Point de vue

La loi sur les sources journalistiques doit être adoptée

Le 15 mai dernier, la ministre de la Justice, Mme Stéphanie Vallée, a présenté le projet de loi 187 sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques. Mme Vallée indiquait que la présentation de ce projet de loi visait à donner suite à la première recommandation du rapport de la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

Au moment du dépôt de ce rapport en décembre 2017, les signataires de la présente lettre avaient salué ses recommandations, dont celle d’adopter une loi-parapluie visant à protéger les sources journalistiques. Nous ne pouvons donc que nous réjouir du premier pas franchi cette semaine par le gouvernement dans leur mise en œuvre. 

Nous encourageons fortement le gouvernement et les partis d’opposition à faire le nécessaire afin que ce projet de loi important pour notre société démocratique soit adopté avant la fin de la présente session parlementaire le 15 juin prochain. À cet effet, les organisations que nous représentons se mettent à la disposition de l’Assemblée nationale pour collaborer de manière constructive à ses travaux afin que cet objectif soit atteint.

Nous exprimons aussi notre souhait de voir l’Assemblée nationale procéder avec célérité, après l’adoption du projet de loi 187, à la mise en place des autres recommandations formulées par le juge Jacques Chamberland dont, une protection accrue du matériel journalistique, la révision du processus de nomination des chefs de police, l’amélioration de la formation des enquêteurs, le resserrement de l’encadrement des enquêtes et l’adoption des mesures pour assurer l’indépendance entre les élus et les corps de police. Il serait pour le moins regrettable que le Québec laisse passer l’opportunité de bénéficier complètement du fruit d’un travail rigoureux qui s’est déroulé lors de cette Commission sur presque un an. 

Nous réitérons que l’adoption d’une loi québécoise, combinée à la loi fédérale sur la protection des sources journalistiques, accordera aux journalistes et à leurs sources une plus grande protection, susceptible d’assurer à ces mêmes sources qu’elles pourront leur confier des informations d’intérêt public sans crainte de voir leur identité dévoilée. En cette ère de fausses nouvelles où le journalisme de qualité revêt une importance sans précédent, cette protection est plus essentielle que jamais à la santé de notre démocratie.

LIRE AUSSI: La Cour suprême se penchera sur la confidentialité des sources

Éric Trottier, vice-président à l’information et éditeur adjoint, La Presse 

Michel Cormier, directeur général de l’information, Radio-Canada

Brian Myles, Directeur, Le Devoir

Lucinda Chodan, éditrice, The Gazette et vice-présidente à l’information - Est du Canada, Postmedia

Jed Kahane, directeur de l’information, Bell Media – Québec

Wendy Freeman, Présidente, CTV News

Jennifer McGuire, directrice générale de l’information et rédactrice en chef, CBC

Gilles Carignan, vice-président à l’information et éditeur adjoint, Le Soleil

Jean-Philippe Pineault, directeur de l’information, La Presse Canadienne

Michel Lorrain, directeur exécutif, Cogeco Media

Stéphane Giroux, Président, FPJQ

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Gatineau, capitale du vélo

En cette fin de mai, mois du vélo, je propose que Gatineau revendique à nouveau son statut de capitale du vélo.

Il y a plusieurs années, Gatineau (ou anciennement Hull) pouvait se décrire comme une ville vélo. Nous avions un Festival international de la bicyclette. Nous avons initié le développement de la Route verte qui reliera Gatineau et Québec en plus d’avoir accès aux plus belles pistes cyclables du pays, dont celles du parc de la Gatineau.

Depuis 2013, Gatineau a repris la cadence afin d’améliorer son offre vélo. C’est d’ailleurs en 2015 que le rapport sur l’état du vélo à Gatineau incitait notre ville à poursuivre sur sa lancée afin qu’elle reprenne sa position de tête en offre vélo au Québec dès 2020. Vélo Québec nous rappelait qu’en 2015, 54 % de la population de Gatineau se qualifiait de cycliste, un bond de 6 % par rapport à 2010. 

Un an plus tard, en 2016, Vélo Québec nous a remis la distinction Argent Vélosympathique pour la création du mois du vélo, pour l’ajout de pistes cyclables unidirectionnelles, de bandes cyclables et de nouveaux sentiers récréatifs. 

Aujourd’hui, Gatineau possède un réseau cyclable de près de 300 km, dont 63 % des pistes qui sont en site protégé.

Maintenant, tournons-nous vers l’avenir et redonnons à la bicyclette toute la place qu’elle mérite comme instrument de transport, de loisirs, de développement touristique, économique et écologique. 

Il faut investir sans tarder et davantage dans les infrastructures vélos. Il faut bâtir des rues complètes ainsi qu’un réseau intégré, sécuritaire et continu. Il faut offrir des conditions favorables aux cyclistes, mais surtout à ceux et celles qui hésitent encore à remplacer des trajets auto en trajets vélo. Il faut redoubler d’ardeur afin de sensibiliser les citoyens à une meilleure cohabitation avec les autres moyens de déplacement. 

Gatineau doit reprendre sa position de leader en complétant et améliorant son réseau cyclable. Le choix du vélo comme moyen de déplacement, c’est économique, écologique et santé.

Daniel Champagne, conseiller du district du Versant, président du conseil municipal et vice-président de la Commission sur les transports, les déplacements durables et la sécurité

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Tristesse et colère

Je suis dans une incompréhension totale face à des élus d’origine hulloise et un ancien maire qui s’opposent à la citation du quartier du Musée. N’ont-ils pas compris que la construction des tours de Brigil signifie la fin de tout le quartier? Qu’on ne peut construire des tours de 55 étages sur un terrain de 99 pieds de profondeur ! Que ce quartier est ce qu’il reste de l’histoire de Hull. N’ont-ils pas de fierté pour leurs origines? Leurs ancêtres? Ne voient-ils pas plus loin qu’un morceau de terrain à la fois? Les citoyens réclament la protection du quartier, par lettre, par courriels, par leur assistance à des portes ouvertes. Nos élus hullois écoutent avec un sourire, mais ne les entendent pas. Ils entendent la promesse de dollars. Je regarde avec une grande tristesse la mort de Hull, la mort lente d’une vieillarde qu’on ne veut plus soigner. Pourtant, c’est elle qui nous a mis au monde !

Michelle Guitard, historienne, Gatineau


Guertin au Photoshop

Finalement, l’album photo du futur Guertin a été modifié et ce n’est pas terminé ! (Futur aréna Guertin à Gatineau: Le concept final présenté aux élus, Le Droit, 16 mai 2018) Qu’est-ce qu’on essaie de nous faire avaler?

Francine Paquet, Gatineau


Pour le développement économique

Où en serait le développement économique de la ville d’Ottawa n’eût été des Robert Campeau, Bill Teron, et autres dont la vision économique a permis de réaliser ce que nous voyons de la capitale aujourd’hui? Rien de tout cela ne serait devenu réalité n’eût été de la collaboration des autorités municipales de l’époque. Voilà l’élément essentiel qui semble manquer aujourd’hui à Gilles Desjardins. Son organisation a les moyens de fournir emplois, revenus et notoriété à notre ville, alors qu’il se heurte encore à quelques opposants à la table municipale qui priorisent les valeurs patrimoniales du quartier du Musée. Qu’a donc de si unique ce quartier pour qu’on y sacrifie une partie si importante du développement économique de notre ville? 

Lionel Filion, Gatineau

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De bonnes nouvelles pour l’UQO

J’ai souvent mentionné, depuis mon arrivée au Rectorat, que les étudiants doivent être au cœur de toutes nos décisions et de nos actions. « Enrichir l’expérience étudiante » est d’ailleurs « la » grande priorité de notre plan stratégique 2016-2020.

Vous comprendrez donc que nos diplômés sont, pour moi, très importants et qu’ils représentent une grande source de fierté pour l’ensemble de la communauté universitaire! Peu importe où ils se dirigent après leurs études, ils portent en eux l’expérience qu’ils ont vécue à l’UQO et contribuent à faire rayonner son nom.

L’Association des diplômés de l’UQO joue un rôle important pour garder vivant ce lien entre notre université et nos diplômés, et je profite de l’occasion pour souligner le 30e anniversaire de l’ADD et pour remercier tous les membres qui y siègent ou y ont siégé depuis les 30 dernières années pour tout le travail qu’ils ont accompli.

Cette année encore, de nombreux projets nous ont amenés à travailler en étroite collaboration. Il y en a trop pour tous les nommer, mais il en est un que j’aimerais souligner puisqu’il est le fruit de la collaboration de nombreux partenaires de la grande région de l’Outaouais. En effet, grâce à la participation de la Ville de Gatineau, des MRC de l’Outaouais, de la Chambre de commerce de Gatineau, de Centraide Outaouais, de Tourisme Outaouais, du CISSSO et du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, nous avons procédé, en mars dernier, au lancement officiel de l’Observatoire du développement de l’Outaouais. Cet outil de développement régional nous permettra de maximiser le potentiel de développement de l’Outaouais, et ce, tant en milieu rural qu’en milieu urbain.

Ce lancement a été l’une des nombreuses bonnes nouvelles qui ont marqué l’année 2018 jusqu’à maintenant pour l’UQO.

D’abord, le projet de consolidation de notre campus de Gatineau. En réunissant quelque 6000 personnes au quotidien sur un même campus, ce projet permettra d’intensifier l’impact de la présence de l’UQO à Gatineau en plus de créer un impact significatif sur l’amélioration de la vie étudiante et sur la création d’une identité forte pour l’UQO.

Ce nouveau dynamisme sera palpable tant sur le campus que dans tout le quartier. On pourra enfin parler de l’émergence d’un véritable quartier universitaire pour la ville de Gatineau. De plus, il permettra à l’UQO de devenir un leader de l’innovation inclusive en concentrant les espaces de recherche interdisciplinaire et intersectorielle et en mobilisant le dynamisme de nos professeurs-chercheurs les plus performants.

Ensuite, le développement de programmes en santé. Au cours des prochaines années, ils permettront aux jeunes de l’Outaouais qui souhaitent poursuivre leurs études universitaires dans ces domaines de le faire ici même à l’UQO sans avoir à s’exiler. Ces programmes permettront aussi, bien sûr, de répondre aux besoins criants de la région pour des professionnels dans le domaine de la santé.

Enfin, la nouvelle formule de financement des universités avantageuse pour l’UQO. Toutes ces nouvelles auront un impact majeur pour le développement de notre université, mais aussi pour la Ville de Gatineau et pour la population de tout l’Outaouais.

Plusieurs de ces projets faisaient partie des priorités de développement de notre université et contribueront largement à favoriser le rattrapage tant attendu en termes d’offre de programmes et d’infrastructures pour les établissements d’enseignement supérieur en Outaouais, revendiqué depuis 2011 par l’Alliance pour la cause de l’enseignement supérieur en Outaouais.

J’en profite pour remercier tous les partenaires de la région qui ont appuyé les démarches de l’ACESO et qui ont fait du développement de l’enseignement supérieur la priorité no 1 pour la région. Cette mobilisation sans précédent a largement contribué à doter le Cégep de l’Outaouais et le Cégep Heritage College de nouvelles infrastructures et de nouveaux programmes au cours des dernières années. Et c’est maintenant au tour de l’UQO de récolter les fruits de cette mobilisation.

Pour clore la liste des bonnes nouvelles, pour la première fois de son histoire, l’UQO accueillera le congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) en mai 2019, l’un des plus importants rassemblements du monde académique de la francophonie auquel participent annuellement quelque 5 000 scientifiques de tous les secteurs de la connaissance. C’est une occasion exceptionnelle pour l’UQO, la Ville de Gatineau et tout l’Outaouais de rayonner dans la francophonie internationale.

En terminant, je tiens à souligner qu’il ne faut pas oublier notre campus dans les Laurentides. Nous travaillons en étroite collaboration avec la Ville de Saint-Jérôme afin de convenir d’un protocole d’entente qui nous permettra de mettre de l’avant des projets visant le développement de notre campus de Saint-Jérôme et de la Ville. La question de l’agrandissement du campus, qui est actuellement à pleine capacité, fait bien sûr partie des projets à l’étude.

Comme vous pouvez le constater, ce ne sont pas les projets qui manquent. Toute cette effervescence témoigne du dynamisme et de la volonté de notre communauté universitaire à offrir une programmation et des services arrimés aux  besoins de la population de l’Outaouais et des Laurentides.

L'auteur est Denis Harrisson, recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Il a prononcé cette allocution lors du Grand rendez-vous de l'UQO, le 17 mai dernier.

Point de vue

Pour appuyer les communautés face aux catastrophes

Les changements climatiques se font de plus en plus sentir : les saisons pluvieuses sont plus longues, les tempêtes hivernales plus dures et les étés plus chauds et plus secs. Comme conséquences, nous assistons à des inondations extrêmes, des incendies de forêt à grande échelle et plusieurs autres catastrophes naturelles qui mettent en danger la sécurité des Québécois et causent des dommages considérables à nos maisons et nos infrastructures.

Au Québec, nous avons vécu les ravages des inondations du printemps passé. Plusieurs familles ont vécu un traumatisme et, pendant des mois, elles n’ont pu retourner chez elles. Bien après que les caméras aient quitté les lieux inondés, des familles et des communautés déracinées ont dû tout reconstruire.

En raison des changements climatiques, tout indique que des catastrophes comme celles-ci se répéteront et qu’elles seront plus fréquentes et plus intenses. Cependant, nos infrastructures actuelles n’ont pas été conçues pour répondre aux défis climatiques d’aujourd’hui et de demain.

Nous avons entendu nos concitoyens et comprenons qu’il est temps d’investir dans des infrastructures spécifiquement conçues pour résister à ces impacts grandissants.

C’est pourquoi, aujourd’hui (jeudi), le gouvernement du Canada a annoncé le lancement du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophe (FAAC), un nouveau programme national de deux milliards $ qui investira dans des projets appuyant la résilience des collectivités face aux catastrophes. Ces projets pourraient inclure la construction de nouvelles infrastructures telles que des barrages et des digues, ainsi que le renforcement et l’expansion des infrastructures naturelles existantes comme les zones humides. Les résidents doivent être en sécurité et les services communautaires essentiels, comme l’électricité, l’eau, les égouts et les services d’urgence doivent pouvoir continuer à fonctionner pendant les catastrophes naturelles. C’est ce à quoi contribuera ce Fonds.

Les impacts des changements climatiques continueront de croître — tout comme les coûts associés pour y répondre. On estime que la réponse aux impacts climatiques au Canada passera d’un coût annuel de 5 milliards $ en 2020 à 21 à 43 milliards $ d’ici 2050. En faisant des investissements intelligents afin d’adapter nos infrastructures au climat dès maintenant, non seulement protégeons-nous mieux les Québécois lors des catastrophes futures, mais nous réduisons aussi les coûts inévitables qu’elles qu’entraîneront.

Le Québec continuera de vivre les effets des changements climatiques, mais l’annonce d’aujourd’hui en réduira les impacts. C’est un pas dans la bonne direction, mais il est impératif que tous les niveaux de gouvernement continuent leurs efforts pour mitiger ces effets et garantir la sécurité et la qualité de vie de tous les Québécois.

Mélanie Joly
Ministre du Patrimoine canadien et députée d’Ahuntsic-Cartierville

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Rapport d’impôt unique: sortons de l’impasse

La question du rapport d’impôt unique est à nouveau sortie de l’oubli récemment, alors que certains élus ont entrouvert une porte que d’autres leur ont aussitôt refermée sur les doigts… Pourtant, cette idée mérite que l’on s’y attarde sérieusement, car il s’agit d’une occasion d’améliorer l’efficacité de notre appareil gouvernemental.

Le dédoublement des déclarations d’impôt sur le revenu coûte cher aux contribuables. Selon trois évaluations, par l’Agence du revenu du Canada (2009), par le Parti québécois (2010) et par la Commission de révision permanente des programmes (2015), ce dédoublement coûterait entre 400 et 500 millions $ par année. Il s’agit là d’une somme colossale qui serait sûrement mieux employée autrement. 

L’économie budgétaire représente l’un des côtés de la médaille. De l’autre, celui des contribuables, il faut ajouter le coût en temps pour les particuliers et les sociétés : remplir deux déclarations, traiter avec deux agences de revenus en cas de question ou de vérification et plus encore. Selon Statistique Canada, les déclarations d’impôt fédéral et provincial sur les revenus des sociétés sont le facteur principal de coût de conformité à la réglementation.

Toutefois, en dépit du bien-fondé de l’idée de réunir les déclarations de revenus et les agences qui les administrent, nous sommes encore loin du but. L’histoire a démontré que ce dossier achoppe lorsqu’on l’envisage comme des vases communicants constitutionnels, où le gain de l’un est inévitablement la perte de l’autre. Pourtant, l’intégration fiscale permettrait aux deux gouvernements à la fois d’économiser des fonds publics ET de mieux servir les contribuables. Qui dit mieux ?

Tant l’Agence de revenu du Canada (ARC) que Revenu Québec vont certainement résister bec et ongles aux velléités des élus de les saborder au profit de l’autre.  

C’est donc sans surprise que la proposition de l’aile québécoise du Parti conservateur du Canada et la motion votée par l’Assemblée nationale en faveur d’une déclaration d’impôt unique administrée par Revenu Québec a été rejetée sans plus d’égard par le gouvernement fédéral.

Pour sortir de ce coûteux cul-de-sac, nous devons plutôt sortir des sentiers battus et explorer des solutions créatives.

Pensons-y ! Revenu Québec et la section québécoise de l’ARC pourraient être réunis dans une agence en copropriété fédérale-provinciale ayant un conseil d’administration paritaire et une présidence tournante. Autrefois, par exemple, chaque ministère et organisme avait ses propres services d’informatique et d’approvisionnement, alors que de nos jours des centres de services partagés ont été créés. Pourquoi ne pas transposer ce concept aux agences de revenu dans une perspective de coopération fédérale-provinciale ? 

La délégation réciproque représente une autre piste à explorer : Québec pourrait déléguer à l’ARC la charge de percevoir l’impôt sur le revenu des particuliers ; en échange Ottawa déléguerait à Revenu Québec la perception de l’impôt sur le revenu des sociétés, comme c’est le cas pour la TPS depuis 1991. Un arrangement en sens inverse (les particuliers au Québec, les sociétés et la TVQ à Ottawa) est tout aussi envisageable. D’autres idées pourraient aussi émerger.

Dans l’une ou l’autre de ces solutions, chaque gouvernement conserverait l’essentiel de son autonomie au niveau de la politique fiscale. 

Il faut poursuivre ce débat malgré les vents contraires qui, déjà, se sont levés. Nous en appelons aux politiciens des deux ordres de gouvernement de penser à l’intérêt des contribuables et de trouver une solution honorable à ce casse-tête.

L'auteur est Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

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Pour un site du patrimoine

La Fédération Histoire Québec (FHQ) appuie sans réserve la demande de création du site du patrimoine du quartier du Musée soumise par l’Association des résidents de l’île de Hull, la Société d’histoire de l’Outaouais et Michelle Guitard. Ce quartier, épargné en partie par le feu de 1888 et par le grand feu de 1900, présente une valeur exceptionnelle.

Il est au cœur de l’histoire et des institutions francophones de Gatineau et de l’Outaouais et il présente un paysage urbain unique dans la ville de Gatineau. Le quartier du Musée correspond à ces sites patrimoniaux que sont le Vieux-Montréal, le Vieux-Trois-Rivières, le Vieux-Sherbrooke ou le Vieux-Terrebonne, qui présentent une grande valeur identitaire pour ces villes et un potentiel exceptionnel au niveau touristique.

La création d’un site du patrimoine s’inscrit comme la mesure normale et essentielle pour la protection de ce site. Cette mesure n’a-t-elle pas d’ailleurs été recommandée pour le quartier du Musée dans le plan d’urbanisme de la Ville de Gatineau pour contrer les menaces liées à l’insertion résidentielle et au développement des quartiers périphériques ?

Le zonage actuel qui limite la hauteur des bâtiments à trois étages afin de respecter le gabarit des immeubles existants du quartier est une mesure essentielle. Des changements qui permettraient la construction d’édifices à proximité du site qu’ils comportent 10 ou 55 étages auraient les mêmes effets négatifs sur l’avenir du quartier du Musée.

Pour son authenticité, son ancienneté, sa représentativité sur le plan social et architectural et sa rareté à Gatineau, nous considérons que la protection du quartier du Musée dans son ensemble est essentielle pour l’avenir de la ville. Il est impérieux de procéder à la création d’un site du patrimoine reconnaissant la valeur exceptionnelle du quartier et sa préservation définitive. La construction des tours en face du musée signerait l’arrêt de mort du quartier patrimonial, une dévalorisation du Musée canadien de l’Histoire et entraînerait des pertes irréparables d’un point de vue patrimonial, touristique et économique pour votre ville.

Les auteurs sont Clément Locat, président du Comité du patrimoine de la Fédération Histoire Québec et Richard Bégin, président de la Fédération Histoire Québec

Point de vue

À quand un véritable soutien aux salles de cinéma?

Le plus récent budget du ministère des Finances du Québec prévoit un investissement accru dans le domaine de la culture. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour un grand nombre d’acteurs impliqués dans le milieu.

Toutefois, à l’heure où des changements profonds modifient l’ensemble de l’écosystème de diffusion de la culture, la diffusion du cinéma québécois ne figure clairement pas dans les priorités. Force est d’admettre que les salles de cinéma ne bénéficient d’aucun soutien financier de la part du gouvernement, qui apporte pourtant son aide à d’autres secteurs dans le domaine. Il est possible d’affirmer que le financement s’applique à toute la chaîne de création des films, mais s’arrête à leur diffusion. Plutôt incongru, vous ne croyez pas?

Contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, les salles de cinéma ne sont pas que des lieux pour engloutir du maïs soufflé tout en jouant aux arcades. En plus de constituer des créateurs de milliers d’emplois et tout spécialement pour nos jeunes, les salles représentent la rampe de lancement des films, ce qui permet de générer l’intérêt du public et l’exploitation des films sur toutes les autres plateformes, aujourd’hui incontournables. Les salles de cinéma représentent également, dans de nombreuses régions du Québec, des lieux culturels uniques favorisant les rencontres entre cinéphiles.

Le gouvernement affirme vouloir rendre la culture plus accessible et on s’en réjouit. La question suivante se pose toutefois : comment peut-on contribuer au succès et au rayonnement de notre cinéma si le domaine de la diffusion n’est pas reconnu et soutenu? L’avenir de l’industrie du cinéma au Québec en dépend pourtant.

À titre de président de la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ), qui représente 75 % du box-office au Québec, j’espère fortement que la nouvelle politique culturelle du Québec, attendue prochainement, répondra véritablement aux besoins spécifiques du secteur de la diffusion cinématographique en salle.

Notre cinéma mérite des salles en santé et toujours à la page des plus récentes avancées. Depuis la dématérialisation de notre médium, les salles de cinéma sont devenues des lieux, notamment en région, où autant d’œuvres et d’artistes peuvent partager leur passion et s’éveiller à la cinématographie locale.

De plus, la CSCQ se questionne sur la façon dont seront distribués les fonds inclus dans l’enveloppe de 60 millions$ remise à la SODEC, plus spécifiquement quels seront les critères d’admissibilité et les conditions. Est-ce que les salles de cinéma seront prises en compte? Des solutions seront-elles proposées pour venir concrètement en aide aux salles présentes à travers la province? La transformation technologique des salles fera-t-elle partie des priorités?

Un autre enjeu nous apparait majeur, soit la loi québécoise non écrite qui prescrit présentement une fenêtre de 100 jours d’exclusivité de diffusion en salle, mais qui est de moins en moins respectée. Nous croyons que la politique culturelle a le pouvoir de changer les choses pour le mieux, par exemple en s’inspirant de la France et en adoptant une loi de 90 jours d’exclusivité sur grand écran. Cela aurait des répercussions très positives sur la vitalité de notre cinématographie locale.

Cette nouvelle politique culturelle du Québec arrive donc à point. Nos attentes sont élevées dans un contexte où l’avenir du cinéma en salle et le succès des films d’ici sont constamment remis en question. Espérons que cette politique soit l’occasion rêvée de valoriser la diffusion de notre cinéma, qui contribue activement au rayonnement de la culture québécoise.

Éric Bouchard, Président de la Corporation des salles de cinéma du Québec

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À vous la parole

Vous voulez réagir à l'actualité? Écrivez à editorial@ledroit.com. Ne seront publiées que les lettres portant les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de l'auteur. Seuls le nom et le lieu de résidence apparaîtront.

Déçue de mon conseiller

À mon conseiller Gilles Carpentier,

Vous avez voté contre la citation patrimoniale du quartier du Musée. Je vous avoue que j’ai été déçue. J’aimerais vous demander de ne pas jouer à l’autruche, car tout ce débat pour ou contre la citation patrimoniale est aussi un débat pour ou contre la spéculation immobilière, dont les tours Brigil sont un bel exemple, dans ce quartier riche en histoire et victime de sa proximité d’Ottawa. La densification doit se faire à hauteur  humaine avec un concept qui rappelle l’architecture historique de ce quartier. Dans le cas contraire, rien qui existe aujourd’hui ne sera préservé, la qualité de vie des résidents sera compromise et les traces de l’histoire seront effacées.

Olive Kamanyana, Gatineau

Point de vue

Un service responsable d’alcool grâce à la formation

Le dépôt du projet de loi 170, qui modifie les lois sur l’alcool, avait constitué une immense déception pour Éduc’alcool et bien d’autres organismes soucieux de prévention, de sécurité et de santé publiques. Les nombreuses mesures pour satisfaire les demandes de l’industrie de la restauration et des bars et les multiples allègements réglementaires étaient loin d’être contrebalancés par des exigences minimales en matière de service responsable d’alcool.

Faisant fi des recommandations des experts à l’effet d’imposer la formation Action Service de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec à tout employé appelé à servir de l’alcool, le gouvernement se contentait de proposer que seuls les propriétaires ou les gérants d’établissements soient tenus de la suivre. Pourtant, il est scientifiquement démontré qu’une formation obligatoire au service responsable de l’alcool aide les serveurs et les établissements à remplir leurs obligations légales et contribue à réduire la conduite avec les facultés affaiblies ainsi que les épisodes de violence et autres méfaits sociaux.

Éduc’alcool avait tenté de son mieux, tant en commission parlementaire que dans l’opinion publique, de faire valoir l’insuffisance de l’approche du projet de loi 170, les propriétaires étant souvent absents des établissements et alors que les serveurs sont au cœur de l’efficacité de cette mesure. Il arrive cependant que des commissions parlementaires permettent de changer le cours des choses. Parfois même pour le mieux. Cela a été le cas ici.

D’une part, la prise de position d’Éduc’alcool a bénéficié de beaucoup d’appuis parfois prévisibles, comme celui de MADD — les mères contre l’alcool au volant, de l’Association de santé publique du Québec, de l’Institut national de santé publique du Québec, de la Direction nationale de la santé publique et parfois moins attendus, comme celui des associations des propriétaires de bars.

Mais surtout, à la suggestion de l’opposition officielle et avec l’appui de la deuxième opposition, le gouvernement a permis l’adoption d’une mesure qui fera en sorte qu’il soit obligatoire d’avoir en tout temps sur le plancher, dans tout établissement licencié, au moins un employé qui aura suivi la formation. Ce n’est certes pas la solution optimale, mais c’est une amélioration, insuffisante, quoiqu’indiscutable, du texte de loi original.

Il faudra bien un jour en arriver à ce que tous les serveurs aient une formation obligatoire comme c’est le cas dans pratiquement toutes les autres provinces au pays. En attendant, reconnaissons-le, Éduc’alcool a suffisamment critiqué les dispositions initiales du projet de loi pour ne pas souligner cette petite avancée.

Enfin, une bonne nouvelle! Pourvu qu’elle soit annonciatrice d’autres.

Hubert Sacy, Directeur général d’Éduc’alcool