Les maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin ont tous deux eu de bons mots pour le budget Morneau.

Une ouverture historique

ÉDITORIAL / Cela fait des années que Le Droit souhaite un développement mieux intégré entre Ottawa et Gatineau.
Le transport inter-rives est sans doute le domaine où une meilleure intégration s'est avérée la plus difficile à concrétiser. Hier, cependant, les élus municipaux d'Ottawa ont tendu une main d'espoir à la Ville de Gatineau. Avec une unanimité qui ne laisse place à aucun doute, le maire Jim Watson a obtenu le mandat d'entamer des discussions pour un meilleur arrimage des réseaux de transport en commun. 
Quelle merveilleuse ouverture! Depuis quatre décennies, Ottawa et Gatineau ont emprunté des directions divergentes sur le transport en commun. Enfin annoncent-elles officiellement leur intention de discuter de l'intégration de leurs réseaux. 
Ça n'a jamais été facile, et ça se comprend.
Ottawa et Gatineau, l'Ontario et le Québec, de même que le fédéral derrière tout cela, chaque gouvernement a ses priorités électorales, ses contraintes budgétaires, des acteurs plus ou moins entreprenants, des obstacles physiques ou organisationnels, etc. Construire une infrastructure est déjà complexe: on l'a vu dans le dossier de l'aréna Robert-Guertin qui, croit-on, approche d'un dénouement heureux après plus d'une décennie de valse-hésitation. Pour Guertin, il n'y avait que deux gouvernements en jeu, Gatineau et le Québec. Dans les dossiers inter-rives, ajoutez ainsi trois niveaux de complexité et cela rend toute concrétisation d'autant plus difficile.
Dans le passé, Le Droit a souhaité l'implication de la Commission de la capitale nationale afin de briser des impasses. Malgré les limites propres à sa nature, elle seule affichait une vision supra-régionale. Malheureusement, rien n'a abouti.
En 2017 pointe une embellie que toutes les parties devraient non seulement applaudir, mais se dépêcher à concrétiser. Les maires Watson et Maxime Pedneaud-Jobin, à Gatineau, jasent régulièrement, et pas qu'à la table de la CCN où ils siègent depuis peu. 
Cela fait une douzaine d'années que deux maires se sont si bien entendus: c'était au temps d'Yves Ducharme et de Bob Chiarelli... 
Au Québec et en Ontario, les libéraux de Philippe Couillard et Kathleen Wynne cultivent le dialogue comme jamais leurs prédécesseurs ne l'ont fait. Les deux endossent les programmes d'infrastructures. La situation est encore plus solide lorsqu'on inclut les libéraux de Justin Trudeau, au fédéral. Le transport en commun est l'une de leurs marottes. Une éventuelle remise en fonction du pont ferroviaire Prince-de-Galles devrait plaire à la députée d'Ottawa-Centre Catherine McKenna... aussi ministre de l'Environnement.
Ce lien pourrait être le sixième pont dont l'Outaouais a longtemps rêvé. 
Les planètes sont alignées comme jamais auparavant. 
Avec la mise en service du train léger, en 2018, il ne restera guère plus que les autobus de la Société de transport de l'Outaouais au centre-ville d'Ottawa. Jim Watson y aura vu l'ironie et sera venu à la conclusion que le leadership pour le dégager retombait sur ses épaules de maire.
Le train léger pourrait donc relier le centre-ville d'Ottawa et le terminus du Rapibus à l'Université du Québec en Outaouais. De là, on peut rêver, à l'instar du député de Hull-Aylmer Greg Fergus, à une desserte par rail vers Aylmer et qui sait, une conversion future du corridor du Rapibus vers le rail et le secteur est de Gatineau...