Pierre-Paul Noreau

L’audace comme nouvel ancrage

ÉDITORIAL / La direction du Droit propose ce matin son point de vue éditorial dans le dossier régional de l’heure, soit celui de la citation patrimoniale du quartier du Musée. En clair, nous partageons nos vues sur la pertinence d’y construire les tours emblématiques proposées par la firme Brigil.

Notre intervention est une contribution au débat public. Et cette prise de position, doit-on préciser, n’engage que la direction et n’altère en rien l’indépendance du travail des journalistes de la salle de rédaction.

La direction du Droit prend aujourd’hui résolument fait et cause pour l’audace. À notre avis, Gatineau en manque malheureusement et, malgré ses immenses atouts, peine à se faire valoir comme un milieu de vie vraiment attractif pour les joueurs majeurs qui dynamisent une communauté au point de faire LA différence, que ce soit en technologie, en économie ou en culture.

L’érection de deux tours au concept architectural contemporain et raffiné s’imposerait sans nul doute comme la nouvelle signature visuelle gatinoise. Ces nouveaux vigiles transmettraient haut et fort vers l’extérieur un puissant signal : ville d’avant-garde, ville ouverte, ville d’action !

Ça ne veut pas dire que Gatineau, ville verte, ville de vélo, championne du recyclage, renonce à la qualité de vie de ses résidents. Pas le moindrement. Il s’agit simplement d’ajouter un nouvel ancrage majeur et déterminant à la signature locale : l’audace. Un ancrage qui fera contrepoids aux épithètes trop souvent ressassées à l’extérieur à propos de la métropole outaouaise : « ville de fonctionnaires » et « ville dortoir ».

Sur la question plus précise de la citation patrimoniale qui sera à l’enjeu pour les membres du conseil municipal mardi, nous n’adhérons pas à l’argument fataliste qui la justifie dans sa forme actuelle, soit que la construction des tours équivaut à la disparition inexorable de tout ce qui reste de patrimoine au centre-ville.

Soutenir cet argument fait à notre avis injure à l’intelligence et au doigté des élus et des fonctionnaires de Gatineau. Ils ont maintes fois démontré dans le passé leur savoir-faire et leur grande capacité à concilier des intérêts. Ils sont donc tout à fait en mesure d’utiliser au meilleur escient les outils à leur disposition pour protéger ce qu’il y a vraiment à protéger sans « geler » dans un carcan la totalité du quartier.

Notre vision est que les tours peuvent au contraire devenir un outil performant de mise en valeur patrimoniale. Leurs très importantes retombées économiques donneront en effet à la Ville de Gatineau les moyens qui lui manquent pour investir dans une revitalisation respectueuse du passé et susceptible de caractériser le quartier en améliorant rapidement ce qui doit impérativement l’être.

D’autres grandes villes ont réussi cet arrimage entre modernité et patrimoine. Pourquoi Gatineau en serait-elle incapable ? Convenons en passant que la rue Laurier est un endroit qui devrait pouvoir accueillir des insertions de prestige.

Y a-t-il des efforts supplémentaires à investir de la part du promoteur pour générer un concept à la hauteur de sa demande exceptionnelle ? La Ville a le devoir d’être exigeante, tout autant qu’elle doit elle-même accepter de réfléchir à l’extérieur du cadre devant ce projet hors norme.

En conclusion, mentionnons que l’entreprise Brigil et la Ville de Gatineau sont deux partenaires très importants et très respectés pour Le Droit. Et sur la base des excellentes relations entretenues avec les représentants des deux organisations, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver une solution satisfaisante pour des esprits ouverts et raisonnables.

Pierre-Paul Noreau

Alain Guilbert, une passion pour l’information

ÉDITORIAL / Nous publions aujourd’hui dans nos pages l’avis de décès de M. Alain Serge Guilbert. Alain, comme tout le monde l’appelait, a été mon rédacteur en chef au Soleil dans les années 1980. Il était devenu depuis longtemps un ami que j’avais toujours grand plaisir à retrouver.

Son décès survenu à la suite de la crise cardiaque qui l’a foudroyé il y a quelques jours laisse dans le deuil son épouse Céline, ses enfants et petits-enfants, mais également toute la grande famille de l’information au sein de laquelle il a œuvré pendant plusieurs années.