Caroline Mulroney

UOF: allez, on y est presque!

ÉDITORIAL / L’Université de l’Ontario français n’est pas encore sauvée, mais cela ne saurait tarder. Le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario ergotent sur des détails de dernière minute qui pourraient faire crouler une entente possible. Mais dans ce jeu où la mise est éminemment importante pour la communauté franco-ontarienne, 126 millions $ sont sur la table et c’est à qui clignera les yeux le premier.

Cela ne saurait tarder, car Ottawa a le plus intérêt à régler à la veille de l’élection fédérale imminente. Les rumeurs font état d’un déclenchement des élections le 7 ou le 15 septembre : d’une manière ou d’une autre, cela ne laisse que quelques jours à chacune des parties pour finaliser cette entente bipartite où chacun des partenaires investirait 63 millions $ dans l’aventure de cette toute nouvelle université en Ontario.

Dans les plans, le fédéral se commettrait pour 63 millions $ tout de suite, garantissant ainsi le financement de l’Université de l’Ontario français pour les quatre premières années, disons de 2020 à 2024.

Par la suite, l’Ontario injecterait à son tour 63 millions $ pour défrayer les quatre années subséquentes, soit de 2025 à 2029. Cela permettrait à l’Ontario de se doter d’une nouvelle infrastructure universitaire même s’il lutte encore avec un énorme déficit courant de 11,7 milliards $, ce qui est de 3,3 milliards $ de moins que l’an dernier. Le gouvernement de Doug Ford a bon espoir de redresser les finances publiques d’ici 2023-2024.

Pour l’Ontario, donc, cette proposition de financement leur permet d’épargner la chèvre et le chou... à la condition que le gouvernement Ford soit d’accord avec le principe même de financer une nouvelle université.

Rien n’était plus nébuleux lorsqu’il a annoncé la coupure du financement de l’UOF, le 15 novembre 2018. Doug Ford donnait tous les indices le patron de ce gouvernement de droite qui ferait les coupures même là où cela ferait mal, dans l’objectif d’équilibrer les finances publiques.

Dix mois plus tard, le paysage politique a changé. Surtout au cours des dernières semaines. Il a présenté une réforme des cours d’éducation sexuelle à l’école bien moins tranchée que ce à quoi la population s’attendait. Il a libéré le financement pour l’autisme. Il a reporté d’un an les coupes aux municipalités en santé publique et pour les services de garde et ambulanciers. Tout cela alors qu’il perdait son chef de cabinet, notamment.

Le fédéral a tout à gagner à régler ce litige avant le déclenchement de l’élection. Il nage en plein déficit, mais le gouvernement de Justin Trudeau ne s’en soucie guère. Sa ministre Mélanie Joly a le mandat, croit-on, de régler à hauteur de 63 millions $. Mais elle est coincée par le temps. C’est elle qui a rouvert le dossier des négociations sur l’UOF avec l’Ontario, il y a deux mois, et sa vis-à-vis, Caroline Mulroney, avait aussi le mandat de tempérer les positions tranchées du premier ministre Ford.

Présentement, nous sommes au cœur d’une querelle de coqs. C’est à qui tirera son épingle du jeu, qui paraîtra comme celui qui sera le vainqueur.

Quand il n’y a plus que ça sur la table, d’ordinaire, les parties en viennent à une entente rapidement. Si ce n’est déjà fait. Ce serait trop imbécile que les deux partenaires ne puissent en venir à une entente alors qu’elles sont si près du but.

Allez, un petit effort, vous y êtes presque !