La surveillance ponctuelle des patinoires extérieures est actuellement en vigueur dans plusieurs municipalités.

Pour une surveillance ponctuelle et une plus grande accessibilité des patinoires extérieures

POINT DE VUE / Les organisations s’inspirent souvent des meilleures pratiques de leur secteur pour s’améliorer.

J’ai récemment proposé au Service des loisirs de la Ville de Québec de mettre de l’avant une surveillance ponctuelle des patinoires extérieures. Actuellement, la Ville fait une surveillance complète des patinoires extérieures, un peu comme pour les piscines. Le coût de la surveillance limite les heures d’ouverture. La surveillance ponctuelle permet d’allonger les heures d’ouverture et, possiblement, de réduire les coûts en mettant l’accent sur des besoins plus proches de la réalité (un peu comme la Ville l’a fait cet automne dans le dossier des brigadiers scolaires). Mais elle refuse d’aller de l’avant sous prétexte d’une «responsabilité civile additionnelle», selon l’avis du Service des affaires juridiques.

Pourtant, la surveillance ponctuelle des patinoires extérieures est actuellement en vigueur dans plusieurs municipalités, notamment à Sherbrooke, Blainville et Ottawa. Ainsi, les jours de semaine, les patinoires de ces villes sont ouvertes à compter de 10h (plutôt qu’à partir de 16h à Québec) et il n’y a qu’une surveillance ponctuelle, pondérée par les variations de fréquentation de chaque patinoire. Cette surveillance pourrait être faite par des employés qui font la tournée des patinoires. Cette amélioration de l’accessibilité est significative: plusieurs personnes peuvent vouloir patiner le matin la semaine: des retraités, des travailleurs à horaire variable, etc. De plus, cette approche contribue à réduire la pénurie de main-d’oeuvre puisque le nombre de surveillants est moindre. C’est ce qui a incité la Ville de Blainville à aller de l’avant.

Cette position du Service des affaires juridiques de la Ville est surprenante puisque ses patinoires et ses pavillons de service (ainsi que ses piscines et autres équipements) sont, à mon avis, très bien entretenues. Des investissements sont faits régulièrement pour les garder à niveau: raison de plus pour en faire profiter les citoyens au maximum.

Quoi qu’il en soit, il reste que les villes mentionnées assument depuis plusieurs années «le risque supplémentaire» lié à une surveillance ponctuelle et cela, sans qu’il y ait eu de problèmes particuliers. Je ne crois pas qu’on puisse invoquer une contrainte particulière pour Québec. L’exploitation de patinoires extérieures est finalement assez simple et similaire de ville en ville: il n’y a pas ici de situations complexes. Bien plus, d’autres organismes de la région de Québec sont aussi allés de l’avant avec une pratique de surveillance ponctuelle ou pas de surveillance: la CCBN (ski de fond sur les Plaines), la SEPAQ (dans les sentiers de randonnée pédestre) et même la Ville avec le parc linéaire de la Rivière-Saint-Charles. Dans chaque cas, les risques pour les usagers et les règles liées à l’activité (par exemple, interdiction de flâner) sont affichés clairement et les participants savent qu’ils sont responsables de leur propre sécurité. Bien plus, il est aussi possible d’installer des caméras de surveillance qui sont très dissuasives pour quiconque pourrait avoir un comportement mal adapté. La Ville maîtrise très bien cette technologie.

Je n’ai pas eu le sentiment que cette proposition a été sérieusement envisagée. Je me suis plutôt heurté à une bureaucratie qui tergiverse et qui s’appuie sur un avis du Service des affaires juridiques qui semble incapable de faire la part des choses, comme l’ont pourtant fait leurs collègues d’autres villes. L’expérience des autres villes aurait dû être prépondérante pour évaluer la proposition. On espère une volte-face des instances décisionnelles de la Ville puisque les loisirs sont importants pour les humains et les installations de la région sont cruciales pour cela, d’autant plus que les villes accaparent une partie très importante de la richesse collective.