Si Gatineau s’était appelée Hull

OPINION / L’ex-maire Yves Ducharme s’est laissé aller à des confidences à la suite des propos que j’ai tenus au chroniqueur Denis Gratton du Droit et publiés le 3 août dernier. Il n’a pas aimé que je traite de simple «légende urbaine» son histoire sur le choix du nom de la nouvelle ville par le Comité de transition de l’Outaouais (CTO) au printemps 2001. M. Ducharme a révélé avoir obtenu de la ministre des Affaires municipales du temps, Mme Louise Harel, l’assurance que la nouvelle ville fusionnée s’appellerait Hull en échange de son soutien au projet de fusion. Il soutient que l’avant-projet de loi 170 portait d’ailleurs le nom de Hull pour la nouvelle ville. Il raconte aussi que le vice-premier ministre du Québec de l’époque, M. Bernard Landry, aurait déclaré qu’il opposerait son veto à tout nom anglais qui pourrait être suggéré pour la nouvelle ville.

M. Ducharme ne prétend pas que le CTO était au courant de ce qu’il révèle aujourd’hui, ni que le comité ait obéi à quelque directive politique que ce soit dans sa recommandation en faveur du nom Gatineau. Il n’explique pas non plus comment il comptait gérer le risque que ses manœuvres déclarées auprès de la ministre Harel auraient pu avoir sur son éventuelle candidature à la mairie de l’ensemble des citoyens de la nouvelle ville.

Bref nous sommes ici en face d’une histoire que nous ne connaissions pas, qui aurait peut-être pu arriver, qui n’est pas arrivée et dont un volet (celui de Bernard Landry) n’a pas eu à subir le test de la réalité parce que le nom proposé par le CTO au gouvernement n’était pas anglais!

Quoi dire de plus si ce n’est que le nom d’une ville est une question identitaire qui demande au moins une génération pour s’implanter et que les dirigeants d’une nouvelle communauté doivent privilégier les gestes rassembleurs aux combines.

J’invite les lecteurs que la chose intéresse à consulter les documents qui suivent pour se rafraichir la mémoire sur le processus rigoureux suivi par le CTO pour choisir le nom de la nouvelle ville et la consultation publique pour obtenir des suggestions de noms dans le journal Le Droit du printemps 2001.

Gilbert Lacasse, au nom de l’équipe du Comité de transition de l’Outaouais.