Pierre-Paul Noreau

Solidaire dans la «Résistance»!

ÉDITORIAL / Pour les Franco-Ontariens, l’histoire tend malheureusement à se répéter. Ce qui a été gagné de haute lutte est une fois de plus remis en question par un gouvernement qui débarque et fait abstraction de l’histoire et de la loi.

Le premier ministre Doug Ford sait manifestement peu de choses des Franco-Ontariens. En bon populiste, il leur a tenu un discours rassurant lors de sa campagne, discours qu’il a oublié sitôt aux commandes.

Surprise ! Comme Mike Harris avant lui, M. Ford est en train de réaliser qu’il est difficile de passer un sapin aux électeurs francophones. Ils sont du genre coriace et capables de résister aux erratiques chauffeurs de rouleau compresseur.

Comme vous l’avez sans doute constaté au cours des derniers jours, les journalistes du Droit sont aux premières loges de ce nouveau face-à-face pimenté de rebondissements. Et ils vont le demeurer.

Dans l’opération «Résistance» en cours, le quotidien Le Droit est solidaire de la communauté franco-ontarienne qu’il dessert depuis maintenant plus d’un siècle. Il est solidaire comme le sont d’ailleurs leurs voisins québécois et l’ensemble des francophones du pays qui ont vivement réagi à cette attaque inacceptable.

Rien ne justifie de faire table rase de l’histoire et des droits acquis des francophones vivant en Ontario. Et rien n’excuse l’équipe des progressistes-conservateurs ontariens de renier sans vergogne leurs engagements de campagne.

Le Droit ne va donc pas faire abstraction de ses 105 ans d’histoire, de vigilance et d’action aux côtés des francophones de l’Ontario et ne va donc pas rester les bras croisés.

Ceci étant, les journalistes de la salle de rédaction du Droit vont continuer de respecter les plus hautes normes éthiques de la profession, comme ils le font dans l’ensemble des dossiers qu’ils traitent. Notre position éditoriale fortement critique de l’action du gouvernement Ford à l’égard des Franco-Ontariens ne change rien au fait que nos journalistes vont poursuivre leur mission d’information honnêtement, en toute transparence et équité.

Ils vont suivre l’actualité de près, être présents lors des activités et manifestations, poser à toutes les parties impliquées les questions qui s’imposent, solliciter des experts pour obtenir leurs analyses et, enfin, commenter en chronique ou en éditorial les aléas de cette nouvelle saga.

Une richesse à exploiter

Permettons-nous un peu d’optimisme. Le premier ministre Doug Ford a pris le risque de réveiller l’ours qui sommeillait. Il a rapidement pris la mesure de son erreur et tenté de la corriger, sans perdre la face.

Il eût, bien sûr, mieux valu qu’il réinstalle immédiatement François Boileau dans son fauteuil de commissaire aux services en français en lui restituant sa totale indépendance. Il eût mieux valu qu’il respecte l’engagement plusieurs fois répété de procéder à la mise sur pied d’une université francophone à Toronto. Mais il y a maintenant le désir de tous les partis au palier fédéral d’intervenir pour protéger les droits des francophones vivant en situation minoritaire.

Le contexte suggère en conséquence qu’il y a des points à marquer et des gains potentiels à faire. Une fois encore, il faut patiemment faire la démonstration que le bilinguisme en Ontario est une richesse et que le gouvernement provincial a tout intérêt à exploiter et à faire fructifier!

L’implication des partis fédéraux dans ce dossier peut en fait permettre au premier ministre Doug Ford de rétablir les acquis sans avoir trop l’air de reculer puisque les changements n’étaient qu’une question d’économie. La situation peut même permettre aux Francos-Ontariens de renforcer les protections en place et, qui sait, peut-être gagner de nouveaux outils de développement.

Comme le dit si bien la devise du Droit: L’avenir est à ceux qui luttent!

Pierre-Paul Noreau

L’audace comme nouvel ancrage

ÉDITORIAL / La direction du Droit propose ce matin son point de vue éditorial dans le dossier régional de l’heure, soit celui de la citation patrimoniale du quartier du Musée. En clair, nous partageons nos vues sur la pertinence d’y construire les tours emblématiques proposées par la firme Brigil.

Notre intervention est une contribution au débat public. Et cette prise de position, doit-on préciser, n’engage que la direction et n’altère en rien l’indépendance du travail des journalistes de la salle de rédaction.

La direction du Droit prend aujourd’hui résolument fait et cause pour l’audace. À notre avis, Gatineau en manque malheureusement et, malgré ses immenses atouts, peine à se faire valoir comme un milieu de vie vraiment attractif pour les joueurs majeurs qui dynamisent une communauté au point de faire LA différence, que ce soit en technologie, en économie ou en culture.

L’érection de deux tours au concept architectural contemporain et raffiné s’imposerait sans nul doute comme la nouvelle signature visuelle gatinoise. Ces nouveaux vigiles transmettraient haut et fort vers l’extérieur un puissant signal : ville d’avant-garde, ville ouverte, ville d’action !

Ça ne veut pas dire que Gatineau, ville verte, ville de vélo, championne du recyclage, renonce à la qualité de vie de ses résidents. Pas le moindrement. Il s’agit simplement d’ajouter un nouvel ancrage majeur et déterminant à la signature locale : l’audace. Un ancrage qui fera contrepoids aux épithètes trop souvent ressassées à l’extérieur à propos de la métropole outaouaise : « ville de fonctionnaires » et « ville dortoir ».

Sur la question plus précise de la citation patrimoniale qui sera à l’enjeu pour les membres du conseil municipal mardi, nous n’adhérons pas à l’argument fataliste qui la justifie dans sa forme actuelle, soit que la construction des tours équivaut à la disparition inexorable de tout ce qui reste de patrimoine au centre-ville.

Soutenir cet argument fait à notre avis injure à l’intelligence et au doigté des élus et des fonctionnaires de Gatineau. Ils ont maintes fois démontré dans le passé leur savoir-faire et leur grande capacité à concilier des intérêts. Ils sont donc tout à fait en mesure d’utiliser au meilleur escient les outils à leur disposition pour protéger ce qu’il y a vraiment à protéger sans « geler » dans un carcan la totalité du quartier.

Notre vision est que les tours peuvent au contraire devenir un outil performant de mise en valeur patrimoniale. Leurs très importantes retombées économiques donneront en effet à la Ville de Gatineau les moyens qui lui manquent pour investir dans une revitalisation respectueuse du passé et susceptible de caractériser le quartier en améliorant rapidement ce qui doit impérativement l’être.

D’autres grandes villes ont réussi cet arrimage entre modernité et patrimoine. Pourquoi Gatineau en serait-elle incapable ? Convenons en passant que la rue Laurier est un endroit qui devrait pouvoir accueillir des insertions de prestige.

Y a-t-il des efforts supplémentaires à investir de la part du promoteur pour générer un concept à la hauteur de sa demande exceptionnelle ? La Ville a le devoir d’être exigeante, tout autant qu’elle doit elle-même accepter de réfléchir à l’extérieur du cadre devant ce projet hors norme.

En conclusion, mentionnons que l’entreprise Brigil et la Ville de Gatineau sont deux partenaires très importants et très respectés pour Le Droit. Et sur la base des excellentes relations entretenues avec les représentants des deux organisations, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver une solution satisfaisante pour des esprits ouverts et raisonnables.

Pierre-Paul Noreau

Alain Guilbert, une passion pour l’information

ÉDITORIAL / Nous publions aujourd’hui dans nos pages l’avis de décès de M. Alain Serge Guilbert. Alain, comme tout le monde l’appelait, a été mon rédacteur en chef au Soleil dans les années 1980. Il était devenu depuis longtemps un ami que j’avais toujours grand plaisir à retrouver.

Son décès survenu à la suite de la crise cardiaque qui l’a foudroyé il y a quelques jours laisse dans le deuil son épouse Céline, ses enfants et petits-enfants, mais également toute la grande famille de l’information au sein de laquelle il a œuvré pendant plusieurs années.

Pierre-Paul Noreau

L'Application leDroit téléchargée plus de 30 000 fois!!!

Vous l'avez adoptée massivement et vous l'aimez! Je le sais, puisque j'en entends parler quotidiennement lorsque je vous croise à l'extérieur du bureau. Encore jeudi, au Festival de montgolfières de Gatineau, des gens m'ont arrêté pour me signifier toute la satisfaction qu'ils ont à la consulter quotidiennement.
L'Application leDroit pour tablette numérique et téléphone intelligent est un immense succès. Au moment précis d'écrire ce texte hier midi, elle avait été téléchargée 30 291 fois et ce, en moins d'une année puisque le lancement a eu lieu à la mi-octobre 2015. Cela dépasse de très loin nos prévisions et tous les artisans du Droit sont très fiers de cette performance.

Pierre-Paul Noreau

Fascinant et réconfortant!

BILLET / À l'invitation du quotidien chinois People's Daily et à titre de représentant de Groupe Capitales Médias, le président et éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau, a participé la semaine dernière à un forum international tenu à Beijing réunissant plus de 200 dirigeants d'entreprise de presse, experts et universitaires d'une centaine de pays. Il partage ici quelques réflexions à la suite de cette participation.
Je n'ai personnellement jamais été témoin d'un rassemblement aussi imposant et aussi diversifié de collègues du monde des médias. Tous les continents étaient représentés. Mais, à l'inverse de ce qui est normal pour nous, les deux Amériques constituaient cette fois la minorité au coeur de cet aréopage de patrons de presse. J'étais le seul Canadien et il n'y avait que trois Américains !

Pierre-Paul Noreau

Le legs majeur du commissaire Boileau

ÉDITORIAL / Le commissaire aux services en français, François Boileau, a déposé mercredi à l'Assemblée législative de l'Ontario son neuvième rapport annuel. Ce document mérite notre attention et tout notre appui. Il constitue un legs majeur, le fruit d'une longue et sage réflexion de la part de ce haut fonctionnaire indépendant.
Sa proposition d'une grande refonte de la Loi sur les services en français est le résultat d'une quasi-décennie d'observations et d'analyses quant à la meilleure manière de faire progresser la protection des droits des francophones ontariens. C'est aussi une invitation pressante au gouvernement de la première ministre Kathleen Wynne de démontrer que sa francophilie dépasse le niveau des excuses et peut atteindre l'exigeant plateau de l'action.

Pierre-Paul Noreau

Responsabilités réciproques

Depuis quelques jours maintenant, j'assume les fonctions de président et éditeur du Droit.
Je me sens privilégié d'avoir été invité à diriger cette institution, à joindre sa valeureuse équipe et ainsi à m'inscrire dans une remarquable histoire marquée par la défense des droits des Franco-Ontariens qui, comme les Québécois de l'Outaouais au fil des ans, ont souscrit à notre mission d'excellence et de protection de l'intérêt public. Je suis aussi conscient qu'il y a devant moi un défi stimulant et complexe, un défi qui va de pair avec d'importantes responsabilités.