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Dans sa chronique mensuelle, Konrad Sioui portera un regard critique et objectif sur les événements récents qui ont chamboulé notre société et qui ont apporté un nouvel éclairage sur la réalité sociopolitique des Premières Nations.
Dans sa chronique mensuelle, Konrad Sioui portera un regard critique et objectif sur les événements récents qui ont chamboulé notre société et qui ont apporté un nouvel éclairage sur la réalité sociopolitique des Premières Nations.

Place au dialogue sur les réalités autochtones

Konrad Sioui
Konrad Sioui
Collaboration spéciale
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CHRONIQUE / Il y a quelques années, le Musée de la civilisation a présenté une merveilleuse exposition sur les Premières Nations et les Inuit au Québec. Ce qui la différenciait des autres, c’était son caractère authentique, qui nous rendait tellement fiers d’avoir pu contribuer directement à sa réalisation. Le musée nous offrait l’opportunité de parler pour nous-mêmes et c’est ce que nous recherchons aujourd’hui en présentant notre propre version de l’histoire. 

Dorénavant, on allait nous lire et nous entendre raconter les faits et les événements, tel que notre tradition orale et nos récits nous l’ont enseigné. Que de chemin parcouru quand même en si peu de temps!                                              

Au cours de cette chronique mensuelle, nous porterons un regard critique et objectif sur les événements récents qui ont chambardé notre société et qui nous ont apporté forcément un nouvel éclairage sur la réalité sociopolitique des Premières Nations. 

Nous ne voudrons pas parler des affaires autochtones uniquement lorsque nous aurons à réagir à des crises, mais plutôt en prenant conscience de cette réalité avec laquelle nous devons maintenant composer en tant que société moderne et pluraliste. 

En même temps, nous jetterons un regard sur certains événements qui ont eu comme conséquence de nous faire réfléchir sur le genre de société dans laquelle nous voulons vivre et évoluer.            

Nous aborderons, par exemple, le phénomène de la représentativité autochtone dans les médias et dans le domaine de la culture et des arts. Dans le contexte de la pandémie et du confinement, plus de ressources humaines et financières sont exigées dans le domaine criant de la santé physique et psychologique. 

Nous ne tenterons pas de faire porter le blâme ni la faute sur qui que ce soit, mais plutôt de trouver des solutions justes et équitables et d’acceptabilité sociale, gage d’un avenir meilleur autant pour nos aînés que pour nos enfants. 

Tout cela exige patience et humanisme plus particulièrement lorsque la pauvreté vient porter atteinte dramatiquement à la qualité de vie de nos jeunes familles. 

Femmes autochtones et conditions de vie

Bien sûr, nous examinerons où nous en sommes rendus avec toutes ces commissions d’enquête portant plus particulièrement sur les femmes autochtones et sur les conditions de vie au sein de nos Nations. 

Nous allons réfléchir à certaines pistes de solution, sachant que personne ne possède la recette magique. Les questions environnementales nous interpellent tous et toutes et doivent être au cœur de notre débat de société, tout en tenant compte de notre nécessaire besoin de développement économique et d’amélioration de la qualité des infrastructures au sein de nombreuses communautés. 

Nous voudrons également nous intéresser à l’adoption par le Canada et le Québec de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. 

Nous examinerons les enjeux juridictionnels liés à son adoption et ses conséquences réelles sur notre avenir collectif. Serons nous toujours forcés de nous soumettre aux juridictions convenues dans la constitution canadienne avec un simple pouvoir de délégation d’autorité? Et quels effets directs auraient l’adoption de la Déclaration universelle sur toute la notion de territorialité et d’accès aux ressources naturelles pour l’ensemble des Premières Nations? 

Cette prise de conscience des réalités autochtones doit nous servir, comme société, à nous faire avancer vers plus d’autonomie et plus de prise en charge de notre propre destinée. 



« Cette prise de conscience des réalités autochtones doit nous servir, comme société, à nous faire avancer vers plus d’autonomie et plus de prise en charge de notre propre destinée. »
Konrad Sioui

Bien sûr, il y a l’archaïque Loi sur les Indiens qui est un vestige du colonialisme et porteuse de toutes les peines du monde. Mais cette Loi ne contient-elle pas aussi des obligations issues des traités historiques conclus entre la Couronne et de nombreuses Premières Nations? Le gouvernement fédéral n’est-il pas le fiduciaire et le protecteur des peuples autochtones au Canada? Et quel est le rôle des gouvernements provinciaux face à leurs propres juridictions, en matière autochtone? Et qu’en est-il au juste du financement de nos institutions et de notre gouvernance? 

Des pas de géants

Nous avons fait des pas de géant depuis la dernière décennie et nous devons construire sur ces avancées afin de permettre aux générations qui nous suivent d’assurer leur place au soleil. 

Aujourd’hui, nos alliés sont nombreux et nos voisins nous reconnaissent et sont de véritables partenaires dans une foule de secteurs, allant du domaine des sports au milieu des affaires et des différents partenariats culturels et sociaux. 

Notre défi collectif demeure celui de s’associer autour du grand Cercle, sans aucune discrimination et viser notre autodétermination en tant que peuples égaux en droit et en responsabilité. La victimisation ne sera jamais une réponse à nos défis collectifs. 

Ouvrons le dialogue, dans un véritable esprit de reconnaissance mutuelle.