Comme une amibe qui change sa forme au rythme de ses besoins, la Maison de la francophonie dans l’ouest d’Ottawa s’est métamorphosée au fil des ans et des idées.

Une avancée pour l’ouest d’Ottawa

ÉDITORIAL / Vendredi, le gouvernement de l’Ontario a annoncé une contribution de 8,95 millions $ au projet de la Maison de la francophonie de l’ouest d’Ottawa. Nous nous gardons de claironner trop vite que tous les éléments sont maintenant en place pour qu’elle se concrétise enfin. La patience est une vertu dont ont fait preuve tous ses artisans, particulièrement ceux de la première heure, au terme de plus d’une douzaine d’années d’efforts.

En effet, c’était en 2004 que l’expert-conseil Ronald Bisson remettait une étude de faisabilité aux trois porteurs du projet initial qu’étaient la Coopérative Ami Jeunesse, le Centre communautaire Franc-Ouest et le regroupement du Centre Soleil d’Ottawa-Ouest. Voilà bien un autre dossier où les Franco-Ontariens ont démontré une ténacité hors du commun. Les multiples embûches ont provoqué autant de délais qui, sans paraître insurmontables, ont testé son endurance. Elle n’a jamais fléchi et alors que 2017 tire à sa fin, elle a reçu un coup de pouce qui semble démontrer que sa réalisation aboutira. La tenue d’élections prochaines en Ontario n’y aura sans doute pas été étrangère...

Comme une amibe qui change sa forme au rythme de ses besoins, la Maison de la francophonie dans l’ouest d’Ottawa s’est métamorphosée au fil des ans et des idées. Mais trois volets tentaculaires se nourrissent et se complètent les uns les autres : communautaire, éducatif et culturel. Elle sera située dans l’ancienne école anglophone Grant, au 2720 chemin Richmond, près de la sortie Greenbank de l’autoroute Queensway. On a espéré y voir une clinique médicale, une résidence pour aînés, un gymnase, un centre communautaire offrant des camps de jour, des services aux aînés, aux défavorisés, aux nouveaux arrivants francophones, une garderie, un campus satellite pour le collège La Cité, une bibliothèque, une salle de spectacles, etc. Ceci est à la fois un témoignage de l’imagination de ses idéateurs, mais encore davantage un déplorable constat de la pénurie de services en français dans cette partie de la Ville d’Ottawa. C’est pourquoi les autorités municipales, même au gré des changements d’élus, ont pas mal toujours appuyé ce que l’on a longtemps appelé la Coopérative multiservices francophone de l’ouest d’Ottawa (CMFO). Parce qu’elle promettait de répondre à une vaste demande de services en tous genres dans le secteur ouest. 

D’une certaine manière, la Maison de la francophonie jouera un rôle semblable à ce qu’a été, pour le secteur est, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans. 

Le hasard a voulu que l’annonce de ce nouvel appui financier, vendredi, passe un peu inaperçue puisqu’elle est survenue quelques heures à peine après le vote final qui a vu l’Assemblée législative adopter le projet de loi 177 qui garantit un minimum de services en français à la Ville d’Ottawa, la création de l’Université de l’Ontario français et la gestion « par et pour » les francophones du Centre Jules-Léger. Encore à célébrer la promulgation officielle, la communauté franco-ontarienne a trop ignoré cette autre bonne nouvelle. 

Nous ne dirons jamais assez l’impact considérable que pourra jouer cette future Maison de la francophonie de l’ouest d’Ottawa. Elle constituera un pôle d’attraction essentiel pour les quelque 35 000 francophones et 75 000 francophiles du secteur. Malgré ce poids démographique considérable, la population francophone dans l’ouest a toujours été sous-estimée, car elle n’a pas de quartier à elle. Il n’y a que ses écoles – une douzaine pour les conseils catholique et public réunis ! – qui témoignent de cette vitalité potentielle. Souhaitons-lui que cet appui s’avère l’ultime étape avant sa création.