Même s'il traîne dans les sondages, le chef péquiste Jean-François Lisée poursuit ses engagements quotidiens comme si de rien n’était.

Un programme bien familier...

ÉDITORIAL / Le Parti québécois, on le dit amplement, mène une bonne campagne électorale. Et c’est vrai.

Même s’il traîne dans les sondages en deçà du plateau « historique » des 20 %, le PQ n’a pas l’air débobiné, anxieux ou troublé. Son chef Jean-François Lisée poursuit ses engagements quotidiens comme si de rien n’était, comme s’il trônait en tête des sondages. Ses promesses électorales sont songées, comme celle sur les dîners fournis aux élèves du primaire, ou la gestion de l’offre qui protège les éleveurs de poulet et les producteurs de lait. 

À noter qu’il garde le silence sur la Charte des valeurs, sur l’immigration... On le comprend : il se dit que s’il réussit à garder le couvercle sur la marmite de ces enjeux cruciaux (et centraux au PQ !), la guerre à finir que se livrent libéraux et caquistes pourrait bien l’avantager. De fait, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, et ses candidats attaquent la Coalition avenir Québec de façon virulente depuis les deux semaines que dure la course électorale. Dans les débris, le PQ pourrait récolter quelques points de pourcentage et sauver quelques circonscriptions de plus...

Localement, les cinq candidats péquistes de l’Outaouais ont dévoilé leur programme électoral, hier. Un exercice de quatre pages qui touche à tous les enjeux locaux prévisibles. 

Ce qui étonne, c’est la similitude de bien des arguments avec le plan des libéraux. Compléter l’autoroute 50 à quatre voies sur toute sa longueur ? Les libéraux le font aussi. Miser sur le tourisme comme vecteur de développement économique ? C’est donné. L’accès Internet à haute vitesse ? On ne parle que de ça. Créer le campus unifié pour l’Université du Québec en Outaouais ? C’est déjà en marche. Stimuler la deuxième et troisième transformation du bois ? Tout le monde veut ça. La future faculté de médecine 100 % en français à l’UQO ? Un souhait généralisé.

Et puis il y a les vœux pieux, comme « un plan d’action rigoureux pour améliorer la rétention en emploi des nouveaux arrivants », « diversifier son économie », « reconnaître l’Outaouais comme région stratégique en raison de sa situation frontalière » qui équivaut à « confirmer Gatineau comme pôle de développement administratif de l’ouest du Québec », etc.

Là où le PQ manque d’originalité, c’est en santé. Le PQ fait bien court avec à peine deux éléments : poursuivre le travail de rapatriement des 1000 accouchements de mères de l’Outaouais à Ottawa, et travailler à établir l’équité interrégionale en santé et services sociaux. C’est bien peu et franchement, ça manque d’originalité et d’imagination. 

Mais pour l’essentiel, c’est comme si les libéraux avaient coécrit le programme du PQ en Outaouais... Ironique !

Il y a bien quelques éléments de disparité idéologique. Comme de favoriser les Centres de petite enfance, de « cesser toute forme de centralisation » du gouvernement et évidemment, « de réduire la dépendance à l’État fédéral », la grande marotte péquiste. S’ils n’avaient pas été là, il aurait fallu les ajouter pour eux !

On le voit, d’un point de vue régional, le Parti québécois ne se démarque pas beaucoup des libéraux. Comme si les cinq candidats avaient déjà lancé la serviette. Rappelons leurs noms, juste au cas: Jonathan Carreiro-Benoit (Gatineau), Marysa Nadeau (Hull), Yves Destroismaisons (Papineau), Marie-Claire Nivolon (Pontiac) et Blake Ippersiel (Chapleau). On ne les blâmera pas pour autant. Leurs deux dernières victoires en Outaouais remontent à 1976. Aussi bien dire de l’histoire ancienne.