvelles cohortes laisse pourtant des centaines de personnes sans possibilité de se qualifier, ce qui est dommageable pour l’économie des régions. Par conséquent, des enseignantes et enseignants sans contrat quittent la profession, faute de travail. Ces centres perdent alors une expertise précieuse dans l’enseignement de la formation professionnelle, alors même qu’elle est particulièrement difficile à recruter.

Il devient urgent de bonifier significativement la mesure budgétaire pour soutenir le démarrage des petites cohortes en région. Le gouvernement devra aussi revoir le mode de financement de la formation professionnelle dans son ensemble, puisque la formule actuelle est déficiente et dépassée. Le financement de la formation professionnelle à temps partiel n’y est notamment pas prévu, ce qui est tout simplement injustifiable aujourd’hui quand on pense que la moyenne d’âge de ces élèves est de 28 ans, et que plusieurs de ces adultes ont des responsabilités familiales.

Puisque le gouvernement a tenu des engagements significatifs pour la formation professionnelle lors de la dernière campagne électorale, nous attendons de lui qu’il agisse sans tarder. La formation professionnelle est un levier majeur du développement économique des régions et un pilier de l’éducation, qui ne saurait être négligée davantage. Les défis sont donc très grands pour ce secteur en 2020, et l’expertise des enseignantes et enseignants, précieuse et diversifiée, doit être mise à contribution.

L'auteure de ce texte, Josée Scalabrini, est la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement-CSQ.

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Une violation des droits de la personne

OPINION / L’incapacité du gouvernement fédéral de fournir un financement adéquat pour l’infrastructure de base en matière d’eau potable et d’assainissement dans de multiples réserves est incontestablement une violation des droits à la vie, à la sécurité et à la liberté des individus autochtones de ces collectivités. D’ailleurs, il existe des preuves convaincantes qui le démontrent.

Les membres des Premières nations sont confrontés à des niveaux élevés de maladies d’origine hydrique comparativement aux autres Canadiens. D’autres études indiquent que les résidents sont confrontés à des risques élevés de problèmes de santé graves et peuvent, dans certains cas, risquer la mort.

La problématique de l’eau contaminée est un manque aberrant de notre gouvernement, de notre appareil juridique et de notre société canadienne à remettre aux peuples autochtones la dignité et le respect qu’ils méritent. À titre d’exemple, la problématique est provoquée par une absence de reconnaissance juridique des droits des autochtones, une absence d’un cadre juridique pour la gestion de l’eau et un manque d’argent et de ressources adéquates pour ces communautés. 

D’autant plus, quand je réfléchis à la réponse quasi immédiate à Walkerton en 2000, tout en la contrastant aux manquements des gouvernements fédéraux et provinciaux à protéger la communauté de Grassy Narrows contre les effets dévastateurs d’un empoisonnement industriel à grande échelle, il est clair que la problématique de l’eau contaminée est un exemple concret de l’indifférence continue et honteuse de notre système canadien à prendre conscience de la nécessité urgente de respecter et de promouvoir les droits des peuples autochtones.

Selon le gouvernement du Canada, les avis à long terme sur la qualité de l’eau potable continuent à tyranniser 57 communautés autochtones au Canada. Plusieurs académiques se questionnent à savoir si la problématique de l’eau potable constitue de racisme environnemental. Je crois plutôt que c’est un traitement discriminatoire et un exemple grave de racisme structural pur et simple. À titre d’exemple, le taux de pauvreté sur les réserves autochtones est à 50 %. De plus, en visitant moi-même les réserves comme infirmière, je me suis aperçue que les soins de santé étaient abominablement limités et que les soins de santé mentale étaient pratiquement inexistants. D’ailleurs, un rapport a même trouvé que les taux de suicide sur les réserves étaient presque 10 fois plus élevés que le taux de suicide national.

En particulier, au Nunavut, le suicide regroupe même 27 % des morts depuis l’année 1999. Les maisons sont aussi envahies de moisissure extrême ce qui appauvrit davantage la santé de ces résidents. Finalement, les prix de la nourriture dans les magasins comme le Northern Store sont exorbitants. Par exemple, le simple achat d’un poivron frais s’élevait à 21,99 $. Il est clair que l’eau n’est qu’un seul exemple de racisme fondamental dirigé envers les communautés autochtones parmi plusieurs.

Afin que les collectivités autochtones prospèrent, le gouvernement fédéral doit fournir des services publics solides sur lesquels les gens peuvent compter. Nous vivons dans un des pays qui possèdent les plus grandes sources d’eau douce sur la planète. Pourquoi privons-nous nos propres citoyens d’un besoin si fondamental ?

L'auteure est Stéphanie Mercier, étudiante à la faculté de common law à l'Université d’Ottawa.

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Dynamitage du cours ECR: et après ?

OPINION / Quand le ministère québécois de l’Éducation abandonnera-t-il cette manie de prendre des décisions improvisées qui modifient les programmes d’études et le curriculum sans que soit fait un solide bilan de ce qui existe et justifié ce par quoi il faut le remplacer ? Ainsi, quel bilan du cours éthique et culture religieuse (ECR), prescrit depuis septembre 2008, le ministre fait-il ? Qu’est-ce qui justifie son remplacement par un autre cours, dont on dira à coup sûr dans cinq ans qu’il est incohérent, que son contenu est inapplicable ? Le ministre n’agit-il que pour satisfaire les lobbys ou des individus médiatisés qui donnent leur opinion sans avoir à l’argumenter ? Et qu’en est-il du respect des enseignantes et des enseignants qui ont la responsabilité de ce cours et qu’il n’a pas daigné consulter ?

Faire disparaitre l’acquisition de connaissances historiques et anthropologiques sur les religions serait une erreur magistrale, car les religions font partie des cultures du passé et encore du présent, puisque, comme l’a fait observer Guy Rocher à la Commission parlementaire sur le projet de loi 21, on assiste partout dans le monde à une recrudescence du phénomène religieux. Celle-ci prend différentes formes, dont celle des intégrismes, que ce soit dans le judaïsme, l’islam ou le christianisme, avec de graves conséquences sur le vivre ensemble. 

L’Amérique du Sud, où la religion catholique a été vue par des secteurs importants de la population comme alliée du pouvoir politique et du capital, est envahie par des sectes millénaristes, plus ou moins intégristes (pentecôtistes, baptistes, évangélistes, etc.). Et que dire de la situation aux Étas-Unis ou même en Haïti, où s’est installée une nouvelle communauté de l’islam chiite ! Il faut donc amener les élèves à connaitre et à comprendre les phénomènes religieux, dont celui de la transcendance, ainsi que l’athéisme et l’agnosticisme. Dans quel cours conviendrait-il d’étudier ces phénomènes : histoire, éthique ou… ? Cela doit faire l’objet d’un débat.

Volet éthique

La formation à l’éthique, entendue non pas comme un ensemble de règles de vie bonne ou de principes et de valeurs, mais comme la capacité de délibération et de débat en vue d’un agir individuel et collectif juste et tenant compte de la diversité des situations, est fondamentale. Ainsi comprise, l’éthique n’est pas qu’un des huit sujets traités dans le cours tel que l’a esquissé le ministre de l’Éducation (la participation citoyenne et la démocratie, l’éducation sexuelle, la citoyenneté numérique, l’éducation juridique, l’écocitoyenneté, le développement de soi et les relations interpersonnelles, la culture des sociétés, l’éthique), elle les sous-tend et les inclut. Quelle place devrait-elle occuper au primaire ? Et, au secondaire, vaudrait-il mieux instaurer un cours de philosophie ou d’éthique ? Cela aussi doit être discuté.

L’éducation à la citoyenneté (qu’il importe de mettre en lien avec l’écocitoyenneté) fait déjà partie du domaine de formation de l’Univers social qui comprend, au secondaire, les cours d’histoire et de géographie. De plus, il importe de ne pas sous-estimer la réflexion faite à travers le cours de sciences et technologies, mais aussi, et surtout, dans le cours de français par la lecture de textes littéraires qui mettent en scène le rapport à soi, le rapport à l’autre et à l’environnement, le bien et le mal, le vrai et l’erroné... Tous les cours du cursus contiennent ou devraient contenir une dimension d’éducation à la citoyenneté active et responsable.

Enfin, qui pourrait enseigner avec compétence le cours et ses huit thèmes proposés par le ministre ? Personne, à moins de consentir au n’importe quoi pour faire semblant de répondre à des enjeux de société — qui, en outre, sont déjà pris en compte dans les domaines de formation et dans plusieurs cours du présent curriculum, si on se donne la peine de le lire.

Tout en reconnaissant la pertinence de plusieurs critiques à son endroit, nous nous opposons au retrait du cours ECR sans un sérieux bilan préalable. Ensuite, il serait normal que soit menée une réflexion solide par des théoriciens et des praticiens sur la place de l’éthique au cours de la scolarité obligatoire afin que puisse être proposée une solution de rechange à ce cours. C’est seulement à partir d’une proposition articulée qu’on pourra procéder à une consultation utile. Toutefois, ce processus ne pourra se faire en quelques mois, si on est un tant soit peu sérieux et responsable. Faut-il rappeler que la mission de l’école est d’élever l’esprit pour mieux agir ?

Les auteurs sont Suzanne-G. Chartrand et Guy Bourgeault, du collectif Debout pour l’école !

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Pardon, c’est mon village

Avant de déverser des fonds publics à Old Chelsea pour un projet pensé par des entrepreneurs, Québec serait bien avisé de consulter au préalable la population qui a déjà exprimé sa vision pour son centre-village, lieu de fondement de Chelsea vers 1850 et zone bénéficiant d’une protection patrimoniale.

Le village est très bien pourvu en services touristiques. En tant que porte d’entrée au parc de la Gatineau, nous devons être vigilant car la circulation routière atteint parfois un seuil critique. Les citoyens doivent pouvoir circuler de façon sécuritaire, et avec le développement domiciliaire en cours, notre milieu de vie doit être légitimement préservé. 

Jeanne Dessureault, Chelsea 

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Bonne ou mauvaise idée ?

Québec investira 500 000 $ dans la construction d’un hôtel dans le Square Old Chelsea – notez bien l’influence francophile – à Chelsea « pour favoriser le développement touristique ». Et quand donc le gouvernement favorisera-t-il Gatineau ? À quand le Musée de l’Outaouais attendu depuis des décennies, depuis la fermeture en 1973 du Musée de l’Outaouais, installé à l’époque dans la Maison Charron ?

Mathieu Lacombe, ministre de l’Outaouais, admet que l’édification de constructions lourdes et imposantes dans le Vieux-Chelsea, voire en remplacement de constructions patrimoniales existantes, en alarme certains, mais il dit « notre rôle, ce n’est pas de dire si c’est une bonne idée ou non ». 

Plus aveugle que ça… 

Louise Dumoulin, Gatineau 

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Culotté, Carlos Leitao !

Ça prend tout un culot de la part de Carlos Leitao d’affirmer que les finances des familles l’inquiètent. Que voulait-il faire avec les 9 milliards $ qu’il est venu chercher chez les contribuables et qu’il a laissés en cadeau à la Coalition avenir Québec ? Les contribuables étouffent financièrement. 

À sa place, je ferais un examen de conscience avant de parler et je le ferais avec un sac brun sur la tête. Ce serait moins gênant !

Yves Gosselin, Gatineau

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LA QUESTION DU JOUR

Quatre ans après les premiers déboires du système de paie Phénix, en verra-t-on un jour la fin ?

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Ce n’est qu’un côté

Le reportage sur l’ambiance au service d’urbanisme n’est pas de la nouvelle. Le journaliste présente de l’information transmise par la présidente du syndicat : je n’ai aucun doute sur la qualité du travail qu’elle fait pour ses membres. Cependant elle ne dira pas que le travail, l’ambiance, les salaires et les conditions de travail sont extraordinaires et que la mascotte de l’urbanisme est la licorne !

Cependant, nous n’avons qu’une version. Cela entretient tous les préjugés que ce sont des bébés gâtés pourris. Dommage pour les gens qui bossent dans ces organisations et qui y trouvent source de satisfaction. 

Denis Girard, Gatineau 

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À sens inverse !

Une option que je n’ai pas encore entendue à ce jour consiste, à l’image du pont Champlain, à faire usage des voies à sens inverses pour désengorger les ponts existants. Ces voies pourraient être utilisées par ceux qui ont à parcourir de plus longues distances ; les gens de Masson-Angers et Buckingham seraient heureux de rouler à sens inverse sur le pont des Draveurs et sur l’autoroute 50. Même chose pour ceux de Chelsea avec le pont Cartier-Macdonald et la 5 Nord. 

Ça ne peut évidemment pas se faire sans un important réaménagement des accès existants. Combien ça coûterait ? Moins cher qu’un nouveau pont et pas d’études environnementales à faire puisqu’on ne ferait que rentabiliser les infrastructures existantes. Et personne ne pourrait utiliser l’argument « pas dans ma cour ». 

Toutes les nouvelles constructions de routes devraient être conçues en fonction d’une utilisation dynamique de ce genre. Aux heures de pointe, la circulation s’en va dans la même direction, ce qui fait en sorte que 50 % de notre réseau routier ne sert à rien. Alors pourquoi construire un nouveau pont ? Commençons par mieux utiliser ceux qu’on a déjà !

Claude Desrochers, Cantley

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Des souvenirs douloureux

Je voudrais souligner la contribution des médias qui ont mis en lumière les tristes événements du 12 janvier 2010 en Haïti, où au-delà de 250 000 personnes ont péri et plus d’un million se sont retrouvées sans habitation. Nos médias demeurent de vrais leaders de l’information sur qui nous pouvons compter dans toutes les circonstances pour apprivoiser les incontournables enjeux de notre société moderne.  

Raymond Ménard, Plaisance

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LA QUESTION DU JOUR

Révélations connues des enquêtes sur Marc Bibeau et Jean Charest : que faut-il en conclure ?

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Le tramway du Plateau

L’utilité du futur train dans le secteur du Plateau n’est pas garantie. Un train pleine grandeur sur le boulevard du Plateau pourrait causer encore plus de problème de circulation. Actuellement, c’est déjà difficile de circuler et si on ajoute en plus un train, l’achalandage du futur aréna et de la future bibliothèque, du futur parc central et du millier de nouveaux logements et condos en construction, la situation deviendrait vite impossible.

Une solution intéressante serait un mini-tramway électrique qui circulerait dans le secteur du Plateau seulement, en circuit fermé entre les zones résidentielles, les zones commerciales et les zones récréatives. Les autobus circuleraient autour du secteur du Plateau seulement, sans jamais y pénétrer, ramassant les usagers à l’extérieur. 

Pour avoir un village urbain qui fonctionne, il faut un élément unique, utile et agréable que tout le monde aime. 

Le village urbain du Mont-Tremblant a la montagne, le village urbain du projet Zibi a la rivière et le village urbain du Plateau aurait le mini-tramway.

Jocelyn Plante, Gatineau

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Les maires se plantent

Les maires des Comtés unis de Prescott-Russell devraient accueillir Amanda Simard à bras ouverts. Pourquoi alors rechignent-ils ? 

A-t-elle changé de parti ? C’est plutôt son parti qui a changé. Elle s’était engagée auprès de Patrick Brown, un conservateur modéré francophile, et Mme Simard s’est plutôt retrouvée avec un extrémiste anti-francophone.

A-t-elle trahi ses électeurs ? Non. La plupart d’entre eux ont voté pour elle, pas pour le parti de Doug Ford. 

N’a-t-elle pas été assez visible ? Peut-être, mais il est facile pour un maire de parader, lui qui a une armée de fonctionnaires pour faire le travail, alors qu’une députée indépendante doit faire presque tout elle-même. En outre, les maires ont refusé plusieurs fois qu’elle les accompagne, de peur de déplaire au premier ministre Ford.

Conclusion : la mauvaise humeur des maires ne serait-elle pas surtout due au fait qu’Amanda Simard contrarie ainsi leurs plans de se présenter eux-mêmes à l’investiture ?

Roland Madou, Ottawa

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Le prince Harry, un Canadien!

L’année 2020 connaît déjà des remous : une tragédie canado-iranienne, le procès en destitution du président américain Donald Trump, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les incendies au pays des koalas, etc... Mais laissons ces vétilles pour nous concentrer sur un événement majeur : la prochaine installation au Canada du prince Harry Sussex et de son épouse Meghan. Des questions angoissantes se posent pour le citoyen canadien lambda à leur sujet, par exemple : Quel sera leur statut? Leur régime fiscal? Quelles pourront être leurs activités à partir du territoire canadien?

Bref, la question centrale est la nationalité de Harry. Ou ses nationalités (au pluriel?).

Une observation préliminaire. Sa grand-mère, Elizabeth, II est reine du Royaume-Uni. Mais pas seulement. Elle est aussi la monarque australienne, néo-zélandaise, belizéenne, etc., vu qu’elle porte une multitude, non pas de casquettes, mais de couronnes, distinctes, de rang égal. Théoriquement, elle pourrait, par exemple, s’installer définitivement à Ottawa (ou à Canberra, Auckland, etc.). Elle pourrait même élire domicile à Charlottetown et prononcer chaque année devant l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard le discours du trône et charger un gouverneur général de la représenter à Westminster.

D’aucuns citent la Loi sur la citoyenneté, L.R.C. (1985), ch. C-29, pour soutenir que nulle disposition n’accorde aux membres de la famille royale la citoyenneté canadienne. C’est ignorer qu’elle n’est pas plus concernée par cette loi au Canada que par la British Nationality Act 1981 au Royaume-Uni. Contrairement à la légende populaire, le Canada n’est pas régi par un souverain étranger. Bien au contraire, la réalité incontournable est qu’Elizabeth est reine du Canada, elle est donc on ne peut plus canadienne, par définition, et cela vaut pour ses descendants. La question est plutôt de savoir s’il existe un texte légal canadien retirant aux membres de la famille royale la «qualité» de Canadien (on ne saurait à proprement parler de «citoyen» en régime monarchique), ce qui serait certainement concevable. Apparemment, tel n’est pas le cas.

Manifestement, la confusion est due au fait que l’on parle systématiquement de la «famille royale britannique» et de la «couronne britannique», à laquelle la couronne canadienne n’est pourtant nullement subordonnée. Harry Sussex est membre à part entière de la famille royale canadienne bien-aimée.

Autrement dit, tous les membres de cette prestigieuse et noble famille sont chez eux dans chacun de leurs royaumes : Harry est un prince anglais en Angleterre, de même, il est un prince canadien au Canada. Et il incombera aux seules forces de l’ordre royales canadiennes d’assurer sa sécurité tant qu’il y fixera son séjour, temporaire ou prolongé.

Prince Harry, les fidèles, humbles et obéissants sujets (et contribuables) canadiens de votre aïeule vous souhaitent la plus cordiale des bienvenues dans votre pays!

François Brunet, via Internet

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Bibliothèque de Toronto: le réseau éducatif en pleine croissance

Les livres sont les gardiens de la mémoire des hommes. Une mémoire qui, à travers le temps, a parfois été malmenée.

C’est pourquoi l’histoire nous apprend à observer le passé pour mieux comprendre le présent et tenter d’anticiper l’avenir.

La très mal avisée décision de la Bibliothèque publique de Toronto de retirer des tablettes de ses bibliothèques 26 000 livres et ressources en français a généré une onde de choc auprès des francophones, tant en Ontario qu’ailleurs au pays.

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, est rapidement intervenue auprès du maire de Toronto et la décision a finalement été annulée. L’achat de livres en français sera même doublé. À la bonne heure.

« Je suis très préoccupée. Comment pouvons-nous enseigner le français et vivre dans notre langue sans que les bibliothèques encouragent la lecture de nos livres ? » Merci, madame la ministre, de rappeler cette évidence.

L’approche comptable si chère à ce XXIe siècle n’est pas toujours à privilégier. Il suffit d’un livre pour changer la vie d’un enfant ou d’un adulte.

Avant l’arrivée des écoles de langue française en contexte minoritaire au Canada, l’éducation en français se faisait principalement sous forme d’apprentissages non formels. Désormais, on compte 170 000 élèves fréquentant les 700 écoles primaires et secondaires de langue française dans les neuf provinces et trois territoires.

Le réseau éducatif francophone est en pleine croissance. Ses francophones d’ici et d’ailleurs unis dans une francophonie plurielle aux accents multiples doivent pouvoir compter sur un accès à des livres et autres ressources en français tant à l’école qu’au sein des institutions publiques telles que les bibliothèques. Car pour reprendre les propos de l’auteur Umberto Eco : « La fonction essentielle d’une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait pas l’existence et qui s’avèrent d’une importance capitale pour lui. »

Ce texte a été écrit par le conseil d’administration de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones.

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Activistes véganes et antispécistes: Québec doit légiférer

Le mois dernier, 11 militants véganes se sont introduits dans une ferme porcine de Saint-Hyacinthe. Cette intrusion illégale à la ferme de la famille Grégoire s’inscrit dans une série d’actes, malheureusement de plus en plus fréquents, de la part d’activistes qui veulent mettre fin à l’élevage et à la consommation de produits d’origine animale.

En octobre, une vingtaine de porcs ont été retrouvés à l’extérieur d’une porcherie située à quelques kilomètres de là. D’autres gestes de même nature ont été perpétrés l’an dernier en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta. Ces activistes visent toute la filière, des producteurs aux détaillants.

En Europe, notamment en France, les actes de vandalisme contre des boucheries sont fréquents. Des exploitations agricoles ont même été incendiées, portant les mentions « assassins » et « camp de la mort ». Quand on parle d’introductions par effraction ou d’incendies, il ne s’agit plus de manifestations visant à sensibiliser le public. Il s’agit d’actes criminels fortement réprouvés par la société. Ces coups d’éclat vont beaucoup plus loin et visent à imposer une idéologie par la diffamation, la propagande, la menace et la peur. Des producteurs que j’ai rencontrés en Europe envisagent maintenant de s’organiser eux-mêmes s’ils sont attaqués de la sorte. Le milieu est nerveux. Des gestes malheureux pourraient survenir. Il ne faut pas attendre que cela arrive.

Des coups d’éclat de même nature, en Alberta et en Ontario, ont été pris au sérieux et les gouvernements ont commencé à bouger. Déposé en décembre dernier, un projet de loi ontarien intitulé Security from Trespass and Animal Safety Act prévoit notamment des amendes pouvant aller jusqu’à 15 000 $ pour une première entrée par effraction dans un abattoir ou une ferme et jusqu’à 25 000 $ pour les suivantes. L’Alberta a déjà adopté un amendement législatif similaire, en novembre.

Au Québec, les lois actuelles ne prévoient pas ce genre d’action par des activistes qui mettent en danger les animaux en ne respectant pas les règles de biosécurité en vigueur dans les fermes. En plus des conséquences sur le statut sanitaire et le bien-être des animaux, de tels gestes constituent une menace pour la sécurité des familles agricoles et créent un stress important pour les agriculteurs. À la suite de l’intrusion du 7 décembre, des éleveurs ont décidé de cesser de promouvoir leur profession par crainte de représailles. Jusqu’où iront les activistes si les intrusions dans les fermes et les menaces envers les éleveurs n’entraînent que peu de conséquences? Le gouvernement du Québec doit ajuster ses lois, comme le font actuellement l’Ontario et l’Alberta.

Il n’est pas question ici de critiquer les choix alimentaires des gens. Tous sont libres de manger ce qui leur convient ou ce qui est conforme à leurs valeurs éthiques ou spirituelles. Les activistes antispécistes et véganes peuvent manifester leur mécontentement et défendre leurs idées sans s’attaquer directement aux éleveurs, à leurs familles et aux gens qui travaillent dans le secteur des viandes. Ils peuvent manifester dans la rue, devant les parlements, écrire à leurs députés, faire signer des pétitions ou y aller de campagnes médias.

Dans une lettre adressée récemment au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, à la ministre de la Justice, Sonia LeBel, et à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, demandait au gouvernement québécois de légiférer afin « d’assurer la sécurité des agriculteurs québécois, de leurs familles, des travailleurs du secteur agroalimentaire et des animaux d’élevage ». J’espère que le gouvernement sera à l’écoute et qu’il agira promptement.

L'auteur de ce texte, Marcel Groleau, est le président général de l'Union des producteurs agricoles.

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Une demande qui n’a aucun sens

Bravo à Pierre Jury pour son éditorial « Que Diab s’adresse à la France » (Le Droit, 16 janvier 2020). C’est exactement ce que je pense personnellement et ce que pensent, je crois, la « grande » majorité des Canadiens. Pourquoi Hassan Diab s’en prend-il au Canada ? C’est que le Canada est une proie beaucoup plus facile, comparativement à la France, dans ce genre de litiges. Jamais le Canada n’aurait dû verser de tels montants à Omar Khadr, ni à Maher Arar... Une aide aurait pu leur être apportée, mais pas de telles sommes prises des poches des contribuables. Jamais, jamais, jamais… Mais c’est fait et on a ainsi créé un précédent. Malheur !

Reste que la demande de Diab n’a aucun sens… 

Jean-Marie Daignault, Gatineau

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Faux débats malveillants

L’avocat de SOS Vanier essaie de nous faire avaler l’argumentaire que la venue du Centre de l’Armée du Salut entrainerait l’exode des francophones de Vanier. Voyons donc ! Cela fait des années que les francophones délaissent Vanier pour Orléans et divers quartiers de Gatineau, et ce, bien avant l’annonce de l’Armée du Salut. Cet exode a réduit leur proportion et a porté atteinte à leur vitalité collective. Puisqu’une partie de la clientèle du nouveau Centre sera francophone, il est possible que la population augmente. Mais ce seront des Francos marginaux que l’élite, par réflexe de classisme et d’exclusion, ne comptabilise pas. Le juriste en remet en citant une atteinte quelconque à la population autochtone. C’est du n’importe quoi. 

Lors des grand-messes des SOS, j’ai été estomaqué des commentaires disgracieux et, admettons-le, racistes, dirigés vers nos concitoyens. 

Et du nombre de protestataires qui sont en fait des propriétaires-absentéistes, domiciliés à l’extérieur de Vanier, inquiets que leurs investissements perdent en valeur. Il y a des raisons valables de s’interroger sur le bien-fondé de ce projet, mais pas celles-là.

Pierre LeBlanc, Vanier

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Un simple bravo

Bravo au chroniqueur Denis Gratton (« L’art de tuer un quartier », Le Droit, 16 janvier) : il fallait le dire et vous l’avez fait avec brio.

Maurice Glaude, Vanier

POINTS DE VUE

Régler le débordement des urgences

POINT DE VUE / La période de la grippe hivernale ramène annuellement l’enjeu du débordement des urgences au Québec. Chacun y va de ses solutions : amélioration de la première ligne, cliniques de grippe, changement de la rémunération des médecins, agrandissement des urgences, lits de débordement, augmentation des lits d’hôpitaux et des places en CHSLD. Tous profitent de cette crise pour faire valoir la panacée qui réglera une fois pour toutes ce problème.

Mais ces solutions, en apparence attrayantes, occultent le véritable enjeu : les personnes vulnérables, souvent âgées, qui sont hospitalisées faute d’un suivi adéquat et qui prolongent leur hospitalisation faute de soins et services à domicile.

Utilisons une comparaison simple pour illustrer le problème de l’encombrement des urgences et des lits d’hôpitaux. Les établissements sont comme une baignoire : le robinet représente le flot de malades qui nécessitent une hospitalisation et le drain la sortie de ces malades. Lorsque la baignoire déborde, on peut agrandir la baignoire ou la changer pour une plus grande. Qu’arrivera-t-il alors? Pour un temps, elle ne débordera plus, mais une fois sa nouvelle capacité atteinte, elle débordera à nouveau si on ne change pas l’intensité du flux d’entrée par le robinet et du flux de sortie via le drain. C’est la même chose pour les urgences et les hôpitaux : augmenter leur capacité en ajoutant des lits n’est qu’une solution temporaire qui ne règle pas le problème à la source. Il en est de même pour les places d’hébergement : une augmentation n’aura qu’un impact temporaire sur les temps d’attente en CHSLD.

Flux d’entrée et de sortie

Il faut donc examiner davantage les flux d’entrée et de sortie. À l’entrée, il est vrai qu’une première ligne, plus efficace et disponible, déviera de l’urgence une certaine proportion de malades. Faute de voir rapidement leur médecin de famille ou encore d’avoir un rendez-vous en clinique réseau ou en clinique de grippe, faute de consulter le pharmacien ou l’infirmière, les malades n’ont d’autres choix que de se présenter aux urgences. Ce flux indu de patients, en plus d’entraîner des temps d’attente importants qui favorisent la contamination des autres usagers, détourne des ressources humaines qui pourraient être autrement utilisées pour soigner des personnes atteintes plus gravement. Un meilleur accès à la première ligne n’aura cependant qu’un impact indirect et limité sur le vrai problème : l’encombrement de l’urgence par des malades atteints gravement qui nécessitent une hospitalisation.

Pour diminuer le flux d’entrée de ces malades, il faut améliorer leur suivi pour prévenir une détérioration lors d’un épisode de grippe. Les stratégies qui incitent un meilleur suivi médical (via la rémunération), la vaccination contre le virus de la grippe ou le pneumocoque et des soins et services à domicile plus intenses incluant l’inhalothérapie pourraient prévenir des hospitalisations.

Mais c’est au niveau du flux de sortie que des interventions appropriées ont surtout des promesses de succès. Actuellement, on estime que 2 500 lits d’hôpitaux (16 %) sont occupés par des personnes, souvent âgées qui attendent un congé vers des ressources d’hébergement, de réadaptation ou des soins à domicile. À ceux qui souhaitent une augmentation des lits d’hôpitaux, le voilà le Saint-Graal avec en prime les infrastructures et les ressources humaines déjà en place et financées. Mais, comme nous l’avons vu, l’augmentation des places en CHSLD n’aurait qu’un effet transitoire sur l’attente. 

La solution au flux de sortie et en partie au flux d’entrée repose sur des services à domicile bien organisés et en quantité suffisante. Pas des services post-hospitaliers, mais surtout des soins et services à long terme pour permettre aux personnes âgées et handicapées de vivre à domicile malgré une perte d’autonomie. Cela assurerait un meilleur suivi et éviterait des hospitalisations indues. Cela amènerait surtout une alternative à l’hébergement, diminuerait l’attente pour les CHSLD, diminuerait l’attente en établissement de réadaptation et à l’hôpital et au final désengorgerait les urgences.

Soins à domicile

En finançant essentiellement les hôpitaux et les médecins, notre système de santé néglige un élément essentiel dans une perspective de vieillissement de la population : les soins et services à domicile. Avec 85 % des budgets de soins de longue durée dédiés à l’hébergement, les soins à domicile ne répondent qu’à un maigre 5 % des besoins, un pourcentage qui a d’ailleurs diminué au cours des dernières années. Et il ne suffit pas d’y injecter de l’argent pour s’attendre à une amélioration des services. Nous avons monitoré les soins à domicile reçus par les personnes âgées de Sherbrooke de 2011 à 2015 pour constater que le nombre de visites à domicile a chuté de façon drastique (plus de 70 %) au cours de cette période. Et ce, même si le gouvernement auquel j’appartenais a injecté 110 M$ en 2013-2014 pour rehausser de 25 % le budget des soins à domicile. Cet investissement ne s’est malheureusement pas traduit par plus de services. Le financement a sans doute été utilisé par les établissements pour d’autres besoins jugés davantage prioritaires. Il est probable que l’investissement de 264 M$ annoncé récemment par la ministre actuelle subisse le même sort.

Il faut donc absolument changer le mode de financement des soins à domicile et remettre aux personnes, et non aux établissements, la responsabilité de gérer le financement de leurs services à domicile. C’est ce que proposait le projet d’assurance autonomie que nous avions élaboré en 2013 et qui est resté en plan à la suite de l’élection de 2014. Cette nouvelle forme de financement, adoptée par plus d’une quinzaine de pays, dont le Japon et la France, est un élément essentiel et incontournable pour faire face aux défis du vieillissement pour le système de santé. C’est l’élément-clé pour agrandir le drain et éviter que la baignoire des urgences déborde, encore et toujours.

*L’auteur a été ministre péquiste de la Santé du Québec de 2012 à 2014

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J’ai confiance !

Dans ses fonctions de nouvelle commissaire aux services en français, je fais confiance à Mme Kelly Burke que j’ai eu la chance de rencontrer à quelques reprises. 

Mon opinion: c’est une vraie Franco-Ontarienne, une personne compétente et déterminée!

Denise Beauchamp, Ottawa

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L’abolition du paratonnerre

OPINION / Si le ministre de l’Éducation du Québec maintient son plan de match (et tout porte à croire qu’il gardera le cap), les élus scolaires disparaîtront le 29 février prochain.

À l’heure où reprennent les travaux parlementaires sur le projet de loi 40 sur l’abolition des commission scolaires, on apprend que le ministre est prêt à mettre de l’eau dans son vin. Il a certes fait des microconcessions pour tenter de calmer la grogne, mais le gros de l’œuvre demeure intact : hypercentralisation des pouvoirs aux mains du ministre, travail bénévole et double mandat des parents qui siégeront aux conseils d’administration, pas de droit à la parole publique pour les membres des conseils d’administration (c’est la direction générale du centre de services qui sera porte-parole de l’institution), pas de représentation territoriale pour les futurs administrateurs et administratrices, une structure décisionnelle plus opaque et moins redevable à la population, etc.

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Le français à la Bibliothèque de Toronto : quelles leçons pour les langues officielles?

OPINION / La décision de la Bibliothèque publique de Toronto de retirer plus de 26 000 livres en français de ses rayons a fait réagir nos élus avec raison. La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, tout comme la ministre ontarienne du Transport et des Affaires francophones, Caroline Mulroney, ont annoncé dans les médias sociaux qu’elles avaient parlé au maire de Toronto, John Tory, et que la décision avait été renversée.

Décidément, la politique ontarienne fait la vie dure aux francophones de la province. À l’instar du cas de l’Université de l’Ontario français, nous sommes devant une autre erreur qu’il fallait réparer sans tarder. Ces différents gestes font réfléchir au traitement différencié des francophones par les élus et les administrateurs des différentes institutions publiques, au fédéral tout comme dans les provinces et au sein des administrations municipales.

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Impressionnant McCain !

Impressionnant que ce soit un homme d’affaires, le canadien John McCain, qui ose dénoncer publiquement l’occupant grotesque de la Maison-Blanche, qui souffle à pleins poumons sur un feu qui risque de consommer le Moyen-Orient. 

Cela, McCain l’a fait au risque d’une chute de la valeur des actions de son entreprise et de plus, au risque de déplaire à ses investisseurs. 

Enfin un courageux! En existe-t-il d’autres? À quand leur prise de parole?

Jacqueline Pelletier, Ottawa


Réforme mal engagée

Le ministère de l’Éducation n’est pas une page blanche sur laquelle on invente une histoire. Néanmoins, il n’est pas trop tard pour conserver le souvenir. 

Le cours d’Éthique et culture religieuse devrait insérer une notion qui aurait l’effet suivant : la non-confessionnalité de l’État permettrait à toutes les composantes de la société de travailler ensemble au service de tous. 

Alors, la laïcité deviendrait une laïcité de distinction des domaines et de coopération des acteurs, pour le bien commun de tous. 

Pour appliquer sa réforme, le ministre Jean-François Roberge devrait travailler en parfait accord avec les acteurs du milieu; la mémoire historique n’étant pas uniquement l’affaire des professeurs d’histoire. 

Accueillir le peuple, c’est dialoguer avec lui et décider pour construire et vivre ensemble dans un imaginaire commun. Pour réformer le cours d’Éthique et culture religieuse, le ministre se doit de tenir compte de l’histoire. 

Il s’agirait d’observer le passé comme une leçon; il s’agirait aussi de regarder le présent comme un don à mettre en valeur; il s’agirait également de considérer en avant l’avenir comme un projet à concevoir. 

La laïcité est un des supports à la démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble; mais attention, il y a une fausse laïcité qui se traduit dans les faits par une politique contribuant à accélérer un certain effacement du religieux... il s’agit d’une forme de laïcisme qui veut enfermer le religieux dans le domaine privé et de l’intime et lui interdire toute forme d’expression dans l’espace public; c’est un agissement forcé, parce que l’expression publique et sociale de sa foi fait partie du droit de chaque croyant et croyante.

Pierre R. Gascon, Gatineau

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Une autre Maison des aînés ?

Il y aura une Maison des aînés à l’ouest de la ville de Gatineau, à Aylmer, pourquoi pas une autre à l’est, à Masson-Angers ? 

Notre paroisse a été fermée et notre église vendue en 2015 et depuis aucune activité et elle se détériore, elle pourrait même être démolie. De plus il y a un très grand terrain pour le stationnement et nous ne savons même pas à qui elle appartient. L’église était le cœur du Vieux-Masson, des commerces et des services sont déménagés sur la rue Georges et certains s’identifient à Buckingham. Ce serait une belle façon de faire revivre le Vieux-Masson. 

Avis à notre conseiller municipal Marc Carrière et notre député Mathieu Lacombe. 

Pierrette DesRosiers, Gatineau


Le CREDDO mine le parc

La route vers l’enfer climatique est encombrée d’écolos d’opérette…(Le Droit, 10 janvier). Le directeur général du CREDDO, Benoit Delage, est membre du comité consultatif public de la CCN sur le renouvellement du Plan directeur du parc de la Gatineau. 

Tous les plans directeurs du parc s’opposent à la construction résidentielle dans le parc. 

Toutefois, le 5 septembre 2018, lors d’une réunion du comité consultatif d’urbanisme et de développement durable de Chelsea, M. Delage a coproposé et voté en faveur d’une motion accordant la permission à une résidente du lac Meech de construire une maison dans la bande de protection riveraine… Or, M. Delage est censé être le défenseur de l’environnement, mais il cautionne la construction résidentielle au lac Meech. 

Cette construction encourage la pollution, la fragmentation des habitats et les explosions d’algues bleues, et elle est tout à fait contraire aux principes du développement durable et à l’ensemble des plans directeurs du parc depuis 1952.

Jean-Paul Murray, secrétaire du comité pour la protection du parc de la Gatineau

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Oui, discutons-en !

OPINION / Le 9 janvier, le Droit publiait l’excellent texte du correspondant Charles Millar intitulé « Le Canada, le Québec et la co-souveraineté ».

Il est fort pertinent en effet dans le contexte politique canadien actuel, celui du « Wexit » en émergence pour des raisons économiques à l’Ouest et de la souveraineté du Québec, elle, pour des raisons historiques et interculturelles à l’Est ; et vous suggérez, audacieusement, une voie de compromis autour de ces deux enjeux, celle de la co-souveraineté, en remodelant pour ce faire, de fond en comble, la Constitution canadienne et en bout de ligne faire d’Ottawa et de Gatineau « un territoire confédéral bien distinct ». Quelle bonne idée ! Et vous invitez en conclusion à en débattre.

Alors, je vous propose ici une bougie d’allumage qui pourrait favoriser cette grande révision constitutionnelle, même si celle-ci semble aujourd’hui impossible, la constitution de 1982 étant verrouillée pour 1000 ans comme l’avait dit son auteur Pierre-Eliott Trudeau. Mais vous avez cité Napoléon qui avait coutume de dire « impossible n’est pas français ».

Cette bougie est la suivante, que, vous en particulier, les gens de l’Outaouais, et de toutes les manières possibles, vous fassiez pression sur le gouvernement de François Legault afin qu’à la suite de l’offre Couillard-Fournier, le 1er juin 2017, d’un dialogue constitutionnel avec le Canada, mais qui a été refusée cavalièrement par Justin Trudeau le même jour, celle-ci soit revue et faite à nouveau sous la forme d’une motion présentée à l’Assemblée nationale et adoptée, espérons-le, par tous les députésdans les prochains mois avec une exigence de réponse, par un Oui ou par un Non, à une entreprise de révision constitutionnelle basée essentiellement sur cette motion à titre d’offre de départ incontournable. Et la voici, à des fins de débat, selon l’invitation du correspondant :

Motion

Nous, députés(es) de l’Assemblée nationale du Québec, adressons aujourd’hui un message au gouvernement fédéral de même qu’à tous les Canadiens. Nous vous offrons de signer la Constitution de 1982 à la condition expresse que la Déclaration d’identité du peuple québécois attachée à cette motion y soit inscrite telle quelle, à titre de références historiques autant que de principes fondamentaux nécessaires à toute réglementation qui devrait éventuellement en découler. Cette offre, nous souhaitons, à titre d’Assemblée nationale et au nom du peuple québécois, qu’elle soit acceptée officiellement par le gouvernement fédéral de Justin Trudeau, dans un esprit de partenariat autant interculturel que multiculturel et ce, au nom du Canada et de tous les Canadiens d’ici la fin de 2020.

Déclaration d'identité du peuple québécois

« Depuis près de 500 ans, à force d’espérance et de persévérance, notre peuple, en plus de fonder le Canada, en même temps que Québec en 1608 et ce, avec harmonie en terre autochtone, s’est imposé au monde en tant que, le Québec, non seulement comme une terre commune de paix et d’accueil, mais aussi de créativité et de productivité. »

Dans nos cœurs et nos vies, depuis très longtemps, c’est en effet la terre de chez nous et la langue française qui nous lient tous et toutes, et nous lierons toujours... nous, « gens du pays », aussi, dans ce vaste Canada de toutes les audaces et de toutes les ouvertures.

Notre révolution tranquille nous a donné la liberté pour nourrir nos actions, la fidélité aussi, pour ne jamais oublier nos racines multiples et le partage pour assurer, à tous et toutes, un avenir juste, un avenir que nous voulons, par la présente déclaration, retisser avec le peuple canadien.

Ce triple trésor de valeurs communes auquel s’ajoute la richesse de nos valeurs fondamentales, en particulier, l’égalité de l’homme et de la femme +LGBTQ+, la laïcité à notre manière... et la neutralité de l’État, nous obligent comme peuple, d’une rare humanité, tellement plein d’humour et, qui aime bien manger..., à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité d’abord chez nous au Canada, mais aussi en Amérique du Nord et dans le monde entier.

Prenant à témoin la Constitution canadienne, par la présente déclaration, premiers (Autochtones), anciens (francophones et anglophones) et plus récents habitants du Québec, avec nos savoirs et notre sagesse, nous nous unissons à nouveau, aujourd’hui et pour demain, afin de développer et faire fructifier cet héritage.

Ainsi, peuple du Québec et tous ses habitants, par la présente déclaration d’identité, nous nous voulons, fédérateurs mais aussi reconnaissants envers le Canada de consentir pour nous, avec les outils financiers appropriés, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs en matière de langue, de culture/communication, d’immigration et d’environnement.

Ces nouveaux pouvoirs ainsi reconnus au Québec protègent son identité francophone, tout en rappelant son rôle de foyer principal de la francophonie canadienne, assurant ainsi une protection constitutionnelle accrue de ses droits linguistiques.

Aussi, dans ce Canada postnational de 1982, par la présente déclaration, le Québec se reconnaît la responsabilité en tant que peuple, et peuple de nations, de veiller au respect et au développement de nos communautés autochtones, ici depuis plus de 15 000 ans, de notre communauté anglophone d’origine britannique, ici depuis au moins 260 ans, de nos nouveaux arrivants ici depuis longtemps, aussi, ceux d’hier et d’avant-hier... et ce, sans oublier tous nos francophones d’Amérique.

Évidemment, la précédente formulation pourrait être différente. Mais cette bougie d’allumage pour un éventuel Canada à deux fait, comme le suggère l’auteur, de la République autonome du Québec et de la Fédération autonome du Canada constituée par les 9 autres provinces m’apparaît nécessaire, et à promouvoir pour obtenir enfin ce nouveau pays fondé sur une co-souveraineté qui, pour bien l’illustrer, pourrait peut-être s’appeler dans le futur le « Qué-nada ». Oui, continuons d’en débattre !

L'auteur du texte est Denis Forcier de Shefford.

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États-Unis – Iran : et si le Canada renouait avec une diplomatie proactive ?

OPINION / Le Canada et les autres signataires de l’Accord de Vienne devraient mettre en œuvre une intense action diplomatique afin que les graves tensions entre l’Iran et les États-Unis ne conduisent pas à un embrasement total du Moyen-Orient. Car, si c’est un Donald Trump apaisant qui s’est adressé au monde, à la suite du coup de semonce de l’Iran, il n’y avait cependant rien de rassurant dans son discours.

Pour l’essentiel, la mise au point du président américain a donné un aperçu sur l’absence de vision qui caractérise la politique étrangère de Washington et la subordination de celle aux intérêts des alliées historiques des États-Unis au Moyen-Orient. Car, il faut tout ignorer de l’histoire politique de cette région et ne jamais avoir évalué les conséquences humanitaires et géopolitiques des interventions militaires américaines dans cette partie du monde pour imputer à l’Iran la responsabilité principale du chaos qui y règne depuis des décennies. 

D’ailleurs, le repositionnement en puissance de l’Iran en Irak ne tient-il pas en grande partie de l’incapacité des États-Unis à gérer, sur le plan politique, l’après Saddam Hussein ? 

Comment donc mettre en cause l’Accord de Vienne, et par ce fait même accuser l’administration de Barack Obama, alors que ce sont les administrations issues du Parti républicain qui sont largement responsables d’avoir créé les conditions d’une renaissance des forces chiites en Irak ? L’administration Trump elle-même n’a-t-elle pas construit toute sa politique étrangère au Moyen-Orient sur l’accroissement de l’inimitié entre l’Iran et ses deux principaux rivaux, Israël et l’Arabie saoudite. Est-ce peut-être cette résolution de Trump à être le porte-parole inconditionnel des intérêts de ses alliés dans la région — contrairement à Obama — qui expliquerait aussi le retrait unilatéral de l’Accord de Vienne, entrainant ainsi une escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis.

De même, on peut regretter de voir que les Américains privilégient exclusivement, pour contenir l’influence iranienne, la stratégie impitoyable de la pression maximale, que traduit le durcissement sans précédent des sanctions économiques. S’il est vrai qu’il faut déployer les moyens nécessaires pour limiter les velléités hégémoniques de l’Iran et combattre son positionnement idéologique à l’égard d’Israël, il n’est pas sûr qu’un étranglement économique puisse produire les effets escomptés. Il pourrait même conduire à radicaliser davantage le régime iranien et resserrer l’axe pro iranien dans le Moyen-Orient. Quant au caractère non dissuasif des sanctions économiques, les exemples de Cuba, de l’Irak de Saddam Hussein et du Venezuela suffisent amplement à le démontrer : la diplomatie américaine manque cruellement de perspective historique et n’arrive pas à exploiter à des fins positives son statut de superpuissance mondiale.

La responsabilité des alliés

L’espoir est toutefois permis de voir se résorber les tensions entre l’Iran et les États-Unis. Officiellement les deux pays ne veulent pas la guerre. Aussi, les Américains laissent entendre qu’ils sont ouverts au dialogue, bien que l’élimination du général Qassem Souleimani risque de renforcer le refus toujours exprimé de l’aide radicale des Gardiens de la Révolution à dialoguer avec Washington. Mais c’est justement à cette phase de la tension que les autres signataires de l’Accord de Vienne et maintenant le Canada devraient œuvrer à s’approprier et retravailler la diplomatie du rapprochement et d’inhibition des hostilités déjà entreprise par la France.

Oui, le Canada !

Car, le basculement actuel du monde nous oblige à abandonner la posture de la neutralité passive et renouer avec notre tradition de la neutralité active qui avait permis, sous l’influence de Lester B. Pearson, de contribuer à une résolution sans trop de dégâts de la crise de Suez. Et parce qu’il subit les externalités des conflits dans le monde, le Canada devrait réinventer sa diplomatie de manière à ce qu’elle puisse apporter une contribution significative au maintien de la paix dans le monde. 

Ainsi, bien qu’une décision impulsive ait conduit le gouvernement de Stephen Harper à rompre les relations diplomatiques avec l’Iran, en 2012, Justin Trudeau pourrait, en discussion avec les alliés européens, proposer la mise en place d’un groupe de travail international sur la crise iranienne. Ainsi, pour la diplomatie canadienne, l’objectif sera double : exploiter l’ouverture au dialogue des Américains et mettre en place, avec les Européens, un dispositif incitatif qui forcerait les Iraniens à accepter la réévaluation de l’Accord de Vienne. 

Sur ce dernier point, l’effort des alliés ne devrait pas se ménager de discuter avec les représentants des Gardiens de la Révolution, car c’est véritablement à ce niveau qu’il faut essayer de retrouver les voies qui pourraient conduire à trouver un compris susceptible de calmer les hostilités. Mais pour garantir une stabilité régionale dans le long temps, ces efforts diplomatiques devraient conduire à élargir le cercle du dialogue pour intégrer Israël et l’Arabie saoudite. Parce qu’entre des États rivaux qui se soupçonnent réciproquement de desseins hostiles, il sera difficile de trouver un accord sur le nucléaire iranien qui ne rassure pas minimalement Tel-Aviv et Riad.

Il est vrai que des contraintes économiques et géopolitiques pourraient imposer de sérieuses limites à cet effort diplomatique concerté entre le Canada et les autres membres signataires de l’Accord de Vienne, mais l’histoire ne nous donnera pas raison si nous échouons ne serait-ce qu’à essayer d’imaginer des espaces de compromis susceptibles d’éviter un embrasement général du Moyen-Orient.

L'auteur du texte est Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie au Cégep de Saint-Hyacinthe.

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Une histoire de feux

La sécurité des automobilistes ainsi qu’une circulation plus fluide à l’intersection du chemin d’Aylmer et de la rue Samuel-Edey doivent être examinées plus à fond par les conseillers du secteur d’Aylmer ainsi que la Ville de Gatineau.

Le samedi 28 décembre, j’y fus témoin d’une collision. Le conducteur circulant sur Samuel-Edey aurait tenté un virage à droite. C’est alors que la collision est survenue. On peut supposer que le conducteur qui tentait un virage a mal évalué la vitesse de l’autre véhicule ou qu’il a tout simplement tenté sa chance. J’emprunte cette intersection régulièrement et il m’arrive souvent de tenter ma chance aussi.

Il est important de mentionner que la circulation sur ces artères connaîtra une croissance dans un futur immédiat. La densification urbaine et la construction domiciliaire sur la rue McConnell et le chemin Vanier accroîtront considérablement le niveau de congestion. On doit donc examiner les alternatives à court terme pour rehausser la sécurité des automobilistes.

La solution la plus logique à court terme serait d’installer un feu de circulation. Mais avant tout, on pourrait réexaminer la pertinence du feu de circulation situé à l’intersection du chemin d’Aylmer et la rue Belmont. Je ne comprends pas la logique d’un feu qui donne accès à l’entrée d’un restaurant. Le feu de circulation à l’intersection du chemin d’Aylmer et de la Colline pourrait assurer la fluidité de la circulation sans entrave pour la rue Belmont et les automobilistes. Et si on enlevait ce feu de circulation pour le réinstaller à l’intersection Samuel-Edey et du chemin d’Aylmer? Le résultat serait plus que positif et sécuritaire.

Jean-Louis Levasseur, Gatineau

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Bravo à Kathy Tremblay !

Décidément il importe d’agir pour inciter notre jeunesse à bouger davantage afin de découvrir les bienfaits de saines habitudes de vie et les intégrer dans leur quotidien. Dans cette optique, saluons l’initiative de cette athlète exceptionnelle qu’est Kathy Tremblay pour la mise sur pied de sa fondation visant à promouvoir justement un mode de vie physiquement actif. À mon humble avis, pareille implication de sa part parle haut et fort !

Raymond Ménard, Plaisance

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LA QUESTION DU JOUR

Bris de service à l’hôpital du Pontiac : comment résoudriez-vous cette énigme ?

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Combattre 2019 en 2020

OPINION / La mobilisation se poursuit. Plus que jamais, la question de l’urgence climatique a fait les manchettes en 2019. L’addition des faits scientifiques en lien à la dégradation de l’environnement est troublante.

De plus en plus, des gens conscients des différents enjeux environnementaux expriment un sentiment qui s’apparente à de l’angoisse. Quand des gens bloquent des ponts à Montréal et à Ottawa pour réclamer des actions en lien avec l’urgence climatique, il s’agit d’un indice qui exprime la peur d’un avenir incertain pour un grand nombre. 

Une clarification s’impose, ces actes de désobéissance ne sont pas l’expression de l’individualité que l’on peut percevoir dans des manifestations du type «pas dans ma cour» mais plutôt d’une peur pour notre bien-être collectif. Puisqu’ils n’ont pas su apaiser les craintes de ces personnes, on peut craindre que nos élus manquent quelque peu de leadership.

On l’a vu aux dernières élections fédérales, le manque de crédibilité en environnement du Parti conservateur du Canada leur a fait mal en octobre. Au niveau des provinces, l’Alberta et le Nouveau-Brunswick ont dernièrement changé de cap et vont s’imposer une tarification du carbone comme le Québec le fait depuis 2013. En Ontario en 2020, le premier ministre Doug Ford serait-il capable de passer sur son ego et d’avouer son erreur en renonçant au revenu de la tarification du carbone?

Des cibles «ambitieuses» de réduction des gaz à effet de serre (GES) ont été fixées et beaucoup de promesses pour le climat ont été faites lors des élections. Mais qu’en est-il des actions concrètes?

À l’heure actuelle, rien de très convainquant. 

Nous pouvons porter espoir dans le futur plan d’électrification et changements climatiques 2020-2030 du gouvernement du Québec qui devrait nous être présenté au printemps. Ce plan d’actions va être financé par, entre autre le 0,05 $ du litre que les automobilistes déboursent au Fonds vert. Au-delà du financement de voitures électriques, avec ce plan d’actions, le gouvernement doit offrir des leviers aux citoyens pour contribuer à la transition énergétique.

Dans la région de l’Outaouais, plusieurs actions doivent être menées rapidement. 

Au niveau énergétique, nous pouvons verdir le réseau de distribution de gaz naturel, concrétiser des boucles d’économie circulaire régionales en énergie, soutenir l’industrie forestière pour qu’elle participe encore plus à la transition énergétique et redéfinir notre gestion des matières résiduelles. Pourquoi pas se souhaiter un centre-ville zéro carbone? Les possibilités de transition énergétique sont grandes en Outaouais.

En terme d’adaptation aux changements climatiques, il est possible de verdir rapidement les îlots de chaleur, réaménager et soutenir la mise en place d’aires protégées de façon concerté.

Pour les gens qui croient que la limitation de leur production de déchet à Gatineau est la fin du monde, prenez votre mal en patience, ce n’est qu’un début, beaucoup d’autres aspects de notre vie seront chamboulés. Souvenez-vous, des gens s’alarmaient de leurs restrictions de libertés parce qu’on leur interdisait de fumer dans des lieux publics! L’évolution de la perception sur les actions à porter en lien aux changements climatiques suivra inévitablement la même tangente que la cigarette à l’époque. Avec du recul, connaissez-vous encore des gens qui regrettent la peu glorieuse époque où l’on pouvait fumer dans un avion?

Aujourd’hui, nous sommes tous dans le même avion. On va s’écraser et au même moment, il y a encore du monde dans l’avion qui réclame à l’agente de bord le «droit» de fumer à bord...

L'auteur est Benoît Delage, directeur général du Conseil régional d’environnement et de développement durable de l’Outaouais (CREDDO).

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À vous la parole

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Le chemin vers la paix

L’écrasement de l’avion en Iran est un incident terriblement tragique pour toutes les personnes impliquées et leurs proches. Le régime iranien sait sûrement si c’est son missile qui a été utilisé, et le champ de débris le confirmera. 

Quelles que soient leurs intentions, ils pourraient au moins admettre l’incident, présenter des excuses et coopérer pleinement à l’enquête. 

Le Canada doit faire preuve de diligence pour insister sur la transparence et faire appel à ses alliés de l’OTAN si nécessaire.

Mike Duggan, conseiller municipal, Gatineau

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Qu’est-ce qu’ils ont ?

Accidentel le tir de missile sur l’avion d’Ukrainian International ? J’ai mes doutes. Par contre, il fallait évoquer cette possibilité pour apaiser la bête Trump, et l’Iran et ses ayatollahs.

Qu’ont-ils ces hommes à vouloir mettre le monde à feu et à sang ? Ce besoin insatiable de pouvoir et de contrôle sur l’humanité et les ressources et ce besoin d’exalter la force, font de ces dirigeants des monstres chez lesquels la vie humaine a moins d’importance que leur gloire.

Et le monde retient son souffle. Je te tue, tu me tues, nous nous tuons, vous nous tuez !

Sylvia Pelletier-Gravel, Gatineau

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Les trois vérités

Il y a toujours 3 vérités : la mienne, la sienne et la vraie version. C’est simple, si vous voulez faire de l’intimidation, tous les pays devront faire front commun et arrêter d’acheter leur pétrole ce qui leur fournit des milliards de dollars. Et ne plus leur fournir des armes de guerre.

Malheureusement, il y a des pays qui s’enrichissent avec ces dictateurs bourrés de notre argent. 

Pierre Simard, via Internet

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LA QUESTION DU JOUR

Airbnb est confronté à de nouveaux problèmes, comme celui de la sécurité, comme en fait foi la tuerie de la rue Gilmour. Comment endiguer le phénomène ?

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Le chien Lobo, une perte

Merci au quotidien Le Droit d’avoir publié un article sur la mort violente du chien Lobo («Un chien abattu et jeté à la rivière à Grenville-sur-la-Rouge», 6 janvier). Tout comme Lobo, ma chienne, une jeune pyrennée, a aussi été tuée. 

Le 24 novembre 2018, un voisin qui braconnait dans la forêt de Cumberland à Vars l’a tirée avec son arbalète. Elle est morte au bout de son sang. J’espère que l’article sensibilisera à dénoncer les gens qui infligent de la violence aux plus faibles qu’eux, aux femmes, aux enfants, aux animaux, aux aînés, aux handicapés. Ce prédateur est un lâche et son comportement doit être dénoncé. 

Perdre un chien c’est perdre un membre de la famille. 

Claudine Girault, Vars

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Le Canada, le Québec et la co-souveraineté

OPINION / Souveraineté, souveraineté interne, souveraineté externe, souveraineté-association, double souveraineté, co-souveraineté : autant de concepts importants en science politique, que ce soit au Canada ou dans le monde. Nul n’ignore ce qu’est la souveraineté, cette composante essentielle des États. Tous reconnaissent l’importance de la souveraineté des nations dans le monde moderne. Près de 200 États parsèment aujourd’hui la carte politique moderne.

Depuis le début de la Révolution tranquille, depuis 1960, le projet de la souveraineté du Québec est dans l’air. Pendant près de 60 ans, donc, soit l’espace de trois générations, il a été question de la place du Québec, foyer principal (mais pas unique) de la nation canadienne-française, au sein de la confédération canadienne. Ce dossier a fait couler beaucoup d’encre et suscité bien des débats au fil des années. L’élection du Parti québécois en 1976 a généré de grands espoirs, assombris néanmoins, par la suite, par les résultats du référendum de 1980 et du référendum de 1995. Ce dernier a semblé enfoncer un clou définitif dans le cercueil des aspirations du peuple québécois.

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Pour mettre fin à la crise des hôpitaux

OPINION / La crise aux urgences des hôpitaux québécois est à l’état systémique et aussi prévisible que le solstice d’hiver le 22 décembre de chaque année. Pourtant, rien de sérieux ne semble se faire pour y palier de façon définitive.

Il y a besoin de toute évidence d’une action énergique pour modifier ce qui est devenu un trait propre à la culture québécoise.

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Il y a plein de culture !

À Ouahiba Abdelaziz,

J’ai lu avec intérêt votre lettre «Plus de culture» (Le Droit, 7 janvier). Comme vous, je suis fière de ma ville et je sais que Gatineau a un potentiel touristique incroyable, et ce, entre autres, grâce à son offre culturelle et événementielle. Offre qui se bonifie d’ailleurs année après année. Ce potentiel a été démontré lors du succès de nos nombreux événements d’envergure : je pense au Sentier culturel, au Cirque du Soleil, au Festibière, au Festival des montgolfières de Gatineau, etc. Ces événements sont des moteurs touristiques pour notre ville permettant de générer des retombées économiques diversifiées et importantes.

Gatineau soutient également des événements culturels de moins grande envergure, mais tout aussi pertinents, comme les laboratoires « 3e Œil » pour des artistes locaux émergents et Lutte 07, des galas de lutte déjantés qui attirent les foules. Nous finançons aussi les ateliers d’artistes, pour que nos artistes puissent produire à Gatineau, et différentes initiatives à travers le Fonds d’animation du Centre-Ville et le Fonds d’animation et de revitalisation des quartiers. 

Bref, le financement municipal est disponible et accessible à ceux qui ont de bonnes idées ! Je vous invite à me contacter afin de discuter ensemble de vos propositions visant à continuer de faire rayonner Gatineau sur la scène événementielle et culturelle.

Isabelle N. Miron,

Conseillère, District de l’Orée-du-Parc,

Présidente,

Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine

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Vers une Francophonie de l’avenir

OPINION / Ayant pris connaissance de l’opinion d’Isidore K. Ngembo («Où va l’Organisation internationale de la Francophonie?», Le Droit, 2 janvier), nous souhaitons réagir aux informations erronées voire mensongères que cette opinion contient. Des allégations dont M. Ngembo est un habitué depuis le début de la campagne de Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire générale de la Francophonie, mais qui imposent, à l’heure des «fake news» ou infox en bon français, une clarification.

Dès sa prise de fonction, Mme Mushikiwabo a indiqué ses priorités, dont elle avait déjà tracé les grandes lignes pendant sa campagne : améliorer la gouvernance, la gestion et la transparence de l’OIF et recentrer les multiples projets de coopération autour des attentes de ses 88 États et gouvernements et de leurs populations. Très vite, elle a constaté l’ampleur de la tâche qui l’attendait : elle héritait d’une organisation en déficit budgétaire et dont les modes de fonctionnement étaient à revoir de fond en comble.

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Décennie 2020: un moment crucial pour les droits des aînés

OPINION / Une décennie oscillant entre l’inquiétude et l’espoir vient de s’achever pour les aînés québécois. Parallèlement, une décennie de réalisations et de frustrations vient de s’achever pour le Réseau FADOQ. Alors que notre organisation commence un nouveau cycle en 2020 en soulignant son 50e anniversaire de fondation, un temps de réflexion s’impose pour mesurer l’impact de nos revendications dans l’amélioration de la qualité de vie des aînés.

Dans une allocution lors du dernier Congrès provincial du Réseau FADOQ, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, s’est engagée à modifier les perceptions de la classe politique à propos des dossiers relatifs aux aînés. Un engagement qui nous mène à cette inévitable question : quelle est notre degré de volonté, en tant que société, à mettre en place des solutions tangibles afin de relever les défis posés par le vieillissement accéléré de la population ?

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Du gouffre à la vie

Alors qu’en juin 2014, cet organisme est passé à un cheveu de devoir fermer ses portes, aujourd’hui, la Soupière est propriétaire de son édifice. Grâce à la ténacité de sa présidente Louise Petitclerc, cela a été rendu possible. Tout comme Reynald Labelle et Paul Surprenant qui ont été respectivement président du Centre alimentaire Aylmer et de la Soupe populaire de Hull. Chacun de ces organismes s’est retrouvé au bord du gouffre. Ces trois personnes ont réussi à assurer la survie de leur organisme afin d’accompagner et de soutenir les personnes fragilisées de leur secteur. Bravo et merci beaucoup.

Gérard Émond, directeur général du Centre alimentaire d’Aylmer

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Une lutte perpétuelle

Depuis 157 ans les francophones de Bytown, et par la suite d’Ottawa, demandent un commissaire du service de police qui parle français. 

La fierté francophone à Ottawa est une lutte perpétuelle qui ne s’arrêtera jamais.

André Lajoie, Ottawa

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Il serait bien à Ottawa !

Au-delà des aptitudes athlétiques exceptionnelles, des habiletés techniques supérieures et des statistiques impressionnantes qu’il a obtenues durant le championnat mondial (même si réduite de deux parties en raison d’une blessure), Alexis Lafrenière a affiché une force de caractère, des attitudes de meneur, une résilience personnelle et un engagement collectif qui démontrent de la vraie graine de champion. Une valeur ajoutée formidable pour l’équipe de la LNH qui aura la chance de remporter la « loterie » du repêchage en juin 2020.  

Je peux visualiser Lafrenière portant fièrement un chandail des Sénateurs dès septembre prochain…

Luc Rioux, Gatineau

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Nous partageons son avis

Bravo au correspondant Roger Pommainville («Un oubli intentionnel ?», Le Droit, 7 janvier), nous avons réagi comme vous. Ici Radio-Canada ne reconnaît pas Ottawa, la capitale du Canada. Mon épouse et moi regardons ce poste depuis les années 1950. 

Nous sommes très déçus, et même offensés. 

Mario Groulx, Orléans

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Swissport: si rien ne change, ce ne sera pas la dernière fois

OPINION / Avec la grève des employés de Swissport, chargés du ravitaillement des avions aux aéroports Pierre-Elliott-Trudeau et Mirabel, il est temps que la population comprenne un peu mieux la réalité de ces travailleurs et travailleuses qui y gagnent leur vie. Depuis quelques années, on assiste à une dégradation des conditions de travail, cette détérioration est accompagnée d’une augmentation des responsabilités, de la charge de travail et des risques d’accident.

Par exemple, que ce soit dans des températures de -30 ou de +30, dans une tempête de neige ou un orage, les gens qui ravitaillent les avions à Montréal-Trudeau doivent manipuler seuls de l’équipement lourd et assurer la livraison millier de tonnes de carburant dans un environnement bruyant, stressant et dangereux... tout ça pour un salaire d’environ 16 $ l’heure.

Le conflit actuel n’est que la pointe de l’iceberg. Si rien n’est fait pour corriger la situation la grève et les moyens de pression risquent de devenir les seules façons de se faire entendre pour les travailleurs et travailleuses des aéroports canadiens.

Pour éviter que les employeurs mal intentionnés puissent faire passer le profit avant les êtres humains, nous avons demandé à plusieurs reprises au gouvernement canadien de colmater les trous dans le Code du travail canadien. Malheureusement rien n’a été fait.

Pour avoir le plein contrôle sur les conditions et l’environnement de travail des aéroports canadiens, plusieurs transporteurs et gestionnaires d’aéroports ont recours au « contract flipping ». Le « contract flipping » consiste à relancer un processus d’appel d’offres afin de trouver un plus bas soumissionnaire dans l’objectif de baisser les coûts et d’augmenter les profits. Lors d’un renversement de contrat, les travailleurs et travailleuses perdent leur emploi, leur ancienneté et leur régime de retraite. S’ils veulent ravoir leur emploi, c’est habituellement aux dépens de reculs importants dans leurs conditions de travail et leur condition de vie.

Dans le cas qui nous intéresse, lorsque le contrat de service est passé aux mains de Swissport Fueling Services, on s’était retrouvé avec un nouvel employeur qui refusait d’embaucher aux mêmes conditions des gens d’expérience, ils leur offraient même dans certains cas le salaire minimum ou à peine plus.

Imaginez un instant, ça fait 25 ans que vous travaillez pour un employeur, vous y avez développé vos connaissances et fait progresser vos conditions de travail pendant tout ce temps. Un bon matin votre employeur vous avise qu’il a perdu le contrat de service et qu’à compter de lundi prochain c’est une autre entreprise qui devra assurer le service. Vous apprenez ensuite que vous pouvez postuler pour le même emploi auprès de l’entreprise qui a obtenu le contrat avec les mêmes responsabilités, le même nombre d’heures, les mêmes équipements et que finalement c’est seulement le nom de l’entreprise qui va changer.

Sauf que lorsque vous postulez pour ce nouvel employeur, faire le même boulot ne vaut plus 24 $/h, mais 13 $/h, vous n’avez plus cinq semaines de vacances, mais deux, il n’y a plus de régime de retraite, votre couverture d’assurance collective ne couvre presque rien et finalement le nouvel employeur n’a pas l’obligation de vous embaucher, car vous n’êtes plus syndiqué. Donc si ça ne fait pas ton affaire, dégage !

Cette façon de faire injuste et irrespectueuse n’a pas sa place dans nos aéroports. Il brise des conditions de travail et finit par briser des vies. Il nuit également à la qualité, l’efficacité et la sécurité des services offerts dans nos aéroports. Si rien ne change, le « contract flipping » ne fera que générer de plus en plus de conflits et de perturbation du transport aérien au Canada.

La faute ne repose pas sur les travailleurs et travailleuses ou sur leur syndicat, la faute repose sur le manque de volonté du gouvernement canadien qui refuse de corriger les lois qui permettent à des entreprises d’abuser de leurs employés et qui cultive la colère des travailleurs et des travailleuses. En ce moment, seuls les transporteurs aériens et les gestionnaires profitent de ce genre de pratique.

Notre position est qu’il devrait y avoir une transmission des droits des travailleurs et de la convention collective lors du passage d’un contrat d’un employeur à l’autre. Les soumissionnaires de contrats devraient en tenir compte lorsqu’ils participent à un appel d’offres. Les travailleurs et travailleuses devraient pouvoir maintenir leurs conditions de base et ne pas repartir de zéro dans leur négociation. Autrement nos aéroports vont devenir une fabrique de précarité au travail.

Les voyageurs ont le droit de savoir.

L'auteur de ce texte, David Chartrand, est le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale.