Québec, de nouveau le mouton noir

Le ROC (Rest of Canada) doit s’ennuyer du tandem Charest-Couillard qui faisait l’apologie d’un Québec bien intégré dans le giron fédéraliste avec le Conseil de la fédération, sorte de mascarade de faux débats avec de faux amis.

Aux yeux du ROC, l’arrivée du «francophone» Justin Trudeau et du nationaliste François Legault consacrerait la suprématie d’un nouveau «French Power» dans la gouvernance canadienne. Cette vision tronquée, déformée par le prisme embué d’effluves pétrolières, n’accepte pas que le Québec se tienne debout et revendique de nouveaux pouvoirs.

Avant d’aller plus loin, il est opportun de défaire le mythe qui veut qu’un premier ministre canadien-français fasse des passe-droits à l’égard du Québec. Depuis Wilfrid Laurier jusqu’à aujourd’hui, en passant par Trudeau (PET), grand responsable de l’affaiblissement collectif des Québécois, par Jean Chrétien qui a enterré Meech avec son potentiel d’avenir et Justin Trudeau qui fait mine actuellement de se rapprocher du Québec pour engranger des votes, tous ces premiers ministres n’ont pas avantagé les Québécois. Bien au contraire, ils ont plutôt défendu les intérêts ontariens et ceux de l’Ouest pétrolier.

Les propos parfois racistes de certains dirigeants provinciaux à l’égard des propositions de François Legault démontrent une méconnaissance profonde des demandes traditionnelles du Québec. Contester la péréquation que reçoit le Québec sans tenir compte d’un calcul par habitant qui le place au milieu du peloton des provinces, prétendre qu’il se paie des services sociaux de luxe sur leurs bras, alors qu’il a été prouvé que ces mêmes services sont financés à même les impôts et les taxes des Québécois, sont le reflet d’une pure mesquinerie. Tout cela devrait les inciter à offrir des services équivalents à leur population, en modifiant leur fiscalité à la hausse. Peut-être cesseraient-ils alors de casser du sucre sur le dos du Québec et de son premier ministre?

Depuis l’à-plat-ventrisme des Charest et Couillard dans leur positionnement vis-à-vis le Canada, le ROC a de la difficulté à accepter que le Québec prenne sa place. Quand ce dernier ose le faire, il s’expose à devenir le mouton noir canadien.

Marcel Perron, Neuville