Selon la professeure Francine Sinclair, le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, « laisse sous-entendre que les professeures et professeurs de l’UQO, ainsi que les officiers syndicaux qui les représentent, sont dépourvus de toute réflexion critique lorsqu’ils prennent position sur les enjeux qui les concernent ».

Quelle gestion participative?

Ayant été à la direction de mon département pendant près de six ans, membre de la sous-commission des études et de la commission des études, c’est avec consternation que j’ai pris connaissance des propos du recteur de l’Université du Québec en Outaouais, Denis Harrisson.

Le ton et les arguments avancés peinent à cacher une certaine forme de mépris envers les professeures et professeurs. Ainsi selon lui, les professeures et professeurs seront désormais « obligés de prendre leur responsabilité » en assumant les tâches administratives qui leur sont dévolues. 

Considère-t-il que ce n’est pas le cas en ce moment ? Si oui, comment l’expliquer ? Est-il légitime de penser que les conditions nécessaires au modèle de cogestion ne sont pas réunies ? 

Si « la cogestion repose sur la bonne entente », la bonne entente elle, n’est possible que dans un contexte où le respect, la confiance et la transparence font partie de l’équation. Or de quel type de cogestion est-il question lorsque la direction considère qu’elle « cède ses pouvoirs » ou encore, qu’il est légitime de « préserver ses droits » ? Il semble s’agir d’une cogestion forcée ou à tout le moins à géométrie variable, plutôt qu’une réelle volonté de partager les responsabilités. Que la cogestion soit enchâssée dans la convention collective ne garantit en rien qu’elle soit mise en œuvre de bonne foi. 

Enfin, le recteur connaît le poids des mots. Ce n’est donc pas sans en connaître le sens qu’il fait référence à une supposée « idéologie syndicale ». Il laisse sous-entendre que les professeures et professeurs de l’UQO, ainsi que les officiers syndicaux qui les représentent, sont dépourvus de toute réflexion critique lorsqu’ils prennent position sur les enjeux qui les concernent. C’est bien mal parti pour susciter une « attitude participative » !

Francine Sinclair, Ph.D., Professeure honoraire à l'Université du Québec en Outaouais.