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Retour sur 2020: les leçons tirées de la pandémie

À vous la parole
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Le Droit
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OPINION / Au cours de l’année, les villes canadiennes, et chacun de leurs résidants, ont cherché des moyens d’améliorer la qualité de vie en milieu urbain malgré la pandémie de COVID-19. Parallèlement et pendant sept mois, la Commission de la capitale nationale (CCN) a mené des projets pilotes qui l’ont armée de données sur le transport actif et la qualité de vie. Elle a donc une bonne idée de ce que souhaitent les citadins comme « nouvelle norme », même lorsque la pandémie sera terminée.

Du printemps à l’automne 2020, la CCN a ouvert ses promenades aux gens plutôt qu’aux voitures, fermant à la circulation automobile l’essentiel des 100 km de ses routes, à divers moments au cours de la semaine. C’est elle qui affiche le pourcentage de fermetures à cette fin le plus élevé au Canada. En réservant ces voies au transport actif, comme le vélo, le patin à roues alignées et la marche, la CCN a généré plus de 700 000 visites de résidants et de visiteurs, qui ont ainsi profité sainement et agréablement du grand air. Huit mille d’entre eux ont répondu à un sondage en ligne, dont les résultats sont pertinents bien au-delà de la seule région de la capitale du Canada.

Le jour, pendant les weekends, la CCN a fermé à la circulation automobile deux importantes routes urbaines est-ouest (les promenades). Puis, tous les jours au cours de l’été de 8 h à 20 h, un tronçon additionnel de 2,5 km le long du canal Rideau. Enfin, dans la vaste aire protégée de la capitale qu’est le parc de la Gatineau, elle a réservé au transport actif les promenades panoramiques qui traversent le secteur sud du parc, sauf les dimanches après-midi.

Qu’avons-nous appris?

Le sondage en ligne a révélé que 95 % des répondants appuyaient l’initiative de la CCN pour diverses raisons – la principale étant la chance de pouvoir prendre l’air sainement, avec d’autres, à un moment où ils avaient désespérément besoin d’un répit de la pandémie. Certains ont aimé pouvoir découvrir de nouveaux quartiers et faire une activité extérieure en famille, en l’absence du bruit des moteurs et des émissions d’échappement.

Le résultat le plus parlant a été que le nombre d’usagers des promenades a augmenté tandis qu’elles étaient fermées à la circulation. C’est-à-dire que le nombre d’adeptes de la marche, de la course, du vélo, du patin à roues alignées ou autre qui ont utilisé l’infrastructure de la CCN durant les « fermetures » a été plus élevé que le nombre de voitures qui les ont empruntées lorsqu’elles étaient « ouvertes ». La plus grande leçon à retenir, pour les urbanistes et les décideurs, est qu’il y a là une excellente occasion de récupérer les voies publiques au profit des personnes plutôt qu’à celui des véhicules.

Tandis qu’elle intègre ces résultats et planifie l’année qui vient, la CCN souhaite réduire les obstacles pour les personnes qui n’ont pas pu profiter de ses projets pilotes jusqu’à maintenant. À la CCN, nous sommes animés par l’idée de rendre les installations de notre

organisation plus accessibles en explorant le potentiel de services tels qu’une navette électrique sur les promenades du parc de la Gatineau et la location de vélos électriques, et en assurant une meilleure coordination en matière d’accès aux transports en commun. Reconnaissant l’importance de la connectivité des voies de circulation, la CCN cherche, avec ses partenaires municipaux, à créer un réseau plus solide. À une époque où nous devons réduire dramatiquement les émissions de gaz à effet de serre, il n’a jamais été aussi important de promouvoir le transport durable.

Faire preuve de leadership en facilitant la pratique sûre d’activités extérieures pendant la pandémie a été et demeure important pour la CCN, une société d’État fédérale ayant pour mandat national de voir à ce que la capitale reflète les valeurs du pays. Que ces expériences coïncident avec le 50e anniversaire du programme des vélos-dimanches est des plus qu’approprié. Il faut savoir qu’en 1970, la CCN a été la première autorité au Canada à fermer certaines de ses promenades aux voitures sur une base régulière.

Certes, les profondes perturbations occasionnées par la COVID-19 ont rendu l’innovation nécessaire. Mais personne n’avait alors prévu le bilan et le coût de la pandémie. Son impact et les leçons à en tirer auront un écho pendant un certain temps encore.

Le point positif est que les nouvelles pratiques exemplaires, comme de « rendre les promenades aux promeneurs », sont peut-être là pour rester, offrant aux résidants et aux visiteurs de la capitale une nouvelle et encore meilleure expérience; un exemple national d’amélioration de la qualité de vie dans nos villes.

L'auteur, Tobi Nussbaum, est le premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale.