Le nombre de tornades rapportées depuis 100 ans est en hausse.

Une pensée pour les victimes

ÉDITORIAL / L’épreuve de la tornade, vendredi, a fait ressortir ce qu’il y a de mieux en nous. Le féroce élément, qui s’est abattu en quelques minutes, n’a laissé de répit pour personne le long de son terrible chemin.

Trois secteurs ont été particulièrement touchés : Dunrobin, dans l’ouest d’Ottawa, et les secteurs du Mont-Bleu et Radisson, à Gatineau. Chacun a affecté des populations diverses. Elles sont plus affluentes à Dunrobin où une soixantaine de maisons unifamiliales ont été fortement endommagées. Elles sont plus modestes dans le secteur du Mont-Bleu, petits propriétaires de la classe moyenne. Mais c’est dans les blocs à logement que les populations bigarrées qui y trouvent refuge sont plus vulnérables. 

Nos pensées vont à ces gens, en particulier, qui ont besoin de plus d’aide.

Une telle tornade a été « annoncée » auparavant. Dans l’heure qui l’a précédée, les propriétaires de téléphone cellulaire ont reçu une alarme stridente qu’ils ne pouvaient ignorer. Ceci est le récent résultat d’un partenariat entre le gouvernement fédéral et les compagnies de téléphonie cellulaire. Cette entente prévoit un avertissement qui alerte les propriétaires de téléphone qu’une tempête météo approche. Il s’agit d’un nouvel outil à la disposition des services d’urgence, mais de toute évidence, il doit encore être peaufiné. Et il peut l’être en raison du positionnement géographique qui accompagne les téléphones cellulaires. 

Il aurait été souhaitable que les abonnés à un service cellulaire reçoivent plus d’une alerte, voire trois ou quatre, au fur et à mesure que l’alerte se précise. Cela aurait pu être beaucoup plus souhaitable.

Il y a aussi tous les liens entre les tornades et les changements climatiques. Dans les heures qui ont suivi leur visite en Outaouais, tous les chefs des quatre grands partis politiques l’ont fait. 

« Si des gens doutent de l’existence réelle et concrète des changements climatiques, voilà ! », a laissé savoir le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard. Le premier ministre sortant a été le plus tranchant, par ailleurs. La force de ses paroles étonne, surtout lorsque comparé avec le net désaveu du président des États-Unis, Donald Trump. Nous percevons là une volonté du chef libéral de s’affirmer comme le plus net avocat des changements climatiques, ce qui a débuté lorsqu’il a tourné le dos à la recherche de pétrole à l’île d’Anticosti, il y a deux ans. 

Mais le travail journalistique du collègue Jean-François Cliche, du journal Le Soleil, vient démolir les affirmations des leaders politiques. 

Le nombre de tornades rapportées depuis 100 ans est en hausse, mais il serait davantage dû au fait qu’elles passent moins inaperçues qu’avant, en raison de la population qui est en forte croissance. 

Le journaliste pointe du doigt le nombre d’ouragans, qui diffère des tornades. Les tornades sont le résultat d’une différence de la température dans l’air et de forts vents. Si ce n’était que la température de l’air, elles seraient plus courantes en juillet et en août, mais ce n’est pas le cas. Les ouragans, par contre, sont nourris par la température des eaux de surface, et là il y a un lien direct avec les changements climatiques. 

Le réchauffement climatique est indéniable, poursuit-il, tout comme ses conséquences : canicules, pluies diluviennes, etc. Mais les tornades n’en font pas partie.

N’empêche que lorsqu’elles frappent, ce qui est rarissime, elles balaient tout sur leur passage. Les populations locales l’ont bien vu, vendredi en début de soirée. Souhaitons-nous du beau temps pour que les travaux de remise en état de ces foyers et des réseaux d’électricité se fassent promptement.