Le drapeau franco-ontarien est hissé là où tous peuvent le voir.

Solidaire dans la «Résistance»!

ÉDITORIAL / Pour les Franco-Ontariens, l’histoire tend malheureusement à se répéter. Ce qui a été gagné de haute lutte est une fois de plus remis en question par un gouvernement qui débarque et fait abstraction de l’histoire et de la loi.

Le premier ministre Doug Ford sait manifestement peu de choses des Franco-Ontariens. En bon populiste, il leur a tenu un discours rassurant lors de sa campagne, discours qu’il a oublié sitôt aux commandes.

Surprise ! Comme Mike Harris avant lui, M. Ford est en train de réaliser qu’il est difficile de passer un sapin aux électeurs francophones. Ils sont du genre coriace et capables de résister aux erratiques chauffeurs de rouleau compresseur.

Comme vous l’avez sans doute constaté au cours des derniers jours, les journalistes du Droit sont aux premières loges de ce nouveau face-à-face pimenté de rebondissements. Et ils vont le demeurer.

Dans l’opération «Résistance» en cours, le quotidien Le Droit est solidaire de la communauté franco-ontarienne qu’il dessert depuis maintenant plus d’un siècle. Il est solidaire comme le sont d’ailleurs leurs voisins québécois et l’ensemble des francophones du pays qui ont vivement réagi à cette attaque inacceptable.

Rien ne justifie de faire table rase de l’histoire et des droits acquis des francophones vivant en Ontario. Et rien n’excuse l’équipe des progressistes-conservateurs ontariens de renier sans vergogne leurs engagements de campagne.

Le Droit ne va donc pas faire abstraction de ses 105 ans d’histoire, de vigilance et d’action aux côtés des francophones de l’Ontario et ne va donc pas rester les bras croisés.

Ceci étant, les journalistes de la salle de rédaction du Droit vont continuer de respecter les plus hautes normes éthiques de la profession, comme ils le font dans l’ensemble des dossiers qu’ils traitent. Notre position éditoriale fortement critique de l’action du gouvernement Ford à l’égard des Franco-Ontariens ne change rien au fait que nos journalistes vont poursuivre leur mission d’information honnêtement, en toute transparence et équité.

Ils vont suivre l’actualité de près, être présents lors des activités et manifestations, poser à toutes les parties impliquées les questions qui s’imposent, solliciter des experts pour obtenir leurs analyses et, enfin, commenter en chronique ou en éditorial les aléas de cette nouvelle saga.

Une richesse à exploiter

Permettons-nous un peu d’optimisme. Le premier ministre Doug Ford a pris le risque de réveiller l’ours qui sommeillait. Il a rapidement pris la mesure de son erreur et tenté de la corriger, sans perdre la face.

Il eût, bien sûr, mieux valu qu’il réinstalle immédiatement François Boileau dans son fauteuil de commissaire aux services en français en lui restituant sa totale indépendance. Il eût mieux valu qu’il respecte l’engagement plusieurs fois répété de procéder à la mise sur pied d’une université francophone à Toronto. Mais il y a maintenant le désir de tous les partis au palier fédéral d’intervenir pour protéger les droits des francophones vivant en situation minoritaire.

Le contexte suggère en conséquence qu’il y a des points à marquer et des gains potentiels à faire. Une fois encore, il faut patiemment faire la démonstration que le bilinguisme en Ontario est une richesse et que le gouvernement provincial a tout intérêt à exploiter et à faire fructifier!

L’implication des partis fédéraux dans ce dossier peut en fait permettre au premier ministre Doug Ford de rétablir les acquis sans avoir trop l’air de reculer puisque les changements n’étaient qu’une question d’économie. La situation peut même permettre aux Francos-Ontariens de renforcer les protections en place et, qui sait, peut-être gagner de nouveaux outils de développement.

Comme le dit si bien la devise du Droit: L’avenir est à ceux qui luttent!