« La recherche démontre que le dualisme canadien est lié au bilinguisme officiel qui favorise le respect pour la diversité et le multiculturalisme », souligne l'auteur John E. Trent Fellow.

Pour un réel changement de culture à Ottawa

Extrait d’une présentation lors du colloque multiculturel sur l’égalité des langues officielles à Ottawa, organisé par Dialogue Canada, le 21 octobre 2017.

On doit admirer l’astuce de la stratégie de Nathalie Des Rosiers, la députée d’Ottawa-Vanier à l’Assemblée législative de l’Ontario. Elle a trouvé une façon d’inscrire dans la Loi sur la Ville d’Ottawa plusieurs articles confirmant que le Règlement sur le bilinguisme et la politique sur les services bilingues seront protégées – et ça avec l’assentiment du maire Jim Watson. 

Il s’agit d’un grand pas en avant. Mais ce n’est que le début d’un processus plus large. Nous avons toujours voulu la reconnaissance légale du bilinguisme dans la capitale à la fois parce qu’elle est une protection pour le bilinguisme et les droits de la communauté franco-ontarienne mais aussi parce que c’est un pas vers un but plus significatif : implanter une culture de bilinguisme à Ottawa.

La recherche démontre que le dualisme canadien est lié au bilinguisme officiel qui favorise le respect pour la diversité et le multiculturalisme. Toujours est-il que les règles du bilinguisme doivent devenir une culture où les traits intellectuels et les formes sociales se développent pour qu’Ottawa devienne une métropole multiculturelle.

Ottawa y arrivera si un programme sérieux de bilinguisme donne à la ville une reconnaissance internationale et nationale démontrant que la ville est un centre ouvert et accueillant pour attirer davantage de tourisme, de conférences internationales et de commerce global.

Quand Ottawa sera reconnu pour sa réelle culture bilingue, elle attirera des milliers de Canadiens qui se sentiront mieux accueillis dans leur capitale.

Une culture de bilinguisme créera aussi un sens de respect mutuel qui apportera l’énergie et la confiance, sources de projets conjoints d’envergure.

Comment faire tout ça? Le maire Watson et son conseil doivent créer un comité politique du Conseil sur le bilinguisme regroupant des membres influents du conseil, de l’administration et de la société civile – surtout de la communauté franco-ontarienne. Il doit développer des programmes qui rendront le bilinguisme vivant et progressif. Enfin, le gouvernement fédéral doit s’assurer que la Commission de la capitale nationale et le ministère des Travaux publics fassent en sorte que leurs locataires projettent et respectent le bilinguisme officiel.

L'auteur est John E. Trent, du Centre d’études en gouvernance de l’Université d’Ottawa.