Maxime Pedneaud-Jobin voit la chance de faire les choses différemment avec la venue de la vague caquiste.

Une occasion historique

ÉDITORIAL / Maxime Pedneaud-Jobin le voit bien. Il existe, avec la toute récente élection du gouvernement caquiste, une occasion de faire les choses différemment en Outaouais. Souhaitons que François Legault la perçoive comme le maire de Gatineau.

Ce dernier parle d’un « Plan pour l’Outaouais ».

« Il faut arrêter de se dire que nous sommes loin de Québec, poursuit-il. Nous avons une part de responsabilité là-dedans. Mais ce gouvernement a une occasion historique de tourner la page sur la manière que nous faisions les choses dans le passé. »

Il est vrai que cela fait des décennies que l’on répète que l’Outaouais est loin du centre décisionnel du gouvernement à Québec. Parce que c’était, et c’est encore vrai. Mais il y a une occasion réelle de changer cet état de fait. Les Anglais parleraient d’une nouvelle « fenêtre d’opportunité ».

L’élection de trois députés de la Coalition avenir Québec, le mois dernier, a brisé la mainmise que le Parti libéral détenait sur l’Outaouais depuis 1981. L’arrivée de Robert Bussière, de Mathieu Lacombe et de Mathieu Lévesque dans trois des cinq circonscriptions de l’Outaouais a été perçue comme l’ouverture d’un barrage où l’eau reposait depuis trop longtemps. Les dossiers avançaient, mais à pas de tortue. Le trio caquiste change la donne sur toutes les questions qui touchent l’Outaouais et les attentes sont fortes. Particulièrement auprès de Mathieu Lacombe qui a été désigné ministre de la Famille au sein du cabinet Legault. À 30 ans, il est le plus jeune ministre de la CAQ.

En santé et en éducation, tout particulièrement, les attentes et les espoirs sont grands à l’endroit du nouveau gouvernement, comme l’a mentionné Maxime Pedneaud-Jobin lors d’une rencontre éditoriale avec Le Droit à l’occasion du premier anniversaire de sa réélection comme maire.

En santé, l’équipe de la CAQ a été limpide en campagne électorale. L’Outaouais mérite un nouvel hôpital de 170 lits et toutes les règles d’attribution des contrats seront aplanies afin de réaliser cet engagement électoral. Mais rien de plus n’a été dit : ni le lieu, ni le coût, ni la vocation, ni comment les centaines de postes seront dotés. Une chose est sûre : cela ne se fera pas lors d’un premier mandat, quoique le tout doit être en branle à la fin de la quatrième année de l’élection de M. Legault et de la CAQ.

Cela devrait permettre de réduire, sans l’effacer complètement, les 110 millions $ dépensés par le Québec dans les hôpitaux d’Ottawa et de Hawkesbury. Il restera une part de soins spécialisés qui ne peuvent être offerts en Outaouais, notamment ceux de l’Institut de cardiologie par exemple.

En éducation, cela devrait réduire l’attractivité des institutions postsecondaires d’Ottawa, notamment l’Université d’Ottawa et le collège La Cité.

Dans les deux cas, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il faudra que Québec injecte des dollars nouveaux dans les institutions de Gatineau afin de les rendre plus compétitives et plus attrayantes aux yeux des malades et des étudiants qui auront, pour des années encore, le choix entre Ottawa et Gatineau.

Il lui reste un autre gigantesque dossier : celui du train léger qui doit desservir l’ouest de Gatineau. Là encore, cela ne se fera pas pendant ce premier mandat. Mais Gatineau et le nouveau gouvernement à Québec ont une occasion de jeter les bases de ce projet de 2,1 milliards $. Maxime Pedneaud-Jobin l’aura à l’œil.

Tous ces dossiers touchent les citoyens qui ne se soucient pas de quel ordre de gouvernement relève un service ; ils veulent un service, un point c’est tout.

Les espoirs de Gatineau et de l’Outaouais sont grands.