Une balade en vélo pour mieux comprendre le racisme

OPINION / Monsieur le premier ministre du Québec,Au sujet de la question du racisme au Québec, et de sa nature — systémique ou pas — j’aimerais vous partager un fait vécu. Il y a une semaine, en lors une balade à vélo, je me disais : « ah, mais je me sens en forme ce matin, mes jambes font un excellent travail, ça avance tellement bien ! ». En prenant une pause pour boire, une autre personne, venant de la direction opposée, s’arrête au même endroit, et me dit : « Elle est un peu fatigante, cette brise. » 

C’est à ce moment que je me suis rendu compte de la brise légère, qui me poussait dans le dos et qui me rendait la vie facile. Cette brise était imperceptible en filant vers l’Est, mais j’allais vraiment la remarquer en retournant chez moi.

Il en est ainsi du racisme. Comme homme blanc, je n’ai jamais senti le vent de face que sont les micro- ou macro-agressions, personnelles, professionnelle ou systémiques envers les personnes de couleur, les autochtones et les Québécois d’adoption. Je n’ai jamais eu à faire d’efforts spéciaux pour être accepté, respecté comme Québécois à part entière. J’ai eu le vent dans le dos toute ma vie…

M. Legault, je vous crois bien si vous dites que vous n’avez pas l’impression qu’il y a de vent contraire de racisme systémique au Québec. Peut-être que vous aussi, comme moi, avez roulé avec le vent dans dos. Ce que je vous suggérerais, en cette saison de vacances, c’est de faire quelques kilomètres avec des gens qui vivent ce vent de face tous les jours de leur vie. Informez-vous auprès de vos collègues et connaissances. Laissez-vous être touché par ce qu’ils auront à vous conter.

J’espère vous voir en septembre avec une nouvelle appréciation du travail qu’il nous reste à faire pour bâtir un Québec plus juste.

L'auteur de cette lettre est Gilles Cloutier, de Gatineau.