«Le temps est venu, même et peut-être surtout en ce temps difficile de pandémie d’inscrire notre nouvelle identité de famille reconstituée que le Québec est devenu, dans une Constitution nationale dont j’ai présenté, ces derniers jours aux journaux un préambule possible sous forme d’une Déclaration d’identité du peuple québécois», estime Denis Forcier. 
«Le temps est venu, même et peut-être surtout en ce temps difficile de pandémie d’inscrire notre nouvelle identité de famille reconstituée que le Québec est devenu, dans une Constitution nationale dont j’ai présenté, ces derniers jours aux journaux un préambule possible sous forme d’une Déclaration d’identité du peuple québécois», estime Denis Forcier. 

Reconstituer la famille québécoise, une priorité pour le PQ

POINT DE VUE / Le Parti québécois est officiellement en campagne à la chefferie. Les quatre candidats, Gaudreault, St-Pierre Plamondon, Bastien et Nantel, tous valables et intéressants, seront-ils capables d’insuffler un supplément d’âme à ce parti moribond? 

Ce sera difficile. Car pour y arriver, ils devront mettre l’accent sur la nécessité de reconstituer la grande famille québécoise, en lui offrant un plan crédible pour retrouver sa pleine reconnaissance nationale au Canada, mais expliquant aussi qu’en cas d’échec, la seule option restante et digne sera l’indépendance. 

Il faudra au PQ, et à ses quatre aspirants à la chefferie, d’abord le reconnaitre. Notre grande famille traditionnelle a été divisée en 1982 par le rapatriement de la Constitution canadienne sans le Québec, lequel fut le fait des nôtres, Pierre-Eliott Trudeau en tête. Appuyé par ses 74 députés fédéraux, sauf un, il nous a, en fait pour 1000 ans, comme il l’a dit à l’époque, conféré un statut de province au Canada, plutôt que celui de nation, lui et ses députés choisissant dorénavant d’appartenir à une nouvelle famille, laquelle est appelée avec fierté, aujourd’hui, par son fils Justin, et premier ministre, la post-nation canadienne. 

Notre nation ainsi écrasée, cette famille brisée a tenté de se réunir à nouveau avec Bryan Mulroney et Robert Bourassa forts de l’appui de René Lévesque en 1987. Mais ce fut l’échec de cette tentative de réconciliation «dans l’honneur et l’enthousiasme» en 1990, avec ce qu’on a appelé la mort de Meech.

La dernière tentative, mais cette fois-là, de vivre en tant que famille monoparentale uniquement, fut le fait de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Mario Dumont, avec un référendum sur l’indépendance en 1995. Malheureusement, ce fut un autre échec laissant nos esprits troublés, entre l’impression de vol mais aussi d’amertume inopportune. 

Les quatre candidats à la chefferie du Parti québécois

Depuis, le mouvement indépendantiste attend de nouvelles conditions gagnantes comme on attend le messie, sachant bien qu’au fond elles ne viendront sans doute jamais, d’où la déliquescence politique du Parti québécois qui les espère toujours, de chef en chef, encore et encore...peut-être dans 1000 jours comme le disait Bernard Landry. 

Malgré ce fatidique échec de 95, notre famille brisée et esseulée s’est reconstituée petit à petit, mais en mode pluri-uni-culturelle, soit une famille dorénavant plurielle, non plus que canadienne-française ( QS en est un peu l’illustration par son membership plus proche des minorités en tout genre... ), unique par sa diversité (Montréal et le «Bonjour-Hi» l’illustre de façon choquante), mais en même temps, unie par des valeurs particulières en terre d’Amérique par exemple, la laïcité à notre manière, et se réclamant, en conséquence, d’une seule culture, la québécoise capable d’allier notre engouement sportif pour le Canadien, trop souvent anglophone, et celui pour nos artistes, y compris Martha Wainright, lesquels (es) chantèrent le 23 juin qu’en français.

Le temps est venu, même et peut-être surtout en ce temps difficile de pandémie d’inscrire notre nouvelle identité de famille reconstituée que le Québec est devenu, dans une Constitution nationale dont j’ai présenté, ces derniers jours aux journaux un préambule possible sous forme d’une Déclaration d’identité du peuple québécois. Et comme je l’ai aussi envoyé en copie à Pascal Bérubé, le chef par intérim du Parti québécois, j’estime que celui-ci devrait en informer rapidement les quatre prétendants à la chefferie.

Car, à ce moment-ci de notre histoire, ces quatre hommes ne peuvent passer à coté de la nécessité de redonner à notre famille nationale toute sa fierté, surtout en ces temps difficiles où notre peuple doit composer avec une hécatombe dans nos CHLSD, des accusations de «racisme systémique», une nécessaire mise sous respirateur artificiel par les fonds publics d’un fleuron qui nous est cher, le Cirque du Soleil, ce qui nous fait bien mal au coeur, au coeur d’une difficile reprise économique.