Maxime Pedneaud-Jobin désirait une équipe forte pour faire écho à sa voix au conseil municipal mais la population n’a pas suivi avec le même enthousiasme.

Une ville, un conseil divisé

ÉDITORIAL / Sans grande surprise, Maxime Pedneaud-Jobin a obtenu un second mandat à la mairie de Gatineau, hier. Mais son parti, Action Gatineau, n’a toujours pas levé. Le maire sortant n’a pu obtenir la majorité qu’il a réclamée haut et fort pendant toute la campagne électorale. Pour quatre autres années, les Gatinois auront un conseil municipal constamment menacé par la division.

Gatineau, ville en croissance, doit plutôt parler d’une voix forte et le maire aura la responsabilité de négocier une majorité d’appuis autour de la table. 

On pourra conclure que la division du vote d’opposition a beaucoup facilité la tâche au maire sortant. Ensemble, les ex-conseillers Denis Tassé et Sylvie Goneau auraient défait M. Pedneaud-Jobin. Mais désunis, ils lui ont pavé la voie à une autre victoire facile. Un peu en recul, certes, sur les 52,6 % de 2013 mais une quinzaine de points de pourcentage de priorité demeure très confortable. 

C’est au niveau des 18 quartiers de Gatineau que le réel suspense s’est fait sentir et tout indique que ce suspense se poursuivra pour quatre autres années.  

M. Pedneaud-Jobin désirait une équipe forte pour faire écho à sa voix au conseil municipal mais la population n’a pas suivi avec le même enthousiasme.

Au second essai de sa courte histoire, Action Gatineau mord donc la poussière une deuxième fois. 

À sa première course, en 2013, le parti avait fait élire quatre conseillers. Les résultats d’hier ont démontré une légère progression mais nous sommes encore loin de la majorité souhaitée par le maire.

Est-ce simplement la météo qui a poussé plus de 60 % des gens à bouder les bureaux de scrutin ? À peine 38,5 % des Gatinois se sont donné la peine de voter, ce 5 novembre. Il y a quatre ans, ils avaient été 41,9 %.

La force organisationnelle du parti Action Gatineau a peut-être été surévaluée ; une machine électorale sait fait sortir le vote malgré la pluie. 

La brochette de ses candidats a-t-elle déçu la population ?

Difficile de pointer le programme puisque d’un côté, son principal architecte et porte-parole, M. Pedneaud-Jobin, a été réélu. Si la population s’opposait à ses idées, elle ne l’aurait pas réélu. 

Il faut conclure qu’il existe encore passablement de grogne contre la partisanerie associée à un parti politique. Pendant la campagne, plusieurs citoyens disaient s’opposer plus à l’idée d’un parti qu’aux candidats d’Action Gatineau. Nous constatons que leur opinion a rallié une majorité de Gatinois... du moins ceux qui se sont exprimés.

Ce conseil divisé sera donc à l’image de l’opinion publique de Gatineau. 

Même la communauté d’affaires ne réussit pas à parler d’une voix forte et unique. Jusqu’à la toute fin de la campagne, les gens d’affaires ont soutenu deux messages parfois contradictoires. Sur l’un de ses principaux enjeux, la question des tours Brigil, le sondage Le Droit-104,7 FM a démontré que les Gatinois se retrouvent en deux clans presque égaux. Le maire s’y est opposé ouvertement depuis plus d’un an. Il doit reconnaître que sa légitimité est limitée sur le sujet. Le litige demeure et il ne faut pas que le conseil passe quatre autres années à ergoter sur le fil du rasoir. Au moins l’avenir de l’aréna Robert-Guertin est réglé. 

La Ville de Gatineau doit être au rendez-vous de sa croissance et de son essor. Elle n’a pas quatre années à perdre en viles prises de bec. Le maire a hérité de la responsabilité de trouver un chemin acceptable pour faire coïncider les intérêts des Gatinois et de sa communauté d’affaires qui en assure sa prospérité, dans le respect des règles et d’une vision collective partagée.