Vers un renouvellement de l’éducation universitaire en Ontario français

À vous la parole
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Le Droit
OPINION / Comme elle l’a fait depuis maintenant 60 ans, l’Université Laurentienne accueille en ces premiers jours de septembre une nouvelle cohorte d’étudiantes et d’étudiants d’expression française à Sudbury et aussi en ligne.

Alors que notre communauté universitaire se prépare à une année de célébrations de son histoire, nous invitons la communauté à se joindre à nous pour rendre hommage aux visionnaires tels CANO, les fondateurs du drapeau Franco-Ontarien, et j’en passe, qui sont passés par chez nous et qui ont donné à l’Ontario français plusieurs de ses grands projets de société.

Si la suspension de programmes en français a fait couler beaucoup d’encre au fil de l’été, je vous invite de considérer avec nous le potentiel qu’offre ce renouvellement académique et comment, ensemble, nous continuerons à tracer le chemin vers l’avenir pour notre collectivité.

La Laurentienne a une riche tradition comme incubateur du talent de chez nous et d’ailleurs. Dès ses débuts, elle a surtout été un phare lumineux de l’éducation de langue française en Ontario, offrant tout un éventail de programmes qui ont soutenu les ambitions et aspirations de jeunes francophones qui ont marqué notre communauté, notre province, notre pays.

À la suite du combat de la communauté Franco-Colombienne qui a mené à la récente victoire du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) en Cour suprême et face à la campagne en appui au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, nous comprenons l’anxiété face aux coupures et aux menaces qui semblent se multiplier en éducation et les craintes de notre communauté. Les francophones de l’Ontario ont historiquement été mis en marge de l’éducation et ont dû livrer de durs combats pour obtenir le droit à l’éducation de langue française : l’abolition du Règlement 17, la crise scolaire de Sturgeon Falls et de Penetanguishene, et les négociations qui ont menés à la création de l’Université de Sudbury et de l’Université Laurentienne — tous font partie de notre histoire et de notre identité linguistique militante.

C’est dans ce contexte que nous comprenons pourquoi la suspension aux admissions de 17 options de programmes à faible inscription à La Laurentienne, dont 9 de langue française, a fait beaucoup réagir.

Pourtant, la révision de l’offre de programme s’inscrit dans un exercice et dans une vision de renouvellement qui se produit régulièrement dans les universités. Car pour demeurer fidèle à notre mission envers la communauté Franco-Ontarienne et pour améliorer l’offre de programmes les plus pertinents pour les notre société actuelle, La Laurentienne doit se réinventer : nous sommes, après tout, l’institution qui a créé des programmes innovateurs et populaires de langue française, tels Droit et justice, Administration des affaires, Orthophonie et Zoologie.

Alors que nous célébrons notre histoire, ensemble, nous nous tournons vers l’avenir et le prochain 60 ans de la Laurentienne et de notre société. Notre plan stratégique et notre nouveau plan académique (approuvé en juin dernier) visent le renouvellement de nos programmes et assurent un espace dynamique francophone dans notre communauté universitaire. Nous nous penchons notamment sur l’enrichissement de nos programmes en français, ainsi que l’amélioration de la possibilité d’études bilingues.

Avec notre mandat triculturel et notre engagement ferme envers la Francophonie, la Laurentienne alimente la relève, cette prochaine génération de jeunes artistes, juristes, environnementalistes, enseignants, et autres chefs de file francophones que réclament nos communautés.

Vous aurez toujours votre place chez nous et nous vous invitons à continuer de faire partie intégrale de ce beau projet de société qu’a toujours été votre Laurentienne.

Nous demeurons ce phare lumineux qui rassemble notre communauté, qui soutient les aspirations de notre jeunesse, et qui annonce l’avenir de notre collectivité.

Robert Haché, PhD

L’auteur est recteur et vice-chancelier de l’Université Laurentienne à Sudbury