Un retour à l’école préoccupant pour les parents, éducateurs et élus

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
OPINION / Un plan clair, élaboré en consultation des autorités scolaires et des experts de la santé, est-ce que les Ontariennes et les Ontariens espéraient pour avoir confiance en un retour en classe sécuritaire. Jeudi dernier, le gouvernement conservateur a cédé à la pression publique et a dévoilé un plan pour la rentrée scolaire, un plan qui inquiète et déçoit par ses incohérences et le manque de ressources. Ce plan d’environ 300 millions représente moins que 10 % de l’investissement proposé par les libéraux.

En tant que mère de quatre enfants, je suis préoccupée par le plan conservateur. Le système de cohortes différentes d’un conseil scolaire à l’autre crée des inégalités entre les élèves. En plus de la qualité de l’éducation, ces inégalités auront un impact sur la santé mentale des élèves pour qui la stabilité du milieu scolaire contribue à atténuer le stress et l’anxiété. Le plan libéral élimine cette inégalité en invitant 100 % des étudiants à aller à l’école dans des salles de classe de taille réduite.

Le plan proposé ne répond tout simplement pas aux règles d’or auxquelles le gouvernement fait constamment référence, soit la distanciation, le lavage des mains régulier et le nettoyage à l’école. Pourtant, l’organisme SickKids, que le gouvernement dit avoir écouté, préconise un retour en classe à temps plein en personne, avec des stratégies appropriées pour assurer la sécurité de tous.

En tant qu’ancienne présidente d’un conseil scolaire francophone en Ontario, je suis stupéfiée que le gouvernement ne fournisse pas aux conseils scolaires les ressources additionnelles suffisantes pour mettre en place le plan qu’il impose. Le plan proposé par Ford manque à l’appel pour permettre le recrutement de suffisamment de nouveaux concierges afin d’assurer un nettoyage adéquat et l’acquisition de nouveaux espaces pour la distanciation physique nécessaire. Par exemple, pour Ottawa le plan de Ford propose 53 nouveaux concierges additionnels, soit un pour quatre écoles. Toutefois, je crois qu’il est nécessaire d’investir dans la sécurité de nos étudiants et c’est pour cela que notre plan propose 500 nouveaux concierges et gardiens.

En tant que députée provinciale pour les familles et élèves d’Ottawa-Vanier, je suis déçue, mais pas surprise. Je crois que l’éducation est la racine de notre société et si on veut voir un arbre grandir, on ne coupe pas les racines. Pourtant c’est ce que ce gouvernement a fait dès qu’il est entré au pouvoir. L’investissement dans notre système d’éducation est ce qui permettra à tous de réussir et de contribuer à une économie vibrante et inclusive, pandémie ou pas, mais encore plus maintenant. Car il n’y a pas de relance de l’économie sans une relance de l’éducation. Nous devons simplement nous en donner les moyens et notre plan libéral est en ligne avec les observations des experts dans ce domaine.

Lucille Collard, députée Ottawa-Vanier