Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et le premier ministre Justin Trudeau

Une phase II... jusqu'à Gatineau

ÉDITORIAL / Le projet de train léger en cours pourrait être le plus grand agent de changement municipal des dernières décennies. Le visage de la capitale devrait changer considérablement alors que les extrémités est et ouest de la ville seront désormais accessibles plus rapidement que jamais auparavant.
Et même si la phase I du train léger ne doit entrer en service que dans un an, nous pouvons déjà en anticiper les effets bénéfiques. Ainsi, nous applaudissons fort l'annonce du financement par le gouvernement fédéral, hier, pour la deuxième tranche de ces importants travaux d'infrastructure. 
L'infusion de 1,15 milliard $ représente environ le tiers de la facture estimée à 3,6 milliards $. L'Ontario avait déjà confirmé sa participation de 1 milliard $ en juin 2016.
La première étape consistait à 13 stations sur 12,5 km de rails dont un onéreux tunnel qui devrait dégager des milliers d'autobus du centre-ville, comme il devrait dégager des milliers d'autos de l'autoroute Queensway. L'inauguration doit avoir lieu l'an prochain. 
La seconde se prolongera sur 38 km supplémentaires à l'est (5 stations), à l'ouest (11 stations) et vers l'aéroport, au sud (7 stations). D'ici environ cinq ans, ce train léger devrait se rendre aussi loin qu'au chemin Trim, à l'est, et au collège Algonquin, à l'ouest. 
Et boni inattendu, le premier ministre Justin Trudeau a lui-même salué les efforts des maires et des députés régionaux à mieux intégrer le système de transport de Gatineau avec celui d'Ottawa.
Cette intervention du premier ministre dans ce dossier est remarquable ; dans le dossier sur Ottawa bilingue, M. Trudeau semble avoir abdiqué son pouvoir d'influence sur les élus d'Ottawa, refusant de se porter à la défense plus que symbolique des Franco-ontariens. Mais il mise grand sur la relance économique du pays sur son programme d'infrastructures, comme celles de transport. La veille, Justin Trudeau avait d'ailleurs annoncé une infusion de même ampleur dans le Réseau électrique métropolitain. Et son discours ne se limite pas à un strict rôle d'appui financier. Pour Ottawa et Gatineau, il adopte une attitude d'encouragement sans ambages. 
Cette discussion pour un système intégré arrive bien tard dans l'histoire de la région de la capitale. Gatineau et le Québec ont investi 250 millions $ dans un réseau de corridors d'autobus. À peu près au même moment, Ottawa décidait de se doter d'un réseau de train léger sur rails. Les deux sont incompatibles et il est impossible de revenir en arrière.
Mais il est possible de mieux arrimer les deux réseaux et selon toute vraisemblance, cela se fera dans l'axe des plaines Le Breton, à Ottawa, et de l'Université du Québec en Outaouais, à Gatineau, via le pont ferroviaire Prince-de-Galles. 
Greg Fergus, le député de Hull-Aylmer, travaille fort sur cette option depuis son élection, avec l'objectif de desservir le secteur Aylmer par un tramway. 
Hier, les intentions d'arrimage ont été plus transparentes que jamais. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a dit rêver à « un système de train métropolitain commun à Ottawa et Gatineau ». Ce n'est pas totalement nouveau chez lui mais pour celui qui a obtenu le mandat électoral, en 2013, de corriger les déficiences du Rapibus, cette profession de foi vers le rail marque une évolution notable.
Nous savions qu'Ottawa allait vivre une métamorphose avec ce train léger. Il semble que cette transformation affectera aussi Gatineau. Tout ça, ce sont d'excellentes nouvelles.