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La compétence linguistique des politiciens en Ontario

OPINION / L’Ontario sera bientôt appelée aux urnes. Il est aujourd’hui accepté que les chefs des principaux partis politiques soient capables de pouvoir s’exprimer en français. Ce gain politique a pris du temps à s’inscrire mais aujourd’hui, ce n’est plus négociable. Cet acquis linguistique démontre comment l’Ontario a changé et la place que les francophones ont su prendre afin de vivre à l’égalité du groupe majoritaire.

C’est tout un progrès et un signe de réussite politique dont les francophones doivent être très fiers. Qui aurait pensé il y a 30 ans que les chefs de partis considéreraient comme une compétente utile voir nécessaire la connaissance du français? On tient aussi compte du pouvoir électoral des francophones dans plusieurs circonscriptions. Les enjeux dans ces circonscriptions sont devenus une préoccupation partisane et on tient compte des conséquences négatives d’un manque de considération des besoins des francophones.

Il est nécessaire qu’il y ait un débat télévisé en langue française lors de la prochaine campagne électorale, quitte à clairement énoncer les sujets afin de permettre aux chefs de pouvoir se préparer en français. Ces thèmes porteraient sur des préoccupations de la francophonie provinciale, tout en incluant des perspectives régionales où les francophones sont concentrés. Il faut par ailleurs sortir des sujets qui ne portent uniquement que sur les francophones et parler d’économie, d’éducation, de problèmes sociaux, etc.

Afin de susciter l’intérêt chez les anglophones et en particulier leurs médias, il serait de mise de leur demander de participer au débat des francophones. Les questions seraient présentées en français mais préparées avec les médias anglophones. Cette approche aurait le mérite d’inclure les anglophones dans le débat francophone et les sensibiliser aux réalités et problématiques de ces derniers. Ceci permettrait aussi aux médias de valider que les réponses soient les mêmes peu importe le public cible.

Il ne faut pas critiquer les chefs de partis qui participeraient à un débat en langue française mais qui répondraient avec difficulté. Il faut évidemment féliciter ceux qui s’expriment en français. En présentant une image positive de leur capacité à dialoguer en français, ils encouragent de façon positive la volonté des individus et des partis à fonctionner avec et pour les francophones. Mais la présence de tous, même les unilingues, est un acquis que nous devons encourager. 

Le prochain défi est d’assurer que le contenu des programmes électoraux et la publicité électorale reflètent aussi les préoccupations des francophones. Il nous faut plus qu’une simple traduction. Les partis doivent pouvoir compter sur un personnel politique capable de répondre dans les deux langues officielles.

L’auteur, Gilles LeVasseur, est avocat et professeur à l’Université d’Ottawa.

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Non aux bars-bares !

L’offensive de tenanciers de bars du centre-ville de Hull pour leur permettre d’ouvrir jusqu’à 3 h et s’en mettre davantage dans les poches est non seulement irrecevable mais aussi irresponsable et insultante aux yeux des citoyens de l’Île de Hull et de tout Gatineau. On ne reviendra pas 20 ans en arrière ! 

Les choses ont bien changé? Enlevez cette poutre dans votre œil pour comprendre que le seul changement est que les fauteurs de troubles et les hommes violents ont maintenant accès à des armes à feu pour régler leurs comptes. Non, non et non et un grand merci à l’ex-conseiller municipal Claude Bonhomme.

Pierre Larabie, Gatineau

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Sortir de l’Entreprise-monde

Comment mettre un terme à la destruction de notre habitat terrestre avant qu’il ne soit trop tard ? Comment aussi s’attaquer pour de bon à ces inégalités qui n’ont cessé de se creuser au cours des dernières décennies dans nos sociétés ? Comment enfin reprendre un tant soit peu le contrôle de nos vies alors qu’elles semblent plus que jamais soumises aux « lois du marché » et aux sirènes du « progrès technique » ?

Il faut que nous sortions de ce que le sociologue Andreu Solé appelle l’« Entreprise-monde », c’est-à-dire un monde conçu dans une large mesure par et pour l’entreprise, comme on peut dire du monde médiéval qu’il était conçu par et pour l’Église. Nous ne la voyons plus, tant elle tisse la trame de nos vies, mais l’entreprise est la principale force organisatrice de nos sociétés. Pour le meilleur et surtout pour le pire.

Force est de constater tout d’abord que l’entreprise façonne profondément notre milieu de vie et nos conditions d’existence. Gageons que le lecteur aura bien du mal à trouver autour de lui un seul objet qui n’a pas été produit par une entreprise ou au moins acheté à une entreprise. Par ailleurs, ces marchandises que nous consommons tous, bon gré mal gré, nous ne pouvons les acquérir que contre de l’argent obtenu le plus souvent en vendant notre force de travail à des entreprises. Notre temps de vie éveillé est un temps passé dans des entreprises. Un temps qui ne nous appartient plus.

Mais l’entreprise colonise aussi notre espace vital. Cette organisation est implantée désormais sur presque toutes les terres habitées de la planète. Aucune autre organisation humaine avant elle n’a exercé une telle hégémonie. Même l’Église catholique ne peut se vanter d’un tel bilan. Et avec l’entreprise vient inévitablement la publicité, qui envahit tous les espaces, aussi bien publics que privés. Les dispositifs de propagande mis en place par les plus puissantes dictatures ont quelque chose de dérisoire et de grossier comparés aux stratégies de « marketing » déployées par nos entreprises aujourd’hui.

Enfin, l’entreprise a désormais colonisé nos esprits. Sans même en prendre conscience, nous nous attendons à ce que toute organisation fonctionne désormais sur le modèle de l’entreprise. Cela fait le succès des écoles de gestion. On y rencontre toutes sortes de gens qui viennent y apprendre les techniques de l’entreprise privée pour les appliquer à des organisations qui n’ont pourtant pas pour raison d’être le profit de quelconques actionnaires. Par la même occasion, nous avons tendance à penser qu’un patron d’entreprise peut diriger n’importe quelle organisation, y compris un État, chose inconcevable il y a encore quelques décennies…

Destructrice et aliénante

Cette domination qu’exerce l’entreprise est problématique pour au moins trois raisons. Véritable « machine » à produire des marchandises pour accumuler de l’argent, son expansion ne peut qu’être un désastre sur le plan écologique. Comment en effet produire toujours plus de marchandises sans puiser toujours plus dans nos « ressources naturelles » et produire toujours plus de déchets ? Pour l’heure en tout cas, nous ne savons pas dissocier croissance économique et dégradation écologique.

Il faut rappeler par ailleurs que l’entreprise repose sur le salariat, un rapport social structurellement inégal. Celui-ci suppose en effet qu’une minorité d’humains contrôle les moyens de production, c’est-à-dire les moyens d’existence, ce qui force la majorité à lui vendre sa force de travail pour obtenir de quoi vivre. Et ce n’est pas parce que le chômage de masse nous a habitués à considérer le fait d’obtenir un emploi comme un privilège que ce rapport social est moins injuste !

Enfin, l’Entreprise-monde nous contraint toutes et tous à être productifs et rentables. On peut bien sûr décider de ne pas « jouer le jeu ». Il faut être prêt alors à assumer le fait de se retrouver dans une situation très inconfortable, tant sur le plan matériel que symbolique. Le problème de nos vies n’est pas qu’elles sont vides de sens. Le problème est qu’elles sont trop pleines d’un sens qui nous est imposé par cette course à l’accumulation d’argent qui est au principe de l’entreprise.

Abolir l’entreprise

Si nous tenons vraiment à la vie, à la justice et à la liberté, il faut en finir avec l’entreprise. À tout le moins, cette forme de vie sociale doit être marginalisée. Pour ce faire, il y a d’abord une reconquête spatiale à mener, notamment sous la forme de luttes contre l’envahissement publicitaire, contre les paradis fiscaux ou plus largement contre la libre circulation des capitaux et des marchandises.

Mais nous devons aussi reconquérir ce temps dont l’entreprise nous dépossède largement — les vacances elles-mêmes n’étant jamais qu’un temps de consommation et de récupération pour le travail. D’où la pertinence de militer pour une réduction significative du temps de travail sans perte de revenu et/ou pour des dispositifs tels que le revenu inconditionnel d’existence.

À plus long terme, il s’agit de reprendre le contrôle de nos moyens de vivre (ressources naturelles, outils, savoirs) pour que nous ne soyons plus contraints de vendre notre force de travail aux entreprises. Ces moyens pourraient être pris en charge collectivement, de façon équitable, soutenable et démocratique, sur le modèle des « communs », qui représente une voie de sortie prometteuse de l’alternative propriété privée/propriété collective dont nos sociétés sont prisonnières depuis trop longtemps.

L'auteur est Yves-Marie Abraham, Professeur à HEC Montréal.

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Aider le bénévolat municipal

Et si des associations reconnues et qui ramassent des fonds pour des parcs, étaient épaulées par leur municipalité respective ? Que chaque dollar amassé soit combiné à une somme équivalente par la municipalité afin d’améliorer le parc de quartier. Cela encouragerait les municipalités à maintenir leur parcs en bon état... et cela ne leur couterait en principe que la moitié du prix. Ça stimulerait le bénévolat local et le sentiment d’appartenance des citadins. Tout le monde y gagnerait. 

Par exemple, je fais partie des Amis du village Gagnon depuis 2002 et nous avons construit complètement et bénévolement un beau parc avec abri, etc., (www.villagegagnon.com) sur le chemin Calypso à Gagnon (Limoges). Nous avons reçu qu’un minimum d’aide municipale. Deux autres fois en 2017, le conseil de La Nation a refusé d’égaler les sommes recueillies par notre association. 

Notre ardeur demeure quand même. Nous voulons améliorer la Maison-musée patrimoniale Pommainville (1881) déménagée sur le site en 2010, et propriété de la municipalité. 

Denis Gagnon, Orléans


Allégorie gatinoise

Depuis 2013, une « entreprise » locale me propose de réparer et d’améliorer ma maison moyennant une avance correspondant à un pourcentage déterminé de la valeur de ma propriété. Je dois faire ce paiement au début de chaque année. 

Jusqu’ici, elle a certes fait quelques menus travaux mineurs, mais divers grands projets sont souvent exécutés en partie seulement ou reportés aux années suivantes, sous prétexte la nécessité d’études plus approfondies. 

Le résultat : environ la moitié des travaux promis est terminée, et j’attends encore le reste. Entre-temps, ma maison continue de se détériorer.

En 2018, elle me demande une fois de plus de lui envoyer tout de suite des sous pour faire d’autres belles améliorations… dans quelques années !

Que devrais-je faire ? 

M’adresser à l’Office de protection des consommateurs ? Demander conseil à un avocat ? Dénoncer ces beaux parleurs sur la place publique ? Retenir mon paiement jusqu’à exécution complète de tous les travaux déjà payés ?

Pierre Bouchard, Gatineau

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Juste un « projet-pilote » ?

Quelle frilosité ! Et je ne parle pas des températures polaires mais de la tiédeur du chroniqueur Patrick Duquette sur le déneigement des pistes (« Déneiger les pistes cyclables ou pas ? »,  Le Droit, 10 janvier).

Bien sûr qu’offrir un nouveau service implique des coûts et des efforts, mais il faut surtout savoir si ce service en vaut la peine ou pas. Faut-il encore répéter les bienfaits du vélo sur la circulation routière, la santé, l’environnement ? Si c’est la voie de l’avenir, il faut plus qu’un « modeste projet-pilote » pour obtenir un « retour sur l’investissement » comme il le dit. Ce sont les infrastructures cyclables qui encouragent le plus les gens à se déplacer à vélo à cause du sentiment de sécurité qu’elles procurent. Or, déneiger un bout de piste ici et là n’est pas suffisant si les cyclistes doivent ensuite emprunter des rues passantes. 

Chapeau au conseiller Daniel Champagne pour sa persévérance et sa conviction sur cette question, à Action vélo Outaouais ainsi qu’à tous ceux et celles qui investissent du temps bénévolement pour faire en sorte que le vélo d’hiver devienne sécuritaire.

Julie Gilbert, Gatineau


Déneiger pour se déplacer

Vélo Québec estime qu’il y a entre 10 et 20 jours par année de conditions très difficiles pour le vélo. Mais le vélo en hiver est en constante progression. 

Il suffit d’aller consulter les statistiques publiées chaque année par Ottawa Citizens for Safe Cycling pour constater que des milliers de cyclistes empruntent la rue Laurier pendant les mois d’hiver. Et tout cela ne fait qu’améliorer la circulation, la qualité de l’air et la santé publique. 

Les solutions ne sont pas si compliquées. Pour les cyclistes, il faut avant tout que les rues et artères principales soient bien déblayées, et de l’espace sur les côtés. On peut citer l’exemple du boulevard Lucerne, de la rue Vanier au pont Champlain. Dans d’autres cas, il faudra déneiger des pistes cyclables. 

On peut d’ailleurs trouver d’excellentes suggestions chez Action vélo Outaouais dans son document « Mémoire d’Action vélo Outaouais sur un réseau cyclable 4 saisons à Gatineau ».

Les solutions sont là. Les cyclistes aussi et ils seront de plus en plus nombreux à l’avenir.

Jacques Fournier, Gatineau

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L’entrepreneuriat, vecteur de développement social

OPINION / On imagine souvent l’entrepreneuriat comme un mélange d’innovation, d’ambition, de chance et même parfois d’opportunisme. On a l’impression que l’on naît entrepreneur ou pas, que les entrepreneurs sont différents du reste de la société. On voit beaucoup d’exemples extrêmes de réussites ou d’échecs entrepreneuriaux auxquels on a du mal à s’identifier. D’après moi, l’entrepreneuriat c’est avant tout une question de travail, de planification, d’encadrement. Et comme il y a plusieurs types de personnalités, il y a aussi plusieurs types d’entrepreneurs.

L’entrepreneuriat est présent et s’applique à toutes les étapes et dans tous les aspects de notre vie. Il s’agit en fait de tous les processus de création au quotidien que l’on déploie pour changer les choses autour de soi, pour améliorer sa condition. Les gens ont tendance à avoir peur du changement, à penser qu’il existe un statu quo inébranlable. Or tout le monde peut être entrepreneur, et plus encore, tout le monde doit être l’entrepreneur de sa vie.

C’est dans cette optique qu’est né Expo Entrepreneurs, un événement pour et par les entrepreneurs, qui se déroulera à la Place Bonaventure les 24 et 25 janvier prochains, à Montréal. Notre objectif est de regrouper les acteurs de l’entrepreneuriat au Québec et de contribuer au développement de sa culture entrepreneuriale.

Il est nécessaire de démystifier l’entrepreneuriat, le rendre accessible, parler d’entrepreneuriat modeste, de différents types d’entrepreneurs... 

Il faut le présenter comme une manière d’innover à notre façon, à notre rythme et avec les moyens que l’on choisit. Un bon exemple pour illustrer ce concept est le glacier montréalais Kem CoBa. Il s’agit d’une entreprise familiale de petite taille dont les propriétaires ont choisi de miser sur une production réduite, locale et qui n’ouvre que quelques mois par année. Ils ont privilégié une façon de produire en accord avec leur mode de vie et le succès est au rendez-vous.

Cette façon de percevoir l’entrepreneuriat fait de plus en plus son chemin, surtout chez les milléniaux qui ont soif de flexibilité. D’ailleurs, selon l’Indice 2017 du Réseau M1, les 18-34 ans présentent une progression exceptionnelle quant à l’intention de créer ou de reprendre une entreprise. Alors qu’en 2009, le taux stagnait à 11,9 %, il s’élève aujourd’hui à 40,9 %. Il faut encourager et encadrer cette tendance et pour ce faire, il faut rendre accessible l’entrepreneuriat, en parler et l’enseigner.

Pour moi l’entrepreneuriat est un vecteur d’innovation, de progrès et d’amélioration de la qualité de vie des individus et de la collectivité. Il répond aux enjeux majeurs (économiques, technologiques, sociaux ou environnementaux) d’une société en constante métamorphose. Tout comme la société à besoin d’entrepreneurs pour faire face à ces changements, les entrepreneurs ont besoin d’un écosystème social pour les soutenir et développer leur plein potentiel.

Nima Jalalvandi,

Président-directeur général d'Expo Entrepreneurs

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Il faut les réutiliser

Je suis entièrement contre l’interdiction complète des sacs de plastique par la Ville de Gatineau. Je les utilise régulièrement plus d’une fois. Ils se plient facilement, s’insèrent bien dans un sac à main, une boîte à lunch, une valise, etc. Ils servent également à placer des objets, pour les poubelles de maison, etc. Le problème, ce ne sont pas les sacs de plastique. Il faut simplement sensibiliser les citoyens à les réutiliser.

La Ville de Gatineau a bien d’autres chats plus prioritaires à fouetter avant de se préoccuper de sacs de plastique. Il suffit de penser au déneigement, aux nids-de-poule, la réparation de trottoirs, etc.

Monique Beaudoin, Gatineau

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Un parc pour le Pontiac

Depuis quelques temps déjà le territoire des MRC Pontiac et la MRC des Collines sont à développer un parc régional qui touchera Quyon et Bristol. Tarde à venir le financement des gouvernements pour développer des infrastructures avec des services se rattachant au patrimoine, aux loisirs et à l’hébergement. 

Si un jour cela se réalise, le parc du Sault des Chats aidera à dégager la circulation d’un parc de la Gatineau très fréquenté. Cela créerait une fierté régionale. La création d’emplois dans le Pontiac est importante. Laissons savoir à nos députés l’importance d’accélérer ce développement touristique.  

Guy Faubert, Pontiac

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Lutter contre la pauvreté

Alors que le chômage au Québec est tombé à un creux inégalé depuis 1976, le gouvernement augmente le salaire minimum de quelques miettes. Inacceptable de maintenir dans la pauvreté des dizaines de milliers de personnes — surtout des femmes — afin de maintenir les profits des entreprises, dont les dirigeants gagnent jusqu’à 200 fois le salaire moyen.  L’année 2018 apportera des élections au Québec. Utilisons notre vote pour mettre fin à la pauvreté. 

Bernard Taylor, Val-des-Bois

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Rendre sa grandeur au journalisme

OPINION / Dans le débat sur l’avenir du journalisme, les « fausses nouvelles » occupent le devant de la scène, avec histoires mettant en vedette les rodomontades d’un président américain, « les bots » de communication russe, sans oublier les trahisons et les subterfuges pour capter l’attention du public. Mais à l’ère de la baisse des bénéfices et du rétrécissement des auditoires, les fausses nouvelles sont-elles vraiment la plus grande menace à laquelle soient confrontés les médias traditionnels ?

Dans un environnement d’informations de plus en plus enclin à l’hyperventilation, il peut être difficile de séparer le fait du contenu préfabriqué ou délibérément biaisé partagé sur les médias sociaux. La prolifération des « bots » – des programmes d’ordinateur qui propagent automatiquement la désinformation – brouille encore davantage ces frontières. Alors que les méthodes de manipulation se multiplient, le problème ne risque que de s’aggraver.

Pourtant l’accent quasi constant mis sur les fausses nouvelles distrait de nombreuses personnes de ce secteur de plus graves défis à l’encontre du journalisme professionnel. L’érosion des modèles d’affaires et la dépendance croissante envers des distributeurs numériques tiers – comme Facebook et Google – ont menotté les organismes de presse et ont profondément réduit leurs résultats. Pire, les audiences n’ont plus confiance en les informations qui leur sont présentées. Ceci suggère que le problème est plus large que celui des fausses nouvelles.

En fait, les grands organismes de presse traditionnels ont toujours le dessus par rapport aux médias sociaux, en tant que sources de confiance. Comme l’indique le  Digital News Report 2017 de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme, 40 % de consommateurs d’informations déclarent que les organismes de presse, comme certains médias établis — le New York Times, par exemple — différencient exactement le fait de la fiction. Pour les médias sociaux, cette part est de 24 % seulement.

Mais cela signifie également que 60 % des consommateurs d’informations estiment que les «anciens» médias négligent les faits. Cette seule statistique devrait être un motif de grave préoccupation pour tout le monde dans cette profession.

Selon le rapport, qui a interrogé près de 70 000 internautes dans 36 pays, 29 % des répondants ont déclaré qu’ils évitaient toutes sortes d’informations. Pour un grand nombre d’entre eux, cela s’expliquait soit par le fait que les producteurs d’informations choisissaient des histoires négatives qui les mettaient de mauvaise humeur, soit parce qu’ils considéraient les reportages comme politiquement tendancieux et donc peu fiables.

Sans confiance, il n’y a pas d’audience ; et sans audience, il n’y a plus de métier. Si les résultats de l’enquête sont représentatifs des tendances plus larges, un des piliers les plus importants du monde de la démocratie – une presse libre et ouverte – est en danger.

Cela ne devrait pas nous surprendre. À l’ère numérique, les déficits de confiance ont affecté la plupart des grandes institutions : les partis politiques, les grandes entreprises, les organisations religieuses et les universités. Cela pourrait être un signe d’une citoyenneté plus informée et plus critique ; ou plus probablement, il pourrait s’agir une réponse à un sentiment d’accablement face à nos choix et face à notre impuissance dans un monde complexe.

Mais ce qui a changé pour les organisations médiatiques, c’est que grâce aux médias sociaux, elles n’ont plus le monopole quand il s’agit de demander des comptes aux puissants de ce monde. Au contraire, certains d’entre eux en sont venus à être identifiés avec les puissants – une partie de l’élite du monde médiatique, politique et des affaires, coupée des préoccupations des gens ordinaires. Étant devenu une cible de la colère populaire, le journalisme va devoir « se perturber » lui-même pour recouvrer sa crédibilité et pour reconstituer la confiance de son audience.

À cet effet, les organisations médiatiques devraient considérer au moins six mesures. 

— Tout d’abord, les organismes d’informations doivent fixer leur propre ordre du jour, plutôt que de gaspiller des ressources en poursuivant celui de quelqu’un d’autre. La recherche internationale qui a conduit aux Panama Papers et aux Paradise Papers sont des exemples brillants d’un journalisme pertinent et intéressant : deux critères fondamentaux auxquels tout reportage devrait répondre.

— Deuxièmement, les journalistes ont une responsabilité face à leurs audiences d’analyser ce que font certains acteurs puissants, plutôt que ce qu’ils disent. Comme l’a récemment observé la chroniqueure Margaret Sullivan, du Washington Post, la couverture du président des États-Unis Donald Trump se concentre étroitement sur ses mots, aux dépens de sa politique.

— Troisièmement, les médias doivent devenir de meilleurs auditeurs. La distinction des journalistes entre « couverture de l’information » et « couverture de l’information sur le terrain » met en évidence la réalité qu’une proportion importante du personnel de la salle de presse ne quitte jamais ses bureaux. Les journalistes ne font pas nécessairement cela par choix : un grand nombre d’entre eux sont collés à leurs écrans parce que leurs sociétés manquent de ressources, ou les forcent à couvrir et à rendre compte des flux de Twitter. En un sens, le comportement des reporters n’est que le symptôme d’une pathologie éditoriale.

— Quatrièmement, les organisations médiatiques doivent intéresser les audiences : leur parler, mais sans condescendance. Très souvent, le cycle d’informations est motivé par des hypothèses relatives au goût éventuel des téléspectateurs ou des lecteurs, plutôt que par ce qu’ils veulent réellement. La diversité dans une salle de presse est essentielle pour élargir la pertinence de sa couverture.

— Cinquièmement, dans leur hâte d’expérimenter de nouvelles formes de récits, certaines entreprises médiatiques oublient leur mission. Les organismes d’informations devraient s’abstenir de se lancer dans des projets chers et clinquants, dans la mesure où ils ne facilitent pas une meilleure compréhension du récit pour leur audience.

— Enfin, rebâtir la confiance va exiger une nouvelle définition des informations elles-mêmes. Une audience qui se sent dépassée par l’information et par la complexité, peut y répondre en l’ignorant. Les médias doivent donner aux gens une raison de rester à l’écoute. (Un exemple : les informations positives sont considérablement sous-évaluées dans l’environnement médiatique actuel.)

Si les médias traditionnels se permettent d’être définis par le débat sur les «fake news», eux aussi seront submergés. Tant que les entreprises de médias sociaux s’optimiseront pour bénéficier des recettes publicitaires, leurs algorithmes auront tendance à récompenser les extrêmes et les organisations médiatiques gaspilleront de précieuses ressources pour lutter contre la désinformation.

Une meilleure approche consisterait à rendre les informations moins ennuyeuses. Les sociétés de médias réputées ont toujours cherché à capitaliser sur les faits : le scoop, l’interview exclusive, l’enquête approfondie. La vérité, comme la confiance, est une marchandise. L’avenir de ce secteur d’activité dépend de notre capacité à mieux la produire.

Alexandra Borchardt,

Directrice du développement stratégique à l'Institut Reuters pour l’étude du journalisme