Nous méritons mieux. Nos patient-e-s méritent mieux. À quand un système de santé dont nous serons fières?
Nous méritons mieux. Nos patient-e-s méritent mieux. À quand un système de santé dont nous serons fières?

Travailleuses de la santé, nous exigeons d’être reconnues à notre juste valeur

Collectif
Collectif
POINT DE VUE / Monsieur le premier ministre. Nous sommes des femmes travailleuses de la santé et des alliées en colère. Nous exigeons d’être reconnues à notre juste valeur. Pour nos compétences. Pour notre professionnalisme. Aujourd’hui, nous, les élues de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec | Secteur privé (FIQP) et les militantes portons la voix de nos 76 000 membres professionnelles en soins et vous disons : « C’est assez! ».

Laissez-nous vous rappeler que nous ne sommes plus les religieuses ou les gardes-malades d’une autre époque. Nous sommes en 2020. La société a évolué, nos professions aussi. Nous suivons des années de formation postsecondaire, collégiale, universitaire ou postuniversitaire pour devenir infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes ou perfusionnistes cliniques. Nous passons des heures et des heures en stage, réussissons des évaluations et des examens tout cela, pour des salaires et des conditions de travail déplorables!

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous vous disons que nous n’acceptons plus d’être traitées avec mépris et condescendance. Nos patient-e-s ont besoin du meilleur de nous-mêmes, nos familles, aussi! Comme tout le monde, nous avons aussi une vie à l’extérieur des murs des établissements du réseau de la santé. Nous sommes filles, mères, amies, proches aidantes, citoyennes.

Non, ce n’est pas normal!

Entendez-nous! Ce n’est pas normal ce que nous vivons. Devoir travailler sans relâche parce qu’il n’y a personne pour prendre le relais. Aller au travail en devant planifier chaque fois un plan B au cas où du temps supplémentaire obligatoire (TSO) nous serait imposé. Terminer son quart de travail en se disant qu’on aurait pu faire plus, faire mieux. Venir à bout de respecter notre propre code de déontologie à cause de la surcharge de travail que nous vivons au quotidien. Travailler sans être adéquatement protégée alors qu’une pandémie nous frappe de plein fouet. Par hasard, est-ce qu’on enverrait un pompier dans une maison en feu sans équipement adéquat? C’est pourtant une obligation de tous les employeurs de veiller à la santé et à la sécurité de ses travaileurs-euses, mais le gouvernement échoue à ses propres exigences.

Ce n’est pas normal de se battre encore pour réclamer un traitement respectueux, juste, équitable et digne. Notre réalité, c’est aussi celle de milliers de femmes qui œuvrent dans le réseau public. Nous sommes des milliers, entre autres dans le réseau de la santé et de l’éducation, à avoir des conditions de travail déplorables, car nous sommes majoritairement des femmes, et ce n’est pas normal! Nous en avons des solutions pour concilier famille, travail et études. Vous n’avez qu’à nous écouter pour devenir un employeur de choix.

Vous nous reprochez que nous ne travaillons pas à temps plein. Mais qui accepterait de travailler à temps plein dans de telles conditions de travail? Qui veut d’un poste à temps complet exercé dans une cage dont les verrous sont fermés à double tour? Alors, nous choisissons, malgré les inconvénients financiers, un horaire à temps partiel qui nous permet d’avoir un minimum d’emprise sur notre vie et qui, par la force des choses devient à temps plein à cause de toutes les heures supplémentaires qui s’y rajoutent. Il est inacceptable, voire inconcevable, que notre réseau public de santé fonctionne ainsi en 2020! Comment se fait-il que les agences de placement privées aient compris nos obligations en dehors du travail? Comment se fait-il que d’autres employeurs reconnaissent notre expertise et notre réalité, mais pas l’État québécois ?

Nous vous interpellons aujourd’hui parce que vous avez le pouvoir d’améliorer nos conditions de travail. Le jour où vous mettrez nos solutions en place, où vous reconnaîtrez nos professions à leur juste valeur, où vous déploierez des ratios sécuritaires professionnels en soins/patient e-s, où vous interdirez à vos gestionnaires d’utiliser le temps supplémentaire obligatoire comme outil de gestion, l’exode des professionnelles en soins vers le privé ou ailleurs cessera.

Nous méritons mieux. Nos patient-e-s méritent mieux. À quand un système de santé dont nous serons fières? Nous sommes partie prenante de la solution depuis toujours. Écoutez-nous! Agissez!


Nancy Bédard, présidente de la FIQ

Sonia Mancier, présidente de la FIQ | Secteur privé

Shirley Dorismond, vice-présidente coresponsable du secteur Condition féminine de la FIQ

Nous signons solidairement :

Kathleen Bertrand, présidente, FIQ - SPS du Nord-de-l’Île-de-Montréal; Stavros Birbatakos, président, FIQ  - SPS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal; Julie Bouchard, présidente, FIQ - SPS du Saguenay - Lac-Saint-Jean; Sébastien Bouchard, président, SIIQ - Syndicat interprofessionnel de la santé de l’IUCPQ; Guy Brochu, président, SPPSS du CHUM; René Yves Cantin, président, SNII Baie James; Élise Champoux, présidente par intérim, SPIC de l’Institut de Cardiologie de Montréal; Denis Cloutier, président par intérim, FIQ - SPS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal; Stéphane Cormier, président, FIQ - SI de Lanaudière; Julie Daignault, présidente, FIQ - SPS des Laurentides; Véronique Éthier, présidente, FIQ - SISS de l’Abitibi-Témiscamingue; Cyril Gabreau, président, SNII Baie d’Hudson; Mélanie Gignac, présidente, FIQ - SPS de Montérégie-Ouest; Denis Grondin, président, FIQ - SPS de Montérégie-Centre; Patrick Guay, président, FIQ - SPS de l’Outaouais; Nancy Hogan, présidente, SICHU de Québec; Véronique Houde, présidente, SII Baie d’Ungava; Patricia Lajoie, présidente, FIQ - SPS de la Capitale-Nationale; Annik Léonard Fournier, présidente, SIIA du Centre Champlain de Gatineau; Laurier Ouellet, président, FIQ - SPS de Chaudière-Appalaches; Nathalie Perron, présidente, FIQ - SPS de la Mauricie et du Centre-du-Québec; Brigitte Petrie, présidente, FIQ - SPS de Montérégie-Est; Louise Quirion, présidente, Syndicat des Professionnelles en soins de Québec; Françoise Ramel, présidente par intérim, FIQ - SPSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal; Johanne Riendeau, présidente, FIQ - SPSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal; Isabelle Roy, présidente, Syndicat régional des professionnelles en soins du Québec; Sophie Séguin, présidente, FIQ - SPS des Cantons-de-l’Est; Sandra Seto, présidente, SPSIC du CUSM; Cindie Soucy, présidente, FIQ - SPSICR du Bas-Saint-Laurent; Martine Tremblay, présidente, L’Alliance Interprofessionnelle de Montréal.