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Une marche a été organisée en hommage aux deux enfants tués à Wendake le 11 octobre 2020.
Une marche a été organisée en hommage aux deux enfants tués à Wendake le 11 octobre 2020.

Santé mentale et Premières Nations: pour éviter d’autres drames

Konrad Sioui
Konrad Sioui
Collaboration spéciale
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CHRONIQUE / Le 11 octobre dernier, au lendemain de la Journée mondiale de la santé mentale, notre Nation a été marquée par un drame innommable, soit celui de la mort tragique à Wendake de deux enfants tués dans la nuit par leur père. C’était la première fois que cette Journée mondiale prenait ici autant d’importance et commandait des entrevues journalistiques sur le sujet. Nous étions en plein temps de pandémie et autant les enfants que les adultes cherchaient toujours à comprendre ce qui se passait et ce qui allait arriver dans le futur, non seulement pour eux, mais aussi pour l’avenir de notre Terre-Mère.  

C’est dans cet esprit que j’ai été réveillé très tôt le lendemain matin, par nos forces de l’ordre, qui me demandaient d’accourir sur les lieux du drame pour prendre connaissance de la très sensible situation, dans un premier temps. On m’a mis au courant des faits tout en m’expliquant les étapes en cours et celles à venir, menées par les différents corps de police affectés à cette délicate opération. 

Sur les lieux du crime, j’ai pu rencontrer le regard de nos valeureux policiers, les yeux rougis par la peine et l’incompréhension. Ces deux petits frères ne méritaient sûrement pas de mourir et encore moins de cette façon. Je pensais aux familles brisées pour toujours et surtout à la maman qui allait devoir affronter l’impensable. Des drames du même genre nous avaient déjà bouleversés, mais nous ne voulons pas croire qu’il s’en produira d’autres et surtout pas chez nous, à Wendake.

Dans mes échanges avec nos gens et avec les différents médias couvrant l’événement, il fallait aborder la question de la santé mentale et ses graves conséquences. Cette maladie toujours trop ignorée ou si peu commentée venait nous frapper de plein fouet et nous interpeller avec effroi. Nous devions en prendre conscience et agir rapidement afin de mieux outiller nos institutions vouées aux soins médicaux. En ce sens, autant les deux paliers supérieurs de gouvernement se sont engagés sur-le-champ à investir considérablement dans la santé mentale. Cet engagement doit se poursuivre et être inscrit comme une priorité à long terme, dans la préparation des budgets gouvernementaux.                                                                           

Nous avons été témoins à Wendake de différentes initiatives, dont le déploiement d’une équipe de psychologues et d’intervenants, pour soutenir les gens ébranlés par le drame. Nos jeunes femmes et jeunes hommes ont aussi convoqué toute la population à une marche de solidarité et d’espoir. Nous avons également marché pour la lutte contre le suicide et pour de meilleurs soins de première ligne. 

Puisque le cœur, le corps et l’esprit sont interconnectés, il est crucial de mettre tout en œuvre pour protéger nos plus démunis et ceux et celles qui souffrent en silence. Le décès, le mois dernier de Raphaël Napa André, un Innu de 51 ans trouvé mort dans une toilette chimique de Montréal, est venu nous rappeler cette cruelle réalité.

Ravages de la pandémie

Il y aura bientôt un an que notre monde fait face à une des pires crises planétaires et cette pandémie a déjà fait de nombreux ravages au sein de toutes les couches de notre société. Le temps est aujourd’hui à l’action provenant de l’ensemble de la société civile. 

Nous réalisons plus que jamais toute l’importance de la solidarité humaine et du besoin de cette réconciliation, prélude à tout exercice de reconnaissance mutuelle. Ce que la COVID-19 et ses variants nous auront peut-être laissé en héritage, c’est cette nécessaire conviction que nous sommes tous et toutes liés par un seul destin, soit celui d’assurer à nos prochaines générations, un avenir libre de discrimination sous toutes ses formes. 

Nous avons fait des pas de géant en très peu de temps et nous avons pris conscience collectivement du besoin de ne laisser personne en dehors du Cercle. Cela doit passer par des actions concrètes comme la formation d’intervenants et une véritable prise en charge de notre avenir collectif. Nous travaillons tous et toutes pour la même cause : l’avenir de nos enfants sur notre Terre-Mère.