Le Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta
Le Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Université en français : ça vaut la peine de se battre, surtout en Alberta

À vous la parole
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Le Droit
OPINION / Je pouvais à peine parler français lorsque je suis arrivé au Campus Saint-Jean à l’automne 1988, prêt à étudier au campus francophone de l’Université de l’Alberta. J'étais dans une ascension linguistique et personnelle.

Je pouvais à peine parler français lorsque je suis arrivé au Campus Saint-Jean à l’automne 1988, prêt à étudier au campus francophone de l’Université de l’Alberta. J'étais dans une ascension linguistique et personnelle.

J'ai obtenu mon diplôme, enrichi par une langue seconde, et avec des expériences qui ouvriraient des centaines de portes au cours des trois prochaines décennies.

Cette année, pour la première fois, plus de 1 000 étudiants sont inscrits. Certains sont membres de la communauté francophone dynamique de l'Alberta, 65% sont des étudiants en provenance de l’immersion qui poursuivent leur parcours académique et d'autres commencent tout juste à étudier en français.

Le jour de la remise des diplômes, ces étudiants auront acquis une formation de premier cycle de classe mondiale, offerte entièrement en français. C'est la seule expérience universitaire de ce genre à l'ouest du Manitoba ; elle a permis le succès de finissants réputés, notamment des leaders au niveau des arts, de l'éducation, de la justice, des affaires, des sports et du gouvernement.

Alors que l'Alberta entame l'élaboration d'un plan d'éducation postsecondaire 2030, le moment est venu pour une vision qui comprend un Campus Saint-Jean fort et dynamique, soutenu par un véritable partenariat entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral.

Alors que l'éducation postsecondaire est la responsabilité du gouvernement provincial, le gouvernement fédéral finance également des institutions qui soutiennent les communautés de langue officielle en situation minoritaire, dont le Campus Saint-Jean. Protéger cette institution vitale est à la fois un droit fondamental au cœur de notre Constitution et une occasion de vivre les valeurs de notre communauté aujourd'hui.

Plus que jamais, alors que nous traversons la crise de la COVID-19, nous devons assurer l'avenir de nos jeunes. L'éducation est la clé de cet avenir. Il est donc logique que l'Alberta et le Canada travaillent ensemble pour élaborer un plan à long terme pour le Campus Saint-Jean et les générations de francophones et de francophiles à venir.

La communauté francophone de l’Alberta a toujours joué un rôle essentiel dans notre vie provinciale. Mais ce qui n'est peut-être pas visible pour de nombreux Canadiens, c'est la popularité croissante de la vie en français dans notre province.

L’Alberta abrite la troisième plus grande minorité francophone du Canada après l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, et la troisième plus grande communauté de nouveaux arrivants francophones à l’extérieur du Québec.

Entre les recensements de 2001 et de 2016, le nombre d'Albertains déclarant le français comme langue maternelle a augmenté de 31%. La participation des jeunes de l’Alberta aux programmes d’immersion française est la plus élevée au pays.

Le potentiel d’étudiants pour le Campus Saint-Jean grandit à pas de géant. Mais les chiffres ne racontent qu'une partie de l'histoire.

Le Campus Saint-Jean a un rôle essentiel à jouer dans l’avenir de l’Alberta. Le Canada est un vaste pays, avec une attention importante portée au centre. Alors que les Albertains s'unissent pour surmonter la double menace de la faiblesse des prix mondiaux du pétrole et de la pandémie, nous devrons développer des alliés et des amis. Qui de mieux que les diplômés du Campus Saint-Jean, formés chez-nous en français, pouvant partager l’histoire de l’Alberta, en journalisme, en sciences, en éducation et dans les coulisses du pouvoir ?

L'ancien premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein, a autrefois qualifié le Campus Saint-Jean de « secret le mieux gardé de l'Alberta ». Cet automne, mille étudiants sont maintenant dans le secret. L'Université de l'Alberta, la province et le pays bénéficieront de la promotion, du financement et de la célébration de leurs parcours.

L'auteur du texte est Randy Boissonnault, diplômé et ancien chargé de cours du Campus Saint-Jean. Il a été député d'Edmonton-Centre et secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien lors de l'élaboration du Plan d'action 2018-2023 sur les langues officielles.